Les Statistiques pénales annuelles du Conseil de l'Europe, plus connues sous le nom de SPACE (Statistiques Pénales Annuelles du Conseil de l'Europe), sont constituées de deux projets connexes. SPACE I fournit annuellement des données sur l'emprisonnement et les institutions pénitentiaires depuis 1983. SPACE II recueille des données sur les sanctions et mesures non-privatives de liberté depuis 1992 (annuellement depuis 2009).

Ces statistiques sont fournies par un réseau de correspondants nationaux travaillant dans les services pénitentiaires et de probation des 47 Etats membres du Conseil de l'Europe. Elles sont actuellement vérifiées, traitées et analysées par une équipe de chercheurs de l'Université de Lausanne, Suisse. SPACE est un projet mondialement connu qui est une source précieuse d'informations et de données comparatives utilisées par les organisations internationales, les autorités nationales, les décideurs, les praticiens et les experts travaillant dans le domaine pénal.


Site web SPACE (Université de Lausanne)


Évolution de la situation dans les prisons européennes sur les dix dernières années et délinquants étrangers incarcérés ou en probation : deux nouveaux rapports (en anglais uniquement) :

Strasbourg 20 mars 2018
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Les prisons européennes sont pratiquement pleines, d’après la dernière étude du Conseil de l’Europe

Avec plus de 9 détenus pour 10 places en moyenne, les prisons européennes sont proches de la saturation selon les Statistiques pénales annuelles du Conseil de l’Europe (SPACE) pour 2016, publiées aujourd’hui.

Cette étude montre que le taux d’incarcération est passé de 115,7 détenus à 117,1 pour 100 000 habitants entre 2015 et 2016. Ce taux avait précédemment enregistré une diminution constante depuis 2012, date à laquelle il s’établissait à 125,6 détenus pour 100 000 habitants.

Le taux d’incarcération est influencé principalement par la longueur des peines et mesures imposées. La durée moyenne de la détention, qui peut, dans cette perspective, être perçue comme un indicateur de la manière dont le droit pénal est appliqué, a aussi augmenté légèrement, passant à 8,5 mois.

Les pays dans lesquels le taux d’incarcération a enregistré la plus forte hausse sont la Bulgarie (+10,8 %), la Turquie (+9,5 %), la République tchèque (+7,6 %), la Serbie (+6,6 %) et le Danemark (+5,5 %). Les administrations pénitentiaires dans lesquelles il a le plus diminué sont l’Islande (-15,9 %), l’Irlande du Nord (-11,8), la Lituanie (-11,1 %), la Belgique (-10,1 %) et la Géorgie (-6,7 %).

Par ailleurs, la surpopulation reste un sérieux problème dans de nombreux pays. Sur 47 administrations pénitentiaires, treize signalent un nombre de détenus supérieur au nombre de places disponibles. Les taux les plus élevés de surpopulation carcérale sont relevés dans « l’ex-République yougoslave de Macédoine » (132 détenus pour 100 places), la Hongrie (132), Chypre (127), la Belgique (120), la France (117), le Portugal (109), l’Italie (109), l’Albanie (108) la Serbie (109), la République tchèque (108), la Roumanie (106) et la Turquie (103).

L’étude SPACE est réalisée pour le compte du Conseil de l’Europe par l’Université de Lausanne. L’étude SPACE I 2016 contient des informations sur 47 des 52 administrations pénitentiaires des 47 États membres du Conseil de l’Europe (voir le résumé en français). L’étude SPACE II contient des informations sur 47 des 52 services de probation.