En cette Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, nous affirmons ensemble notre conviction partagée : une vie sans violence n’est pas une aspiration, mais un droit humain fondamental. Partout dans le monde, trop de femmes et de filles font encore face à la réalité quotidienne de la peur, des abus et du silence. Trop de familles sont brisées, trop d’avenirs détruits. Nous rendons hommage aux survivantes dont le courage éclaire la voie à suivre, et nous nous souvenons de celles dont la vie a été fauchée par le féminicide, manifestation la plus extrême de l’inégalité et de la discrimination.
En ces moments, notre persévérance doit être plus forte que jamais. La Convention d’Istanbul s’est révélée l’un des outils les plus puissants pour transformer les choses, en remodelant la manière dont les États comprennent leur devoir de protéger les femmes et les filles : non pas comme une question isolée, mais comme une obligation structurelle fondée sur les droits humains. Au fil des années, elle a inspiré les pays à renforcer le droit pénal, améliorer et élargir les services de soutien, développer la recherche et les données, et intégrer la prévention dans l’éducation et les politiques publiques. Elle a créé un langage commun de dignité, d’égalité et de justice.
Le GREVIO demeure résolument engagé à accompagner les Parties dans ce parcours. À travers notre travail, notre dialogue et nos conclusions, nous soutenons les États dans la concrétisation de leurs engagements. Nous mettons en lumière les avancées, ainsi que les domaines où la protection doit être renforcée. Nous nous tenons aux côtés de celles et ceux en première ligne - les organisations de défense des droits des femmes et les services spécialisés - dont l’expertise et le dévouement restent indispensables, alors même qu’ils travaillent dans des environnements de plus en plus restreints et difficiles. Leur résilience nous rappelle la raison pour laquelle ce travail demeure essentiel.
À la fois, nous sommes confrontés à d’autres défis. Nous observons des tentatives de remettre en question la nécessité de politiques dédiées à l’élimination de la violence à l’égard des femmes, ainsi que des efforts visant à saper le cadre des droits humains qui les protège. De nouvelles formes d’abus apparaissent, y compris la violence en ligne et celle facilitée par les technologies, et elles exigent une attention urgente ainsi que des solutions collectives. Les jeunes femmes et les filles, de plus en plus exposées à la violence sexuelle, ont besoin que nous agissions avec clarté et détermination.
En ces temps difficiles, notre unité fait notre force. Lorsqu’un État recule, chaque femme et chaque fille est davantage exposée au risque. Lorsqu’une survivante est réduite au silence, c’est nous tous qui perdons du terrain. Remettre en question les principes et les protections inscrits dans la Convention, c’est remettre en cause le tissu même de la démocratie, car la protection des femmes et des filles est indissociable de la justice, de la liberté et de la dignité humaine. La Convention d’Istanbul n’est pas ancrée dans l’idéologie, mais dans la réalité vécue par des femmes et des filles dont le courage a transformé la douleur en force. Elle constitue un engagement contraignant, une obligation légale et morale fondée sur les droits humains universels.
Pourtant, nous avons des raisons d’espérer. En Europe et au-delà, nous constatons une détermination remarquable : des réformes législatives fondées sur le consentement et l’autonomie corporelle, un meilleur accès à la justice, un alignement et une coopération renforcés au sein de la communauté internationale, ainsi que des exemples puissants de mise en œuvre, y compris dans des contextes de guerre et de crise, comme le courage démontré en Ukraine. Ces efforts nous rappellent que le progrès est possible, réel et déjà en cours.
Aujourd’hui, renouvelons notre mobilisation à écouter, à protéger, à croire et à agir. Unissons nos forces pour construire des sociétés où chaque fille grandit en sécurité, respectée et égale, et où chaque femme vit sans peur.
Nous ne leur devons rien de moins.


