Retour France : le Comité anti-torture appelle à améliorer les conditions et la sécurité dans les centres de rétention administrative

Un nouveau rapport met en lumière une augmentation des tensions et des violences entre les personnes retenues
Le centre de rétention administrative (CRA) n° 2 de l’aéroport Lyon-Saint-Exupéry, dans le sud-est de la France, visité par le CPT

Le centre de rétention administrative (CRA) n° 2 de l’aéroport Lyon-Saint-Exupéry, dans le sud-est de la France, visité par le CPT

La France devrait rapidement prendre des mesures pour améliorer les conditions matérielles et renforcer la sécurité dans les centres de rétention administrative, afin de prévenir les actes de violence et d’intimidation entre personnes retenues, selon le Comité anti-torture du Conseil de l’Europe (CPT).

Ce constat figure dans le dernier rapport du CPT, publié aujourd’hui à la suite de sa visite en France, effectuée en octobre 2025. Le CPT a visité six centres de rétention administrative (CRA) et deux zones d’attente aéroportuaires à Roissy-Charles-de-Gaulle et Lyon-Saint Exupéry. L’objectif de cette visite était d’examiner le traitement des personnes retenues en vertu de la législation relative à l’entrée et au séjour des personnes étrangères.

Des conditions de rétention qui aggravent les tensions

Le Comité déplore l’absence d’amélioration, voire l’aggravation, des tensions et des mauvais traitements observés en rétention depuis 2018. Malgré ses recommandations précédentes, les constats de la visite de 2025 montrent un modèle de rétention caractérisé par une carcéralisation des bâtiments et une austérité générale des lieux.

De plus, le CPT constate des conditions matérielles vétustes voire très dégradées, une hygiène déplorable, et des carences dans la prise en charge sanitaire. La pauvreté du régime d’activités est totalement inadaptée à la durée de rétention de nombreuses personnes dont la durée maximale de rétention va jusqu’à 90 jours.

Plusieurs personnes retenues, en particulier aux CRA de Paris-Vincennes, ont allégué avoir été brutalisées par des agents de police intervenant dans les centres. De nombreuses personnes ont également rapporté des provocations, des insultes, y compris à caractère raciste, ainsi que des comportements manquant de professionnalisme, dans tous les CRA visités. Les personnes retenues ont indiqué être réticentes à déposer plainte par crainte de représailles ou par sentiment de résignation.

Un manque de moyens qui affecte la sécurité des personnes retenues

Le CPT reconnait les contraintes humaines et matérielles auxquelles sont confrontés les agents chargés de la surveillance dans les CRA. De nombreux policiers estimaient ne pas disposer des moyens ou de la formation nécessaires pour faire face à l’évolution du profil des personnes retenues souvent marquées par des problématiques d’addictions et/ou des troubles psychiatriques.

L’ampleur des violences entre personnes retenues s’est vraisemblablement aggravée au cours des dernières années. Au niveau national, le nombre d’incidents de violence entre personnes retenues a presque doublé. De nombreuses personnes retenues ont fait état de violences souvent assorties de blessures (ecchymoses, traumatismes, dents cassées), ainsi que des rixes, des vols fréquents ou des extorsions au sein des unités de vie. Le CPT recommande aux autorités françaises d’adopter une stratégie nationale et de renforcer rapidement la sécurité dynamique, pour prévenir les actes de violence et d’intimidation entre personnes retenues.

Une augmentation de la durée moyenne de rétention

Le CPT note aussi que la durée moyenne de rétention a triplé depuis sa visite de 2018 et s’interroge sur l’objectif des maintiens en rétention constatés alors que l’éloignement effectif ne semblait raisonnablement pas envisageable. La privation de liberté ne devrait être employée qu’en dernier recours.

Concernant les zones d’attente dans les aéroports, le CPT émet à nouveau de sérieuses réserves quant au maintien d’enfants non-accompagnés dans ces lieux. En principe, les enfants devraient toujours bénéficier d’une prise en charge spécifique et être hébergés dans des établissements dédiés et respectant leur intérêt supérieur.

Le rapport publié aujourd’hui est accompagné de la réponse des autorités françaises.

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Le Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants (CPT) se rend dans des lieux de privation de liberté des États parties à la Convention européenne pour la prévention de la torture afin d’évaluer la manière dont les personnes privées de liberté sont traitées, en vue de renforcer, le cas échéant, leur protection contre la torture et les peines ou traitements inhumains ou dégradants. Ces lieux incluent les prisons, les centres de détention pour mineurs, les postes de police, les centres de rétention pour personnes étrangères, les hôpitaux psychiatriques et les foyers sociaux. Après chaque visite, le CPT adresse à l’État concerné un rapport contenant ses conclusions et ses recommandations


 Le CPT et la France

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Comité pour la prévention de la torture​​​​​​​ (CPT) Strasbourg 29 octobre 2026
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