Groupe Pompidou - Lutte contre l'abus et le trafic de drogues

A la Une
Eviter le TSPT et les troubles provoqués par la consommation de substances toxiques en Ukraine

Les 9 et 10 juillet derniers, le vice-ministre de la défense en Ukraine, Mme Tatyana Richkova a participé aux réunions organisées par le Groupe Pompidou et a rencontré une équipe d’experts internationaux dans le domaine de la santé mentale et l’intervention d’urgence. Elle a salué la coopération entre son ministère et la Groupe Pompidou dans le but d’aider les milliers de civils et de soldats victimes de traumatismes liés à la guerre et les troubles associés de consommation de substances toxiques. On estime ce nombre victimes à près de 600 000 personnes. Du 6 au 8 juillet, une équipe internationale d’experts de Croatie, de Géorgie, d’Israël et de Pologne, a visité des centres d’entraînement militaire, des centres de prise en charge psychologique ainsi que des camps où se sont réfugiées des personnes déplacées des régions de Louhansk et de Donetsk. Les experts ont fourni au gouvernement ukrainien et aux organisations bénévoles des informations sur les directives cliniques en cas d’urgence ainsi que des outils faciles à mettre en œuvre afin d’éviter et de guérir les troubles de stress post-traumatique (TSPT). Les experts ont souligné que les traumatismes et la consommation de substances toxiques, incluant une consommation problématique d’alcool, constituent « une bombe à retardement » car les problèmes sociaux et sanitaires pouvaient apparaître bien des années plus tard. Seules une action immédiate et des stratégies de prévention efficaces mises en place aujourd’hui pourraient alléger cette charge future pour la société ukrainienne.

Actualité
Soutenir les réformes pénitentiaires en Ukraine

Les experts du Groupe Pompidou sur la santé publique et les politiques antidrogues ont contribué au succès de la conférence sur le thème des « Soins de santé derrière les barreaux », qui a eu lieu à Kiev les 9 et 10 juillet derniers. Co-présidant cette conférence importante, le Groupe Pompidou avait rassemblé le plus grand panel possible d’experts afin d’aider le système pénitentiaire ukrainien à lutter contre les risques liés à la consommation de drogues et les maladies transmises par le sang, telles que le VIH et l’hépatite C. Le professeur Heino Stöver (Allemagne), le docteur Jörg Pont (Autriche) ainsi que les docteurs Andrej Kastelic et Nusa Segrec (Slovénie) ont fourni un vaste éventail de connaissances et ont donné des présentations sur des sujets tels que « Les normes de soins internationales en prison et l’éthique médicale » et « Les services de traitement des toxicomanes en milieu carcéral ». Plus de 150 spécialistes sur la question des soins en prison ont participé à la conférence, organisée par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, et soutenue par USAID, l’Organisation mondiale de la santé et UNAIDS.
 

Politique antidrogue en prison

Le 2 juillet dernier, le Secrétaire Exécutif a procédé à un échange de points de vue sur les politiques en matière de drogue dans les lieux de détention avec l’organisme de contrôle du Conseil de l’Europe contre la torture, le Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants (CPT). Il était accompagné des consultants du Groupe Pompidou Heino STÖVER, professeurs en sciences sociales et recherche sur la toxicomanie (Université des sciences appliquées de Francfort) et Robert TELTZROW, expert principal du Groupe Pompidou dans la mise en œuvre du programme des drogues en prison. Le CPT organise des visites dans des lieux de détention (prisons, centres de détention pour mineurs, commissariats de police, centres de rétentions pour étrangers, hôpitaux psychiatriques, foyers sociaux) afin d’évaluer comment les individus privés de liberté sont traités. Les délégations du CPT ont un accès illimité aux lieux de détention et ont le droit de se déplacer sans aucune restriction dans de tels lieux. Elles mènent des entretiens confidentiels avec des personnes privées de leurs libertés et communiquent librement avec toutes les personnes capables de leur fournir des informations. Après chaque visite, le CPT rédige un rapport écrit sur ses conclusions et ses recommandations, qu’il remet à l’Etat concerné, en vue d’améliorer le traitement des individus privés de liberté. Le CPT a abordé dans plusieurs de ses rapports la question de la gestion de la toxicomanie dans les prisons. 

FOCUS
Les politiques anti-drogues sont-elles un choix entre sanction et compassion?

Réflexions de Jan Malinowski, Secrétaire Exécutif du Groupe Pompidou, à l'occasion de la Journée internationale contre l'abus et le trafic de drogue – 26 juin

« Si nous sommes confrontés à différents scénarios de stress, de négligence et de désespoir, liés à la drogue, dans un contexte probable de traumatisme, la réponse ne devrait-elle pas s'attaquer au problème à la racine, avec empathie, bienveillance et chaleur humaine (selon le stéréotype de « l'amour plus fort que la drogue ») plutôt qu'avec stigmatisation et sanction ? »

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Reconnaître et explorer les activités du Groupe Pompidou

Au cours de leur 76e réunion (du 27 au 28 mai 2015), les Correspondants permanents du Groupe Pompidou ont salué les premières étapes dynamiques de l'implantation du programme de travail adopté par la Conférence ministériel du Groupe en novembre 2014. Ils ont également décidé de tenir un symposium plus tard dans l'année sur les derniers développements et tendances en matière de politique antidrogue. Les Correspondants permanents ont également examiné des contributions possibles à la Session extraordinaire de l'Assemblée générale des Nations Unies sur le problème mondial des drogues ; celle-ci se tiendra en avril 2016 et aura pour objet l'aspect des droits de l'homme dans les politiques antidrogues, la réduction des risques et les soins de santé, ainsi que la coopération avec la société civile. Ils ont salué les nombreuses activités au sein du MedNET (impliquant l'Algérie, l'Égypte, le Liban, Malte, le Maroc la Tunisie et l'Autorité nationale palestinienne) et la coopération entre l'Ukraine et l'Europe du Sud-Est, notamment dans le domaine des soins en prison pour les troubles provoqués par les consommations de substances toxiques; ils ont également été informés d'événements à venir en matière d'applications de lois visant à réduire l'offre, et notamment la 30e réunion annuelle en juin 2015, du Groupe Aéroports. L'examen en cours du Prix européen de la prévention des drogues a dévoilé sa valeur et sa réputation. Les Correspondants permanents ont discuté les prochaines étapes en ce qui concerne les analyses de rentabilité des politiques antidrogues, les questions du genre et de la drogue, et un éventuel travail sur la comorbidité jeu-drogues. Ils ont également abordé la question des drogues sur le lieu de travail, à la fois comme une charge pour l'employeur mais aussi comme une opportunité de traitement et une maladie professionnelle.

 
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26 juin : Journée internationale contre l’abus de drogues – les actions du Groupe Pompidou

Malgré les efforts internationaux pour prévenir, traiter et réduire les risques liés à l’abus de drogues, on dénombre en Europe chaque année pas moins de 16 000 décès liés à la drogue, imputables en grande partie aux opioïdes.A l’occasion de la Journée internationale contre l'abus et le trafic de drogues, Jan Malinowski, Secrétaire exécutif du Groupe Pompidou rappelle que les populations les plus vulnérables, c’est à dire les jeunes, les personnes souffrant de maladies mentales, les réfugiés, les immigrants ainsi que les prisonniers sont les plus susceptibles de développer des problèmes de consommation de substances toxiques. En outre, des métarecherches menées pour le Groupe Pompidou ont démontré une forte prédominance de la population féminine dans l’usage non-médical de médicaments délivrés sur ordonnance. La politique et l’orientation pratique de la réponse du Groupe Pompidou aux problèmes de toxicomanie comporte quatre points : premièrement, nous encourageons les politiques de traitement de la toxicomanie et de réhabilitation qui mènent à la réintégration dans la société des consommateurs de drogue. Un bon exemple en est notre Programme prisons et justice pénale qui encourage le traitement de la toxicomanie et les programmes de prévention dans les prisons, tout en apportant des conseils aux gouvernements sur des alternatives à l’incarcération des délinquants toxicomanes. Deuxièmement, en accord avec les principes des droits de l’homme et de l’État de droit, nous travaillons régulièrement avec les services de douane et les autorités de police du monde entier afin d’endiguer le trafic de drogue. Lors de réunions régulières, nous fournissons aux autorités compétentes une plateforme permettant d’évaluer les dernières techniques utilisées par les trafiquants pour transporter la drogue – et les méthodes pour contrecarrer de telles techniques. Troisièmement, nous prônons dans nos états-membres (incluant également l’Afrique du Nord et Israël), l’extension et l’amélioration des programmes de réduction des risques, tels que le programme d’échange de seringues et celui de traitement de substitution aux opiacés (TSO). Enfin, nous cherchons à empêcher la consommation problématique de substances à travers des campagnes de prévention. Notre Prix européen de prévention de la drogue, largement salué, aura lieu en 2015 et 2016 et impliquera des jeunes de tous nos états-membres. Faisant partie du Conseil de l’Europe, le Groupe Pompidou promeut les droits de l’homme comme pierre angulaire du développement de politiques anti-drogues globales et équilibrées en Europe.



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