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La Secrétaire générale s'adresse au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies

Secrétaire Général Strasbourg 24 février 2021
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La Secrétaire générale s'adresse au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies

Le 23 février, la Secrétaire Générale Marija Pejčinović Burić s'est adressée à la 46e session du Conseil des droits de l'homme par liaison vidéo.

 

Chers amis,

Lorsque je me suis adressé à votre 43e session, il y a presque exactement un an, le monde était très différent.

La covid-19 a depuis changé notre façon de vivre et de travailler.

Et elle pose de nouveaux défis en matière de droits de l’homme que nos organisations doivent relever.

Dès le début de la pandémie, j’ai souligné à quel point il était important que les gouvernements s’attaquent à la crise de santé publique par des mesures efficaces qui respectent aussi les normes juridiques communes, et au Conseil de l’Europe, nous travaillons avec nos États membres pour y parvenir.

La Déclaration d’Athènes issue de notre session ministérielle de l’année dernière réaffirme cette approche.

En avril dernier, j’ai communiqué aux autorités de nos 47 États membres un document intitulé
« Boîte à outils » pour confirmer que la Convention européenne des droits de l’homme doit s’appliquer à toutes les mesures qu’ils prennent pour faire face à la crise de la covid-19,

Celles-ci incluent, par example, l’instauration de l’état d’urgence et l’adoption de mesures exceptionnelles.

Toutes ces mesures doivent être nécessaires, proportionnées et limitées dans le temps.

Tous les secteurs de l’Organisation se sont depuis lors mis au travail pour répondre, dans le respect de la Convention européenne et de la Charte sociale européenne, aux défis qui se sont présentés.

Ils ont œuvré dans des domaines tels que la violence domestique, l’accès à l’éducation, la protection des droits des migrants, la prévention de la discrimination à l’égard des minorités, ainsi que les conséquences des applications de traçage numérique pour la protection de la vie privée et des données personnelles.

Cette crise est naturellement loin d’être terminée et son impact économique se fera pleinement sentir à plus long terme, tout comme ses conséquences sociales.

D’autres problèmes vont à n’en pas douter se poser, mais nous sommes prêts à jouer notre rôle pour les adresser.

Le droit à la protection de la santé demeurera assurément en toile de fond dans notre approche, en complément de l’objectif de développement durable 3 des Nations Unies :

Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge.

Le Conseil de l’Europe est fier de contribuer à cet objectif et aux autres objectifs qui constituent le Programme 2030.

En fait, mon Cadre stratégique pour le Conseil de l’Europe, dévoilé en novembre, reconnaît clairement l’importance de renforcer les liens entre les activités de l’Organisation et les objectifs de développement durable précis.

Qu’il s’agisse de l’égalité entre les femmes et les hommes, de la recherche de la paix, de la justice et d’institutions solides, ou d’autres domaines, nos travaux s’inscrivent dans le prolongement de ces objectifs et nous les poursuivrons avec détermination.

*****

C’est tout naturel, car le Conseil de l’Europe et les Nations Unies ont tant de choses en commun.

Ils ne se contentent pas de croire dans les droits de l’homme.

Ils partagent également le credo du multilatéralisme,

Ainsi que la détermination à les faire dans les circonstances actuelles et bien au-delà.

Les menaces qui pesaient sur les droits de l’homme avant le coronavirus n’ont pas disparu.

Elles sont encore là, tout comme les actions que nous menons pour les contrer.

Que l’on pense à la liberté d’epression, au discours de haine dans l’espace virtuel ou le monde réel, à la discrimination à l’encontre des minorités, à l’indépendance de la justice ou à la lute contre la corruption, contre le blanchiment et contre la cybercriminalité, les défis sautent aux yeux.

Mais même en cette période extraordinaire, les progrès restent possibles.

Sur la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels, la Convention de Lazarote du Conseil de l’Europe a maintenant été ratifiée par tous nos Etats membres.

Pour ce qui est de l’environnement, nous travaillons actuellement à l’élaboration de nouveaux instruments qui protégeront les droits de l’homme et combattront les crimes contre l’environnement.

Et en ce qui concerne l’Intelligence artificielle, nous avançons sur les éléments d’un cadre pour le développement, la conception et l’application de l’IA, suivant les lignes directrices que nous avons publiées le mois dernier concernant l’utilisation des technologies de reconnaissance faciale.

Je suis aussi heureuse de confirmer que j’ai récemment nommé un Représentant spécial sur les crimes de haine antisémites et anti-musulmans et toute forme d’intolérance religieuse.

Il fait la liaison avec les Etats membres et d’autres organisations internationals, notamment le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la liberté de religion ou de conviction, afin d’explorer des moyens de traiter ces problèmes.

Nous avons bien d’autres exemples aussi bons que bienvenus de domaines dans lesquels nos deux organisations travaillent ensemble.

Et j’ai été particulièrement heureuse que mon Représentant spécial sur les migrations et les réfugiés ait pu participer à l’examen européen de novembre dernier du Pacte Mondial pour les migrations.

Mais nous devrions toujours rechercher de nouvelles manières d’apprendre les uns des autres, de nous compléter et de nous épauler.

Prenons par exemple les organes de suivi du Conseil de l’Europe.

Ils contribuent déjà positivment à l’examen périodique universel du Conseil des droits de l’homme, ce qui est une bonne chose,

Et nous sommes en train de chercher à coordonner notre monitoring plus efficacement – pour que les obligations de reporting soient plus faciles et que les Etats ressentent moins une lassitude du monitoring.

Mais nous pouvons être plus ambitieux, et nous devrions être ouverts à l’idée que nous pouvons aussi coordonner nos pratiques de monitoring plus efficacement entre nos Organisations.

Ceci est important pour éviter les doublons.

Tous changements auraient bien entendu le même but partagé que l’ensemble de nos travaux communs :

veiller à nous compléter et à demeurer pertinents et efficaces.

Nous aurons ainsi une Organisation européenne des  droits de l’homme aux normes juridiques communes travaillant main dans la main avec une Organisation mondiale des droits de l’homme dont la portée est sans équivalent.

Ensemble, nous pouvons ancrer la réalité des droits de l’homme plus profondément dans le contexte d’aujourd’hui et quelles que soient les circonstances futures que nous affronterons.

Et cette configuration ne peut donner que de bonnes choses.


 46th Session of the Human Rights Council - Discours 2021


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