Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI)

Chapitre 2 – La Radio

Exemple 1 Belgique, France, Italie et Luxembourg, Campagne“Antiracisme Infos
Exemple 2 Luxembourg, Radio ARA
Exemple 3 Slovénie, Radio Etudiants
Exemple 4 Grèce, Radio nationale ERT/ERA
Autres exemples pertinents:

Exemple 1 Belgique, France, Italie et Luxembourg, Campagne“Antiracisme Infos 

Pendant deux ans, un réseau regroupant 200 radios locales implantées dans quatre pays européens, a réalisé et diffusé plus de 2 700 heures de programmes exclusivement consacrés à la lutte contre le racisme et l'intolérance. La campagne européenne de 1998-1999 intitulée «Antiracisme infos» était une initiative exceptionnelle lancée par la Confédération nationale des radios libres, l'agence italienne Amis, Radio Ara du Luxembourg et la radio belge Scorpio.
Leur formule originale consistait à imaginer un concept «glocal» (global et local) pour produire et échanger des programmes radiophoniques au sein de leur réseau. Les radios fournissaient des programmes généraux qui étaient «personnalisés» par chaque radio en fonction du public local. En outre, pour décentraliser la production et faire participer chaque protagoniste, chaque pays était prié de produire un programme général dans plusieurs langues minoritaires.
L'immense mobilisation des radios locales européennes contre le racisme a été un succès sans précédent. Le taux d'écoute de nombreuses radios a progressé de plus de 20 % et a eu des effets positifs au niveau local, permettant de renforcer la notoriété de nombreuses associations et organisations caritatives œuvrant au service des minorités.
Les récits, interviews, nouvelles et enquêtes réalisés dans le cadre des programmes offraient la parole aux minorités vivant dans les quatre pays concernés, leur donnant ainsi l'occasion d'exposer leurs problèmes, leurs inquiétudes et leurs espoirs pour l'avenir.
Le réseau a non seulement produit des CD d'accompagnement, conçus sous diverses formes adaptées à différents publics, qui ont été mis à la disposition d'autres radios, il a également publié un numéro spécial sur le racisme dans le mensuel intitulé Fréquences Libres, avec des informations sur les résultats de leur action dans ce domaine. Enfin, le site web CNRL propose des informations en ligne sur cette campagne.

Pour de plus amples renseignements, contacter

CNRL
Tour Pleyel (37ème)
153 Bd. Anatole
F - 93200 Saint-Denis
Tél: +33.1.49.33.81.94
Fax: +33.1.49.33.81.95
E-mail: cnrl@cnrl.org
Site web: www.cnrl.org

Exemple 2 Luxembourg, Radio ARA 

Radio ARA consacre deux programmes à des publics inhabituels, régulièrement ignorés des médias, à savoir les sans-abri et les détenus. Ces émissions font appel à des personnes qu'on n'entend guère sur les ondes, ce qui explique sans doute pourquoi ces programmes drainent un auditoire beaucoup plus vaste que celui qui est ciblé au départ. En ce sens, on peut estimer que leur popularité contribue assurément à combattre l'intolérance et le racisme que subissent les victimes de l'exclusion sociale.
«La voix de la rue» (Stëmm vun der Stross), programme mensuel dynamique de 90 minutes, fait activement participer les sans-abri et aborde leurs problèmes, par exemple que signifie vivre dans la rue, comment se procurer un appartement, un travail ou comment éviter la drogue. La productrice Alexandra Oxacelay invite aussi des spécialistes à traiter de leur domaine.
L'association D'Stëmm vun des Strooss a lancé cette émission au milieu de l'année 1999 en vue de compléter le journal mis au point par des personnes vivant dans la rue. L'objectif consiste, d'une part, à donner aux sans-abri la possibilité de s'exprimer et, d'autre part, à sensibiliser le public aux exclus et aux problèmes auxquels ils doivent faire face.
Créé en 1993 en vue d'intensifier la communication entre les détenus et le monde extérieur, «De l'autre côté du mur» (Iwert d'Maueren ewech) est l'un des programmes les plus prisés de Radio ARA. Il veut prouver que la société ne peut se débarrasser d'un délit ou d'un crime en se contentant d'emprisonner le coupable. Le programme hebdomadaire de 150 minutes, présenté par Ander Thomé et Jeannot Schmitz de l'Association Info-Prison, reçoit des appels de détenus et de personnes ayant des amis ou de la famille en prison et qui souhaitent transmettre un message personnel, entendre un morceau de musique ou communiquer des informations concernant la vie des détenus
Les présentateurs multilingues de l'émission peuvent donner la parole aux minorités en français, en portugais et en serbo-croate.
Radio ARA a été lancé en 1992 par des associations et des personnes désireuses de créer une station de radio participative au Luxembourg. Elle a pour objectif de permettre à un très grand nombre de personnes de communautés et d'associations d'accéder à la radio, de diffuser des informations à grande échelle et de couvrir toute une gamme de styles musicaux. Ses fréquences d'émission lui permettent de couvrir la quasi-totalité du pays et une partie des régions limitrophes. Radio ARA compte aujourd'hui près de 50 000 auditeurs fidèles (sur une population totale de 400 000 personnes) avec un taux d'écoute journalier moyen d'1 %.

Pour de plus amples renseignements, contacter:

Radio ARA
B.P 266
L-2012 Luxembourg
Tél: +352.22.22.89
Fax: +352.22.22.66
Site web: www.ara.lu
E-mail: radioara@pt.lu

Exemple 3 Slovénie, Radio Etudiants 

Le programme radiophonique local proposé par Radio Etudiants tous les dimanches midi, entre 1991 et 1997, est l'un des exemples les plus probants de ce dont les médias sont capables pour encourager la tolérance et favoriser les relations humaines.
Aida Kurtovic, jeune bosniaque, a créé l'émission «Je ne suis pas d'ici» (Nisam ja odavde) avec l'idée de provoquer le public slovène sur l'ex-Yougoslavie. Par le biais de nouvelles, d'interviews, de commentaires et de musiques émanant de toute l'ex-Yougoslavie, elle insistait sur la diffusion radiophonique de toutes les opinions, si extrêmes soient-elles, dans le style vivant et polémique qui la caractérise. Ce programme a été la première et dernière émission en direct jamais diffusée en Slovénie dans une langue minoritaire.
Dès que la guerre a éclaté en Croatie (et plus tard en Bosnie), Aida Kurtovic a fait participer à son programme des réfugiés de guerre et trouvé le moyen d'entrer en contact avec des personnes se trouvant en ex-Yougoslavie à un moment ou l'information était censurée. Une partie de son programme s'est transformée en réseau de solidarité à l'intention des réfugiés qui souhaitaient retourner dans leur région de Croatie ou de Bosnie dévastée par la guerre. Les auditeurs slovènes enregistraient fréquemment ce programme et l'envoyaient aux réfugiés yougoslaves du monde entier. Mais il y avait le revers de la médaille: ce programme populaire faisait fréquemment l'objet d'appels téléphoniques au cours desquels les extrémistes proféraient des menaces qu'Aida a choisi d'ignorer.
Le HCR a appuyé l'émission et reconnu sa valeur exceptionnelle. Aida Kurtovic a reçu plusieurs prix pour récompenser son programme d'exception: elle a obtenu l'Oiseau d'or (1994), prix traditionnel slovène pour sa contribution importante à la culture slovène et pour son combat contre le nationalisme et la xénophobie. En 1995, «Je ne suis pas d'ici» figurait parmi les trois émissions désignées pour le Viktor (l'équivalent slovène de l'Oscar) dans la catégorie «la meilleure émission de radio» de Slovénie. En 1996, elle a également été désignée comme «la meilleure idée de toutes les émissions radiophoniques existantes» lors du concours organisé entre les stations radiophoniques locales de Slovénie.

Pour de plus amples renseignements, contacter:

Aida Kurtovic
SLOVENIE
Tél: +386 41 694 344
E-mail: kurtoviceva@hotmail.com
Site web: www.radiostudent.si

Exemple 4 Grèce, Radio nationale ERT/ERA 

S'efforçant de promouvoir la confiance au sein d'une communauté minoritaire, Radio ERT/ERA propose depuis novembre 1997 un programme hebdomadaire de trois heures en langue turque, destiné à la population musulmane de la région de Rodopi qui comprend 50 % de turcophones. Un envoyé spécial de la minorité musulmane est responsable du programme et communique tous les éléments devant alimenter le bulletin d'information concernant ce groupe minoritaire.
En outre, la radio nationale grecque ERT/ERA consacre deux heures par semaine à un programme réalisé par une équipe de migrants à l'intention de la communauté migrante et une demi-heure à des programmes diffusés dans douze langues (albanais, allemand, anglais, arabe, bulgare, espagnol, français, polonais, roumain, russe, serbo-croate et turc), sept jours par semaine, pour traiter les besoins des minorités.

Pour de plus amples renseignements, contacter:

The Greek State Radio ERT/ERA
Aghia Paraskevi
GR - 15342 Athènes
Tél: +30.1.60.66.814-16
Fax: +30.1.60.09.425

Autres exemples pertinents: 

· AMARCH, réseau international de radios communautaires ayant lancé le projet intitulé «Les voix sans frontière»
· AUTRICHE, Orange 94.0 a été choisi comme coordinateur local pour l'Autriche dans le cadre du projet international d'échanges «Les voix sans frontière» et a organisé, le 21 mars 1999, la «Journée contre le racisme»
· FINLANDE, la radio «Robin des Bois», qui est une radio à vocation communautaire très en vogue, est une chaîne d'information destinée aux associations de défense de la liberté de parole et s'est aussi fortement engagée en faveur de l'intégration des étrangers
· FRANCE, Radio Beurs, est destinée aux Nord-Africains de la deuxième génération
· ALLEMAGNE, Multikulti (SFB4) et Funkhaus Europa (WDR) illustrent fort bien les programmes de radio cosmopolites diffusés à longueur de journée
· ITALIE, Radio Italia diffuse «Différents comme nous» – un programme hebdomadaire consacré aux communautés étrangères résidant en Italie – et Radio Uno a diffusé pendant trois ans «Permis de séjour» – programme hebdomadaire sur l'émigration et la société culturelle
· SUEDE, la radio suédoise a mené à bien dix-neuf projets visant à «colorer davantage les médias», lesquels ont débouché sur l'adoption d'une nouvelle politique en faveur de la diversité culturelle