Culture, patrimoine et diversité

 

ACCEPTER le pluralisme – un projet de recherche

Tolérance, pluralisme et cohésion sociale : répondre aux défis du XXIe siècle

 

Tolérons-nous la diversité dans l’Europe contemporaine ?


La plupart des individus considèrent que la tolérance est l’une des valeurs constantes du libéralisme européen et peu la rejettent ouvertement. Toutefois, depuis le début du XXIe siècle, l’Europe connaît des tensions croissantes entre les majorités nationales et les minorités religieuses ou ethniques, notamment les communautés musulmanes marginalisées, tandis que la xénophobie semble se développer sur l’ensemble du continent. Dans leurs débats, les médias et les responsables politiques émettent souvent des doutes sur l’opportunité d’une approche multiculturelle et posent des questions, notamment sur le taux d’intégration en Europe des éléments hétérogènes.

 

Quel degré et quel type de diversité peut-on admettre dans nos sociétés européennes libérales ? Devons-nous accepter, rejeter, tolérer ou ignorer, par exemple, des religions différentes à l’école ? Devons-nous permettre aux minorités de s’engager collectivement dans l’action politique et de revendiquer leurs droits, voire les y aider ? Devons-nous, par ailleurs, tolérer que le discours anti-immigrés et les stéréotypes racistes se répandent dans notre environnement professionnel par l’intermédiaire des médias, au nom de la tolérance libérale ? Sommes-nous devenus plus ou moins tolérants vis-à-vis de la diversité ? Craignons-nous "l’Autre" ; "l’Autre" est-il si différent de nous ?

 

ACCEPTER le pluralisme


C’est dans ce contexte que le projet intitulé "ACCEPTER LE PLURALISME" étudie les phénomènes d’intolérance, de tolérance et d’acceptation/de respect des migrants et des minorités de souche dans les sociétés européennes. Ce projet s’interroge tout particulièrement sur ce qu’est la tolérance et comment elle est utilisée pour justifier des politiques et des pratiques particulières ; il cherche aussi des réponses : que doit-on faire concrètement pour s’orienter vers des sociétés plus solidaires et plus tolérantes, notamment à une époque où l'insécurité financière et économique s'accroît considérablement et où tout semble aller à la dérive ?

 

Le projet rassemble un grand nombre de pays européens, notamment des Etats d’Europe occidentale (Danemark, France, Allemagne, Pays-Bas, Suède, Royaume-Uni) qui ont une longue expérience de l’accueil et de l’intégration des minorités immigrées ; de "nouveaux" pays d’accueil des migrants (Grèce, Italie, Espagne, Chypre et Irlande) ; des pays d’Europe centrale qui ont récemment adhéré à l’UE (Bulgarie, Roumanie, Pologne) et la Turquie, Etat associé ; ces derniers sont des pays qui, tous, font face essentiellement à des flux d'émigrés plutôt que d'immigrés mais se caractérisent aussi par une grande diversité de populations minoritaires de souche. Les études de cas que nous avons sélectionnées représentent une grande variété d’expériences historiques concernant la formation d’Etats nations, les conceptions de l'identité nationale et les problèmes posés par les minorités de souche.

 

Rejeter, tolérer ou accepter ?


A la base, faire preuve de tolérance signifie que l’on s’abstient de s’élever contre quelque chose que l’on n’approuve pas, mais cela suppose aussi un rapport de pouvoir ; seules les majorités ont le pouvoir de tolérer les minorités. Dans certains cas, les expressions contemporaines de la différence culturelle vont « au-delà » de la tolérance, comme le montrent clairement les préoccupations et les souhaits qui sous-tendent les revendications sociales et politiques des groupes minoritaires. Dans d’autres cas, on observe une poussée en sens contraire, vers l’intolérance. La tolérance est alors considérée comme la cause de problèmes sociaux importants, un signe de faiblesse ou d’indécision. Une nouvelle intolérance s’appuyant sur des principes est jugée paradoxalement nécessaire pour protéger les droits des individus tout comme les droits, les valeurs et l’identité de la majorité.

 

Compte tenu de tous ces éléments, nous proposons un nouveau moyen de structurer la tolérance de la diversité ethnique, culturelle et religieuse en faisant valoir que nous avons besoin d’un concept plus large, traduit par le vocable "accepter", qui inclut la tolérance mais aussi d’autres formes d’acceptation (et de rejet) dont il se distingue. Nous suggérons que les différences culturelles peuvent être débattues, acceptées ou rejetées selon trois catégories : la non tolérance, la tolérance et l’acceptation/le respect de l'Autre en tant qu'il est notre égal et un individu "normal".

 

Ces trois notions nous permettent d’étudier les questions concernant la limite critique entre le refus et la concession de la tolérance et entre la tolérance et des positions plus exigeantes comme le souci de l’égalité, le respect ou la reconnaissance.

 

Etude et résultats


S’agissant de l’étude empirique, qui est le volet principal de ce projet, les chercheurs, dans chaque pays, analysent les événements clés qui ébranlent la vie scolaire, d’une part, et la vie politique, d’autre part. Ainsi, nous examinons tout d’abord, par exemple, les questions de (dé)ségrégation scolaire, l’existence ou non d’écoles religieuses, la modification des programmes d’enseignement et l’intégration de la diversité dans la vie scolaire au quotidien en général. Ensuite, nous étudions comment les politiques publiques excluent ou soutiennent l'intégration des droits des minorités et leur participation active à la vie politique et dans quelle mesure le discours et les actions racistes et xénophobes sont tolérés de nos jours dans les sociétés européennes.

 

En rassemblant les résultats empiriques et théoriques sur une question aussi essentielle et controversée, le projet "ACCEPTER" intègre les contributions des décideurs, de la société civile, des responsables politiques et des médias et instaure avec ces acteurs une communication directe pour la diffusion et l’exploitation de ses résultats, tout en comportant un volet d'activités qui consistent à élaborer des rapports académiques, à participer à des conférences et à coopérer à des revues scientifiques.

 

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