Culture, patrimoine et diversité

 

Le Programme d’accueil de Copenhague facilite le processus d’intégration

 

Copenhagen integrationLe Programme d’accueil de Copenhague vise à faciliter les rencontres entre les immigrés de fraîche date et les Copenhaguois qui se portent volontaires pour les accueillir. Il est coordonné par le Service municipal pour l’intégration et la langue qui est chargé d’appliquer la loi sur l’intégration dans la commune de Copenhague.

 

Le programme est mis en œuvre en étroite collaboration avec deux organisations locales. Le "Conseil danois pour les réfugiés" propose des activités sociales aux habitants nouvellement arrivés, dont des cours de conversation en danois et leur fournit des informations sur la localité, les activités culturelles et celles menées par des associations locales. "Foreningen Nydansker" aide les habitants nouvellement installés à s’intégrer dans le système d’éducation et le marché du travail locaux.

 

Kari Mørkøre-Yde, coordinatrice du Programme d’accueil, a expliqué les résultats attendus du programme en indiquant qu’il engendrerait une meilleure compréhension, prise de conscience et tolérance parmi les habitants de Copenhague et qu’il ferait de la ville un lieu plus accueillant pour les étrangers en facilitant ainsi leur installation. Elle a, en outre, souligné que le Programme d’accueil favorisait le processus d’intégration. Elle a affirmé qu’il empêchait la discrimination et encourageait l’insertion des nouveaux citoyens.

 

Au cours des deux mois qui ont suivi le lancement du programme, la municipalité a reçu plus de cent demandes de renseignements de la part d’habitants de Copenhague se portant volontaires pour faire office d’hôte. A ce jour, il y a plus de 176 hôtes volontaires dans les deux organisations. Au cours d’une présentation, Kari Mørkøre-Yde a souligné que le programme avait suscité un grand intérêt parmi les habitants. Elle a affirmé que cette motivation s’expliquait soit par le fait que l’expérience de s’installer dans un pays étranger, d’être un(e) nouveau/nouvelle venu(e) au Danemark était aussi la leur, soit qu’ils considéraient que c’était là une occasion de montrer que le Danemark était une société ouverte et accueillante. Deux personnes ont apporté anonymement leur témoignage en expliquant ce qui les rattachait au programme. L’une a précisé qu’elle avait vécu à New York pendant 15 ans et que, lors de son retour au Danemark en 1996, elle avait eu beaucoup de mal à établir des relations avec les Danois et avait eu souvent le sentiment que, malheureusement, dans l’ensemble, les Danois ne s’intéressaient guère aux étrangers. C’est pourquoi elle souhaitait accueillir un étranger arrivé à Copenhague. L’autre personne a déclaré qu’elle avait lu un article sur le "projet" dans Politken (un journal danois) le matin même et qu’elle devait à présent, cinq heures plus tard, répondre tout simplement à l’appel lancé. Ce projet l’enthousiasmait ; elle estimait qu’il s’agissait véritablement d’une bonne initiative qui la rendait réellement fière (à nouveau) d’être danoise. Elle estimait qu’il était temps pour le Danemark de redevenir une société ouverte et accueillante à l’égard des immigrants. C’est pourquoi elle avait très envie de jouer le rôle d’hôte.

 

Le programme a suscité un immense intérêt chez les nouveaux venus titulaires de différents permis, dont les réfugiés, les personnes bénéficiant du regroupement familial, les citoyens de l’Union européenne, les détenteurs d’une carte verte et les étudiants. Selon les habitants nouvellement installés, le programme a de nombreux avantages allant de la possibilité de se faire de nouveaux amis à celles de rencontrer des personnes exerçant la même profession, d’en savoir plus sur les services publics et d’entrer sur le marché du travail. L’un de ces nouveaux arrivants a fait ce commentaire : "j’ai eu la chance de rencontrer une personne danoise du même secteur professionnel que moi et j’ai appris beaucoup de choses sur le système danois". Au sujet des avantages qu’elle avait retirés de sa participation, une autre personne a déclaré : je me suis fait des amis et j’ai trouvé un travail bénévole". Pour les personnes désireuses de participer au programme, la principale difficulté était de ménager du temps. L’un des participants a affirmé : "mon manque de temps était un problème car je suivais des cours le matin et ensuite j’allais travailler mais nous avons réussi à trouver du temps pour nous rencontrer le week end ou le soir".

 

Kari Mørkøre-Yde a expliqué pourquoi le programme avait été un succès en déclarant : "ce succès est dû tout simplement à une coopération étroite entre la municipalité et les organisations de la société civile, un large groupe cible et des contacts personnels". Elle a précisé, en outre, que le programme avait un cadre juridique solide : la loi danoise sur l’intégration. Pour le dire simplement, cette loi permet à des individus et à des résidents de Copenhague de faire office d’hôtes à l’égard des populations nouvellement arrivées, en se faisant rembourser les petites dépenses engendrées par leur activité d’accueil. Kari Mørkøre-Yde a exposé, pour conclure, les perspectives d’avenir concernant le Programme d’accueil de la ville. Elle a souligné qu’il était important que ce programme reste une collaboration entre la municipalité, les associations et la société civile car son succès dépendait avant tout de la possibilité d’établir des contacts par l’intermédiaire de la municipalité, d’amener les professionnels à travailler avec des bénévoles dans les organisations non gouvernementales et d’associer les personnes de la société civile animées par des sentiments altruistes".

 

Le Programme d’accueil de Copenhague va bien au delà de l’organisation d’une "cérémonie d’accueil" symbolique offerte aux nouveaux habitants. Il contribue à promouvoir les relations sociales, le dialogue, la tolérance et le respect dans un esprit d’égalité entre tous les habitants de la ville. Il permet aussi de s’assurer que les habitants nouvellement arrivés dans la ville se familiarisent avec les services municipaux, le marché du travail et les systèmes éducatifs. A notre avis, il peut être considéré comme un exemple de bonne pratique en matière de politique interculturelle susceptible d’inciter d’autres villes européennes à mettre en œuvre des initiatives semblables.

 

Thomas Pavan-Woolfe

 

Sources:

Brochure promotionnelle du Programme d’accueil de Copenhague en anglais

Programme d’accueil de Copenhague en danois