Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI)

SECTION B – ÉDUCATION ET JEUNESSE

TABLE DES MATIÈRES

INTRODUCTION: ÉDUCATION & JEUNESSE
1. SOUTIEN LINGUISTIQUE & CULTUREL, FONDATION "DIVERSITÉ", BULGARIE
2. ASSISTANTS ROMS DANS LES ÉCOLES, RÉPUBLIQUE TCHÈQUE
3. PROJET DE SOUTIEN ÉDUCATIF, TIMIŞOARA, ROUMANIE
4. PROMOTION DE LA LANGUE ET DE LA CULTURE ROMS, FINLANDE
5. ÉCOLES ROMS: LE LYCÉE GANDHI, HONGRIE
6. ÉCOLE PROFESSIONNELLE ALTERNATIVE, SZOLNOK, HONGRIE
7. SERVICES D'ÉDUCATION POUR LES VOYAGEURS, ROYAUME-UNI
8. ÉMANCIPATION DES JEUNES: LE PROJET ATHINGANOI, RÉPUBLIQUE TCHÈQUE


INTRODUCTION: ÉDUCATION & JEUNESSE  

Dans la société européenne moderne, l'éducation est le meilleur moyen à long terme d'assurer l'insertion sociale des minorités et leur accès à des droits et des opportunités égales. Pour l'instant, les Roms souffrent toujours de sérieux désavantages sur le plan de l'éducation. Discrimination, ségrégation, préjugés, non-reconnaissance de la langue et de la culture roms, pressions pour leur assimilation, manque d'assiduité scolaire, niveaux élevés d'abandon, faibles qualifications - sont encore aujourd'hui quelques-unes des constantes de l'expérience des Roms dans les systèmes scolaires en Europe. Divers rapports d'organes internationaux tels le Conseil de l'Europe et l'OSCE, mais aussi des chercheurs, des activistes et des ONG roms actives aux niveaux national et local, ont fait état de cette situation.

Dans sa Recommandation de politique générale n°3, l'ECRI identifie l'éducation comme l'une des sphères principales dans lesquelles des actions doivent être menées pour lutter contre le racisme et la discrimination à l'égard des Roms et pour garantir l'égalité et la justice aux communautés roms. Les actions adéquates recommandées incluent la mise en oeuvre d'une législation "anti-discrimination" en relation à l'éducation, la lutte contre la ségrégation scolaire et l'assurance effective de l'égalité d'accès à l'éducation, l'introduction dans les programmes de toutes les écoles d'informations sur l'histoire et la culture des Roms, la mise en place de programmes de formation en la matière pour les enseignants, la promotion du dialogue avec les Roms et de leur participation, et l'assurance de la prise en considération des besoins des Voyageurs. Un des défis clés est de parvenir à un équilibre entre d'une part une attention aux questions spécifiques des Roms et, d'autre part, l'intégration des Roms dans le système d'éducation majoritaire.

En Europe occidentale, ainsi que l'ont montré les travaux de Jean-Pierre Liégeois et d'autres, il existe une longue histoire d'efforts inégaux et désordonnés déployés pour satisfaire les besoins des Tsiganes et des Voyageurs dont beaucoup conservent un mode vie nomade. En Europe centrale/orientale cependant, suite à la chute du système communiste, la relation des Roms au système d'éducation a changé de façon radicale. L'approche paternaliste, qui ambitionnait l'assimilation, et le système d'emploi géré par l'Etat ne répondent plus aux besoins des Roms qui doivent aujourd'hui développer des compétences monnayables et des solutions personnelles pour survivre et réussir dans la nouvelle société "ouverte". Il est par conséquent urgent de rechercher de nouvelles méthodes et structures éducatives afin de permettre aux Roms de participer effectivement à ce nouvel environnement, tout en préservant leur culture et leur identité ethnique.

Suivent des exemples pratiques des types d'action visant la mise en oeuvre de la Recommandation de politique générale. Les premiers illustrent des méthodes de soutien destinées à assurer que les enfants roms entrent et participent effectivement au système scolaire. Le soutien éducatif et linguistique préscolaire et scolaire, la mise à disposition d'Assistants roms travaillant aux côtés des enseignants et le soutien externe d'enfants en difficulté, sont autant de situations couvertes. Le quatrième cas est axé sur l'enseignement de la langue et de la culture rom, tandis que le cinquième dépeint le Lycée Gandhi en Hongrie en guise d'exemple d'établissement destiné à répondre spécifiquement aux besoins des enfants roms. Le sixième exemple présente une école "de la seconde chance" pour les enfants roms ayant quitté la scolarité de façon prématurée qui souhaitent obtenir d'autres qualifications scolaires et professionnelles. Le septième cas (qui, comme les autres, est accompagné de brefs exemples) est axé spécifiquement sur la façon dont les systèmes scolaires modernes conçus pour les communautés sédentaires peuvent également répondre aux besoins des enfants du Voyage. Enfin, la dernière présentation illustre des initiatives destinées à pousser les jeunes Roms qui ont obtenu de bons résultats dans le système scolaire vers la conquête de la maîtrise de leur destinée.

Cette petite sélection d'exemples ne peut traduire pleinement toute la diversité des actions envisageables dans le domaine de l'éducation. Par exemple, une équipe de l'Université Masaryk de Brno, en République tchèque, est en train de mener une enquête sur l'emploi des tests psychologiques pour l'évaluation des enfants roms. Le Projet "Tolérance", toujours en République tchèque, offre un exemple intéressant de programme conçu pour l'éducation du public sur les questions de minorités/Roms. Il existe aussi une vaste expérience d'initiatives éducatives en Europe occidentale (voir les références bibliographies de Jean-Pierre Liégeois et d'autres à la fin de ce recueil).


1. SOUTIEN LINGUISTIQUE & CULTUREL, FONDATION "DIVERSITÉ", BULGARIE  

Dans de nombreux pays européens, la langue et la culture influent de façon déterminante sur les opportunités éducatives des enfants roms, et notamment au moment de leur entrée dans l'enseignement. De nombreux enfants roms sont défavorisés dès le départ parce qu'ils ne possèdent pas le même niveau de compétences que les enfants Gajé du point de vue de la langue, principal vecteur de communication dans le système scolaire. Outre cette "barrière culturelle", ces enfants vont être handicapés par le fait de ne pas partager la culture scolaire dominante qui détermine largement les attentes comportementales et qui ignore ou nie la culture rom jugée déviante.

Favoriser la possession de compétences bilingues et soutenir l'identité culturelle des minorités sont par conséquent des mesures essentielles si l'on veut que les enfants roms puissent réussir leur scolarité dans des situations indéniablement multiculturelles. La Fondation des Balkans pour la compréhension et l'éducation interculturelles "Diversité" est une ONG, sise à Sofia, qui présente un exemple des types d'initiatives et de projets ciblés nécessaires dans ce domaine.

Globalement, les objectifs de la Fondation "Diversité" sont de renforcer les aptitudes bilingues et multiculturelles des enfants et de soutenir les enseignants et les écoles qui travaillent avec des enfants issus de communautés ethniques minoritaires. Si sa mission et certaines de ses initiatives touchent à l'éducation multiculturelle au sens large, la Fondation vise néanmoins principalement à répondre aux besoins des enfants roms.

L'acquisition de compétences bilingues est jugée fondamentale. La Fondation a développé dans les écoles des travaux de recherche expérimentale et des projets dans le but d'aider les enfants de minorités ethniques à apprendre la langue bulgare, tout en améliorant leur langue maternelle. Des stages et des séminaires sur le bilinguisme pour les enseignants, mais aussi pour l'enseignement du bulgare aux Roms et à des enfants d'autres minorités, sont organisés. La Fondation a produit plusieurs publications destinées à aider les enseignants qui travaillent avec des enfants roms en explorant le contexte des questions linguistiques et en proposant des orientations pratiques et des supports de référence pour les enseignants des écoles bulgares. Diverses séries de publications étudient les questions de bilinguisme, délivrent des conseils méthodologiques aux enseignants en langue et proposent des programmes de travail pour les enfants roms qui veulent apprendre à la fois le bulgare et le rom.

Ceci dit, la langue est indissociable de la culture en général et de l'identité. La Fondation travaille aussi à la promotion de la culture rom au niveau des enseignants, via des conférences, des séminaires et des publications. Ses publications en langue rom pour les enfants incluent des recueils de poèmes, des contes et des chansons. Destinées aux enfants entre trois et dix ans, elles sont élaborées dans le cadre du Projet "Fictions pour enfants en romani" et sont distribuées dans les écoles et les familles roms. La Fondation a également organisé des festivals culturels roms avec les maisons de redressement en Bulgarie dans le cadre de leur programme éducatif. En outre, elle s'est impliquée dans des programmes de formation pour jeunes responsables roms, des actions éducatives pour les Roms ayant quitté l'école et pour la promotion de l'alphabétisation des femmes roms, mais aussi dans divers projets et activités en relation avec les médias et, enfin, dans des activités internationales.

Contact:
Dr Hristo Kyuchukov, Directeur
Fondation des Balkans "Diversité"
145D Rakovsky St, 2e étage, appt 7
Sofia-1000
Bulgarie
Tél./Fax: 359-2-981-47-56


2. ASSISTANTS ROMS DANS LES ÉCOLES,
RÉPUBLIQUE TCHÈQUE
 

En République tchèque, comme dans la majorité des autres pays d'Europe centrale/orientale, la majorité des enfants roms quittent l'école sans instruction élémentaire - et donc sans qualifications ou compétences. Parmi les raisons à cette situation, il faut citer le peu de valeur que la communauté rom accorde à l'éducation formelle, les lacunes des enfants roms en langue tchèque, les stéréotypes négatifs dont sont victimes ces enfants de la part des enseignants, et le manque généralisé de reconnaissance et de compréhension de la culture rom dans les écoles.

Le gouvernement tchèque a introduit une série d'initiatives pour traiter ce problème. Elles prévoient notamment l'introduction d'une année de scolarité préliminaire de "niveau zéro" pour les enfants défavorisés, un programme de formation spécifique pour les enseignants et la mise à disposition de manuels scolaires en romani.

Une autre initiative majeure est la nomination "d'Assistants roms" dans les écoles. Leur principale fonction est d'aider les enseignants à communiquer avec les élèves roms et d'encourager la coopération entre les écoles et les parents d'élèves.

Les Assistants roms sont tout particulièrement utiles dans les classes de "niveau zéro", au moment où les jeunes Roms entrent dans un environnement étranger et différent. Ils peuvent alors intervenir en cas de difficultés linguistiques et, d'une manière générale, faciliter l'adaptation scolaire des enfants. Ces personnes ne font pas le travail des enseignants; elles jouent davantage le rôle de conseillers et d'assistants auprès des enseignants. Leur rôle consiste aussi à connaître tous les enfants roms et leur personnalité propre, de sorte à pouvoir aider et conseiller chacun de façon individuelle.

Les Assistants roms sont présents dans les écoles traditionnelles et dans les écoles "spéciales"; ils n'interviennent pas uniquement dans les classes de "niveau zéro", mais également dans les écoles primaires, voire secondaires. Le gouvernement tchèque a fait savoir que, fin 1999, 140 Assistants roms avaient été nommés dans les écoles.

Si la nomination des Assistants roms est principalement du ressort des autorités éducatives, les ONG peuvent apporter leur aide de diverses façons. Dans la ville de Brno, l'Association morave rom a recruté des Assistants roms dont elle a au départ financé la nomination. Elle continue de coopérer avec les autorités municipales et les écoles. Des stages de formation pour Assistants roms ont en outre été organisés par des ONG, comme par exemple la New School Association à Prague.

Contact:

Commission interministérielle pour les affaires de la communauté rom
Bureau du Gouvernement tchèque
Vladislavova 4, 110 00 Prague 1
Tél.: +420-2-9615.3573 - Fax: -2494.6615

 

EXEMPLE CORRELE:

Espagne:
Le gouvernement espagnol a initié un programme qui fait appel à des médiateurs gitans pour jeter des ponts entre les écoles et les communautés gitanes. En Andalousie, ce programme a été mis en œuvre en coopération avec la Fédération des associations roms en Andalousie. Si ce programme est parvenu à augmenter le taux de scolarisation des Gitans, il est apparu clairement que leur maintien dans le système scolaire dépendait aussi des efforts déployés par les écoles au plan interne.

Contact: Sr J.M. Flores Campos, Département des Affaires sociales et du Travail, Gouvernement autonome d'Andalousie, C/. Héroes de Toledo 54, 41071 Séville; Tél.: +34-95-504.82.48 - Fax: -504.82.82


3. PROJET DE SOUTIEN ÉDUCATIF, TIMIŞOARA, ROUMANIE  

En 1997, une Association de femmes tsiganes a été créée à Timişoara, dans l'ouest de la Roumanie, afin d'apporter un soutien éducatif aux enfants roms et en particulier à ceux qui ont abandonné l'école. En tant qu'association de femmes, cette association a admis que si au sein de la communauté rom élever les enfants incombait aux femmes, alors celles-ci devaient prendre en charge l'éducation des enfants.

L'Association a été constituée pour répondre aux besoins des enfants de la localité de Strand qui abrite les membres de plusieurs sous-groupes de Roms. Ses objectifs sont à la fois d'ordre culturel et éducatif. Ainsi, outre l'ouverture d'un centre où les enfants peuvent bénéficier du soutien éducatif de personnels qualifiés, l'Association entend également contribuer au développement de l'identité rom.

Une de ses préoccupations particulières était d'apporter une éducation aux enfants sortis du système scolaire formel. A Strand, certaines familles ont migré vers l'Europe occidentale. Lorsqu'elles ont été rapatriées, leurs enfants n'ont pas été réintégrés dans les écoles devenant ainsi des adolescents illettrés. En tant qu'association de femmes, son action a privilégié les jeunes filles privées de scolarité, conformément à la tradition rom. Cela a nécessité de travailler avec les parents de ces jeunes filles.

Les principales activités du Centre éducatif et culturel sont les suivantes: offrir un soutien dans les différentes disciplines aux enfants roms en âge d'être scolarisés; apporter une éducation scolaire aux adolescents qui ont dépassé l'âge de la scolarité obligatoire (14-18 ans); enseigner la langue et la culture roms; donner des cours d'éducation civique; apporter des conseils psychologiques et médicaux; et proposer des activités interculturelles. Parallèlement à ces activités régulières proposées en journée, un camp d'été destiné aux enfants a été organisé.

La coordinatrice du projet a mis à disposition une pièce de sa propre maison dans laquelle se déroulent les activités quotidiennes pour les enfants. Le projet bénéficie de subventions d'OSI depuis sa création en 1997. Cependant, comme beaucoup d'initiatives locales audacieuses, son avenir est incertain à moins qu'elle ne parvienne à obtenir le soutien des autorités locales.

Contact:
Letitia Mark, Coordinatrice du projet
"Association de femmes tsiganes: Pour nos enfants"
62 rue Dorobanti, Timişoara, Roumanie
Tél./Fax: +40-56-20.89.29

EXEMPLES COMPARABLES:

Allemagne:
Förderverien Roma e.V., ONG sise à Francfort, a coopéré avec des enseignants et les autorités locales responsables de l'éducation à la création d'un jardin d'enfants roms (pour les enfants d'Europe orientale et plus particulièrement de Roumanie), appelé "Scharworalle" (en romani, "Hello, les enfants"). Le projet, soutenu par le Service municipal des affaires culturelles (MKA), se charge aussi de la préparation scolaire des enfants avec la participation des parents. Il mène aussi des activités récréatives et sportives, et des actions de networking et de médiation avec les écoles et d'autres agences.

Contact: Siolistrasse 6, 60323 Francfort-sur-le-Main; Tél.: +49-69-44.01.23 - Fax: -15.05.79.52.
Ou via Lorenzo Horvat à MKA, Walter-Kolb-Str. 9-11, D-60594 Francfort-sur-le-Main; Tél.: +49-69-212.30145 - Fax -37946.

Ukraine:
L'Association rom à Izmail, dans le comté d'Odessa, mène diverses activités afin d'améliorer les conditions de l'importante population rom qui vit dans la région. Elle a notamment permis, en 1997, l'ouverture de la première école du dimanche pour les Roms en Ukraine. L'objectif est d'aider les enfants en améliorant leur niveau scolaire et linguistique, de promouvoir leur culture rom et de leur apporter une aide sociale ainsi que diverses autres formes de soutien. Actuellement, de nombreux enfants roms sont dirigés vers des écoles "spéciales"; l'école du dimanche tente de compenser leurs handicaps et d'accroître leur motivation pour l'enseignement. En 1999, une deuxième école du dimanche, de niveau secondaire, a ouvert à Oziornoye. L'Association tente actuellement d'élargir ses activités éducatives, notamment dans le domaine de l'enseignement et de la production de matériel sur la langue et la littérature roms.

Contact: 8 rue Tuchkova, Izmail, Odessa obl., Ukraine 68600; Tél./Fax: +38-48-41.349.82


4. PROMOTION DE LA LANGUE ET DE LA CULTURE ROMS, FINLANDE  

La Convention-cadre pour la protection des minorités nationales exige que soient préservées la connaissance de la langue et la culture des minorités, et stipule que tous les membres d'une minorité nationale ont le droit d'apprendre la langue de cette minorité. D'une manière générale, en Europe, les mesures prises par les gouvernements pour mettre en œuvre la Convention eu égard aux minorités ont été très limitées.

En Finlande, une Unité sur l'éducation rom a été créée en 1994 dans le cadre du Comité national de l'éducation. Le rôle de cette Unité est de développer et de mettre en œuvre la politique nationale en faveur de l'éducation de la population Rom, et de promouvoir la langue et la culture roms. L'Unité est une instance qui fonctionne de façon indépendante et est financée directement par une subvention du gouvernement réservée à l'éducation rom. Elle possède son propre groupe de gestion qui inclut des représentants roms et à qui incombe la responsabilité de développer concrètement les questions éducatives touchant aux Roms et d'approuver le programme de travail de l'Unité.

L'Unité sur l'éducation rom gère un vaste programme d'activités qui inclut des séminaires, des stages et des conférences destinés à la fois aux Roms et à la population majoritaire. L'Unité est à l'origine du programme d'enseignement national rom pour les écoles polyvalentes et du deuxième cycle de l'enseignement supérieur, mais aussi de la qualification professionnelle de "Diplôme en instruction culturelle rom". Elle forme des "personnes de contact" appelées à travailler dans les écoles et publie des supports pédagogiques et des bulletins d'information. Les supports pédagogiques incluent un manuel de romani destiné aux écoles polyvalentes, un guide sur les étudiants roms à l'usage des enseignants, une vidéo présentant les antécédents et la culture des élèves roms, et des brochures et des cassettes contenant des chansons et des histoires en romani sur la culture rom.

En Finlande, comme dans de nombreux autres pays, la responsabilité de la fourniture de l'éducation incombe en grande partie à la municipalité. Cela constitue un défi à la mise en œuvre de la politique nationale. Par exemple, bien que le gouvernement promeuve l'enseignement du romani dans les écoles, seules quelques municipalités ont pris les dispositions nécessaires dans ce sens. Les raisons en sont la dispersion de la population rom, mais aussi le manque de ressources, d'enseignants et de dispositifs pour la formation de spécialistes. L'Unité sur l'éducation rom est un train de développer des mesures pour gérer ces obstacles.

De nombreuses initiatives de valeur, pourtant, ont été introduites au niveau local et dans des écoles individuelles. Par exemple, de nombreux enfants roms sont transférés dans des écoles "spéciales", pas nécessairement au début de leur scolarité mais au moment d'entrer dans le secondaire. Dans la ville de Pori, le transfert dans ces écoles spéciales a été remplacé par la fourniture d'un soutien personnalisé, associé à des plans d'enseignement personnel. Dans l'école polyvalente Mikkola à Vantaa, les élèves roms sont intégrés dans des classes normales dès le début et reçoivent dans le même temps une instruction en romani. Cela leur permet de travailler au sein de leur propre groupe et de développer une vision positive de la culture et de l'identité roms, parallèlement à celles de la population majoritaire. L'école possède trois enseignants de romani qui jouent également le rôle de médiateurs entre la famille et l'école, et entre les cultures rom et majoritaire.

Contact:
Unité sur l'éducation rom
POB 380, 00531 Helsinki
Finlande
Tél.: +358-9-7747.7308/7309
Fax: +358-9-7747.7747

EXEMPLE SUPPLEMENTAIRE:

En Lettonie, où vit une population rom relativement réduite, le gouvernement apporte son soutien financier à l'Association culturelle des Tsiganes lettons à Riga (fondée en 1991), ainsi qu'à d'autres associations provinciales du même type. Des matériels en romani sont produits (recueils de poésie, dictionnaires, livres d'alphabet), des événements culturels sont organisés et le gouvernement finance des classes pour l'enseignement de l'histoire et de la culture roms dans certaines écoles.

Contact: A. Deglava d.104 kv.33, LV-1001 Riga


5. ÉCOLES ROMS: LE LYCÉE GANDHI, HONGRIE  

Le Lycée Gandhi à Pécs, Hongrie, a été créé en 1994 par un groupe d'intellectuels roms dans le but d'offrir un enseignement du second degré aux élèves roms possédant le potentiel pour entreprendre des études universitaires. Il s'agissait du premier établissement d'enseignement secondaire de ce type en Europe centrale/orientale. Géré par la Fondation publique Gandhi, il est l'un des nombreux exemples d'établissements éducatifs séparés et réservés, du moins à l'origine, aux élèves roms - approche qui a suscité un fort intérêt mais également de vives controverses.

Le Lycée Gandhi accepte environ 50 élèves roms par an, sélectionnés parmi les plus brillants dans les écoles primaires de Transdanubie. Les élus suivent une scolarité secondaire standard mais, en plus, apprennent l'histoire, la langue et la culture roms. L'objectif est de leur procurer les moyens de fonctionner efficacement dans la société hongroise, tout en leur apportant une vision positive de leur identité rom. Le Lycée délivre un certificat de fin d'études secondaires et aide les diplômés à poursuivre leurs études dans l'enseignement post-secondaire et supérieur.

Le Lycée Gandhi vise à contrecarrer les stéréotypes négatifs largement répandus dans le système éducatif, ainsi que le faible niveau d'attentes des Roms vis-à-vis de l'éducation. Elle tente d'offrir aux jeunes Roms la possibilité de réaliser leur potentiel éducatif en étant libérés des pressions néfastes du monde extérieur. Durant leur scolarité, la majorité des élèves sont logés dans l'internat du lycée qui fonctionne comme une communauté de soutien pour ses membres individuels. Le lycée tente aussi de maintenir des liens avec les parents et les familles, afin notamment d'obtenir leur appui pour que leurs enfants poursuivent leur scolarité.

Les élèves scolarisés au Lycée Gandhi ne sont pas tous des Roms. On y trouve aussi un petit nombre de non-Roms, mais aussi des élèves de filiation mixte. La majorité des enseignants sont des non-Roms, à quelques exceptions près, dont le premier Principal de l'Ecole. Cette fourniture de modèles de rôles et la relation avec la communauté rom sont essentiels. Que les élèves se dirigent ensuite ou non vers des études universitaires, les bénéfices éducatifs et sociaux de ce programme ont déjà fait la preuve de leur indéniable intérêt.

Outre les fonds issus du budget national pour l'éducation, dont il bénéficie, le Lycée Gandhi est soutenu par la Fondation Soros, ainsi que par la commune et l'auto-gouvernement rom.

Le Lycée Gandhi, comme d'autres établissements éducatifs destinés aux Roms, a clairement montré qu'il était possible de concevoir une scolarité davantage en adéquation avec les besoins et les antécédents spécifiques des élèves roms. Il serait intéressant d'intégrer certaines des leçons tirées de cette expérience dans le système d'éducation traditionnel. La question de savoir si des structures scolaires distinctes sont souhaitables sur le plus long terme est davantage controversée. Le suivi des progrès des élèves révèle que les jeunes Roms y obtiennent de meilleurs résultats que dans les écoles classiques, mais cela ne signifie pas que cette formule soit susceptible de pallier tous les effets des handicaps liés aux antécédents sociaux. Néanmoins, étant donné l'ouverture récente de ces écoles et le manque de données de suivi, il s'avère pour l'instant impossible de tirer des conclusions fiables sur ce point.

Contact:

Lycée Gandhi
Komjáth A u. 5, 7600 Pécs
Hongrie
Tél.: +36-72-239-310

 

EXEMPLES COMPARABLES:

République tchèque:
Le Romska Stredni Skola Socialni (lycée rom pour élèves défavorisés) à Kolin, qui a ouvert ses portes en 1998, est une initiative similaire qui offre un enseignement secondaire aux Roms. Ce lycée s'adresse à des élèves légèrement plus âgés en quête d'une "deuxième chance" et davantage intéressés par un emploi direct que par des études universitaires. Bien qu'officiellement ouvert à tous les élèves intéressés par des études roms, il est en pratique exclusivement fréquenté par des Roms.

Contact: J.S. Machara 1376, Kolin 5; Tél.: +420-321-724.661.

Hongrie:
Le Martineum Collegium à Mánfa, près de Pécs, n'est pas une école en soi, mais un foyer pour jeunes Roms doués issus de milieux défavorisés, qui fréquentent des établissements d'enseignement secondaire dans la commune et ont le potentiel pour poursuivre leurs études dans des lycées ou des universités. Il a été fondé en 1996 et offre aux élèves un hébergement et un soutien social, ainsi que des programmes sur la culture et la langue roms.

Contact: Fábián Béla u. 87, 7304 Mánfa, Hongrie; Tél.: +36-6-72.483.904.

République tchèque:
L'Ecole Premysl Pitter à Ostrava est une école élémentaire créée pour procurer une alternative aux "écoles spéciales" dans lesquelles les jeunes Roms sont majoritaires. Elle est gérée par l'organisation catholique Caritas et entend apporter aux enfants roms le soutien pédagogique nécessaire à leur réussite dans le système éducatif tchèque. Elle offre une préparation préscolaire, un soutien linguistique, des liens étroits avec la famille et les services d'un travailleur social et d'assistants roms qui épaulent le personnel enseignant.

Contact: Jungmannova 3, 702 51 Moravska Ostrava; Tél./Fax: +420-69-613.34.26.


6. ÉCOLE PROFESSIONNELLE ALTERNATIVE, SZOLNOK, HONGRIE  

"Roma Chance", l'Ecole de la Fondation pour les alternatives professionnelles à Szolnok, Hongrie, permet aux jeunes ayant abandonné l'école mais encore en âge scolaire de poursuivre leurs études. Szolnok est une municipalité dans l'Est de la Hongrie dont la population d'environ 80.000 habitants est constituée à 5% de Roms.

L'Ecole a été créée fin 1996, lorsqu'un groupe de spécialistes s'est réuni avec la Fédération rom nationale "Lungo Drom" (l'auto-gouvernement rom national) pour formuler un concept visant à répondre aux besoins des jeunes ayant quitté l'école. Dans la ville de Szolnok, la communauté rom possédait déjà un leadership et des associations roms puissantes qui se sont réalisés au travers des nouvelles structures de l'auto-gouvernement rom, et ont permis que se concrétise ce concept novateur.

L'Ecole propose un programme de rattrapage scolaire et une formation professionnelle aux jeunes défavorisés, Roms et non-Roms, entre 14 et 22 ans. Elle réunit environ 240 élèves en journée et 160 en cours du soir. Son objectif est d'apporter aux membres de ce groupe d'âge une instruction de base afin de compenser les lacunes résultant de leur non-scolarisation, ainsi qu'une formation pratique artisanale et technique afin d'améliorer leurs opportunités professionnelles.

En 1999, l'Ecole a obtenu un nouveau bâtiment pour la tenue de ses cours. L'ancienne école sera bientôt un foyer qui hébergera les élèves. Le nouveau bâtiment a été rénové avec l'aide des élèves et des enseignants. Les équipements les plus modernes, dont ceux permettant aux élèves de bénéficier des TIC, y ont été installés. En plus de fonds provenant du budget de l'éducation nationale, l'Ecole bénéfice de subventions de la commune, de l'auto-gouvernement rom, de la Fondation pour les Roms hongrois et d'autres programmes nationaux et internationaux.

Le Centre de formation "Lungo Drom" gère divers programmes d'éducation et de formation en plus de l'Ecole professionnelle pour les jeunes. Il est aussi l'initiateur du magazine du même nom, "Lungo Drom", qui jouit d'une diffusion nationale, et publie d'autres manuels et matériels à l'usage de la communauté rom en Hongrie.

Contact:

Ecole professionnelle "Roma Chance"
Aranka utca 3
5000 Szolnok, Hongrie
Tél./Fax: +36-56-372.269

 

EXEMPLES COMPARABLES:

Hongrie:
L'École rom de formation professionnelle "Kalyi Jag" à Budapest (sixième District) est un autre exemple d'école en Hongrie qui offre un soutien éducatif aux Roms non scolarisés dans l'enseignement secondaire public ou qui ont dépassé l'âge limite de scolarisation dans le secondaire. Elle regroupe environ 60 élèves, tous roms, dans le cadre d'un stage de formation professionnelle sur deux ans qui prévoit aussi l'apprentissage de l'informatique.

Contact: Almassy u. 3, 1077 Budapest; Tél.: +36-1-351.6522

Pays-Bas:
Stichting Sinti Werk est un projet basé à Best, près d'Eindhoven, qui assure un soutien aux enfants et aux jeunes sinti plus âgés qui ont quitté l'école. Il propose un programme pour l'acquisition des compétences élémentaires aux enfants en âge d'être scolarisés dans le secondaire et un programme "de la deuxième chance" pour les plus de 16 ans, destiné à les aider à entrer dans le monde du travail. Il gère aussi un programme d'éducation musicale très populaire. Le projet est en lien avec la "Landelijke Sinti Organisatie" (l'Organisation sinti nationale). Il bénéficie de subventions d'organismes de la collectivité locale.

Contact: Sportlaan 10, 5683 CS Best; Tél.: +31-499-371.212 - Fax; -372.915

Slovaquie:
Dans le cadre de sa stratégie nationale en faveur de l'intégration des Roms, le gouvernement soutient plusieurs projets d'éducation et de formation professionnelle conçus pour favoriser l'entrée sur le marché du travail des jeunes Roms. Un projet, basé dans le District de Liptovsky Mikulas, est spécialisé dans les formations de cuisinier, serveur et charpentier, tandis qu'un autre, dans le District de Rimavska Sobota, gère un programme de formation plus générale en coopération avec le Bureau de placement national.

Contact: Bureau du Gouvernement slovaque, Námestie Slobody 1, 813 70 Bratislava; Tél.: +421-7-5729.5311 - Fax; -5729.5424


7. SERVICES D'ÉDUCATION POUR LES VOYAGEURS, ROYAUME-UNI  

Au Royaume-Uni, comme dans de nombreux autres pays d'Europe occidentale, de nombreux Tsiganes et Voyageurs ont encore un mode de vie nomade avec des déplacements fréquents. Cette situation constitue un réel défi aux autorités éducatives locales qui ont la responsabilité d'assurer que les enfants de tous antécédents bénéficient de chances égales en matière d'éducation. Etant donné la faible valeur que les familles de Tsiganes/Voyageurs accordent à l'éducation formelle, comparé à la communauté Gajé, et compte tenu du manque de terrains de stationnement adéquats et de la discrimination subie par ces populations, les enfants de ces minorités se trouvent particulièrement exposés à des handicaps éducatifs.

Les enseignants, les pédagogues et les activistes tsiganes possèdent aujourd'hui plusieurs décennies d'expérience sur ces questions. Même si le problème persiste et que la réponse des écoles et des pouvoirs locaux est inégale, les initiatives intéressantes et les exemples de bonnes pratiques ne manquent pas; beaucoup ont d'ailleurs été mis en exergue par les rapports du Corps d'inspection nationale des écoles de Sa Majesté.

Par exemple, dans le sud-est de l'Angleterre, le Service d'éducation pour les Voyageurs (Traveller Education Service) du comté d'Essex a développé une approche intégrée du soutien aux écoles, aux familles et aux agences, de sorte à assurer aux enfants tsiganes le plein accès à l'éducation. Le Service possède sa propre équipe d'enseignants, d'assistants et de travailleurs sociaux délégués à l'éducation des Tsiganes qui opère dans l'Essex et le Southend, assurant un service de soutien et mettant en oeuvre des projets de développement. La priorité est donnée aux besoins des enfants des familles à forte mobilité ou engagées dans des travaux saisonniers, et aux enfants, lors de leur transfert entre deux établissements ou au moment de leur arrivée dans une nouvelle école.

Les principales activités entreprises incluent: conseils et formations pour les enseignants et autres professionnels; conception de programmes et supports pédagogiques pour les écoles; aide à la planification et à la fourniture d'une offre d'enseignement à distance pour que les enfants puissent poursuivre leur scolarité tout en voyageant; soutien aux familles dans l'accès à l'éducation; et aide directe aux élèves avec une scolarité fragmentée et des besoins sociaux spécifiques. Des kits pédagogiques ont été produits pour les écoles et les familles, de sorte à informer sur l'enseignement primaire et secondaire.

En ce qui concerne les enfants des familles nomades, l'objectif majeur est d'assurer leur passage d'une école à l'autre en minimisant les fractures dans leur parcours éducatif. Pour faciliter ce processus, des dossiers servent à la transmission d'informations relatives aux progrès des élèves d'une école à une autre. Ces dossiers, complétés par les écoles, sont confiés aux familles qui les remettent à l'établissement concerné suite à chaque déplacement.

Le Service d'éducation pour les Voyageurs dans le comté de Gloucestershire (sud-ouest de l'Angleterre) offre un exemple similaire de bonne pratique. Il donne plus particulièrement la priorité aux besoins des familles extrêmement mobiles qui campent illégalement du fait du manque de terrains de stationnement agréés. Le Service a produit un document d'orientation global qui inclut des informations détaillées et des lignes directrices à l'usage des écoles. Il tente de mettre en œuvre cette politique dans les écoles en employant une approche "de haut en bas", c'est-à-dire en travaillant avec les chefs d'établissement, en définissant des normes et en contrôlant les réalisations, puis en évaluant leur efficacité globale. L'objectif est de faire en sorte que les écoles assument la responsabilité de l'éducation des enfants des Gens du voyage, au lieu de s'en remettre aux services de soutien spécialisés.

Contact:

Essex Traveller Education Service
Alec Hunter High School
Stubbs Lane, Braintree,
Essex CM7 3NT, Angleterre
Tél./Fax: +44-1376-340360

Gloucestershire Traveller Education Service
The Hucclecote Centre
Churchdown Lane, Hucclecote,
Gloucester GL3 3QN, Angleterre
Tél.: +44-1452-427262 - Fax: +44-1452-427327

EXEMPLES COMPARABLES:

France:
Basée à Strasbourg, l'ARPOMT (Association pour une Recherche Pédagogique Ouverte en Milieu Tzigane) est un exemple d'association civique locale qui offre un soutien éducatif aux enfants tsiganes (de divers groupes ethniques) en Alsace. L'enseignement est dispensé au moyen d'une caravane qui se déplace d'un camp à l'autre, et les enfants suivent les cours par correspondance mis en place par le Centre National pour l'Etude à Distance (CNED). L'ARPOMT, dont le personnel est constitué de 6 personnes, organise également des activités sportives et des classes d'instruction fondamentale pour les enfants et les adultes. Enfin, elle offre un service de "poste restante" aux Voyageurs locaux, nationaux et internationaux.

Contact: 1 rue de l'Ancienne Ecole, F-67100 Strasbourg; Tél.: +33-388-44.44.37 - Fax: +33-388-84.46.76

Ecosse:
La Scottish Gypsy/Traveller Association travaille en étroite coopération avec le Fonds Save the Children pour promouvoir les intérêts des familles de Voyageurs auprès des pouvoirs publics. Dans le domaine de l'éducation, elle intervient sur diverses questions, dont le soutien éducatif pour les enfants mobiles, le transport entre les terrains de stationnement et les écoles, et les besoins des enfants lorsque leurs familles sont contraintes de partir.

Contact: SGTA, 13 rue Guthrie, Edimbourg EH1 1JG, Tél.: +44-131-650.6314; SCF, 8 Clifton Terrace, Edimbourg EH12 5DR, Tél.: +44-131-527.8200

Irlande:
Le "Visiting Teacher Service" est à la disposition des écoles dans toutes les régions du pays. Chaque enseignant-visiteur intervient dans un comté et est responsable des élèves, du primaire au post-primaire, des familles de Voyageurs. Ce programme a été pleinement appuyé par la Task Force on the Travelling Community et est placé sous la responsabilité du ministère de l'Education et des Sciences.

Contact: Equal Status Division, Department of Justice, 43-49 Mespil Road, Dublin 4; Tél.: +353-1-663.2615

Belgique:
La participation à un projet transnational de l'Union européenne sur des programmes d'insertion des Roms a offert à une coalition entre le gouvernement et des ONG partenaires l'opportunité d'évaluer l'offre et les pratiques éducatives actuelles au bénéfice des Tsiganes et des Voyageurs en Belgique. Des sondages ont été conduits auprès d'individus travaillant dans ce domaine, et une revue des politiques en matière d'éducation et d'insertion sociale a été entreprise. Le projet analyse la nature et la portée de cet enjeu en Belgique et, en dépit des quelques bonnes pratiques identifiées, il est apparu clairement (en particulier pour les ONG) qu'une approche plus systématique et intégrée s'imposait, impliquant une grande diversité d'agences, les ONG et les associations oeuvrant au service de la communauté.

Contact: Vlaams Minderheden-centrum, Gaucherstraat 164, 1030 Bruxelles; Tél.: +32-2-203.08.73 - Fax: -201.68.63


8. ÉMANCIPATION DES JEUNES: LE PROJET ATHINGANOI, RÉPUBLIQUE TCHÈQUE  

Au sein de la communauté rom, l'idée de concevoir les jeunes Roms comme des "jeunes" est nouvelle et le travail d'analyse, mais aussi le débat, sur les implications de ce phénomène se poursuivent. Pourtant, il est clair que promouvoir le potentiel des jeunes responsables roms fait partie des tâches essentielles dans la perspective du développement de la communauté. C'est le constat qu'a établi le Centre Européen de la Jeunesse du Conseil de l'Europe qui gère depuis 1995 un programme de stages de formation destinés aux responsables de jeunesse roms.

Ce programme a notamment conduit à la naissance du Forum des jeunes Roms européens (FERYP), le premier de plusieurs réseaux de jeunes Roms/Tsiganes à dimension européenne. Le Centre Européen de la Jeunesse et le FERYP se sont associés pour aider les responsables de jeunesse roms à développer des projets et des ONG aux plans national et local dans un grand nombre de pays. Les membres du FERYP sont à la fois des individus et des organisations. Une attention particulière a été accordée à l'encouragement des jeunes femmes roms à devenir des responsables. Le FERYP organise aujourd'hui régulièrement des réunions et des activités de formation destinées à donner aux jeunes Roms les moyens de travailler plus efficacement au sein de leurs associations.

Un exemple distinct des nouveaux projets sur l'initiative des jeunes Roms est O.S. ATHINGANOI, organisation civique récemment constituée en République tchèque. Elle réunit des jeunes Roms de tout le pays suivant des études secondaires ou universitaires qui, par leur future activité au sein de la communauté rom, sont appelés à faire partie de l'élite rom en République tchèque.

Début 1999, elle a établi le Projet "Réunions d'étudiants roms", avec le soutien financier de l'OSI, qui organise des réunions trimestrielles. Ainsi, quelque 30 participants prennent part à des séminaires professionnels encadrés par des responsables roms expérimentés et d'autres experts. Trois de ces réunions durent quatre jours, tandis que la quatrième consiste en une "université d'été" de deux semaines. L'université d'été permet de privilégier un thème particulier (les médias de masse, par exemple), tout en se concentrant systématiquement sur les compétences communicationnelles, les structures de soutien mutuel et la langue rom. Les réunions ont fait l'objet d'une évaluation très positive de la part des participants. De nombreux membres de O.S. ATHINGANOI se sont impliqués activement dans une "tournée pour la tolérance" qui les a conduits à visiter de nombreuses écoles dans le pays, dans le cadre du Projet "Tolérance" du gouvernement tchèque destiné à sensibiliser la population aux questions relatives aux Roms et aux minorités.

O.S. ATHINGANOI vient d'ouvrir un Centre d'information des étudiants roms à Prague. Ce Centre collectera des informations sur l'enseignement supérieur et les possibilités d'emploi pour les étudiants roms, organisera des réunions et des événements et fera office de centre de ressources sur toutes les questions touchant aux Roms. Il sera également ouvert aux membres de la société majoritaire.

Contact:

Coordinateur de projet, O.S. ATHINGANOI
YMCA, Centre d'information des étudiants roms
Na Porici 12, 115130 Prague 1, République tchèque
Tél.: +420-2-2487.2090 - Fax: -2487.2091

Emilian Niculae
Président, FERYP
PO Box 51-23, Bucarest, Roumanie
Tél./Fax: +40-94-855.612

EXEMPLES COMPARABLES:

Minority Rights Group (MRG) International a initié deux programmes, INTRINSIC et PASSPORT, destinés à encourager le développement des responsables de jeunesse roms en Europe centrale/orientale. Les deux programmes ont choisi pour approche le mentoring, et un groupe de travail formé de Roms a été constitué pour produire un kit de conseil sur le mentoring. MRG travaille avec des ONG roms partenaires en Bulgarie, Roumanie, Slovaquie et République tchèque, dont chacune a procédé à l'identification des besoins et des méthodologies spécifiques au niveau local.

Contact: 379 Brixton Road, Londres SW9 7DE; Tél.: +44-20-7978.9498 - Fax: -7738.6265. Ou Bureau de Budapest: Szilagyi Erzebet Fasor 22/c, 1125 Budapest; Tél.: +36-1-391.5730 - Fax: -391.5745

Le Fonds européen PAKIV pour les Roms est une ONG transnationale récemment créée. Le but en est de faciliter l'élaboration de nouveaux programmes au niveau de la société civile en Europe centrale et orientale qui promeuvent des activités génératrices de revenus de la part d'associations roms civiques locales. Son action consistera dans un premier temps à offrir une formation globale intensive aux jeunes Roms, dans le but de créer un pool de responsables en mesure de gérer les programmes envisagés. La formation sera assurée sous forme de trois "modules" organisés en Grande-Bretagne, au Danemark et en Hongrie, puis les participants regagneront leurs pays pour entreprendre des analyses des besoins et élaborer des propositions. La formation est financée par la Banque mondiale et la Fondation Ford.

Contact: Pozsonyi út.14, 1137 Budapest; Tél.: +36-1-237.60.27 - Fax: -237.60.29; E-mail: pakiv@pakiv.hu

Roumanie:
L'Alliance pour l'unité rom a développé le Projet "Stimuler l'emploi de fonctionnaires roms dans les administrations locales et les services publics". Le projet s'adresse aux jeunes étudiants roms ou aux diplômés de l'enseignement supérieur, à qui il propose une formation aux compétences requises pour la poursuite de leurs carrières de fonctionnaires. Le projet a été conçu en partenariat avec les administrations publiques locales et la Fondation Open Society en Roumanie.

Contact: 27 rue Silvestru, Bucarest 2; Tél./Fax: +40-1-211.42.35