Culture, patrimoine et diversité

 

Les trois axes des politiques interculturelles, une vision intégrale

Examen critique des ouvrages récents de Bouchard et Cantle sur l’interculturalisme

Ricard Zapata Barrero

 

Ricard Zapata BarreroDans le cadre du débat naissant sur les politiques interculturelles, on trouvera ici une critique de deux ouvrages parus en 2012 : L’interculturalisme, un point de vue québécois, de Gérard Bouchard, et Interculturalism: The New Era of Cohesion and Diversity, de Ted Cantle. De mon point de vue, tous deux contribuent très directement à l’ouverture d’un débat sur les fondements de l’interculturalisme.

 

En soulignant à la fois le point de convergence des deux ouvrages et ce sur quoi ils s’opposent, je montrerai que si l’interculturalisme renvoie fondamentalement à une notion unique, celle-ci doit cependant recevoir au moins deux interprétations, complémentaires l’une de l’autre : l’essai de Bouchard illustre l’axe contractuel, l’ouvrage de Cantle celui de la cohésion.

 

J’en déduirai l’incapacité des deux axes à montrer que la diversité peut aussi être vue comme une source d’innovation et de créativité, de nature à favoriser l’épanouissement des individus et le progrès social. Cette vision s’appuie sur la littérature où la diversité est présentée comme un avantage, laquelle domine déjà fortement le débat sur la diversité, en Europe comme ailleurs.

 

C’est ce que j’appellerai l’axe constructiviste. Mon objectif, au final, est de défendre une vision intégrale, fondée sur l’idée que nul n’a, à lui seul, autorité pour définir la politique interculturelle, puisque chacun des trois axes peut s’appliquer selon le moment, l’objectif poursuivi ou les politiques nécessaires. Toute la difficulté, pour les responsables politiques, sera de trouver un juste équilibre entre ces trois vecteurs. 

 

The three strands of intercultural policies: a comprehensive view. A critical review of Bouchard and Cantle recent books on interculturalism (anglais seulement)