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Territoires imaginaires (La route des pêcheries au carrelet – Itinérance Atlantique)

Crédit photo : Installation Méduses et carrelet lumière Saint-Julien-Beychevelle 2018 © Eloi _ territoires-imaginaires.fr

Crédit photo : Installation Méduses et carrelet lumière Saint-Julien-Beychevelle 2018 © Eloi _ territoires-imaginaires.fr

Localisation de l’initiative :

 France – Arc Atlantique

2 Régions : Pays de la Loire et Nouvelle Aquitaine
Départements : Loire-Atlantique (44) ; Charente-Maritime (17) ; Gironde (33)
Villes : Pornic, Saint-Nazaire, Saint-Brevin-les-Pins, Saint-Michel-Chef-Chef, La Plaine-sur-Mer, Préfailles, La Bernerie-en-Retz, Les Moutiers-en-Retz, Fouras-les-Bains, Saint-Nazaire-sur-Charente, Port des Barques, Saint-Palais-sur-Mer, Arces-sur-Gironde, Talmont-sur-Gironde, Braud-et-Saint-Louis, Saint-Ciers-sur-Gironde, Saint-Julien-Beychevelle et Jau-Dignac-et-Loirac.


Initiateur :

Association Territoires imaginaires


Lien avec les recommandations de la Stratégie 21 :

K3 encourager la créativité pour captiver le public du patrimoine

Autres recommandations présentes : S1, S2, D5, D7, D9, D10, K11, K3


Période :

Début : juin 2013
Fin : en cours


Motivation / Méthodologie

L’association Territoires imaginaires a été créée en juillet 2012. Elle a pour objet « la mise en valeur des territoires par des approches artistiques et culturelles ». Territoires imaginaires s’intéresse plus particulièrement aux patrimoines matériels et immatériels des territoires en lien avec l’eau mais s’octroie la liberté de s’intéresser à d’autres milieux : urbains, naturels, industriels, etc.

Sa démarche s’appuie sur le questionnement des territoires et de leurs habitants puis leur révélation par des propositions culturelles et artistiques innovantes [C3]. En lien avec les politiques culturelles, environnementales et touristiques des collectivités, l’association propose la conception et l’organisation d‘événements ainsi que des actions de mise en valeur, de conseil, de médiation et de formation en faveur de sites patrimoniaux culturels et naturels : Les 100 ans de la ville de Trignac / L’eau de Là / Détour(s) à Paimboeuf / La Nature Pourrait Vous Plaire, La Grand’ Fabrique de l’imaginaire, etc.

Depuis ses débuts, Territoires imaginaires met l’accent sur la mise en valeur des pêcheries au carrelet qui ponctuent le littoral Atlantique ; il s’agit d’un patrimoine vernaculaire méconnu, peu accessible, et pourtant très populaire [S2]. En 2013, Territoires imaginaires a créé à Pornic (Loire-Atlantique) le concept de « La Nuit des Pêcheries », une première en France. Autour de cette manifestation phare s’agrègent aujourd’hui différentes formes, nocturnes ou diurnes, plus modestes, plus confidentielles qui s’adaptent aux sites d’accueil et à leurs propres contraintes : La Nuit des pêcheries / La Nuit des carrelets / Les Voyages sonores / Carrelets en lumière / Pêcheries en lumière / Pêcheurs de rêves / Un Après-midi à la pêcherie. Respectueux des espaces investis [D9], le festival s’est progressivement développé sur le littoral Atlantique et ses 3 estuaires (Loire, Charente et Gironde) tout en s’étoffant et en favorisant la création de liens entre les acteurs territoriaux (élus, associations, partenaires institutionnels privés et publics) [S1].

L’idée d’une itinérance sur la façade atlantique et l’intérêt pour ce type de patrimoine dans d’autres pays, en Europe et au-delà, ont vite émergé et le projet Itinérance Atlantique s’est naturellement inscrit en 2018 dans l’Année européenne du patrimoine culturel et a bénéficié du label.

Les pêcheries sont un formidable prétexte pour sensibiliser le public aussi bien aux objets patrimoniaux qu’aux questions sociétales, environnementales et écologiques, le rendre réceptif à des lieux, à des messages (préservation du patrimoine et de la nature, etc.), et même stimuler son rôle d’acteur sur un territoire. Les propositions de Territoires imaginaires qui jouent sur différents registres sensibles sont des éloges de la lenteur, des invitations à la contemplation et au bien-être.

Porter un nouveau regard sur le patrimoine en se focalisant sur les pêcheries au carrelet éveille une attention plus large à ces paysages littoraux et estuariens fragiles et invite à mieux connaître ces écosystèmes naturels et culturels.

Par principe, une rencontre conviviale avec le public est ainsi programmée à chaque manifestation sur un thème lié au territoire approché. Notre initiative sert la valorisation des études en partenariat avec des organismes spécialisés, créant ainsi une passerelle entre le public et une connaissance actualisée de ces milieux si particuliers, situés entre terre et mer. [C11]

Territoires imaginaires s’inspire directement de la Stratégie 21 (Stratégie pour le patrimoine culturel européen au XXIe siècle, Conseil de l’Europe, 2017) qui rencontre les valeurs défendues par l’association et même les renforce.


Obstacles / Barrières

A la différence de structures institutionnelles qui travaillent pour des collectivités et disposent d’un budget dédié au développement de projets ou à des associations conventionnées qui bénéficient de ressources économiques et récurrentes pérennes sur la base d’un budget annuel à défendre, l’association Territoires imaginaires doit rechercher des financements pour chacun des projets qu’elle porte.

Cette économie est nécessaire pour payer les charges de fonctionnement de l’association, rémunérer des professionnels intermittents du spectacle ou indépendants (programmateur, coordinateur, administrateur, artistes, techniciens, graphiste, chargé de communication et de relations presse, etc).

Le montage économique d’un projet réunit parfois jusqu’à 6 partenaires publics (Europe, Etat, Région, Département, Communauté de communes ou d’agglomération et ville). Les différentes confirmations de soutien s’échelonnent dans le temps et parfois jusqu’à une date très proche des événements. Dans certains cas, il faut aussi attendre 2 ou 3 ans avant de recevoir des subventions (Financements européens Leader), ce qui fragilise la situation financière de la structure.

De plus, l’interdisciplinarité, qui caractérise nos actions, correspond à une attente forte du public et à des orientations de la politique culturelle européenne, par exemple ; mais cette interdisciplinarité qui croise le patrimoine, le spectacle vivant, les arts de la rue et de l’espace public, l’environnement et le tourisme, devient un handicap majeur dans de nombreuses collectivités lorsque les dispositifs de financement sont établis pour des politiques encore trop sectorielles.

Ces obstacles ne permettent donc pas à l’association Territoires imaginaires de se structurer totalement en termes de ressources humaines. Les deux postes principaux se répartissent d’une part l’administration de l’association, d’autre part la programmation et la coordination des projets. Outre ces activités principales qui consistent à inventer et programmer des événements sur les territoires, à trouver les ressources financières pour chacun d’eux et à coordonner leur mise en œuvre, l’équipe se trouve à certains moments submergée par des tâches qui devraient pouvoir être déléguées. Tenir la ligne de la programmation artistique, de la conception jusqu’à sa réalisation, est également complexe et pleine de rebondissements. Rien n’est jamais acquis et cette insécurité est souvent difficile à gérer.

Toutefois, l’adoption progressif de nos projets par les territoires, la confiance acquise auprès des partenaires et des collectivités, l’achat de prestations artistiques, les réponses positives à des appels à projets, le soutien et l’engagement du Conseil d’administration et des équipes (artistes et techniciens) qui gravitent autour de Territoires imaginaires sont des atouts importants pour la structuration de l’association et la pérennisation des projets. Ils nous font espérer de pouvoir accorder plus de temps au cœur de notre activité et ainsi au développement de la structure.


Difficultés, freins à la dimension européenne du projet

Depuis plusieurs années, nous nous employons à initier des coopérations avec d’autres pays de l’Union Européenne car nous savons qu’un patrimoine identique telles que les pêcheries au carrelet y est présent, notamment en Italie. Cependant, nous sommes confrontés à une série de freins et d’obstacles de différentes natures qui nous empêchent pour l’instant d’aboutir.

Nous avons des difficultés à comprendre ou à intégrer des dispositifs existants (Interreg, Erasmus +, etc.), utiles pour développer, par exemple, des actions de coopération entre les régions Nouvelle-Aquitaine et Emilie-Romagne. Éligible selon plusieurs critères, notre projet pourrait achopper toutefois sur un critère de « préférence locale ou régionale » comme la localisation du siège de notre association.

Nous avons regretté une contradiction entre l’objectif de l’Année européenne du patrimoine culturel 2018 auquel nous nous sommes ralliés (Label obtenu par le Ministère de la Culture française dans deux régions : Pays de la Loire et Nouvelle Aquitaine) et les critères d’éligibilité à un financement européen.

Notre priorité serait dans un premier temps de bénéficier d’une aide à la mobilité afin de rencontrer sur place des partenaires envisagés, puis de concevoir et mettre en œuvre un projet européen moyennant un accompagnement pour le montage d’un dossier.


Changement / Impact

Depuis des années, nous parcourons les territoires à la recherche de leur identité. Nous découvrons de nouveaux paysages et rencontrons les habitants qu’ils soient élus, techniciens ou citoyens, adultes ou enfants, actif ou retraités et de tous milieux. Tout ceci nourrit notre connaissance de divers territoires et stimule notre imagination pour créer ensuite des formes qui les révèlent et les valorisent auprès des publics.

Cette présence sur les territoires a ouvert le regard des populations sur leur patrimoine et également modifié des comportements et même des organisations locales et territoriales.

C’est ainsi que nous avons pu sur plusieurs territoires mettre en place des comités de pilotage. Ceux-ci réunissent des élus et techniciens de collectivités partenaires, des représentants du tourisme et des acteurs associatifs. Ils permettent aussi d’impliquer l’ensemble des partenaires, de structurer l’organisation des manifestations et de tisser un lien sur le long terme.

Les manifestations autour des pêcheries au carrelet ne pourraient également voir le jour sans les autorisations des institutions gestionnaires des pêcheries au carrelet (Grand Port Maritime, Direction Départementale des Territoires et de la Mer, les Voies Navigables de France, etc.) et sans l’appui des associations fédérant des propriétaires-occupants des pêcheries au carrelet sur l’Arc Atlantique (Association des Pêcheurs au Carrelet de l’Estuaire de la Gironde, Les Cabaniers du Médoc, Les Carrelets Charentais et Association pour la Conservation des Pêcheries Traditionnelles de la Côte de Jade).

Depuis l’origine, nous collaborons avec ces associations. Elles nous orientent vers leurs adhérents afin de bénéficier d’accords pour la mise en lumière des pêcheries, l’accueil du public ou de propositions artistiques dans les cabanes. Le temps de nos manifestations, les associations mobilisent leurs adhérents pour offrir au public la découverte de leurs pêcheries. De plus, nous avons constaté qu’après le passage de nos manifestations, des pêcheries au carrelet étaient restaurées. Indirectement, nos actions contribuent à la restauration de ce patrimoine fragile.

Nos collaborations ont aussi permis de mettre en relation plusieurs de ces associations qui ont fondé en 2019 l’Union des carrelets de l’Arc Atlantique dont le principal objectif est de sauvegarder et de faire reconnaître les installations de pêche comme éléments d'un patrimoine culturel.

De son côté, le public familial et intergénérationnel (habitants des territoires et touristes de passage) bénéficie de ces coopérations facilitées par Territoires imaginaires. Pour rappel, inviter le public à poser un nouveau regard sur le patrimoine, vivre des temps de douceur, de lenteur, de poésie, de contemplation, et aussi d’interrogation et de réflexion sur l’environnement et sa préservation est précisément le concept des manifestations autour des paysages et des pêcheries au carrelet de l’Arc Atlantique.

Au fil des années, nous avons été par endroits victimes du succès rencontré ; de quelques centaines de personnes accueillies lors des premières éditions, les jauges se chiffrent par milliers aujourd’hui. Cette « sur-fréquentation » crée certes de l’animation sur les territoires investis, à la grande satisfaction de nos partenaires mais elle risque de contredire notre concept initial. Avec nos partenaires, nous devons désormais nous interroger sur la manière de le faire évoluer.


Leçons retenues

Lorsque nous avons créé et expérimenté la première opération de valorisation artistique des pêcheries au carrelet à Pornic en 2013, celle-ci était innovante. Dans notre propre région des Pays de la Loire, nous avons rencontré au départ des difficultés à prouver que cette démarche avait de l’avenir et pouvait rencontrer son public. A l’inverse, lorsque nous avons exporté le concept sur d’autres territoires de l’Arc Atlantique, les partenaires l’ont plus facilement accueilli et ont rapidement compris son intérêt culturel et touristique.

En 2019, dix-huit villes avaient programmé nos manifestations contre une seule commune des Pays de la Loire en 2013 puis trois de Nouvelle Aquitaine en 2014. Cette année 2020, deux nouvelles villes du Département de la Gironde, Le Tourne et Langoiran, devaient également s’inscrire dans l’Itinérance Atlantique - La route des pêcheries au carrelet.

A partir d’une action ponctuelle, nous avons créé un festival itinérant. De 2013 à 2019, ce sont près de 105 000 personnes qui ont fréquenté nos manifestations dont 17 500 qui sont entrées dans les pêcheries au carrelet pour les découvrir ou vivre une expérience artistiques. Ces chiffres ne prennent pas en compte la fréquentation de 2020 car la plupart des manifestations ont été annulées et reportées en raison de la pandémie Covid-19.

En dehors de son objectif premier, notre démarche a un impact sur la connaissance et l’entretien des pêcheries au carrelet qui se traduit de plusieurs manières. Les gestionnaires institutionnels et les représentants de l’Etat constatent l’influence de notre action sur la restauration progressive du patrimoine.

Par ailleurs, des associations sont fières d’être intégrées dans nos manifestations et de pouvoir ainsi mieux valoriser leurs activités en faveur des pêcheries.

Enfin, des collectivités prennent conscience qu’elles ont en main un bel outil culturel, artistique et touristique ; elles notent la présence d’un public devenu fidèle et en attente d’un prochain rendez-vous.

La presse s’est également emparée de nos manifestations et les soutiennent par de nombreux articles rédigés avant mais aussi après notre passage sur les territoires. Ses lecteurs sont ainsi informés, à une échelle départementale, des événements que nous organisons dans des petites communes rurales.

Des études sont également en cours sur le sujet. Loïc Ménanteau, chercheur au Centre National de la Recherche Scientifique en France, et Claire Giraud-Labalte, présidente de Territoires imaginaires et du Pôle Patrimoine en Pays de la Loire, ont entamé en 2018 la réalisation d'une carte de répartition, par commune des pêcheries au carrelet, sur la côte et les estuaires de la façade atlantique française. Cette carte illustrera une double planche, intitulée Les pêcheries au carrelet : un patrimoine fragile à valoriser, dans le numéro spécial Patrimoines littoraux et maritimes de l'Atlas bleu - Revue cartographique des mers et des littoraux, à paraître fin 2020 en version numérique et bilingue (français et anglais).

Par ailleurs, notre travail de mise en lumière des pêcheries au carrelet, la nuit, inspire les photographes, professionnels et amateurs. Une exposition est née de ces images et nombre d’entre elles circulent sur les réseaux sociaux.

Des artistes du spectacle vivant ou des arts visuels et sonores nous sollicitent aussi régulièrement pour présenter des petites formes » dans ces cabanes mystérieuses qui n’excèdent généralement pas 9 mètres carrés.

Finalement, en créant la première Nuit des pêcheries au carrelet en 2013, nous étions loin d’imaginer l’ampleur de ses retombées. Ces petites cabanes perchées sur des pilotis au-dessus de l’eau ont été le point de départ d’une riche aventure humaine.

Aujourd’hui notre ambition est toujours la même : continuer à créer des projets culturels et artistiques accessibles à un large public, en partant d’un territoire donné, impliquer ce public, l’inviter à emprunter de nouveaux chemins, à élargir son regard sur les paysages et favoriser un art du bien vivre ensemble.

Entrelacer Culture, Territoire et Habitants est devenu au fil du temps, une marche à suivre, une passion. Créer une connivence entre les territoires d’eau, le patrimoine, les arts et les habitants, est assurément le fil « bleu » de la démarche de Territoires imaginaires.


Ressources en ligne


Coordonnées

Contact : Christophe Guiho

Organisation : Territoires imaginaires

Adresse : Atelier 9, 44000 Nantes, France

Email: [email protected]

Site web : http://territoires-imaginaires.fr/

Facebook : https://www.facebook.com/Territoires-imaginaires-394991843952141


Sources de financement

Financement public


FILTRE PAR FILTRE PAR
Composantes
1. LA COMPOSANTE « SOCIALE » (S)
S1
S10
S2
S3
S4
S5
S6
S7
S8
S9
2. COMPOSANTE « DÉVELOPPEMENT TERRITORIAL ET ÉCONOMIQUE » (D)
D1
D10
D11
D2
D3
D4
D5
D6
D7
D8
D9
3. COMPOSANTE « CONNAISSANCE ET ÉDUCATION » (K)
K1
K10
K11
K2
K3
K4
K5
K6
K7
K8
K9
Pays et organisations internationales
Albanie
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