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Ouvrir l’accès à l’apprentissage : la réunion du réseau DeafSign fait progresser l’inclusion dans l’éducation aux langues des signes

Les 7 et 8 mai 2026, le Centre européen pour les langues vivantes du Conseil de l’Europe (CELV) a accueilli à Graz, en Autriche, la réunion du réseau DeafSign, qui a rassemblé 26 expert·es de 18 pays. Cette rencontre a permis de faire progresser le projet DeafSign « Ouvrir des opportunités éducatives pour les langues des signes en Europe » (2024-2027), qui s’inscrit dans le programme actuel du CELV « L’éducation aux langues au cœur de la démocratie ». Ce projet vise à renforcer l’inclusion et la participation démocratique grâce à l’accès à l’éducation en langues des signes.

Ce projet aborde l’inclusion sous deux angles : d’une part, en reconnaissant l’éducation aux langues des signes comme partie intégrante du paysage linguistique européen ; d’autre part, en mettant l’accent sur les apprenant·es vulnérables, qui sont souvent laissé·es de côté. Il apporte un soutien aux personnes sourdes, malentendantes et entendantes signantes issues de milieux linguistiques et culturels divers, notamment les enfants sourd·es et leurs familles, les personnes sourdes réfugiées ou migrantes, ainsi que les signeur·euses ayant une langue des signes familiale. La réunion de Graz a porté plus particulièrement sur les besoins des enfants sourd·es – dont environ 90 à 95 % naissent dans des familles entendantes – et des signeur·euses de langue héritée, c’est-à-dire des personnes sourdes ou entendantes qui apprennent la langue des signes à la maison auprès de parents sourds signants ou d’autres membres de leur famille. Ces personnes sont souvent confrontées à des situations d’apprentissage linguistique complexes et peuvent avoir besoin, dans les contextes éducatifs, d’un accompagnement spécialisé et flexible.

Deux grandes enquêtes, menées dans les États membres du Conseil de l’Europe dans le cadre du projet DeafSign, montrent que l’existence de cadres juridiques ne garantit pas à elle seule un accès équitable à l’éducation en langues des signes. La réunion a mis en évidence la nécessité de disposer d’informations accessibles, de financements durables et d’un leadership fort porté par des personnes sourdes. S’agissant de l’essor des outils numériques et de l’intelligence artificielle, il a été souligné que ceux-ci peuvent améliorer l’accès aux possibilités d’apprentissage, tout en risquant de renforcer les inégalités s’ils ne sont pas soigneusement sélectionnés et encadrés.

Le coordinateur du projet, Christian Rathmann, a souligné qu’une inclusion véritable reconnaît la diversité des apprenant·es sourd·es et doit s’appuyer sur l’expertise des professionnel·les sourd·es. Des exemples de bonnes pratiques issus de différents pays européens ont été discutés, et les participant·es ont convenu qu’une diffusion plus large de ces exemples contribuerait à de nouvelles avancées. Un récent webinaire du CELV consacré aux apprenant·es sourd·es issu·es de milieux réfugiés et migrants, présentant des exemples de bonnes pratiques, peut être revu en ligne.

Graz 7-8 mai 2026
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