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TUNISIE

Revue de presse du 1er mai au 3 mai 2013

Programme Sud - Composante 1 (justice)

Ratissage de Jebel Chaâmbi, Munitions, armes légères et tirs longue distance, pour les opérations de déminage 3
Source : http://www.letemps.com.tn/article-75777.html 3

Land Mines injure security forces during search for terrorists 4
Source: http://www.tunisia-live.net/2013/04/30/land-mines-injure-nine-members-of-security-forces/ 4

Bassem Haj Yahia : Les terroristes ont des camps d’entrainement dans la montagne (Audio) 5
Source : http://www.businessnews.com.tn/Bassem-Haj-Yahia--Les-terroristes-ont-des-camps-d%C3%82%E2%80%99entrainement-dans-la-montagne-(Audio),520,37830,3 5

Commissaire de police égorgé le ministère de l’intérieur précise 5
Source :http://www.tunisienumerique.com/tunisie-commissaire-de-police-egorge-le-ministere-de-linterieur-precise/175774 5

BCE défie l’âge et la loi de l’immunisation de la révolution 6
Source: http://www.tunisienumerique.com/tunisie-bce-defie-lage-et-la-loi-de-limmunisation-de-la-revolution/175623 6

Ennahdha approves mixed political system 7
Source: http://www.tunisia-live.net/2013/04/29/shura-council-adopts-the-mixed-political-regime/ 7

La Tunisie glisse vers l’Etat théocratique sous la « dictature » de la majorité 8
Source :http://www.businessnews.com.tn/La-Tunisie-glisse-vers-l%C3%82%E2%80%99Etat-th%C3%83%C2%A9ocratique-sous-la-%C3%82%C2%AB-dictature-%C3%82%C2%BB-de-la-majorit%C3%83%C2%A9-,526,37844,3 8

Tunisie – Journée mondiale de la liberté de la presse : 3 mai 2013, plus qu’une journée! 9
Source : http://www.webmanagercenter.com/actualite/societe/2013/05/03/134313/tunisie-journee-mondiale-de-la-liberte-de-la-presse-3-mai-2013-plus-qu-une-journee 9

Conférence de presse au Syndicat national des journalistes tunisiens, Défendre le seul véritable acquis de la révolution 10
Source : http://www.lapresse.tn/30042013/66436/defendre-le-seul-veritable-acquis-de-la-revolution.html 10

La liberté de la presse : un droit des citoyens 11
Source : http://nawaat.org/portail/2013/05/03/la-liberte-de-la-presse-un-droit-des-citoyens/ 11

Congrès national contre la violence, Assainir le vivre-ensemble 13
Source : http://www.lapresse.tn/30042013/66433/assainir-le-vivre-ensemble.html 13

Droits des femmes — Campagne de dénigrement contre la Convention CEDAW Une bataille contre l’égalité 14
Source : http://www.lapresse.tn/03052013/66594/une-bataille-contre-legalite.html 14

Entretien avec : Hamadi Jebali, secrétaire général du parti Ennahdha et ancien Premier ministre «Les Tunisiens en ont assez des déchirures politiques» 16
Source :http://www.lapresse.tn/02052013/66531/les-tunisiens-en-ont-assez-des-dechirures-politiques.html 16

Cette période a été marquée par les menaces sécuritaires. Un camp djihadiste a été découvert dans la montagne de Chaâmbi, proche de la frontière algérienne. L'explosion de mines anti-personnel enfouies dans la montagne a provoqué des blessés. Un membre des forces de l'ordre a été assassiné à Jbal Jloud dans le gouvernorat de Ben Arous. Sur le plan politique, la candidature aux élections présidentielles de Béji Caïd Essebsi, le président et fondateur du parti politique Nidaa Tounes, a fait polémique. Le projet de la constitution présenté par l’Assemblée Nationale Constituante le 22 avril fait l’objet de vives discussions. Selon des rumeurs persistantes, l’annonce par la présidence de la république de la composition de la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle pourrait se faire le 03 mai à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse.

1. SÉCURITÉ

Ratissage de Jebel Chaâmbi, Munitions, armes légères et tirs longue distance, pour les opérations de déminage
Source : http://www.letemps.com.tn/article-75777.html

Laâreydh au chevet des blessés

Les opérations de ratissage du Jebel Chaambi (Gouvernorat de Kasserine) sont en cours, au moyen de munitions, d’armes légères et de tirs longue distance, afin de procéder au déminage de la zone, avant de la quadriller, a affirmé le porte-parole officiel du ministère de la Défense Nationale, Colonel-Major, Mokhtar Ben Nasr. Des renforts médicaux de l’armée nationale ont été envoyés à l’hôpital régional de Kasserine ainsi que des ambulances à la zone des opérations, a-t-il déclaré, hier, à l’Agence TAP.

Aucun échange de tirs n’a été signalé lors des opérations de ratissage, a-t-il indiqué, faisant remarquer que des unités spéciales de l’armée nationale effectuent des tirs à distance, méthode fréquemment utilisée lors des opérations de déminage. Ce type d’opérations militaires menées dans des zones montagneuses requiert un surcroît de temps, au vu de la complexité géographique de la zone qui s’étend sur une surface de 100 Km², composée en partie de forêts (70 km²).

A noter que la région de Jebel Chaambi a été le théâtre de trois explosions, faisant des blessés, parmi les agents de la garde et de l’armée nationales, lors d’une traque menée contre des terroristes retranchés dans la zone. D’autre part, les familles des blessés dans l’explosion de mines à Jebel Chaambi ont critiqué le manque de prise en charge de leurs proches par le gouvernement, dénonçant l’absence de dispositifs de secours dotés de la célérité et de l’efficacité requises.

Profitant de la présence, hier, à l’Hôpital militaire de Tunis, du chef du gouvernement provisoire, Ali Larayedh, venu rendre visite aux blessés, les familles de ces agents ont souligné la nécessité de garantir la sécurité de leurs proches dans l’exercice de leur mission. Les familles ont, également, exhorté le chef du gouvernement à arrêter et à sanctionner, fermement, les auteurs des explosions, affirmant que « leurs proches accomplissaient leur devoir envers la Nation et qu’ils doivent bénéficier de tous leurs droits en tant que blessés ».

De son côté, Ali Larayedh a fait savoir que le gouvernement n’a cessé d’entourer les militaires et les agents de la sûreté d’une sollicitude particulière et que, du fait de son passage au ministère de l’Intérieur, il est pleinement conscient du déficit en équipement ». Il a admis, dans ce sens, le manque de matériel d’intervention médicale et de secours, ajoutant que l’Etat a « enregistré un remarquable progrès dans le rétablissement de la sécurité ».

Larayedh a fait remarquer que le pays, qui passe par une phase difficile, connaîtra inévitablement des victimes, mais la situation demeure nettement meilleure que dans d’autres pays proches, a-t-il soutenu.
Dans une déclaration aux médias, à l’issue de sa visite au chevet de trois agents blessés à Jebel Chaambi, Larayedh a fait remarquer que la Tunisie « se situe dans un environnement géographique marqué par des guerres, des révolutions et des menaces terroristes », assurant que les forces militaires et de la sûreté assurent leur devoir en matière de lutte contre les dangers et les menaces ».

Le chef du gouvernement a, par ailleurs, appelé les formations politiques à ne pas disperser l’attention de l’appareil sécuritaire par des questions subsidiaires et de le laisser se consacrer à la protection du pays et des citoyens », notant qu’il est du devoir des autorités et de la communauté nationale de contribuer à la protection du personnel sécuritaire et de garantir leurs droits en cas de risques ».

Larayedh a, en outre, adressé un message rassurant à tous les Tunisiens dans lequel il affirme que la Tunisie dispose des moyens et des compétences nécessaires pour se développer en dépit des entraves et de la vague de revendications auxquelles elle fait face.

Land Mines injure security forces during search for terrorists
Source: http://www.tunisia-live.net/2013/04/30/land-mines-injure-nine-members-of-security-forces/

Nine members of Tunisian state security forces were injured in three land mine explosions near the Algerian border over the past two days. The injuries occurred in the forests of Mount Chambi in the Kasserine governorate. Since last December, this region has witnessed armed clashes between the Tunisian army and Islamist groups.

Yesterday, two national guardsmen were badly injured by a land mine explosion while they pursued a terrorist group hiding in the Chambi forest. According to the Ministry of the Interior, one lost a leg while the other suffered serious head wounds. The national guardsmen were treated at the hospital in Kasserine before being transported to the military hospital in Tunis.

“They had already prepared land mines before we arrived, as if it were an ambush,” Mohamed Khlifi of the National Guard told state television channel Al Wataniya. On Monday afternoon another soldier was wounded in a second land mine explosion, reported state press agency TAP. The second land mine was only 100 meters away from the first one.

National guards and members of the army protested what they said was a delay in assisting the wounded after the explosions. ”We don’t have the right equipment  for victims of terrorist attacks,” Mohamed Tahri of the National Guardsmen’s Union told Al Wataniya. “The land mine exploded around 8:00 a.m., while the helicopter arrived around 11:00 (a.m.).”

Following the land mine explosions, the Chambi forest became a closed military zone. Tuesday afternoon, a third land mine exploded, wounding six national guards and army members from units sweeping the area for terrorist elements, according to a statement released by the Ministry of the Interior.

The Tunisian government held an emergency ministerial meeting Tuesday to discuss the situation in Kasserine. Prime Minister Ali Laraayedh announced that special measures will be taken to protect security forces while doing their duties, according to Mosaique FM. He also called on politicians to support security forces as they fight violence and terrorism in Tunisia.

Alaya Allani, a historian and researcher on Islamism in the Maghreb, told Tunisia Livethat the situation in the country has reached an alarming stage with the recent land mine explosions.

“Tunisia is not a country that had a previous history of land mine explosions or jihad,” Allani said. “This will be an obstacle in building the democracy that the country needs. This also raises several questions regarding policies of the government that have clearly failed to establish a religious strategy that promotes tolerance.”

”The evolution of the Jihadist movement is threatening to the stability of the country,” he added. “Instead of welcoming Wahhabi preachers, the government should take strict measures against the influence of a model that, while it functions for other countries, does not suit the Tunisian experience.” He called on civil society to organize a forum to fight terrorism and to create a national dialogue with the extremists.

Bassem Haj Yahia : Les terroristes ont des camps d’entrainement dans la montagne (Audio)
Source : http://www.businessnews.com.tn/Bassem-Haj-Yahia--Les-terroristes-ont-des-camps-d%C3%82%E2%80%99entrainement-dans-la-montagne-(Audio),520,37830,3

Bassem Haj Yahia, l’agent de la Garde nationale qui a perdu sa jambe lors de l’explosion d’une mine à la montagne Chaâmbi, a accordé une déclaration exclusive à Mosaïque FM rendue publique le 1 Mai.
Dans cette déclaration, l’agent de la Garde nationale a indiqué que l’opération visait à débusquer des terroristes ayant un degré d’entrainement avancé. Il a également indiqué que ces individus avaient construit un petit village dans la montagne avec des endroits pour dormir et des zones d’entrainement. 
Bassem Haj Yahia a affirmé que ces individus représentent un danger imminent pour la Tunisie en assurant que les forces de l’ordre feraient tout ce qu’il faut pour protéger la population. 

Commissaire de police égorgé le ministère de l’intérieur précise
Source :http://www.tunisienumerique.com/tunisie-commissaire-de-police-egorge-le-ministere-de-linterieur-precise/175774

Le ministère de l’intérieur a confirmé sur sa page officielle la découverte d’un cadavre d’un commissaire de police dans la région de Jbal Jloud (gouvernorat de Ben Arous). Néanmoins il a infirmé la mutilation du corps de la victime  précisant que le commissaire s’est fait trancher la gorge. La dépouille a été transférée à l’hôpital Charles Nicolle pour y être autopsiée par le médecin légiste.

2. PARTIS POLITIQUES

BCE défie l’âge et la loi de l’immunisation de la révolution
Source: http://www.tunisienumerique.com/tunisie-bce-defie-lage-et-la-loi-de-limmunisation-de-la-revolution/175623

Le président de Nidaa Tounès ayant récemment annoncé sa candidature aux élections présidentielles, se sent pousser des ailes surtout qu’il affiche toujours une cote aussi insolente dans les sondages. Ni l’âge ni la loi de l’immunisation de la révolution ne le dissuaderont d’aller au bout de ses ambitions et il ne mâche pas ses mots.

Dans une déclaration à l’agence de presse allemande DPA, Béji Caied Essebsi,  a balayé d’un revers de la main les obstacles en allusion à son âge et au projet de loi  d’exclusion. « Il est de mon droit de me présenter aux élections, la phase transitoire  s’éternise et les gouvernants ne semblent pas vouloir y mettre fin » a-t-il martelé.

Il a par ailleurs, nié sa volonté de couper l’herbe sous le pied des instigateurs de la loi de l’immunisation de la révolution en accélérant sa candidature. Interrogé sur les entraves émises par l’Assemblée Nationale Constituante, le président de Nidaa Tounès les a qualifié d’ « affabulatoires » soulignant qu’elles ne peuvent prévaloir dans une démocratie. « Seuls quelques pays d’Afrique émettent cet obstacle » a raillé Béji Caied Essebsi.

Somme toute, le président de Nidaa Tounès a renvoyé dos à dos Ennahdha et l’Assemblée Nationale Constituante réitérant qu’il ne courbera pas l’échine.  « l’âge est un obstacle pour ceux qui l’ont initié et le brouillon de la constitution n’a pas encore été ratifié » a affirmé BCE et de conclure que   « s’ils s’acharnent à l’adopter (loi de l’immunisation de la révolution),  nous ne nous résignerons pas ».

Tunisie: Beji Caïd Essebsi se porte candidat à la présidentielle
Source : http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20130429134359/tunisie-nessma-tv-ennahdha-beji-caid-essebsitunisie-beji-caid-essebsi-se-porte-candidat-a-la-presidentielle.html

Dans une interview sur Nessma TV, dimanche 28 avril au soir, Béji Caïd Essebsi a annoncé son intention d'être candidat à la présidentielle tunisienne. Un petit séisme dans le monde politique.

Explications

Le fondateur du parti Nidaa Tounes, Béji Caïd Essebsi, a annoncé sa candidature à la prochaine présidentielle, dans une interview sur Nessma TV, dimanche 28 avril au soir. Une sorte de petite provocation puisque son annonce s’inscrit dans la polémique sur la troisième mouture du projet de Constitution, actuellement en discussion en Tunisie. Deux articles focalisent l’attention, le premier limitant à 75 ans l’âge des candidats à l’investiture et le second portant sur l’exclusion de la vie politique de ceux qui ont œuvré sous Ben Ali. Deux propositions qui, si elles étaient adoptées, invalideraient la démarche de l’ancien Premier ministre tunisien, âgé de 86 ans.

C’est donc avec une certaine malice que Essebsi, dont la formation caracole en tête des sondages, fait fi de ces considérations et impose un autre rythme à la classe politique, au moment où le dialogue national entre partis, initié le 23 avril par le chef de l’État Moncef Marzouki, tourne court.

Manipulateurs

En même temps, l’annonce de Béji Caïd Essebsi tend habilement à faire passer les islamistes pour des politiciens manipulant le Constitution à des fins purement électorales. Et elle a lieu - coïncidence ou non - au moment même où le Majlis al-Choura, Conseil consultatif d’Ennahdha, acceptait d’opter pour un régime mixte (semi-présidentiel) en précisant ce que devraient être les futures prérogatives du président de la république.

En tout état de cause, la candidature de Béji Caïd Essebsi est une menace que les islamistes prennent au sérieux. Ils devront désormais choisir entre un choc frontal avec Nidaa Tounes, au risque de conduire le pays vers le chaos, et une révision de leur position comprenant une négociation avec l’ensemble des familles politiques et des représentants de la société civile tunisienne.

Alliance

Reste qu’à l’approche des futures échéances électorales, le paysage politique ne devrait pas échapper à une division en deux blocs antagonistes. Mais si les islamistes semblent de plus en plus isolés, Béji Caïd Essebsi, lui, compte sur l’alliance de Nidaa Tounes avec d’autres partis ainsi que sur un rapprochement avec la puissante centrale syndicale de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT). L’initiative de cette dernière pour établir un plan de sortie de crise politique et économique est d’ailleurs de nouveau d’actualité et rallie toutes les forces démocrates.

En vieux briscard de la politique, Béji Caïd Essebsi a donc repris la main pour recentrer le débat sur des questions politiques : il n’est plus question d’islam mais bel et bien de course au pouvoir. Et il met au défi les personnalités intéressées de s’aligner sur la ligne de départ. Pourtant rien n’est joué ; un projet de Constitution médiocre et rétrograde risquerait de freiner tout processus démocratique dans le pays.

Ennahdha approves mixed political system
Source: http://www.tunisia-live.net/2013/04/29/shura-council-adopts-the-mixed-political-regime/

The Shura Council of the Ennahdha ruling party approved the creation of a mixed parliamentary / presidential system for Tunisia’s future government during an emergency meeting held yesterday, Fathi Ayadi, chair of the Council, told Mosaique FM.

The new system of government would balance power between the president and prime minister. It was proposed by a key parliamentary committee in the National Constituent Assembly (NCA). “This new political system will ensure the balance between the executive and legislative branches,” said Zoubair Chehoudi, a member of the Shura Council.

This system would also allow neither the president nor the prime minister to monopolize power. According to Chehoudi, Ennahdha chose the mixed system to ensure that tyranny will not reoccur in Tunisia and that no party dominates the political scene. Debate has been ongoing concerning whether Tunisia should adopt a parliamentary, presidential or mixed political system. Ennahdha initially favored a parliamentary system.

But Oussama Essghaier, an NCA member affiliated with Ennahdha, told Tunisia Livethat the ruling party changed its position in order to reach a compromise with other political parties. “Even though we still believe that the parliamentary political regime is the best … we realize that everyone must give up (a little of one’s beliefs) in order to achieve consensus,” Essghaier said.

A mixed system will contribute to a successful democratic transition in Tunisia, Ennahdha said in a statement about the decision. Essghaier told also Tunisia Live that the current draft of the constitution outlines a more parliamentary system. Changes to ensure a mixed system would have to be made during the voting process on articles of the constitution.

3. ANC/CONSTITUTION

La Tunisie glisse vers l’Etat théocratique sous la « dictature » de la majorité
Source :http://www.businessnews.com.tn/La-Tunisie-glisse-vers-l%C3%82%E2%80%99Etat-th%C3%83%C2%A9ocratique-sous-la-%C3%82%C2%AB-dictature-%C3%82%C2%BB-de-la-majorit%C3%83%C2%A9-,526,37844,3

Les données 

- Aucune allusion au respect des lois et traités internationaux, message négatif non seulement pour la communauté internationale, mais également pour tout futur investisseur étranger qui se respecte.
- Les principes permanents de l’Islam ["thawâbit el Islam"] et leurs fins prennent le dessus sur les droits de l’Homme universels qui se laissent contrôler, également, par les spécificités culturelles du peuple tunisien : des contradictions figurant dans une même phrase qui anéantissent complètement le cadre universel des droits de l’Homme.

- Une nette contradiction entre les articles 1-2 ou l’Islam est considéré comme la religion de la société (article 1), l’Etat civil (article 2) et 136 où il est mentionné qu’il est strictement interdit de toucher à l’Islam comme religion de l’Etat.

- La liberté de conscience est complètement absente 

- Aucune référence claire quant aux droits de la Femme

- Les mouvements réformistes « éclairés » ! Et où sont les autres ?

- L’équilibre entre les pouvoirs cités au préambule vient en contradiction avec le contenu du chapitre relatif aux pouvoirs législatif et exécutif où le président élu est dépourvu de nombreuses fonctions lui permettant d’assurer cet équilibre.

- Avec ce projet de constitution, la Tunisie va être le 8ème pays (sur 135 recensés) dans le monde à fixer un âge maximal pour la candidature au poste de président de la République et ce après le Tchad, l’Ouganda, le Tadjikistan, la Mauritanie, la Guinée équatoriale, la Côte d’Ivoire et le Congo !

La lecture 

L’analyse du projet de la constitution dans son ensemble dégage une large confusion, des contradictions qui pourraient laisser le législateur perplexe. L’interprétation des principes immuables de l’Islam et leurs fins ouvrent la voie par exemple à l’abolition des lois sur l’avortement et de l’adoption ; les droits de la Femme et de l’enfant seraient sérieusement menacés. 

D’un autre côté, insister sur la cohésion de la famille pourrait être probablement interprété comme un signe pour abandonner le droit du divorce dans une étape ultérieure.

Par ailleurs, le refus d’inscrire la liberté de conscience dans ce projet de constitution donnera le feu vert au législateur de recourir au commandement de la chariâa qui condamne l'apostat à la peine capitale.
Sur le plan concret, et à la lumière des lois s’inspirant de cette constitution qui pourront voir le jour, qu’est ce qu’un juge, par exemple, va mettre en considération pour lancer son verdict ? Est-ce l’Etat civil « article 2 » ou l’Etat théocratique (l’Islam est la religion de l’Etat « article 136 »? 

Enfin, tout laisse à croire que le débat houleux, ces-jours-ci, sur la nature du régime politique n’est qu’une tactique du parti Ennahdha pour faire oublier le plus important et l’essentiel « des libertés bafouées et droits bafoués ». Le parti Ennahdha va certainement faire des concessions pour la nature du régime…Tout laisse à croire, aussi, que ces contradictions dans ce projet est volontaire pour affaiblir l’Etat à long terme, pour semer le doute et la panique et probablement pour abandonner progressivement la constitution qui va être inapplicable, car complexe et confuse et ouvre la possibilité pour recourir à d’autres lois appliquant directement la chariâa et donc l’installation définitive de l’Etat théocratique.

4. MEDIA/LIBERTÉ D’EXPRESSION

Tunisie – Journée mondiale de la liberté de la presse : 3 mai 2013, plus qu’une journée!
Source : http://www.webmanagercenter.com/actualite/societe/2013/05/03/134313/tunisie-journee-mondiale-de-la-liberte-de-la-presse-3-mai-2013-plus-qu-une-journee

La HAICA (Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle) tant attendue sera connue aujourd’hui en guise de commémoration de la Journée mondiale de la liberté de la presse. Tant mieux! Mieux vaut tard que jamais?! En tout cas le retard n’est dû qu’à la surenchère politicienne et aux arrière-pensées politiques des uns et des autres, y compris les représentants des journalistes et des propriétaires des médias audiovisuels eux-mêmes!

En cette période transitoire très mouvementée en Tunisie et malgré le sentiment généralisé que la révolution du 14 janvier n’a enregistré qu’une seule réussite, celle de la libération des médias et de l’expression des Tunisiens, il n’en demeure pas vrai que, bien que libérés, les médias tunisiens pataugent dans une situation très complexe où les prémisses d’une nouvelle ère sont en train de se dessiner tandis que les séquelles de 60 ans d’absolutisme n’ont pas encore disparu!

D’ailleurs et bien que tant attendue, la HAICA en elle-même n’est qu’une première étape dans l’édifice des institutions de régulations que toute société démocratique et pluraliste se doit de mettre en place pour garantir la liberté d’expression tout en préservant les autres droits fondamentaux de la personne.

La presse écrite, doyenne de tous les autres moyens d’expression, doit aussi être régulée; la presse électronique, dernier «mass-média» de notre civilisation, demande également à être accompagnée dans ces premières expressions -et surtout ses premiers dérapages. Ceci sans compter la régulation de l’argent des médias et l’apport de la publicité, de la politique et des lobbys divers, qu’ils soient locaux ou étrangers. L’argent est certes le «nerf de la guerre», mais ce nerf doit être sain et transparent, sinon, nous ne pouvons rien réguler par ailleurs!

Avant tout ceci et en préalable à la mise en place des outils de régulation démocratiques, nous avons un passé douloureux à nettoyer. Passer l’éponge ne peut pas se faire et la vindicte personnelle ou politicienne n’est pas la solution. La justice transitionnelle doit faire son travail et le plutôt sera le mieux pour ceux qui se sont enrichis –illégalement cela s’entend- ou ceux qui ont lésé le pays dans sa liberté. Mais un travail d’auto-évaluation doit être fait par la profession qui devra se prendre en charge et avoir le courage d’accomplir le travail de catharsis, douloureux certes mais absolument nécessaire!

Au fond, nous avons besoin d’ouvrir grands les chantiers d’une profonde reforme de notre paysage médiatique. Nous devons définir les contours d’un grand service public de l’information qui sera l’épicentre de nos médias. Nous avons à organiser la distribution des ressources publiques de publicité pour non seulement garantir l’équité entre tous mais également pour s’en servir comme moyen de pérenniser la pluralité d’expression et d’opinion nécessaire pour fonder une démocratie. Nous avons à mettre en place les prémisses d’une industrie culturelle à même de garantir un contenu pluraliste, démocratique et libre pour tous les citoyens et pour tous les médias, en dehors de sa grande contribution économique, sociale et politique.

Les chantiers sont nombreux, grands et complexes. Comme la vie en fait, et les médias ne sont in fine que l’expression de la complexité de la vie.

Conférence de presse au Syndicat national des journalistes tunisiens, Défendre le seul véritable acquis de la révolution
Source : http://www.lapresse.tn/30042013/66436/defendre-le-seul-veritable-acquis-de-la-revolution.html

 Pas moins de 7 organisations ont annoncé hier, lors d’une conférence de presse tenue au siège du Syndicat national des journalistes tunisiens (Snjt), la formation d’une coalition civile pour la défense de la liberté d’expression et ont présenté à cette occasion une déclaration commune.
Composée de la Ligue tunisienne de défense des droits de l’Homme, le Snjt, le Syndicat général pour la culture et l’information (organisation affiliée à l’Ut), l’association «Yakadha» pour la démocratie et l’Etat civil, le Syndicat tunisien des radios libres, le Syndicat tunisien des journaux indépendants et partisans ainsi que le Centre de Tunis pour la liberté de la presse, la coalition fixe une dizaine de revendications.

Protéger les journalistes et la liberté de la presse

Les signataires de la déclaration lue par la présidente du Snjt, Najiba Hamrouni, demandent ainsi l’application des textes de loi garantissant la liberté de la presse et le droit d’accès à l’information (en d’autres termes les décrets-lois 115 et 116, et le décret-loi  41) notamment en ce qui concerne la création de la Haute autorité indépendante pour la communication audiovisuelle (Haica), la suppression de l’article 121 du projet de la Constitution qui prévoit la création d’une Instance pour les médias (qui engloberait la presse écrite normalement sujette à l’autorégulation) qui annonce, selon eux, un retour au «ministère de l’Information».

D’un autre côté, la coalition demande le retrait d’un projet de loi organique que s’apprête à faire voter le groupe CPR au sein de l’Assemblée nationale constituante et qui va jusqu’à prévoir des sanctions de privation de liberté à l’encontre des journalistes allant jusqu’à trois ans. La transparence est également une des revendications de la déclaration. Transparence en ce qui concerne les médias publics dont les lois doivent être révisées en vue de renforcer leur mission de service public, la transparence dans les circuits de distribution souvent dominés par un monopole, et aussi la transparence dans l’attribution de la «publicité publique» aux journaux, loin des calculs partisans.Enfin, les signataires demandent des éclaircissements et un droit de regard sur le sort des établissements médiatiques saisis au lendemain de la révolution.

Une volonté d’enterrer les décrets-lois 115 et 116

C’est le soupçon qui pèse sur le projet de loi organique présenté par le CPR qui, notons-le, prévoit également des sanctions pénales à l’adresse de ceux qui utilisent les lieux de culte comme tribune politique. Mais la coalition dénonce la présence de pas moins de 13 articles de sanctions de privation de la liberté pour les journalistes accusés de «diffamation», un terme considéré comme un peu trop vague.

Selon Kalthoum Kannou, présidente de l’Association des magistrats tunisiens, présente dans la salle, «les sanctions privatives de la liberté à l’encontre des journalistes dans le cadre de leur travail ne peuvent être admises en démocratie, seules les amendes peuvent être tolérées», tout en indiquant que si, en plus le juge n’est pas indépendant dans l’interprétation de la notion de «diffamation», ce genre de lois finira par verrouiller définitivement la vie politique.

Venu soutenir la coalition, Ahmed Seddik, un des dirigeants du Front populaire, estime que la «diffamation» est «obligatoire» pour maintenir un climat de démocratie et de liberté de la presse
«Si ce projet de loi est adopté, il annoncera la fin des émissions satiriques tant prisées par les Tunisiens, et j’ajouterai que ceux qui ne  souhaitent pas être diffamés  n’ont qu’à rester chez eux», dit-il.
De son côté,  Naziha Rjiba, présidente de l’association «Yakadha» (vigilance), a déploré le laxisme des journalistes eux-mêmes dans la défense de la liberté de la presse.

«Cessez de réfléchir avec la logique du gagne-pain, et n’oubliez pas que votre gagne-pain c’est justement la liberté de la presse», lance-t-elle.Najiba Hamrouni pointe également du doigt trois personnalités qui bloquent, selon elle, les nominations des membres de la Haica. «Mohamed Bannour, Lotfi Zitoun et Tarek Kahlaoui bloquent les négociations sur la composition de la Haica», précise-t-elle.
La présidente du Snjt a annoncé en outre que le Syndicat organisera une marche, le 3 mai, à l’occasion de la journée internationale de la liberté de la presse.

La liberté de la presse : un droit des citoyens
Source : http://nawaat.org/portail/2013/05/03/la-liberte-de-la-presse-un-droit-des-citoyens/

En Tunisie la liberté de la presse et la liberté d’expression ne sont toujours pas garanties. Et chaque jour est une bataille. Si ce ne sont pas des dirigeants mis à la tête de médias publics sans concertation, ce sont des violences à l’égard des journalistes, des restrictions dans la pratique professionnelle, des blogueurs et artistes victimes du système judiciaire.

En Tunisie la liberté de la presse n’existera pas tant que des journalistes risquent la prison pour un délit de presse et que des restrictions à la diffusion d’information existent.

Le gouvernement ne montre que des signes de fermeture. Le CPR s’est fendu d’un projet de loi liberticide. Les journalistes risquaient des peines de 3 mois à 3 ans d’emprisonnement. La diffamation y était sanctionnée pénalement. Une censure déguisée dans un pays où il n’y a toujours pas de justice libre, expliquait Kamel Labidi de l’INRIC. Ce projet de loi qui devait être présenté hier à l’ANC a été annulé. Une victoire ? Non. Car son existence signifie que des députés travaillent à la restriction des libertés et qu’un projet a été fait pour écarter le décret-loi 115. Ce projet de loi prévoyait même une instance de régulation de la presse écrite.

Les décrets-lois 115 et 116 toujours en suspens

Les décrets-lois 115 et 116 promulgués en novembre 2011, eux, ne sont toujours pas entrés en vigueur. Pourtant une année et demie de pratique aurait pu permettre de roder le système, de voir ses défaillances, d’y apporter correction et d’améliorer la pratique professionnelle. Le 115 concerne directement la liberté de la presse, de l’édition et de l’impression. Sa non application a pour effet la non délivrance de la carte de presse. Si bien que pour l’année 2013 les journalistes n’ont pas reçu leur carte professionnelle, une manière de nier l’existence de la profession.

Le gouvernement et la présidence sont bien trop occupés avec la bataille autour de la HAICA, l’instance de régulation de la communication audiovisuelle, que prévoit le décret-loi 116. Qui prendra sa tête ? Comme pour toutes les instances chaque parti veut placer ses affiliés, faisant fi de tout esprit démocratique.

La violence toujours d’actualité

Les médias restent, dans l’esprit du gouvernant, un outil à contrôler car un pouvoir qui dérange. Si bien que personne ne s’indigne vraiment des violences subies par les journalistes. Dans son dernier rapport l’Observatoire des violences faites aux journalistes du Centre de Tunis pour la Liberté de la Presse, recensé 16 actes de violence pour le mois de mars 2013. Un net recul par rapport au mois de février qui en comptait 32, mais un chiffre qui reste bien trop élèvé.

Les journalistes, à tort ou à raison sont pointés du doigt, la qualité de leur travail est constamment discutée. Le débat est une bonne chose, pas la violence. Car quand un journaliste est attaqué c’est un citoyen que l’on attaque, ce sont tous les citoyens que l’on pénalise. C’est une information en moins qui circule, une information pour le citoyen. Le journaliste n’est qu’un vecteur. La liberté de la presse concerne avant tout le citoyen. Combien de jours sans savoir que Bouazizi s’était immolé ? Combien de jours sans savoir que la révolution était là ?

La liberté de la presse est un droit des citoyens

Garantir la liberté de la presse c’est « gagner le droit à l’information qui est un droit essentiel et indéniable. C’est un droit qui aide au processus démocratique dans la mesure où avec différentes analyses du paysage politique les gens sont éclairés et comprennent mieux comment faire leur choix » explique Om Zied, journaliste et membre de l’association Vigilance.

Garantir la liberté de la presse « c’est gagner la bataille de la citoyenneté, car celle-ci passe par le fait que les individus vivants dans une société en connaissent les problèmes. Et ceci passe par la conscience de ses droits et de ses devoirs, ce qui se fait à travers les médias. On garantit la prospérité et le développement car via la liberté de la presse il y à un véritable diagnostique des problèmes et donc on peut chercher les bonnes solutions » pour Hamida el Bour de l’IPSI.

La liberté de la presse est un droit des citoyens, pas le privilège d’une profession.

Dans Vous dire la vérité, Aidan White raconte qu’il y a 300 ans deux journalistes publièrent sous le pseudonyme de Caton une défense de la liberté d’expression intitulée « Sans liberté de pensée, il ne peut y avoir de sagesse et il ne peut y avoir de liberté publique sans liberté d’expression. » Sans liberté d’expression le citoyen ne peut pas témoigner et sans liberté de la presse le journaliste ne peut pas rapporter.

Les journalistes doivent être libres de jouer leur rôle, de rapporter l’information, de mettre les gouvernants face à leur responsabilité, d’animer le débat public. Les citoyens eux doivent défendre leur droit à savoir. Sinon la nuit s’abattra encore sur eux.

5. VIOLENCE

Congrès national contre la violence, Assainir le vivre-ensemble
Source : http://www.lapresse.tn/30042013/66433/assainir-le-vivre-ensemble.html

«Nous sommes actuellement dans la dernière ligne droite vers le congrès national contre la violence qui se tiendra le 18 mai prochain. La journée d’étude préparatoire du congrès qui a eu lieu samedi dernier sera le point de départ des travaux de ce congrès national afin d’aboutir à l’élaboration d’un projet de charte contre la violence», indique Ghazi Ghraïri, coordinateur général du congrès ouvert à tous les partis politiques et à un grand nombre d’associations de la société civile. «Or, si samedi dernier une trentaine de partis et une vingtaine d’associations de la société civile ont répondu à l’appel, nous avons enregistré la défaillance notoire de deux partis politiques : Ennahdha et le CPR, que nous avons pourtant invités. Voilà qui est regrettable», déplore Ghazi Ghraïri. Comment les protagonistes de ce congrès définissent-ils la violence contre laquelle ils comptent agir ? Peut-on considérer qu’enfreindre la loi lors des manifestations de protestation populaire, grève, sit-in, est une forme de violence ? Le coordinateur général est clair : «Nous nous sommes référés à la définition onusienne du terme de la violence que nous avons adoptée. La violence concerne tout acte actif ou passif portant atteinte physique ou morale à l’intégrité des personnes en vue d’infléchir leur comportement sociétal ou politique. Maintenant, concernant les mouvements de protestation populaire, j’estime que s’ils ne sont pas conformes à la réglementation et à la loi en vigueur, ils peuvent être considérés comme une forme de violence. Les initiateurs de ce congrès comptent donc agir au niveau national contre toute forme de violence définie selon les standards internationaux».

Une charte et un observatoire

Les rapports de projets des différentes commissions seront soumis au congrès le 18 mai prochain, dans le but d’atteindre plusieurs objectifs. Le coordinateur général du congrès nous en énumère quelques-uns: «L’adoption d’une charte nationale contre la violence dont les piliers principaux sont les partis, la société civile et les médias. Rappelons qu’une charte morale a déjà été signée par 28 partis à l’initiative de l’Institut arabe des droits de l’Homme et qu’elle sera donc prise en compte et alimentée par les signatures d’autres partis à l’occasion du congrès.

Créer un observatoire national sur la violence, soit une sorte d’instance de veille, d’écoute, de documentation et de diffusion de la culture contre la violence, saisir la justice en cas de violence physique et/ou morale. Enfin décréter le 6 février de chaque année (jour de l’assassinat du martyr Chokri Belaïd) journée nationale contre la violence». Ces mécanismes de lutte contre la violence ont-ils des chances d’être appliqués et de contribuer à endiguer le phénomène de la violence politique, surtout en l’absence de deux partis de la Troïka au pouvoir aux travaux préparatoires du congrès ?

«Ce qui est sûr, précise Ghazi Ghraïri, c’est que tout le monde stigmatise la violence, les partis, les associations, les syndicats, les citoyens et on est dans l’obligation de faire face à ce problème. Nous continuerons à inviter le mouvement Ennahdha et le CPR afin qu’ils nous rejoignent. Il est certain que si l’on arrive à mettre en place les mécanismes d’identification, d’enquête et de lutte contre la violence, cela deviendra l’affaire de tous : aussi bien les partis, la société civile et les médias que l’Etat».

Lutter contre la violence est à coup sûr la meilleure manière de favoriser la cohabitation entre les partis et l’ensemble de la société civile, la tolérance, le respect de la diversité et de l’opinion contraire et la sécurité. Ce qui ne pourra qu’instaurer un climat pacifique pour l’organisation d’élections libres et transparentes.
Rappelons, enfin, que le congrès national contre la violence se tiendra à l’initiative d’une vingtaine d’associations, la société civile, dont l’Association tunisienne des femmes démocrates, la Ligue tunisienne des droits de l’Homme, l’Ugtt, l’Ordre national des avocats, l’Institut arabe des droits de l’Homme.

6. DROITS DES FEMMES

Droits des femmes — Campagne de dénigrement contre la Convention CEDAW Une bataille contre l’égalité
Source : http://www.lapresse.tn/03052013/66594/une-bataille-contre-legalite.html

La coalition civile s’insurge (Atfd, Afturd, Ltdh,  Amnesty Tunisie, Stal)
La Convention onusienne contre toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (Cedaw), ratifiée par la Tunisie en 1985, fait l’objet depuis quelques jours, voire des mois, d’une campagne de dénigrement et de déformation sans merci. «On lui fait dire n’importe quoi et n’importe comment au nom de la défense de la Chariaâ», affirme-t-on du côté de ses défenseurs. Une coalition de cinq organisations tunisiennes des droits humains s’insurge et appelle à la mobilisation générale pour sauver le Code du Statut Personnel et barrer la route aux instigateurs d’un projet de société qui «s’oppose à l’égalité entre les époux au sein de la famille».

Les opposants à Cedaw, à coups de campagnes médiatiques et de mobilisation sur le terrain, surtout dans les zones rurales, reprochent à la convention de préparer le terrain pour la reconnaissance de l’homosexualité et, par conséquent, du mariage gay et d’inciter les adolescentes à l’usage des contraceptifs. Ils lui reprochent également de retirer au mari le droit à la répudiation – ce qui est déjà stipulé dans le CSP et en vigueur depuis 1956 – et de remettre en question le statut de chef de famille qui, selon eux, ne doit revenir qu’au mari. 

Polygamie, répudiation, mariage précoce... dans le viseur Selon les défenseurs de la convention, il n’en est rien de tout cela.  «La Convention contre toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (Cedaw) ne parle pas des homosexuels ni du mariage gay et elle n’incite pas les femmes au libertinage sexuel ni n’encourage l’usage des contraceptifs par les adolescentes», expliquent les représentantes de la coalition civile (Atfd, Afturd, Ltdh, Amnesty Tunisie, Stal) au cours d’une récente rencontre de presse. «Ce sont là des accusations sans fondement et abusives dont les dessous sont purement politiques», affirment-elles encore. Et pour cause : la campagne de déformation et de dénigrement menée en apparence au nom de la défense de la Chariaâ est empreinte de manipulations et de mauvaise foi. Pour certains instigateurs de la campagne de déformation, Cedaw s’écrit Sidaw et la relation entre le contenu de la convention et le risque de contracter le sida vite établie. 

Pour les défenseurs des droits humains dont ceux de la femme qui font partie intégrante, les dessous de cette campagne sont purement politiques et n’ont rien à voir avec la religion. Les attaques auraient même débuté il y a plus d’un an, quand, en octobre 2011, le premier gouvernement de transition, celui de Béji Caïd Essebsi, a décidé la levée des réserves de la Tunisie sur la convention Cedaw, ratifiée en 1985. Ces réserves concernent deux articles relatifs à l’égalité, respectivement dans l’héritage (article 15) et dans la famille (article 16). «La bataille est finalement celle de l’égalité», avancent les défenseurs de Cedaw. Et c’est tout un programme à entendre la constitutionnaliste Hafidha Chakir. «C’est une guerre en apparence culturelle et idéologique mais qui est, dans son for intérieur, une lutte pour le pouvoir au sein de la cellule familiale, microcosme de la société; dominer la famille revient à dominer l’ensemble de la société et c’est le projet de société qui est visé par les parties qui appellent au retour à la polygamie, à la répudiation, au mariage précoce, etc.». 

Levée des réserves : procédure inachevée : La présidente d’Amnesty Tunisie est même convaincue que la désintégration des droits de la femme est un moyen détourné pour atteindre les droits de l’enfant et remettre en question certains principes comme la majorité à 18 ans et, par là, l’âge autorisé au mariage. «A terme, l’objectif est d’autoriser légalement le mariage précoce et d’imposer la suprématie masculine», souligne-t-elle. Et de poursuivre : «Nous nous sommes entretenues avec des imams et nous nous sommes renseignées auprès des spécialistes, le Coran n’interdit pas l’égalité et protège les femmes contre toutes les formes d’abus et de violences, Cedaw n’est donc pas en contradiction avec nos valeurs culturelles, ni avec le CSP, estime la présidente d’Amnesty. Quant à la Chariaâ nous savons tous qu’il y a plusieurs lectures et personne n’a le droit d’imposer la sienne». 

La mobilisation de la coalition civile des droits des femmes vise quatre domaines: le mariage du violeur , le viol conjugal, l’égalité à l’héritage et le mariage précoce. La bataille n’est pas encore gagnée et les représentantes de la coalition appellent à la mobilisation générale (partis politiques et médias) estimant que le futur projet de société qui est en train d’être décidé dans les murs de l’ANC est l’affaire de tous. «Avant le 14 janvier, nous militions pour promouvoir nos droits; aujourd’hui, nous nous battons pour préserver nos anciens acquis», déclare la vice-présidente de la Ltdh. Quant à la présidente de l’Atfd, Ahlem Belhaj, elle situe le problème dans le double langage des personnes qui sont aujourd’hui au pouvoir et qui «avaient promis de respecter les libertés individuelles et les droits des femmes; ces mêmes personnes tentent aujourd’hui de faire passer un texte (3e copie du projet de constitution) critiqué par tous les défenseurs de droits de l’Homme». La campagne ne serait pas fortuite, avancent les membres de la coalition.

L’avis porté sur la convention Cedaw dépend, bien sûr, du côté où l’on se place : pour les femmes et les hommes d’obédience islamiste, la polygamie, la répudiation, le mariage précoce sont un remède contre les maux de société tels que le divorce, le célibat tardif, les naissances hors mariage, la prostitution ; quant à l’égalité dans l’héritage, elle serait garantie par l’Islam sous diverses formes et selon les circonstances qui prévalent au sein de la famille. Le problème identitaire, inattendu pour la plupart des Tunisiens, s’est posé avec toute son acuité après la révolution. Il est clair qu’un débat entre toutes les parties est inévitable pour  calmer les tensions et permettre aux Tunisiens de vivre ensemble indépendamment de leurs croyances et convictions culturelles et/ou religieuses. 

La solution, qui doit inévitablement être consensuelle dans un contexte de démocratie naissante, serait donc dans un dialogue national où l’argumentation et la contre-argumentation seraient basées sur des vérités, des expériences et le savoir, loin de toute manipulation et mauvaise foi et surtout loin de la propagande wahabiste.  Mme Sana Ben Achour, militante de la première heure pour les droits des femmes, appelle le gouvernement actuel à assumer ses responsabilités et, dans le cadre de la pérennité de l’Etat, de conclure, ce qu’avait engagé le précédent gouvernement de Béji Caïd Essebsi, la procédure de levée des réserves afin qu’elle soit officiellement reconnue au double plan national et international. La coalition espère également une prise de position des organisations internationales pour défendre la convention et stopper la campagne de déformation.

 Historique   La Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes est ratifiée par 187 pays dont 19 pays arabes comme l’Arabie Saoudite et le Qatar. Exit le Soudan et la Somalie. Elle a été adoptée par l’Assemblée générale en 1979 et est entrée en vigueur, en 1981, après avoir été ratifiée par 20 pays. Les réserves de la Tunisie sur les articles 15 et 16, levées en 2011, concernent la Convention et non le Protocole additionnel à la Convention qui est entré en vigueur le 22 décembre 2002 et que la Tunisie a ratifié en 2008. Ce protocole ne permet la formulation d’aucune  réserve conformément aux dispositions de son article 17. Pour qu’elle devienne officielle et effective, la levée des réserves de la Tunisie doit être signifiée par écrit par le chef du gouvernement et adressée au secrétaire général des Nations unies.

7. DIVERS

Entretien avec : Hamadi Jebali, secrétaire général du parti Ennahdha et ancien Premier ministre «Les Tunisiens en ont assez des déchirures politiques»
Source :http://www.lapresse.tn/02052013/66531/les-tunisiens-en-ont-assez-des-dechirures-politiques.html

C’est à croire que Hamadi Jebali choisit ses sorties ou plutôt que l’histoire d’une Tunisie à la croisée des chemins dicte et choisit pour lui le moment de ses apparitions publiques. Alors qu’il est en tête des sondages d’opinion pour la prochaine présidentielle, l’ancien chef du gouvernement attise sa popularité et rend visite aux agents militaires et de la Garde nationale blessés suite à l’explosion d’une mine antipersonnel à Jebel Chaâmbi. Au-delà de l’émotion, c’est un appel à l’union contre la violence et au sursaut national face aux «réelles et sérieuses menaces» qui guettent le pays que lance Hamadi Jebali à l’ensemble de la classe politique, aux organisations nationales, à la société civile et à l’opinion publique. Entretien.

Depuis le 19 février dernier, date de votre départ du gouvernement, c’est le premier entretien que vous accordez à un journal tunisien. Ces trois mois ont-ils été pour vous ressentis comme une certaine traversée du désert ou le temps du «repos du guerrier» ?

Ni l’une ni l’autre, même s’il est tout à fait naturel que cette période ait été un peu consacrée au repos et surtout au suivi de l’évolution de la situation du pays et à la recherche du meilleur rôle que je peux jouer au service de la Tunisie. 

Et quel est alors ce rôle ?

Le meilleur des rôles dans la conjoncture actuelle consiste, à mon sens ,à soutenir les efforts du pays, de l’Etat, du gouvernement et de la société tunisienne dans son ensemble à faire réussir cette période de transition, à réaliser au moins quelques objectifs de la révolution à rédiger la Constitution, à tenir des élections transparentes et démocratiques qui marqueront le début d’une nouvelle période d’édification de l’Etat et de la réalisation de l’ensemble des objectifs de la révolution. C’est ce qu’attend la société et ce qu’attendent en particulier les jeunes Tunisiens qui ont fait la révolution. Cependant, la réalisation de ces objectifs est tributaire de la réussite de l’actuelle période de transition et d’édification institutionnelle. Réussir cette période permettra au pays de sereinement se pencher sur les vrais problèmes pour les traiter qui sont d’ordre social et économique.

Début mars, vous avez réagi non sans virulence à un article paru sur les colonnes de notre journal et intitulé « De Tora Bora à Chaâmbi » et dans lequel il est écrit que des bastions de salafistes ont investi les hauteurs du pays. Avant-hier, vous avez rendu visite aux blessés des mines qui ont explosé dans la région de Chaâmbi…

Abstraction faite de la réaction à cet article, je considère cependant que le titre est non dépourvu de bon sens. Le danger terroriste nous guette de toutes parts, du Mali, d’Irak, d’Afghanistan, de Somalie... De fait, ils sont des Tora Bora. Peu importe du reste de connaître le pays d’origine de ce danger, le plus important est, aujourd’hui, de prendre conscience des sérieuses menaces qui passent désormais à un palier supérieur : le choix de Chaâmbi et de la région frontalière avec l’Algérie ne s’est pas fait par hasard. Notre pays est aujourd’hui confronté à un réel danger sans aucune commune mesure avec aucun autre quelle qu’en soit la nature. Quand on lève les armes, le langage du dialogue prend fin, car en levant ainsi les armes, c’est à la face de la société tunisienne dans ensemble qu’on le fait, quelle qu’elle soit et indépendamment des convictions et des couleurs politiques des gouvernants. Il ne s’agit pas là de différences d’appréciations d’ordre idéologique, ce dont il s’agit c’est de violence qui menace toute la société et c’est là une ligne rouge à ne pas franchir au-delà de tous les petits calculs politiques. Il faudrait que tout le monde prenne conscience de ce danger, il faut que nous fassions collectivement face et front contre ce danger. La réponse à la violence n’est pas seulement sécuritaire mais elle est aussi et particulièrement d’ordre politique. Aujourd’hui, la priorité des priorités est d’engager une campagne décisive et de grande envergure de récupération des armes qui circulent dans le pays et de stopper les fuites d’armes à travers nos frontières. C’est un devoir national qui transcende les divergences et les surenchères politiques et qui nécessite un large soutien politique, une assise réglementaire et législative ad hoc ainsi qu’un appui matériel. Il est pour le moins étrange et anormal que certains politiques et médias prennent la défense de ceux qui s’en prennent aux forces de sécurité alors même qu’elles sont en train de protéger le pays, l’Etat et les citoyens.  De grâce, ne rajoutons pas des mines politiques et autres sociales aux mines de Jebel Chaâmbi. 

Vous appelez à la nécessité de mettre en place un cadre réglementaire et législatif qui donnerait une nouvelle latitude au gouvernement dans sa lutte contre la violence et la menace terroriste. Ne craignez-vous pas, à ce propos, les dérapages d’antan ? Il ne s’agit pas de donner un chèque en blanc au gouvernement. Il s’agit de prendre conscience du danger et d’y faire face avec des moyens et des mesures qui seraient non point exceptionnels mais adéquats.

Vous dites que la lutte contre la violence et les menaces terroristes est surtout une question d’ordre politique. Ne pensez-vous pas qu’à l’origine du développement de cette violence, il y a une crise politique et une crise de leadership ?

Le leadership, ce sont les institutions, l’opinion publique et la conscience collective. Un leadership politique n’a pas de sens en l’absence d’une maturité et d’une conscience collective. A défaut de quoi, on retomberait dans les travers des hommes providences et des hommes sauveurs. Cela étant, il y a aujourd’hui un déficit de leadership. Il est à cet égard, du devoir du gouvernement, de la présidence de la République, de l’ANC et des partis politiques de faire front commun contre la violence et le réel danger qui menace le pays. Face à cette menace, il ne faudrait pas qu’on se perde et qu’on gaspille les énergies dans les méandres et les ramifications des conférences et des débats. Personne n’est dupe quant aux visées électorales et politiciennes de ce bouillonnement de dialogues, de débats et d’initiatives, faisons donc au moins front uni au sujet de la lutte contre la violence et face aux menaces qui guettent le pays.

Depuis l’échec de votre initiative et la démission de votre gouvernement, vous avez paradoxalement gagné en envergure de chef d’Etat. Un tout récent sondage d’opinion vous accrédite d’une forte cote de popularité.

Dans quelle mesure cela pourrait corroborer la thèse selon laquelle vous projetez de quitter le parti Ennahdha et de créer votre propre parti ?

Les Tunisiens en ont en assez des déchirures politiques. Leur message est simple : «On n’a pas fait la révolution pour assister aux disputes partisanes et politiques ». La sagesse veut qu’on s’élève aujourd’hui  au-dessus de ces petits calculs et des projections surfaites et prématurées. Les priorités sont aujourd’hui ailleurs : il s’agit de parer à toute menace qui guette le pays.

En attendant, quel rôle entendez-vous jouer pour l’instant ?
Je suis toujours au service de la Tunisie et mon rôle sera aussi de consolider le rayonnement de la Tunisie à l’échelle internationale. La question de l’investissement me tient tout particulièrement à cœur et je n’épargnerais aucune énergie pour polariser et attirer les investisseurs étrangers vers notre pays et susciter un plus grand intérêt de la part des regroupements économiques régionaux comme l’Union européenne, les pays du Golfe et l’Amérique, pour le site tunisien.

Que pensez-vous de la déclaration de candidature à la présidentielle de M. Beji Caïd Essebsi ?

Si Beji est tout à fait libre de présenter sa candidature. C’est une affaire interne qui concerne uniquement son parti. Je considère que le plus important est qu’on organise des élections transparentes et démocratiques et pour cela il faudrait un large consensus. La révolution permet à chaque Tunisien cette liberté de présenter sa candidature pour les échéances politiques, mais elle le permet dans le respect de la Constitution et de la loi.