L'objectif de la visite était d'examiner la mise en œuvre des recommandations du Comité formulées dans le rapport sur la visite périodique de 2021. Ces recommandations concernaient en particulier la violence généralisée entre détenus et l’abondance de drogues illégales dans les prisons, ainsi que l’absence de stratégies ciblées pour aider le grand nombre de personnes détenues consommant des drogues. C’est avec cet objectif que la délégation du CPT a réalisé des visites de suivi dans les prisons d'Alytus, Marijampolė, Pravieniškės et Vilnius.
Dans le rapport, le Comité souligne qu'en raison de la persistance des causes profondes de la violence entre personnes détenues (consommation de drogues, hiérarchie informelle et présence catastrophiquement basse du personnel dans les dortoirs), ainsi qu'au manque de confiance lamentable des personnes privées de liberté dans la capacité du personnel à garantir leur sécurité, les autorités lituaniennes sont encore loin de s'acquitter de leur responsabilité de protéger les personnes détenues dont elles ont la charge contre d'autres qui pourraient vouloir leur faire du mal, ainsi que de mener des enquêtes efficaces sur toutes les allégations plausibles de mauvais traitements, y compris lorsqu'ils sont infligés par d’autres détenus.
En outre, dans le rapport, le Comité estime que la situation des personnes détenues appartenant à la caste la plus basse en Lituanie, qui, dans certains cas, pourrait s'apparenter à de l'esclavage moderne (sous forme de travail forcé), pourrait être considérée comme une violation continue de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme, qui interdit, entre autres, toutes les formes de traitement dégradant et oblige les autorités de l'État à prendre les mesures appropriées pour prévenir de tels traitements.
Dans leur réponse, les autorités lituaniennes ont exposé les mesures prises et envisagées pour mettre en œuvre les recommandations formulées par le Comité dans le rapport. Parmi celles-ci figurent des mesures visant à réduire davantage la population carcérale, la conversion des dortoirs restants en en cellules, l'adoption du plan d'élimination de la sous-culture criminelle dans les prisons et une série de mesures visant à renforcer la prévention et le traitement de la toxicomanie dans les prisons, en coopération avec le Centre républicain pour les troubles de la toxicomanie.
La réponse a été rendue publique dans le cadre d'une procédure de publication automatique mise en place par les autorités lituaniennes.

