Retour Belgique : les experts anti-traite saluent les progrès accomplis mais s’inquiètent des vulnérabilités face à ce fléau

Le nombre de victimes présumées ne cesse d’augmenter malgré les récentes modifications apportées à la législation et aux pratiques
Le GRETA relève les mesures prises par les autorités belges contre la traite, mais constate une hausse de cas de traite à des fins d’exploitation par le travail

Le GRETA relève les mesures prises par les autorités belges contre la traite, mais constate une hausse de cas de traite à des fins d’exploitation par le travail

La Belgique a pris une série de mesures pour lutter contre la traite des êtres humains ces dernières années, mais plusieurs groupes de personnes — notamment les personnes en demande d’asile, les personnes migrantes en situation irrégulière, les enfants non accompagné·es et les femmes issues de milieux défavorisés — restent particulièrement vulnérables, selon les expert·es du Conseil de l’Europe.

Le Groupe d’experts sur la lutte contre la traite des êtres humains (GRETA) a publié aujourd’hui son dernier rapport consacré à la mise en œuvre, par la Belgique, de la convention anti-traite du Conseil de l’Europe, sur la période allant de juillet 2022 à juin 2026.

L’exploitation par le travail prédomine et le nombre de victimes belges d’exploitation sexuelle augmente

Le rapport indique que la Belgique est avant tout un pays de destination des victimes de la traite, mais aussi un pays d’origine et de transit. Le nombre de victimes ayant commencé à bénéficier d’un accompagnement par les centres spécialisés s’élevait à 229 en 2022, à 160 en 2023 et à 145 en 2024.

La majorité des victimes étaient des hommes soumis à la traite aux fins d’exploitation par le travail. Parallèlement, le nombre de victimes belges — principalement des femmes victimes d’exploitation sexuelle — a augmenté ces dernières années.

Des avancées positives malgré des vulnérabilités à la traite qui persistent

Le GRETA note que les autorités belges ont pris plusieurs mesures pour développer le cadre juridique et politique de la lutte contre la traite des êtres humains, parmi lesquelles l’élargissement de l’infraction de traite des êtres humains qui couvre un plus grand nombre de formes d’exploitation et l’élaboration d’un nouveau plan d’action national de lutte contre la traite des êtres humains.

Cependant, le GRETA s’inquiète de la vulnérabilité des personnes demandeuses d’asile face à la traite et à l’exploitation, en raison d’un manque de soutien approprié. Il invite les autorités belges à garantir l’accès à un logement décent et à augmenter le nombre de places disponibles dans le cadre du dispositif d’accueil.

Le rapport souligne que le nombre de cas de traite à des fins d’exploitation par le travail a augmenté et touche en particulier les travailleuses et travailleurs migrants en situation irrégulière. Le GRETA demande donc aux autorités de prendre des mesures visant à réduire la dépendance des travailleuses et travailleurs migrants vis-à-vis de leurs employeurs, à lutter contre les risques de traite dans les chaînes d’approvisionnement et à renforcer les moyens mis à la disposition des inspectrices et inspecteurs du travail.

Par ailleurs, le GRETA se félicite des mesures prises par les autorités pour lutter contre l’augmentation des cas d’exploitation sexuelle d’enfants et de jeunes, tout en soulignant que le secteur de l’aide à la jeunesse fait face à une pénurie de personnel qualifié et de ressources, ce qui compromet les efforts visant à traiter ces cas de manière efficace.

Autres recommandations pour lutter contre la traite des êtres humains en Belgique

Le GRETA encourage également les autorités à procéder à une évaluation de la loi sur le droit pénal sexuel, en soulignant que la majorité des travailleuses et travailleurs du sexe sont en situation irrégulière en Belgique et continuent d’être exposé·es à un risque d’exploitation.

D’autres recommandations sont formulées dans le rapport, comme augmenter les fonds alloués aux centres spécialisés pour les victimes de la traite et garantir à ces dernières l’accès à une assistance juridique, à une indemnisation et à un délai de rétablissement et de réflexion.

Le rapport du GRETA a été publié, accompagné de la réponse des autorités belges.


 Le GRETA et la Belgique

Groupe d’experts sur la lutte contre la traite des êtres humains (GRETA) Strasbourg 6 octobre 2026
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