Né sur les ruines de la Deuxième guerre mondiale, le Conseil de l’Europe a, depuis le Traité de Londres, défini ses objectifs fondamentaux en réaction aux idéologies totalitaires de la première moitié du XXème siècle ainsi qu’à leurs corolaires d’intolérance, de division, d’exclusion, de haine et de discriminations et mentionné la « préservation de la société humaine et de la civilisation ».

Les valeurs défendues par le Conseil de l’Europe : démocratie, respect des droits humains et Etat de droit s’inscrivent dans une perspective préventive post Holocauste qui garantit la construction d’une société européenne s'efforçant d'apprendre à vivre dans le respect de l'égale dignité de chacun grâce, entre autre, au dialogue interculturel.

Depuis 1954, la Convention culturelle européenne a mis l’accent sur l’importance d’enseigner l’histoire de ses différents membres dans sa dimension européenne afin de favoriser la compréhension mutuelle.

C’est la recommandation (2001)15 sur l’enseignement de l’histoire dans l’Europe du XXIe siècle qui, dans son sixième point recommande que chaque État consacre dans les écoles une journée à la mémoire de l’Holocauste et la prévention des crimes contre l’humanité. En effet, l’histoire a un devoir de mémoire afin de prévenir la répétition ou la négation des génocides et violations des droits de l’homme en général.

Les États-membres du Conseil de l’Europe continuent à soutenir politiquement ce travail. En 2019, le Comité des ministres recommande ainsi de mettre en valeur et mieux comprendre la culture et le patrimoine culturel immatériel et matériel juif, et il adopte la recommandation (2022)5 sur la transmission de la mémoire de la Shoah et à la prévention des crimes contre l’humanité. Cette recommandation fournit pour la première fois un véritable cadre de travail pour l’ensemble des États-membres quant à la transmission de l’histoire et de la mémoire de la Shoah.

Des accords de coopération sont signés entre le Conseil de l’Europe et les institutions mémorielles telles que le Mémorial de la Shoah, Yad Vashem ou l'IHRA.

Enseignement et mémoire

tels que définis dans la Recommandation N° R (2001) 15

"Il conviendrait, tout en mettant en évidence les résultats positifs qui ont marqué le XXe siècle, tels que l’utilisation pacifique des sciences en vue d’un meilleur art de vivre et le développement de la démocratie et des droits de l’homme, de prendre toutes les mesures éducatives permettant de prévenir la répétition ou la négation des événements dévastateurs ayant marqué ce siècle, à savoir l’Holocauste, les génocides et autres crimes contre l’humanité, les épurations ethniques, les violations massives des droits de l’homme et des valeurs fondamentales auxquelles le Conseil de l’Europe est particulièrement attaché. Pour ce faire, il conviendrait  :

 

  • d’aider les élèves à prendre connaissance et conscience des faits – et de leurs causes – qui ont marqué de la façon la plus sombre l’histoire de l’Europe en particulier et du monde en général ;
  • de réfléchir sur les idéologies qui y ont conduit et sur les moyens permettant d’éviter la répétition de tels faits ;
  • d’orienter, de développer et de coordonner les programmes de formation continue du personnel éducatif dans les Etats membres du Conseil de la coopération culturelle dans ce domaine ;
  • de faciliter l’accès, notamment en utilisant les ressources des nouvelles technologies, à la documentation déjà disponible sur ce thème et de développer un réseau de centres de ressources pédagogiques dans ce domaine ;
  • d’assurer la mise en œuvre, le suivi et le monitoring de la décision des ministres de l’Education (Cracovie, 2000) de consacrer, dans les écoles, une journée à la mémoire de l’Holocauste et à la prévention des crimes contre l’humanité, choisie selon l’histoire de chaque Etat membre ;
  • d’enrichir la contribution spécifique du Conseil de l’Europe dans le domaine de l’enseignement au sein de la Task Force pour la coopération internationale sur l’enseignement de l’Holocauste, la mémoire et la recherche."

Le programme « Enseignement de la mémoire de la Shoah et prévention des crimes contre l'humanité » reconnaît le rôle crucial que joue l'enseignement de la Shoah dans la prévention des génocides et des crimes contre l'humanité par le prisme de l'Holocauste en tant qu'expérience européenne commune et de la diversité des groupes de personnes qui ont été victimes du régime nazi.

En plus de proposer des sessions de formation et d'organiser des conférences pour sensibiliser les décideurs politiques à l'enseignement de la mémoire de la Shoah, le programme a également soutenu cette démarche en créant et en publiant un certain nombre de ressources que les enseignants peuvent utiliser dans le cadre de leur enseignement.


  Plus sur l'histoire de l'enseignement de la la mémoire de la Shoah au Conseil de l'Europe dans la brochure "Enseigner l'histoire, ancrer la démocratie" (p. 65 à 67).