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Les professions des Roms en tant qu’éléments importants du patrimoine immatériel

Les professions des Roms en tant qu’éléments importants du patrimoine immatériel

Localisation de l’initiative :

Cracovie, POLOGNE


Lien avec les recommandations de la Stratégie 21 :

S1 - Mieux impliquer les citoyens et les collectivités locales dans la valorisation de leur patrimoine au quotidien


Durée de l'initiative:

Date de début : 1 avril 2015 / Date de fin : 31 octobre 2018


Motivation / Méthodologie

Dans la culture rom, différentes branches de l’artisanat et des professions traditionnelles (comme la chaudronnerie, la ferronnerie, la menuiserie, la vannerie, le tissage, la divination, la musique ou la médecine par les plantes) ont existé au cours des siècles. En Pologne, ces métiers sont maintenant en déclin. L’artisanat a toujours représenté un élément essentiel des cultures des groupes migratoires d’Europe centrale et orientale. D’ailleurs certains noms propres roms tirent leur nom de l’artisanat pratiqué. Aujourd’hui encore, dans certaines régions des Carpates (par exemple à Spiš, en Slovaquie), le terme tsigane est utilisé pour désigner un « forgeron ». Ce n’est qu’au début de la seconde guerre mondiale qu’un recensement détaillé de la population rom a été effectué en Pologne (concernant les professions exercées). Leur mode de vie migratoire était dû à la diffusion de leurs professions dans toute l’Europe centrale et la délocalisation d’une communauté rom était liée à la recherche de régions propices au commerce.

Le développement de l’industrie moderne a entraîné un recul de l’artisanat et un déclin rapide des professions et des métiers d’artisan. L’afflux de divers produits finis bon marché a également accéléré cette disparition. En outre, l’évolution du mode de vie a fait disparaître l’intérêt pour des petits métiers tels que les pratiques divinatoires, la médecine par les plantes, etc.. Il est donc grand temps de recueillir les éléments d’une culture mourante avant qu’il ne soit trop tard. L’équipe de projet est composée de 5 personnes. Alina Doboszewska Adriana Danekova, Magdalena Kwiecińska, Paweł Lechowski et Monika Szewczyk ont réalisé des études ethnographiques sur le terrain à partir de conversations, d’entretiens, d’observations, d’enregistrements de séquences vidéo sur des métiers et professions en voie de disparition et d’autres éléments du patrimoine culturel rom.

Ces études ont consisté à recueillir des témoignages oraux ainsi que des documents photographiques et cinématographiques sur les métiers et professions.

Les récits des témoins des métiers exercés ont ainsi donné une vision globale d’une culture matérielle, des modes de vie traditionnels et aussi du rôle des Roms dans les sociétés locales. Les documents visuels ont permis d’archiver les pratiques liées aux divers métiers. Ils sont également devenus un outil important de transmission des connaissances aux générations futures. En effet, les images peuvent être utilisées comme outil d’enseignement dans les pratiques de certaines professions.

Les résultats des projets sont les suivants :

- Un film documentaire, « Romane Butia. Romany Professions », auteurs : Alina Doboszewska, Magdalena Kwiecińska, Paweł Lechowski ; montage Tomasz Liszkowski ;

- Un film documentaire « They Were Blacksmiths, They Were... », auteure : Monika Szewczyk ; montage Krzysztof Krzyżanowski ;

- Le livre « Directly from the Pot. Culinary Traditions of the Romany», auteures : Magdalena Kwiecińska, Monika Szewczyk ;

- Exposition « The Romany Blacksmiths in Spisz », réalisée au Musée des Tatras à Zakopane, auteure : Magdalena Kwiecińska ;

- Une brochure « The Romany Blacksmiths in Spisz », auteur : Paweł Lechowski.


Obstacles / Barrières

L’enjeu de nos projets était de coopérer avec la communauté rom, laquelle se méfie de ceux qui n’en font pas partie en raison des expériences difficiles vécues en marge d’une société majoritaire pendant des centaines d’années. Il ne s’agissait pas seulement pour les Roms de laisser entrer chez eux des membres de l’équipe de projet. Il leur fallait aussi parler d’euxmêmes devant la caméra et de partager ensuite ces témoignages avec le public. L’exercice était d’autant plus difficile que les personnes moins instruites, en particulier, n’étaient pas tout à fait conscientes de ce que nous faisions et dans quel but. Comme elles étaient difficiles à approcher, il fallait compter sur l’aide de personnes qu’elles connaissaient bien et en qui elles avaient confiance.

Lors des entretiens, il était important de suivre les règles éthiques appliquées dans les projets d’histoire orale, de traiter les interlocuteurs comme des sujets et non comme des objets et de respecter leurs droits fondamentaux et leur dignité. Il fallait également tenir compte de la question de la responsabilité sociale des personnes chargées de la mise en œuvre, en particulier à l’égard de groupes spécifiques tels que les minorités ethniques et religieuses ou les groupes marginalisés. Dans le cadre de notre projet sur les Roms, nous avons mené une longue procédure de concertation avec des experts sur la méthode et la manière dont nous pouvions montrer à l’écran comment les personnes interrogées pouvaient être perçues par les autres membres de la communauté rom. Le non-respect de ces directives pouvait causer de graves préjudices à nos interlocuteurs ou les exclure de la communauté.

Nous nous sommes heurtés à une autre difficulté, celle d’étudier des phénomènes en disparition, autrement dit des professions qui ne sont pratiquement plus exercées en Pologne. Afin de ne pas nous baser exclusivement sur des souvenirs et des photographies, nous nous sommes rendus en Slovaquie, où des artisans roms sont toujours en activité même s’ils savent souvent qu’ils sont les derniers représentants de leur profession. Comme ces personnes sont dispersées, nous avons dû nous rendre dans des endroits souvent lointains situés dans les régions montagneuses du pays, ce qui nous a pris beaucoup de temps.


Changement / Impact

En Pologne, la sensibilisation du public à l’égard des Roms est fondée sur des stéréotypes culturels négatifs qui se transmettent de génération en génération, notamment l’aversion au travail, le vol, la mendicité et la fraude. Cette image est accentuée et perpétuée par les médias qui, en quête de sensations, soulignent avec excès tous les comportements négatifs et stigmatisent ainsi cette minorité ethnique. Des études sociologiques montrent que les Roms constituent le groupe le plus mal classé parmi toutes les minorités nationales et ethniques en Pologne.

Selon l’enquête la plus récente du CBOS, quelque 75 % des personnes interrogées ont exprimé leur hostilité à l’égard des Roms. Il est donc d’autant plus difficile pour les membres de cette communauté de trouver un emploi que leurs professions ont disparu, ce qui aggrave leur marginalisation. Faire revivre la tradition rom dans le cadre du travail peut renforcer les populations roms elles-mêmes et changer l’hostilité du public à leur encontre. Cette politique est importante puisque ce groupe n’a pas de tradition écrite et a donc besoin d’aide pour restaurer son patrimoine pendant qu’il est encore possible de recueillir des souvenirs auprès des survivants du passé.

Dans ce cas, l’enjeu social consiste à remettre en cause les stéréotypes négatifs dont les Roms sont victimes et à valoriser leur patrimoine culturel immatériel. Les témoignages vidéo obtenus serviront à remettre en question ces images négatives. Les vidéos projetées sont complétées par des activités éducatives qui appliquent des méthodes d’éducation non formelle, l’objectif visé étant d’améliorer l’image des Roms dans l’opinion publique.

La vidéo est actuellement l’un des moyens de communication les plus répandus et les plus efficaces. Dans le cas des jeunes en particulier, elle devient l’une des formes les plus attrayantes d’éducation non formelle. Cette technique peut être utilisée de diverses manières, par exemple pour des projections publiques et en association avec de nouveaux médias (Internet). Les projections sont complétées par des débats et des activités visant des personnes de tous âges et profils professionnels. Les participants à ces événements acquièrent des connaissances sur l’histoire et la culture du peuple rom. Grâce à l’utilisation d’exercices interculturels spéciaux, ils ont l’occasion de remettre en cause les stéréotypes négatifs qu’ils véhiculent. L’évaluation effectuée auprès des participants à l’atelier indique que cette méthode de communication est efficace et conduit à modifier la perception et les comportements adoptés à l’égard de la communauté rom.

Les activités éducatives basées sur les résultats d’enquêtes menées sur le terrain permettent de valoriser davantage la culture rom et d’œuvrer en faveur de l’éducation multiculturelle, de la tolérance et de l’intégration de cette communauté dans la société en général.

Ces initiatives peuvent également aider les Roms à prendre une part active marché du travail. Elles peuvent en outre renforcer l’attractivité des lieux en question pour les touristes qui ont ainsi la possibilité de découvrir des éléments majeurs de leur patrimoine culturel immatériel.


Leçons apprises

La connaissance de ces éléments du patrimoine immatériel des Roms liés au travail devrait être partagée aussi largement que possible, en particulier avec les principaux influenceurs et les cercles éducatifs (les médias et le personnel éducatif à tous les niveaux), ainsi qu’avec les élèves et les étudiants. Ce travail de partage est important dans le contexte de la remise en question des stéréotypes négatifs courants, notamment l’aversion innée à toute forme de travail et un manque total de tradition (ethos) dans la communauté rom. L’examen de cette question devrait constituer la première étape d’une action à plus grande échelle visant à déconstruire les stéréotypes unilatéraux à l’égard des Roms.

Ces projets nécessitent la participation des membres de la communauté concernés par les activités mises en œuvre. Il vaut mieux, en effet, réaliser un projet « avec eux » que « sur eux » ou « pour eux ». Les résultats n’en seront que meilleurs, non seulement en ce qui concerne leur ampleur mais aussi leur impact social. Il est possible de recenser précisément les besoins et de définir des méthodes pour se faire accepter par la communauté, d’autant que sa participation garantit la durabilité du changement social que nous espérons réaliser en réalisant le projet.

Au cours de ces projets, nous avons aussi beaucoup appris sur le travail d’équipe mené dans le cadre d’activités à long terme, diverses et variées. Nous avons ainsi veillé à bien répartir les tâches, ce qui a permis à chacun de faire ce qui correspond le mieux à ses compétences et préférences. En effet, il n’est pas nécessaire de tout faire ensemble ; chaque collaborateur doit également disposer de son propre espace dont il est seul responsable


Ressources en ligne


Contact 

Alina Doboszewska
Fundacja Dobra Wola
[email protected]
http://www.dobrawola.eu/


Source de financement

Financement public

DÉTAILS DU FINANCEMENT

  • Ministère de la Culture et du Patrimoine national : Programmes du Ministre pour 2015 et 2017, Priorité - « Culture populaire et traditionnelle ».
  • Conseil national du patrimoine de Pologne, Programme - « Ensemble au service du patrimoine » 2018.

FILTRE PAR FILTRE PAR
Composantes
1. LA COMPOSANTE « SOCIALE » (S)
S1
S10
S2
S3
S4
S5
S6
S7
S8
S9
2. COMPOSANTE « DÉVELOPPEMENT TERRITORIAL ET ÉCONOMIQUE » (D)
D1
D10
D11
D2
D3
D4
D5
D6
D7
D8
D9
3. COMPOSANTE « CONNAISSANCE ET ÉDUCATION » (K)
K1
K10
K11
K2
K3
K4
K5
K6
K7
K8
K9
Pays et organisations internationales
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