La démocratie repose sur le principe fondamental selon lequel toute personne doit jouir de l’égalité en droits et en dignité et doit pouvoir vivre librement et en sécurité. Alors que nos démocraties sont confrontées à de nouveaux défis, les droits des femmes sont de plus en plus remis en question. La violence fondée sur le genre est la violation des droits humains des femmes la plus répandue en Europe.
À la veille de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, nous réaffirmons qu’aucune femme ne devrait vivre dans la crainte de la violence.
La Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (Convention d’Istanbul) est l’accord international le plus complet pour protéger les femmes et les filles contre toute forme de violence fondée sur le genre. En fournissant une interprétation claire des principes essentiels relatifs aux droits humains inscrits dans la Convention européenne des droits de l’homme, la Convention d’Istanbul renforce notre cadre d’action collectif. Son importance réside non seulement dans les normes juridiques établies par la convention, mais encore dans le changement de mentalité qu’elle favorise en appelant à la tolérance zéro face aux violences.
La Convention d’Istanbul fixe des normes élevées et change réellement les choses. Des lacunes de la législation pénale sont comblées, comme l’illustre la définition du viol fondée sur le consentement qui figure désormais dans de nombreuses lois nationales en Europe. Des unités d’enquête et de poursuite spécialisées sont créées, des services de soutien aux victimes sont institués et déployés, la formation professionnelle est renforcée, et les budgets nationaux ou régionaux ont augmenté. Des documents d’orientation stratégique, tels les plans d’action nationaux, s’inspirent peu à peu de la convention, qui est devenue un puissant outil de plaidoyer pour sauver des vies.
La promesse d’égalité des droits ne signifie pas grand-chose si la moitié de l’humanité est toujours confrontée à la violence au quotidien. Une démocratie ne peut pas fonctionner si les femmes ne sont pas en sécurité et ne peuvent pas y participer pleinement. Le Nouveau Pacte Démocratique pour l’Europe vise à renforcer la démocratie en garantissant une égalité réelle, et à cette fin, l’élimination de la violence à l’égard des femmes est essentielle.
En seulement 10 ans après son entrée en vigueur, la Convention d’Istanbul est devenue la Charte des droits des femmes victimes de violences en Europe. Quiconque a véritablement écouté les femmes et les filles qui demandent de l’aide après avoir subi des violences domestiques, des violences sexuelles, un mariage forcé, le harcèlement ou d’autres formes de violence fondée sur le genre comprend l’urgence de notre tâche et notre responsabilité partagée d’y mettre fin.
Secrétaire Général Alain Berset
Nouveau Pacte Démocratique pour l'Europe


