Retour Violence à l'égard des femmes au Royaume-Uni : de nombreuses initiatives prometteuses, mais la protection est inégale et des services essentiels manquent de ressources, selon les experts du Conseil de l'Europe

Violence à l'égard des femmes au Royaume-Uni : de nombreuses initiatives prometteuses, mais la protection est inégale et des services essentiels manquent de ressources, selon les experts du Conseil de l'Europe

Partout au Royaume-Uni sont mises en œuvre des pratiques prometteuses et innovantes pour lutter contre la violence à l'égard des femmes, mais des années d’austérité ont affaibli les services essentiels pour les victimes, notamment dans les domaines de la police, de la justice et de la santé.

Ce sont là quelques-unes des principales conclusions du premier rapport évaluant la mise en œuvre, par le Royaume-Uni, de la Convention d’Istanbul sur la violence à l'égard des femmes et la violence domestique, publié aujourd’hui par le GREVIO, le groupe d’experts du Conseil de l’Europe chargé de ces questions.

Dans son rapport, le GREVIO note que les autorités britanniques mettent en œuvre depuis longtemps un programme politique bien établi, qui a notamment donné lieu à des dispositions pénales avant-gardistes (concernant, par exemple, la strangulation non mortelle et les comportements de contrôle ou d’emprise) et au Online Safety Act (loi sur la sécurité en ligne).

Le Royaume-Uni produit régulièrement toute une série de données, que les autorités utilisent pour élaborer des politiques fondées sur des connaissances validées. Des stratégies complètes visent à protéger les femmes contre la violence, et divers programmes d’intervention interinstitutionnelle sont mis en œuvre dans tout le pays. Plusieurs de ces initiatives (par exemple, les centres d’aide d’urgence pour les victimes de viols et de violences sexuelles, ou le soutien apporté en toute indépendance par des conseillères et conseillers pour la lutte contre la violence domestique dans le cadre de la procédure judiciaire) ont même inspiré certaines dispositions de la Convention d’Istanbul.

Cependant, la mise en œuvre de la convention par le Royaume-Uni a pâti des mesures d’austérité de ces dernières années, qui ont eu des répercussions négatives sur les organisations de défense des droits des femmes et qui ont privé des services généraux essentiels d'une partie de leur budget et de leur personnel.

En outre, la demande dépasse largement l’offre de places d’hébergement dans les refuges pour femmes, les possibilités, pour les victimes, de recevoir des conseils spécialisés sont limitées, et le financement de ces services de soutien spécialisés, pourtant essentiels, est précaire.

Dans le rapport, le GREVIO se déclare aussi préoccupé par les difficultés d'accès aux services que rencontrent les femmes et les filles migrantes, ainsi que d'autres victimes de violences qui sont exposées à la discrimination, notamment les femmes en situation de handicap, les femmes appartenant à des minorités ethniques et les femmes âgées.

De plus, le GREVIO souligne que les modalités de visite peuvent mettre les enfants en danger lorsque la violence domestique n'est pas reconnue par les tribunaux aux affaires familiales ou que son ampleur et ses effets sont gravement sous-estimés.

Le GREVIO attire aussi l’attention sur la corrélation évidente entre, d’une part, la formation insuffisante des membres des services répressifs, des procureur·es et des juges, et, d’autre part, les faibles taux d’inculpation dans les affaires de violence à l’égard des femmes. Dans le même temps, le GREVIO reconnaît que des dispositions sont prises pour régler ces problèmes.

Parmi les points faibles de la mise en œuvre de la convention par le Royaume-Uni figurent aussi les ordonnances d’urgence d’interdiction, dont la sous-utilisation est chronique en Angleterre et au pays de Galles et qui, en Écosse et en Irlande du Nord, ne sont pas prévues par la législation.

Enfin, il est fait état dans le rapport de graves préoccupations suscitées par les conditions d’hébergement des femmes et des filles durant la procédure d’asile. Il ne serait en effet pas rare que ces personnes soient victimes de viol, de harcèlement sexuel et d’agression sexuelle, ce qui montre l’urgence de prendre des dispositions plus sensibles au genre pour assurer leur sécurité.

Le rapport publié aujourd’hui, qui recense un certain nombre d'aspects nécessitant une action urgente, est accompagné de la réponse des autorités britanniques.


Commentaires du gouvernement (en anglais uniquement)

Le GREVIO et le Royaume-Uni

GREVIO Strasbourg, France 18 juin 2025
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