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TUNISIE

Revue de presse du 15 juin au 5 juillet 2013

Programme Sud - Composante 1 (justice)

Tunisie : Ghannouchi écarte un scénario à l'égyptienne 3
Source : http://news.tunistribune.com/?q=node/2484 3

Fronde et soulèvement en Egypte, la Tunisie échappera-t-elle à la contagion? 3
Source: http://www.lapresse.tn/04072013/69475/la-tunisie-echappera-t-elle-a-la-contagion.html 3

Le régime islamiste égyptien déchu: Opposition et pouvoir en état de choc en Tunisie! 5
Source : http://www.webmanagercenter.com/actualite/societe/2013/07/04/137205/le-regime-islamiste-egyptien-dechu-opposition-et-pouvoir-en-etat-de-choc-en-tunisie 5
Ghannouchi active Abbou pour décapiter Rachid Ammar 6

Source: http://www.tunisie-secret.com/Ghannouchi-active-Abbou-pour-decapiter-Rachid-Ammar_a464.html 6

Rached Ghannouchi a finalement eu la tête de Rachid Ammar 8
Source : http://www.tunisie-secret.com/Rached-Ghannouchi-a-finalement-eu-la-tete-de-Rachid-Ammar_a486.html 8

Tunisia’s Larayedh predicts democratic progress 9
Source: http://www.euronews.com/2013/06/28/tunisia-s-larayedh-predicts-democratic-progress/ 9
Motion de destitution, J’y suis, j’y reste! 10

Source : http://www.lapresse.tn/27062013/69188/jy-suis-jy-reste.html 10
Law Excluding Ben Ali-Era Politicians Would Divide Tunisia, Say Opponents Source: http://www.tunisia-live.net/2013/06/28/law-before-assembly-would-divide-tunisian-society-say-opponents 12

Pressure Builds Around Bill Excluding Pre-Revolution Politicians from Government 13
Source: http://www.tunisia-live.net/2013/06/18/pressure-builds-around-bill-excluding-pre-revolution-politicians-from-government/#sthash.rFScLUfc.dpuf 13

(INTERVIEW) La France et le processus de transition en Tunisie :Sans ingérence et sans indifférence, déclare François Hollande 14
Source : http://directinfo.webmanagercenter.com/2013/07/04/francois-hollande-la-france-suit-le-processus-de-transition-en-tunisie-sans-ingerence-mais-sans-indifference/ 14

François Hollande en Tunisie : cachez ces droits que je ne saurai voir ! 15
Source : http://www.businessnews.com.tn/francois-hollande-en-tunisie--cachez-ces-droits-que-je-ne-saurai-voir,519,39120,1 15

Discussion aujourd’hui du projet de Constitution, A la recherche d’un difficile consensus 16
Source: http://www.lapresse.tn/01072013/69374/a-la-recherche-dun-difficile-consensus.html 17

La nouvelle Constitution tunisienne se fait toujours attendre 18
Source : http://www.france24.com/fr/20130619-tunisie-nouvelle-constitution-ennahda-adoption-opposition-debat-constituante-retard 18

Débat sur le projet de la Constitution, Acte II : hémicycle à moitié vide 19
Source : http://www.letemps.com.tn/article-77429.html 19

L’invité du dimanche: Hichem Snoussi, membre de la HAICA, l’amalgame entre la régulation et l’autorégulation est une manière détournée de rétablir le ministère de l’information 20
Source : http://www.letemps.com.tn/article-77197.html 20

La Haica va plancher sur l'interview de Moncef Marzouki-Iyadh Ben Achour 23
Source : http://www.businessnews.com.tn/La-Haica-va-plancher-sur-linterview-de-Moncef-Marzouki-Iyadh-Ben-Achour,520,39047,3 23

Comité de soutien d’Amina : « Les chefs d’inculpation contre elle ne sont pas fondés » 25
Source : http://nawaat.org/portail/2013/07/03/comite-de-soutien-damina-les-chefs-dinculpation-contre-elle-ne-sont-pas-fondes/ 25

Fonds pour l’égalité des sexes — CAWTAR, Des femmes militantes en conclave à Tunis 26
Source : http://www.lapresse.tn/27062013/69191/des-femmes-militantes-en-conclave-a-tunis.html 26

Tunisie: Les Femen Polémiquent 27
Source : http://www.huffpostmaghreb.com/2013/06/28/femen-tunisie-libres-_n_3515692.html?utm_hp_ref=maghreb 27

Révolution — Transition, entre réalité et complot, d’où vient le désenchantement des Tunisiens? 28
Source : http://www.lapresse.tn/24062013/69031/entre-realite-et-complot-dou-vient-le-desenchantement-des-tunisiens.html 28

L’annonce du général Ammar, chef d’Etat-major  interarmées, qu’il renonce à ses fonctions a provoqué une grande polémique en Tunisie sur les causes réelles d’une telle décision. Les contestations contre le président égyptien Mohamed Morsi menant à sa destitution risquent selon certains d’atteindre la Tunisie et de menacer la Troika. La période a également été marquée par l’examen de la  motion de destitution du président de la République, suite aux propos proférés dans un pays étranger et jugés offensants à l’égard du peuple tunisien. La motion de destitution a été contestée de même que son examen en plénière.

Tunisie : Ghannouchi écarte un scénario à l'égyptienne
Source : http://news.tunistribune.com/?q=node/2484

DUBAÏ — Le chef du parti islamiste Ennahda, au pouvoir en Tunisie, Rached Ghannouchi, a affirmé que son pays ne pouvait pas connaître le sort de l'Égypte, où l'armée a écarté le président Mohamed Morsi, dans une déclaration publiée jeudi. « Certains jeunes rêveurs peuvent croire qu'il est possible de rééditer en Tunisie ce qui s'est passé en Égypte, mais ce sera une œuvre vaine », a déclaré Rached Ghannouchi dans le quotidien arabe Asharq Al-Awsat, soulignant que la donne en Tunisie « est différente » de celle en Égypte.
« Nous avons adopté une sérieuse stratégie d'entente entre les courants islamiste et moderniste, ce qui a épargné au pays les risques de division », a-t-il assuré. Un mouvement Tamarrod (rébellion) vient de lancer en Tunisie une campagne de mobilisation sur le modèle de celle de Tamarrod en Égypte, à l'origine des manifestations ayant conduit à la mise à l'écart par l'armée de Mohamed Morsi et des Frères musulmans dont il est issu. Le chef d'Ennahda a repoussé un scénario à l'égyptienne.
« Notre armée nationale se tient à l'écart de la politique », contrairement à « l’Égypte qui a été gouvernée par l'armée pendant 60 ans ». La situation est tendue en Tunisie où un débat sur la Constitution, amorcé cette semaine, a cristallisé les antagonismes entre le pouvoir et ses détracteurs qui dénoncent une dérive vers une nouvelle dictature sous la conduite des islamistes d'Ennahda. La Tunisie est en outre régulièrement secouée par des crises politiques, des conflits sociaux et l'essor de mouvements islamistes radicaux.
Fronde et soulèvement en Egypte, la Tunisie échappera-t-elle à la contagion?
Source: http://www.lapresse.tn/04072013/69475/la-tunisie-echappera-t-elle-a-la-contagion.html

Destitution de Mohamed Morsi : le gouvernement, l’opposition et les acteurs de la société civile en Tunisie sont appelés à en tirer les leçons. La vague de contestation sans précédent contre le président égyptien Mohamed Morsi risque-t-elle d’atteindre la Tunisie, surtout si l’on considère que les erreurs commises par les Frères  musulmans égyptiens rejoignent celles dans lesquelles est tombé le gouvernement de la Troïka, avec Ennahdha comme composante essentielle ?

Quelles sont les actions à mettre, en urgence, en œuvre pour que la rue tunisienne n’emboîte pas le pas à la rue égyptienne où les jeunes ont décidé d’en finir avec le régime ? Le calme observé mardi au sein de l’Assemblée nationale constituante laisse-t-il entendre que nos constituants, qu’ils appartiennent au pouvoir en place ou à l’opposition, ont saisi le message provenant de l’Egypte et ont compris que l’heure n’est plus aux tiraillements et aux divisions mais plutôt aux consensus tant recherchés depuis la victoire de la révolution de la liberté et de la dignité ?

Toutes ces problématiques appellent à une réflexion commune de la part des acteurs du paysage politique national, des experts en stratégie ou des militants de la société civile, d’autant plus que la dynamique contestataire auprès des jeunes semble avoir démarré. Ainsi, les dernières informations montrent que l’association «Tamarrod» (rébellion) a déjà enregistré près de 200.000 adhésions sur les réseaux sociaux où elle bat son plein depuis le déclenchement de l’agitation en Egypte.

Les mêmes erreurs, les mêmes échecs
Noureddine Ennaïfer, expert en études stratégiques, estime que «le phénomène égyptien est insolite puisque plus du tiers de la population égyptienne s’élève contre un pouvoir élu et exige purement et simplement son départ. Et ce n’est pas l’opposition qui a déclenché le processus. Ce sont les jeunes qui ont décidé que Mohamed Morsi et son régime (celui des Frères musulmans) doivent partir».

Le Pr Ennaïfer dégage quatre causes principales à l’origine de l’agitation en Egypte: «La culture de fraternisation (akhouana) imposée par Morsi, le non-respect du contrat politique scellé entre Morsi et la société, le camouflet économique qui a engendré une paupérisation généralisée et le hiatus avec toute la classe politique égyptienne, y compris les salafistes égyptiens».

La contagion ou la transposition du mouvement contestataire en Egypte est-elle possible sous nos cieux ? «Entre Ennahdha et le Parti égyptien de la justice et du développement (la nouvelle appellation des Frères musulmans), les erreurs et les échecs sont pratiquement les mêmes, plus particulièrement au niveau de l’absence totale du développement des régions. La classe moyenne tunisienne en décomposition continue pourrait résister encore pour une période qui ne sera pas dans tous les cas très longue. Toutefois, mon sentiment personnel est que Ramadan 2013 sera un mois très difficile, surtout avec la crise du tourisme qui a touché plus de 400.000 travailleurs qui se sont retrouvés au chômage. De plus, la dynamique de la rébellion a déjà commencé sur les réseaux sociaux.

Pour moi, notre classe politique (pouvoir et opposition) ne semble pas posséder les moyens de maîtriser cette dynamique d’autant plus que les conditions objectives à son développement sont réunies : laxisme, corruption généralisée et violence organisée. Je crains fort que l’infection ait atteint son stade final», souligne encore le Dr Ennaïfer.

La légitimité électorale n’est plus suffisante
Pour Abderrazak Hammami, secrétaire général du Parti du travail patriotique démocratique, «les événements qui se déroulent en Egypte ont le mérite de dévoiler que «la légitimité électorale n’est pas suffisante pour gouverner en période de transition d’autant plus que les erreurs commises par Ennahdha et le parti de Mohamed Morsi se rejoignent dans une large mesure. Il est vrai que la situation est désastreuse en Tunisie mais je dois reconnaître que nous n’avons pas atteint le point de non-retour. Notre opposition est encore loin de l’unité tant espérée mais j’ai le sentiment qu’elle finira par parler le même langage dans le cas où Ennahdha et ses alliés continueraient leur politique de non-écoute des Tunisiens et de rejet des consensus plus particulièrement pour ce qui est de la constitution.

Quant à se retrancher derrière la légitimité électorale acquise le 23 octobre 2011, je pense que ce comportement n’est plus d’actualité puisque ce qui se passe en Egypte nous a apporté la preuve que la légitimité électorale n’est plus suffisante et qu’elle doit être appuyée par la légitimité consensuelle.

La Tunisie est-elle à l’abri de toute contagion ?
«Il est possible, estime le SG du Parti du travail patriotique démocratique, de ne pas nous enfoncer dans le marasme dans lequel est tombée l’Egypte à condition de tout mettre sur la table des négociations et des concertations en ayant une volonté partagée de mettre un terme définitif à la violence, à l’encouragement de la création des milices qui agissent dans l’impunité totale et en adoptant des mesures économiques urgentes pour faire face à la détérioration du pouvoir d’achat du citoyen».

Quant au changement de ton au sein de l’ANC, Abderrazak Hammami exprime l’espoir que «l’apaisement constaté mardi dernier n’est pas conjoncturel et qu’il témoigne d’une réelle volonté de réviser sérieusement les politiques déjà adoptées mais qui n’ont produit que des échecs».

Nous sommes condamnés à gouverner ensemble
Constituant nahdhaoui et enseignant universitaire de philosophie, Ahmed Mechergui estime que «la pratique de la politique en Tunisie diffère de celle en vigueur en Egypte où les politiciens n’ont pas compris qu’ils doivent diriger leur pays en optant pour les coalitions. Pour moi, c’est une condition fondamentale à la réussite des révolutions : il est impératif de marier la légitimité des urnes à la légitimité consensuelle.

Aucun parti politique n’est en mesure d’affronter, tout seul, les défis résultant de la révolution».
«Nous livrons une guerre quotidienne contre la corruption et l’absence de développement. Nous menons une œuvre qui commande la participation de tous». Sur un autre plan, le constituant nahdhaoui se dit confiant, estimant qu’il est difficile que le vent de la contagion souffle sur la Tunisie.

«Le peuple tunisien a déjà démontré qu’il est un peuple rationnel et qu’il sait faire la part des choses. D’autre part, l’élite politique tunisienne est plus proche de l’esprit cartésien à la française alors que les élites du Machrek sont plus proches de l’esprit idéaliste à l’allemande. En plus, le peuple tunisien a montré à plusieurs reprises qu’il est capable de remettre les pendules à l’heure quand ses élites dévient ou perdent la boussole». «A l’ANC, souligne toujours Ahmed Mechergui, j’ai senti, mardi dernier, pour la première fois, que nous avons entamé un dialogue réel et sérieux. Il ne faut pas perdre de vue que nous sommes en train de rédiger une constitution vivante et que les idées et les contre-idées exprimées au palais du Bardo reflètent la réalité de ce qui couve dans notre société. Nous sommes condamnés à choisir la voie du juste milieu, la voie de la rationalité, trait qui a toujours distingué notre peuple».

Des leçons à tirer
«La situation en Tunisie n’est pas comparable à celle prévalant en Egypte où le poids de l’armée et son emprise sociétale ne sont plus à démontrer», estime de son côté Riadh Ben Fadhl, coordinateur du parti Al Qotb. «En Egypte, ajoute-t-il, l’opposition démocratique ainsi que certains courants de l’Islam politique ont très vite tiré les leçons de la volonté de mainmise des Frères musulmans sur l’Etat et la société égyptiens».

Maintenant que la fronde s’est généralisée en Egypte et que les jeunes égyptiens ont investi la rue en décidant de faire tomber le gouvernement Morsi à tout prix, que peuvent faire nos politiciens pour que le scénario égyptien ne se produise pas en Tunisie ? Riadh Ben Fadhl précise : «Il revient à Ennahdha de tirer les leçons, toutes les leçons, de l’échec des Frères musulmans en Egypte. Et même si l’opposition tunisienne n’a pas atteint le degré de maturité et d’union comparable à celui de son homologue égyptienne, nous pensons que l’initiative d’alliance nationale pour le salut public proposée par le Front populaire peut permettre de modifier les choses et d’assurer l’alternance démocratique. Quant à nos constituants, nous les appelons à nous rédiger une constitution qui rassemble tous les Tunisiens et toutes les Tunisiennes».

Le régime islamiste égyptien déchu: Opposition et pouvoir en état de choc en Tunisie!
Source : http://www.webmanagercenter.com/actualite/societe/2013/07/04/137205/le-regime-islamiste-egyptien-dechu-opposition-et-pouvoir-en-etat-de-choc-en-tunisie

«On ne brise pas le peuple égyptien», a déclaré Adly Mansour, président de la Cour constitutionnelle qui a prêté aujourd’hui serment devant la haute cour constitutionnelle, devenant président de l’Egypte par intérim.
Le projet de l’islam politique meurt dans son berceau même, l’Egypte, là où il a été créé et conçu, là où il a pris racine,  engendré et inventé par les Hassan Al Banna et Saïd Kotb. «L’Egypte ne sera jamais un émirat, une Khilafa ou un royaume géré par l’islam politique. Nous sommes un Etat républicain et pluriel. Nous comptons bien le rester. Nous avons toujours coexisté ensemble, musulmans et coptes, musulmans d’obédience malékite et ceux d’obédience hanafite. Nous devrions tous répondre à la question: qui es-tu? Je suis Egyptien, peu importe ton appartenance religieuse ou idéologique, tu es Egyptien», n’arrête pas de répéter la journaliste vedette de la télévision privée ON TV.
L’appartenance à une mère patrie appelée Egypte, c’est le sentiment partagé par les millions d’Egyptiens descendus sur toutes les places des grandes villes et dans toutes les provinces d’Egypte. Une implication dans la chose publique et politique desquelles ils ont été écartés pendant des décennies. Le peuple égyptien a changé les donnes sur le terrain quant à ce fantasme de l’“islam modéré“ que voulaient imposer les USA et leurs alliés britanniques ainsi que leurs pions dans les pays du prétendu printemps arabe. La volonté du peuple a vaincu, il a choisi la République, rejeté l’Etat autocratique et ce au-delà des considérations confessionnelles et dévotes.
Dans le communiqué lu solennellement par le ministre égyptien de la Défense, chef d’Etat-major des forces armées, promesse fût faite aux jeunes et au peuple que l’armée n’interviendra pas dans la chose politique. Cheikh al-Azhar, la plus haute autorité religieuse de l’Egypte a appelé à respecter la volonté du peuple soutenant sans réserve la décision de l’armée d’assurer une transition pacifique du pouvoir. Il a rappelé que l’Egypte est la patrie de tous ses enfants.
Le pape orthodoxe d’Alexandrie, qui avait déclaré auparavant qu’il considérait le peuple, l’armée et les jeunes comme une sainte trinité, a de nouveau exprimé ses hommages aux réalisations du peuple et ses respects pour sa volonté. Et à la Bourse du Caire, suite à l’annonce de la destitution de Mohamed Morsi, les gains ont frôlé les 15 millions de livres égyptiennes, ce qui a entraîné le gel de l’activité boursière pour une demi-heure.
Quant aux réactions à l’international et alors que l’Arabie Saoudite (Wahabite) et les Emirats  arabes unis ont applaudi la nouvelle transition, les Etats-Unis et John McCain metteur en scène du printemps arabe restent très prudents. La France a exprimé être “assez optimiste“ suite à l’annonce de l’organisation prochaine d’élections législatives et présidentielle. La Norvège s’est dite heureuse de voir la volonté du peuple égyptien vaincre.
Les Tunisiens sont pour leur part en état de choc. Pas de réactions notables de la part des partis d’opposition, si ce n’est une déclaration du chef du gouvernement assurant sa confiance dans les institutions armées et sécuritaires, et une autre de Rached Ghannouchi, toujours aussi nombriliste, braqué et têtu  qui a indiqué que si les «Jeunes tunisiens pensent refaire le scénario égyptien, ils se trompent lourdement. La Tunisie n’est pas l’Egypte et nous avons déjà fait des concessions sur la Constitution». Il a oublié que c’est ce qu’avait dit Moubarak avant sa chute et ce qu’a dit Morsi avant sa destitution aussi légitime soit-il !
Et ces Tunisiens dont parle souvent Ghannouchi et sans même s’en rendre compte avec autant de mépris, parce que non Nahdhaouis, seraient-ils in fine et à cause de la complicité notoire de certaines forces politiques sur place acculées à supporter une Constitution plus réactionnaire que celle de 1959? «Je m'engage à préserver le système de la République, à respecter la Constitution et la loi, et à protéger les intérêts du peuple», a déclaré le nouveau président égyptien. Y aurait-il en Tunisie un homme ou une femme capable de prêter aujourd’hui pareil serment?

Ghannouchi active Abbou pour décapiter Rachid Ammar
Source: http://www.tunisie-secret.com/Ghannouchi-active-Abbou-pour-decapiter-Rachid-Ammar_a464.html
Mohamed Abbou qui vise le poste de son ex-mentor Moncef Marzouki, n’agit plus que sur instructions de Rached Ghannouchi. Sa dernière diatribe contre le général Rachid Ammar fait partie de la stratégie d’Ennahda d’instaurer durablement sa dictature islamiste. Mohamed Abbou aspire à la présidence de la République et il sait que pour y parvenir, il doit conserver son statut de premier larbin de Ghannouchi. Analyse des agissements d’un imposteur devenu homme politique et d’un céperiste resté islamiste !

Le 6 juin dernier, Mohamed Abbou a publié sur sa page facebook une violente critique contre le général Rachid Ammar, en appelant à son limogeage et à son remplacement par un autre haut gradé de l’armée. Il a commencé son texte intitulé « Il est temps de changer le commandement militaire » par ces phrases démagogiques : « Les corps de nos soldats et nos agents de sécurité sont déchiquetés dans les explosions de ces mines au Chaâmbi. Et à chaque fois que nous pensons que l’affaire est close, de nouvelles mines explosent, et s’approchent aujourd’hui des zones habitées».

Cet avocassier qui incarne la trahison et l’opportunisme et qui est devenu, avec son épouse, richissime en seulement deux ans a déclaré qu’« Il faut aujourd’hui effectuer un changement à la tête de l’institution militaire, et nommer un nouveau chef d’Etat major des trois armées…Il n’est pas logique qu’un responsable puisse garder son poste alors qu’il a échoué dans sa mission. Le nouveau promu devra donner un nouveau souffle de l’institution militaire, et permettra assurément de mettre fin aux attaques du Chaâmbi ». Il a justifié ces propos irresponsables le 13 juin 2013 sur les ondes de radio Shems FM.

L’ex-zélateur de Moncef Marzouki et depuis une année agent de Rachid Ghannouchi oublie un petit détail, à savoir que derrière ces attentats au Chaambi, il y a des éléments militaires déjà acquis à la cause islamiste et qui n’obéissent pas aux ordres de leur hiérarchie militaire mais à ceux du chef des Frères musulmans en Tunisie. Toute la manœuvre consiste précisément à discréditer le général Rachid Ammar, à montrer son incompétence en vue de le mettre à la retraite. Les deux derniers soldats tués à Chaambi n’ont pas été victimes de mines anti-personnelles comme cela a été dit, mais d’une bombe télécommandée à distance et qui n’a sauté qu’au passage des jeunes soldats.

Pour comprendre cette manœuvre, il faut rappeler que depuis la diffusion, en octobre 2012, d’une vidéo de Rached Ghannouchi à son insu, le général Ammar se méfie comme de la peste du chef des Frères musulmans en Tunisie. Et pour cause, dans cette vidéo (voir ci-dessous), Ghannouchi confiait à ses ouailles sa stratégie secrète pour la conquête définitive du pouvoir. Il avait dit ce jour là au sujet des forces laïques que « l’information est entre leurs mains, que l’économie est entre leurs mains, que l’administration est entre leurs mais…En plus, le RCD revient en force et il contrôle aussi l’information et l’armée. L’armée n’est pas assurée, elle n’est pas acquise, et la police aussi… ». C’est depuis cette vidéo que le général Ammar a pris ses distances avec Ghannouchi pour se rapprocher de Moncef Marzouki. Rachid Ammar devait d’ailleurs partir à la retraite en août 2012 et c’est le président provisoire qui a tout fait pour proroger sa carrière à la tête des trois armées, responsabilité qu’il occupe depuis avril 2011. Marché de dupe entre deux imbéciles : le général sans honneur qui pense ainsi trouver un nouveau protecteur pour prolonger sa carrière de félon, et le président provisoire qui espère ainsi bénéficier du soutien de l’armée ainsi que celui de la Grade présidentielle, lors des prochaines élections…si elles se concrétisent !

Il faut également rappeler que la purge de la police nationale et de l’armée a commencé dès octobre 2011. L’un des premiers hauts gradés à en être victime a été le général Ahmed Chabir, qui vit depuis sous haute surveillance. Ce fut ensuite le cas du général Taïeb Lajimi, qui avait été muté à l’Inspection générale. Sur instruction de Rached Ghannouchi, le colonel plein Néjib Jelassi a été nommé chef d’état major de l’armée de l’air. Cet officier qui a une bonne réputation a été sous le règne de Ben Ali attaché militaire à l’ambassade de Tunisie à Washington. A la même époque où Rachid Ammar était attaché militaire à l’ambassade de Tunisie à Paris.

Selon nos sources, Ennahda prépare la relève de Rachid Ammar. C’est un autre colonel plein, qui a été aussi attaché militaire à l’étranger et qui est revenu en Tunisie il y a 5 mois, qui serait le successeur. Il est actuellement affecté à l’Inspection général. A la suite d’un rapport confidentiel de Mohamed-Ali Ganzoui, Ben Ali se méfiait de cet officier et le soupçonnait de sympathie pro-islamiste. C’est donc lui que Ghannouchi a choisi pour prendre la tête des trois armées à la place du général Ammar.
    
Toujours selon nos sources, depuis que les Ligues de protections de la révolution dont Mohamed Abbou est un fervent défenseur ont exigé l’arrestation de Rachid Ammar et Kamel Eltaëf, le « général qui a dit non à Ben Ali » ne dort plus chez lui. Il est persuadé que Ghannouchi veut sa tête, dans le sens propre ou figuré du terme. Pour Ghannouchi, c’est d’autant plus une priorité que les Qataris l’ont informé que « Rachid Ammar n’est plus fiable et qu’il roule pour certains généraux algériens ». Or, la phobie de ce chef des Frères musulmans, c’est le recommencement du scénario algérien en Tunisie. S’assurer l’aliénation totale et inconditionnelle de l’armée est par conséquent la priorité absolue d’Ennahda.

C’est dans ce contexte qu’il faut replacer l’appel de Mohamed Abbou pour le limogeage de Rachid Ammar. Dévoré par son ambition présidentielle, constatant que Marzouki et Ben Jaafar « sont grillés », que Hamma Hammami « n’est pas pris au sérieux » et que « Béji sera juridiquement exclu de la prochaine compétition électorale pour avoir été au service de l’ancien régime », comme il l’a confié à un ami peu fiable, il s’est démarqué du CPR, une coquille vide, pour fonder, le 7 avril dernier, le « Courant Démocratique », une autre coquille vide ; tout cela pour devenir présidentiable aux yeux de Ghannouchi et de sa secte islamiste.

Depuis l’appel insensé de ce manipulateur manipulé, Rachid Ammar a promis qu’il allait très prochainement s’exprimer. L’opinion tunisienne attend toujours ! En revanche, Mohamed Abbou a essuyé des répliques cinglantes, notamment de Mohsen Marzouk et de Hathem Bourial, dans une lettre ouverte publiée le 8 juin 2013 par Webdo et intitulée « Lettre ouverte à un opportuniste. Monsieur Abbou taisez-vous ». 

Rached Ghannouchi a finalement eu la tête de Rachid Ammar
Source : http://www.tunisie-secret.com/Rached-Ghannouchi-a-finalement-eu-la-tete-de-Rachid-Ammar_a486.html

Rached a écarté Rachid ! En direct ce soir, sur Attounisiyya TV, le général Ammar a renoncé à ses fonctions. Le scénario du complot islamiste que Tunisie-Secret a été le premier et seul site d’information à révéler dès le 16 juin dernier s’avère donc exact. Qui a viré Rachid Ammar après tant de mois de bons et loyaux services ? L'aile droite des Frères musulmans Tunisiens, ou l'aile gauche du Pentagone? Réaction à chaud.

Dans leur article « Ghannouchi active Abbou pour décapiter Rachid Ammar », publié le 16 juin dernier, Karim Zmerli et Lilia Ben Rejeb ont parfaitement démontré l’objectif de la campagne de dénigrement qui visait le « général qui a dit Non à Ben Ali », à savoir son départ à la retraite pour le remplacer par un général plus fiable, selon l’expression de Rached Ghannouchi.

On ne s’arrêtera pas ici sur toutes les révélations pathétiques de Rachid Ammar dans l’émission de ce soir avec Moez Ben Gharbia sur Attounisiyya TV. Nous y reviendrons. L’essentiel pour nous, c’est ce qu’il a déclaré à la fin de cette émission : « J’ai décidé d’abandonner le travail compte tenu de mon âge avancé…Dieu Merci, j’ai beaucoup donné…J’ai rencontré le président samedi dernier, je lui ai présenté ma demande écrite et il l’a acceptée…Je n’ai pas démissionné, moi je ne démissionne pas. Celui qui démissionne est celui qui évite les difficultés. Or, ce n’est pas mon cas depuis que je suis aux commandes…Si la révolution n’avait pas réussie, je serai aujourd’hui parmi les morts…La révolution n’a pas réussie….Mon succès à moi, c’est lorsque le régime a changé ». Mission accomplie mon général, l’Amérique est reconnaissante pour ses serviteurs et elle leur souhaite une paisible retraite !

Pour l’âge avancé, la ficelle est un peu trop grosse, puisqu’en août 2012, le général Rachid Ammar avait tout fait pour obtenir une prorogation de fonction. En lui accordant cette faveur contre l’avis de celui qui l’a fait président (Rached Ghannouchi), Moncef Marzouki croyait se mettre de son côté un allié puissant. Il savait déjà que sa présence à Carthage, si figurative soit-elle, était comptée et que les islamistes ont déjà trouvé, avec l’assentiment de l’administration américaine, l’heureux remplaçant, à savoir Ahmed Néjib Chebbi.

Pour Rachid Ammar, il y a une différence entre « abandonner ses fonctions » et « démissionner » !!! En réalité, son coup de théâtre ce soir prouve que le chef intégriste des Frères musulmans en Tunisie, Rached Ghannouchi, est plus puissant que jamais. Il prouve aussi que les Américains n'ont pas changé de stratégie vis-à-vis des islamistes en Tunisie et en Egypte,  et ce, malgré les apparences. Le complot des islamistes est donc en marche et plus rien ne l’arrêtera. Le détail de ce complot, vous le trouverez dans notre article du 16 juin dernier (ci-dessous) qui a anticipé ce qui est arrivé ce soir. Et si vous désirez une nouvelle prophétie, la voici : dans peu de temps, vous apprendrez que notre général "patriote" est mort d'un cancer, comme le général égyptien Souleymane, ou d'un crise cardiaque, comme tous ceux qui ont passé l'arme à gauche depuis janvier 2011 ! Et les Tunisiens pourront alors rendre un hommage national au "général qui a dit non à Ben Ali", pour emprunter cette formule au cyber-collabos Yassine Ayari.

Tunisia’s Larayedh predicts democratic progress
Source: http://www.euronews.com/2013/06/28/tunisia-s-larayedh-predicts-democratic-progress/

Ali Larayedh, the head of the Tunisian government, was in Brussels on June 25, to see the European Commission and Council presidents, as well as the president of the European Parliament, and also with our Brussels correspondent Charles Salamé.
Charles Salamé, euronews: “Prime Minister, following your invitation to Brussels by the European Union, after your various meetings here, can you bring us up to date on the latest developments?”
Ali Larayedh, Prime Minister of Tunisia: “I came to Brussels to talk with European officials, and to inform them, at their request, about Tunisia’s accomplishments in building a democratic state of prosperity and constitutionality, of orderly security in the wake of the Tunisian revolution, which was the first in the Arab World and which so far has been the most successful. European officials wanted to know the dates for the next elections, and we’ve told them that our government would like the elections to be at least partially organised before the end of this year, and followed up in January 2014. That is the basis on which we are working, and we’ve been moving steadily in that direction at a good pace till now.
“We have committed to reforms for which the results may be expected to become apparent within two to three years, possibly even sooner. These purposeful reforms have been in the areas of investment, public-private partnership, the revision of how the state is involved and the collection of taxes. We have found that the economy is improving, since in 2012 we registered 3.6 percent growth, and we hope to attain four percent for 2013, even though we acknowledge that the state of the world’s economy generally is not helpful in realising high rates of growth.”
euronews: “Looking at the state of the Arab World, Tunisia used to be the seat of the Arab League; given what has been happening, notably in Syria, what is Tunisia’s official position towards the events in Syria, especially since jihadist fighters are known to have gone from Tunisia to fight in Syria?”
Larayedh: “Tunisia and the Tunisians approve of, support and strongly encourage any effort towards a political solution in Syria which could speed the end of the violence there – the loss of lives, avoiding more losses and destruction. As concerns the few Tunisians seeking adventure by going to Syria without knowing what is waiting for them there, an ignorance which is to the benefit of those against whom they fight, we have found that this phenomenon – which is not limited to Tunisia – and the government has taken steps to ban young Tunisians from travelling to Syria, so that they do not get sucked into a commitment there, and we are preparing for the consequences of those who are already there and who leave Syria… for this we are working with the parties concerned so as to manage the interests of Tunisian adventurers in Syria; we are taking the necessary measures, which will be applied after their return.”
euronews: “Prime Minister, governments don’t customarily get mixed up in the work of judges, but in your capacity as head of the government of Tunisia, what can you tell us about the investigation into the assassination of the lawyer who was leader of the Popular Front, Chokri Belaid?”
Larayedh: “The case of the assassination of the late lawyer Chokri Belaid – well, immediately following the regrettable murder, a great many security schemes were put in place, because this assassination was simultaneously an attack against the family of Chokri Belaid, against the Tunisian people and Tunisia itself, as well as against the Tunisian political process. However, until now, certain people are being sought, who could furnish us with specifics about this crime, and they are still at large. They could answer certain questions as to who was behind this crime.
“That’s the first thing. Apart from that, the case of Belaid’s assassination has been exploited intensely not to get at the truth but for political ends, and to attack parties or individuals. Several things were brought about which turned out to be proven in error, and afterwards no one made any apology. We heard a lot of things, several analyses. And then when people discovered things that were inexact, no one said sorry.
“Because of this, I am really concerned that this case has been used to stir up affairs in general, or to influence public opinion, or to affect negatively this person or that person, or has been used for political ends. At a government level, we are working seriously, and we are doing everything we can to put our expertise to work to find out who attacked Tunisia, its revolution and the democratic transition process.”
euronews: “Mr Larayedh, the press in Tunisia currently has freedom of expression, and this freedom is one of the biggest accomplishments of the revolution in Tunisia. And yet today the European Commission’s President Barroso has asked you to improve this freedom of expression in Tunisia. There have been requests concerning the judgement of the young activists from the organisation Femen.”
Larayedh: “After the revolution, Tunisia’s justice system became independent. In Europe, when there is a ruling by a justice system, people with political responsibilities refuse comment on the work of the judges. As far as we are concerned, we are going to follow the same procedure.”
euronews: “To conclude, if elections were held in Tunisia today, do you think the Ennahda party would win?”
Larayedh: “I think I still know more than anyone in Tunisia about the Ennahda party, which is among the biggest parties that will be running in the next elections; but as for how many votes it will get – it’s too early to say; that’s hard to predict.”
euronews: “Won’t the elections be influenced by waves of radical religious extremists and jihadists?”
Larayedh: “There are parties and individuals who can create disturbances, as is the case now. They can distort the process but they can’t stop it.”
Source: http://www.euronews.com/2013/06/28/tunisia-s-larayedh-predicts-democratic-progress/
Motion de destitution, J’y suis, j’y reste!
Source : http://www.lapresse.tn/27062013/69188/jy-suis-jy-reste.html

99 voix contre l’examen de la motion, 9 voix pour, 5 abstentions. L’ambiance était celle des grands jours hier au Bardo. Au programme, l’examen de la  motion de destitution du président de la République, suite aux propos proférés dans un pays étranger, et jugés offensants à l’égard du peuple tunisien. Les ténors des groupes parlementaires étaient présents en force. L’agitation était à son comble dans les travées. Le quorum après plusieurs reports a enfin été obtenu, 163 députés d’entre 217. Ce qui représente, comparativement, un taux de présence honorable. Seulement voilà, et avant même le démarrage de la séance prévue à 9 heures, tenue finalement à 11 heures, ce qui a été présenté comme un bel exercice démocratique, avait un goût de raté. La motion était contestée, de même que son examen en plénière. En cause, le retrait de quelques députés de la liste des signataires, intervenus in extremis, pour ramener à 71 signatures le nombre des requérants, pendant que le règlement intérieur stipule dans son article 13,  pas moins de 73 noms, pour qu’une motion passe, soit débattue dans l’hémicycle et enfin votée.

Deux lectures se sont alors affrontées. L’une légaliste prônée par les trois partis de la Troïka, selon laquelle la motion visant le président de la République est nulle et non avenue, tout comme la plénière qui ne peut se tenir, puisque minée par un vice de forme. En l’occurrence, le nombre non conforme de signatures. L’autre adoptée par un groupe hétéroclite, défendue par la voix de Mohamed El Hamdi, chef de la «kotla démocratia», qui recommande, lui, de se référer au «bon sens». Le jour du dépôt de la motion au bureau d’ordre de l’ANC, celle-ci répondait à toutes les conditions requises, a-t-il argué.

Dilemme juridique
Il s’agit là d’un cas d’école. Rien dans le règlement intérieur, ni dans l’organisation provisoire des pouvoirs publics, ne précise les modalités devant organiser une motion quelle qu’elle soit : tels les délais de son examen, et à quel jour précis de la procédure, devant être pris en compte  le nombre de signatures : le jour du dépôt de la motion, le jour de son examen par le bureau de l’ANC, ou encore le jour de la plénière ?

Face à ce dilemme juridique, et dans une volonté dite de conciliation, la présidence de l’ANC par la voix de Mehrezia Laâbidi propose de soumettre au vote, l’acceptation ou le rejet du débat autour de la motion. En clair, ce qui fut finalement discuté, ensuite soumis au vote, c’était non pas la motion en elle-même, mais la tenue de la plénière devant l’examiner. Les trois partis au pouvoir, dans une volonté évidente d’empêcher une séance qui risque fort de se transformer en un plaidoyer contre le président Marzouki et de mettre à mal une image présidentielle déjà sérieusement écornée, se sont démenés dans une rhétorique tour à tour argumentative ou agressive, pour empêcher la tenue de la plénière. Leurs députés respectifs présents en ordre de bataille devaient exécuter les consignes de vote, si besoin. 

Le débat, houleux, comme à l’accoutumée, s’est construit autour de la nullité ou de la pertinence d’une telle motion. Que rien ne justifie, selon Sahbi Atig, président du groupe Ennahdha. «Le président de la République n’est coupable d’aucune haute trahison, ni d’une quelconque faute grave dans l’exercice de ses fonctions». Mouldi Riahi, en sa qualité de président du groupe Ettakatol a appelé à la retenue, en critiquant vertement ce «tourisme des signatures», à l’instar du nomadisme parlementaire, ironise-t-il. Mohamed Al Hamdi, de l’autre bord, sachant que la partie était perdue d’avance, si on remuait la machine à voter, fustigeait «le règne de l’arbitraire».

Après des pauses qui s’éternisaient, des tractations à n’en plus finir, et l’éclatement au grand jour des disparités dans le groupe de l’opposition. Le vote a tranché par 99 voix contre la tenue d’une plénière pour examen de la motion. Et, surprise, seulement 9 voix défendaient l’acceptation de la motion, pendant que cinq élus se sont abstenus.

Absence Et là, une question s’impose : où sont partis les 62 élus persistant et signant la motion de destitution visant le président ? Même son père spirituel, Samir Ettaieb, était carrément absent. Son absence, compte tenu du rôle décisif qu’il avait joué au départ, avait été fortement remarquée. L’opposition s’est visiblement rétractée, la députée Selma Baccar, une de ceux qui ont retiré sa signature a développé à La Presse, les raisons de ce revirement à 360 degrés. Mais, quels que soient les tenants et les aboutissants de cet imbroglio à la tunisienne, Moncef Marzouki en sort considérablement renforcé. Avec son parti le CPR, ils gagnent une bataille, ce qui leur confère une petite aura de succès, après les malédictions qui semblent les avoir frappés suite, avant tout, aux luttes fratricides. Les partis de l’opposition, eux, offrent un spectacle affligeant. Un élu sous le sceau de l’anonymat, en sortant furieux de la réunion du groupe démocratique, déclare à La Presse, «il n’y a plus de «kotla démocratia», ils se tirent dans les pattes, vous allez le constater au vote». Il a dit vrai. Sauf que, à bien regarder, il y une certaine cohérence qui se dégage de cette posture qui semble surréaliste de prime abord. Après son refus de parapher le projet de constitution, Marzouki aurait été perçu comme un futur allié, ou encore comme un potentiel adversaire du parti majoritaire au pouvoir. Reste à savoir, tout de même, si le président Marzouki et les élus de l’opposition rejettent le projet de constitution pour les mêmes raisons ? Quant aux élus d’Ennahdha, ils affichaient hier un sourire serein, voire de triomphe. Aguerris à la chose politique, ils avaient encore une fois semé le doute et provoqué la déroute et ont su encore une fois en tirer parti.

Law Excluding Ben Ali-Era Politicians Would Divide Tunisia, Say Opponents Source: http://www.tunisia-live.net/2013/06/28/law-before-assembly-would-divide-tunisian-society-say-opponents

A bitterly disputed piece of legislation that would exclude members of Tunisia’s pre-revolutionary government from holding public office passed an initial vote in the National Constituent Assembly (NCA) today, but its opponents fear that it could have dire ramifications for Tunisian society if it were passed as law. The draft legislation, known as the Law for the Protection of the Revolution, targets politicians who used to work within the dissolved Constitutional Democratic Rally (RCD) party during the presidency of Tunisia’s former President Zine el-Abidine ben Ali, who ruled from November 1987 until January 2011. 
If passed, the current draft of the bill would prevent such individuals from running for Tunisia’s presidency or in legislative elections, and it would exclude them from holding certain public offices for a period of seven years. Estimates on the number of people who would be affected vary widely. The NCA debated the matter yesterday and today, but the bill passed an initial vote by a wide margin. 96 voted for the measure, 36 against, and 3 abstained, according to Al-Bawsala, an organization tracking affairs in the NCA. Now that the legislation has passed this first vote within the NCA, it will be voted on article-by-article sometime by the end of next week, Abdelhalim Zouari, an assembly member with the ruling Ennahdha party, reported today to Tunisia Live.
The bill has been criticized by opposition political parties as an effort to exclude major electoral threats to the ruling Ennahdha party from competing in the next election. This particularly effects the Nidaa Tounes (Call of Tunisia) party, whose presidential candidate, Beji Caid Essebsi, served for several years in the cabinet of Ben Ali. Seen as a major opposition candidate, Essebsi would be excluded from holding office under the current draft of the law.
Nidaa Tounes has strongly criticized the bill, asserting that it is the wrong way to address the actions of the old regime. Chokri Yaaich, an NCA member affiliated with Nidaa Tounes, said during today’s plenary session that the legislation infringes on the authority of the judiciary. It is supposed to be the judiciary that decides whether to exclude certain people from government positions, not the assembly, he explained.
“This project law is a shame. It is oppressive and exercises a collective punishment,” Yaaich argued. “The objective behind enacting this law is to protect certain politicians and not the revolution,” he added. Opponents to the proposed law have also raised deeper concerns about the effect that the legislation would have on Tunisian society. They believe that excluding certain political opponents would only serve to further divide Tunisians. Lazhar Akremi, spokesperson of Nidaa Tounes, told Tunisia Live that passing such a law would create enmity among Tunisians, depriving numerous individuals from their right to run for elections.
“We are going towards an unknown destination, as we have become dependent on 109 assembly members’ decisions,” Akremi stated, referring to the number of votes needed to reach a majority in the NCA to pass the bill.  “If it passes, it will not have an important impact on our party because we are not a revival of Ben Ali’s former regime,” Akremi added. Fadhel Moussa, an assembly member belonging to the al-Masar opposition party, also insisted that the project law is exclusionary and that “protecting the revolution” is just an excuse. “Transitional justice is the best solution for this situation and not this law,” Moussa said during today’s NCA session.
“In fact, it [the draft law] is an illusion to polish the country’s past. I think we should merge this into the transitional justice bill,” he added. Members of the ruling Ennahdha party have resisted this criticism and defended the bill, which they assert only protects the government from those who had harmed Tunisian society in the past.
Monia Kaseri, an NCA member with the ruling Ennahdha party, said during today’s plenary session that the legislation is not exclusionary, but rather that it simply aims to prevent those who “spoiled” Tunisia’s pre-revolution social and economic life from holding public positions.
Abdelhalim Zouari, another Ennahdha assembly member, thinks that the bill does not contradict human rights principles as the affected individuals would not be excluded completely from Tunisian politics. They only are prevented from running in elections or from holding public positions, he explained to Tunisia Live, adding that such individuals still can participate in private sector activities, such as business ownership.
Fraj Belhaj Amor, another Ennahdha member agreed. “The law is not unfair, as it not casting judgement, but it is simply organizing the situation,” Amor said during the NCA session today. He asserted that the Tunisian people had called for such legislation. “This law came as a response to a popular claim, and it is not logical to put development projects in the hands of those who marginalized the issue of development,” he added.
There were some NCA members today who thought that the current draft law was not extensive enough and that it should also exclude “those who contributed to privatizing the public sector,” Rafik Telili said today during the NCA session. Telili is an assembly member from the Wafa movement, an independent party that often votes with Ennahdha. Hasna Marsit, affiliated with Congress for Republic (CPR), believes that such legislation should have been adopted previously and that the draft law should focus mainly on the owners of suspicious funds, rather than on high profile figures of the former regime.

Pressure Builds Around Bill Excluding Pre-Revolution Politicians from Government
Source: http://www.tunisia-live.net/2013/06/18/pressure-builds-around-bill-excluding-pre-revolution-politicians-from-government/#sthash.rFScLUfc.dpuf
A controversial law that would exclude members of the pre-revolutionary government from serving in official positions has drawn intense support from some advocates within Tunisia, as well as harsh criticism from opponents in the country and abroad. The National Constituent Assembly (NCA) is still working to find a date to pass the draft law of the protection of revolution. The law would exclude all members of the government of former president Zine el-Abidine Ben Ali, who held office from 1987 to 2011, as well as senior members of the former ruling party, the Constitutional Democratic Rally, from holding certain elected or appointed positions, and from forming or joining the governing bodies of any political parties, according to Human Rights Watch.
The leagues for the Protection of Revolution (LPR) are one of the most outspoken groups in support of the law. LPR members have often protested in favor of the bill and are putting pressure on the government to pass it.  “We are insisting so that this law be passed despite the refusal of others,” said Mounir Ajroudi, president of LPR. The international advocacy organization Human Rights Watch has recently criticized the bill, issuing last Saturday a report denouncing the legislation. It considers the bill an unnecessary and disproportionate restriction on political rights.
“It includes a broad list of categories of people to be excluded based on their past association without the possibility of considering individual circumstances,” said the report. “The authorities have a legitimate interest in protecting Tunisia’s nascent democracy, but unnecessarily banning thousands of people from political positions for years to come is not the way to go,” said Eric Goldstein, deputy Middle East and North Africa director at Human Rights Watch, in the report. “This sweeping law automatically excludes people, depriving them from fundamental political rights, without a real chance to rebut the claims against them.” 
The bill has also been opposed by the secretary-general of Ennahdha, former prime minister Hamadi Jebali. “We have suffered enough from exclusion during the reign of a tyrannical and despotic regime. We have to return to liberty of expression and opinion. We have to leave these issues to the judiciary so that Ennahdha and the other parties are able to build the basis of democracy,” Jebali told the media last week, according to radio station Mosaique FM. Karima Souid of the NCA speaker’s office informed Tunisia Live that the office is meeting to decide on a date for the bill to be addressed by the assembly. Souad Abderrahim, an NCA member with the ruling Ennahdha party, said that the law would be passed during this week. The bill was introduced in November 2012.

(INTERVIEW) La France et le processus de transition en Tunisie :Sans ingérence et sans indifférence, déclare François Hollande
Source : http://directinfo.webmanagercenter.com/2013/07/04/francois-hollande-la-france-suit-le-processus-de-transition-en-tunisie-sans-ingerence-mais-sans-indifference/

A l’occasion de sa visite d’Etat, les 4 et 5 juillet, en Tunisie, le Président français François Hollande a accordé une interview exclusive à l’Agence TAP, dans laquelle il a réaffirmé la pleine solidarité de la France avec la Tunisie dans cette période cruciale de son histoire, faisant remarquer que la France suit le processus de transition en Tunisie avec beaucoup d’attention, « sans ingérence mais sans indifférence ». Il a, également, émis le souhait de la France d’intensifier sa coopération avec la Tunisie dans la lutte contre le terrorisme qui, a-t-il dit, ne constitue pas un péril simplement pour les pays concernés ou les pays voisins, mais une menace pour toute l’Afrique et pour l’Europe. Après avoir passé en revue les perspectives de développement de la coopération franco-tunisienne, Hollande a estimé indispensable d’accélérer la négociation de l’accord de libre-échange avec l’Union européenne qui, à ses yeux, « permettra un meilleur arrimage de la Tunisie à l’Europe, gage d’attractivité pour les investissements étrangers ». Voici le texte intégral de l’interview du président français François Hollande :
« Question 1 : D’aucuns estiment que les relations tuniso- françaises ont connu des creux après la révolution tunisienne. Quelle serait votre réponse et comment voyez-vous l’avenir des relations entre la Tunisie et la France ?
Réponse : Depuis mon élection, j’ai reçu, à quatre reprises, le Président Marzouki et je me suis entretenu à l’Elysée avec le Président de l’Assemblée nationale constituante, M. Mustapha Ben Jafaar. Le grand changement depuis la Révolution de 2011, est que la France et la Tunisie partagent les mêmes valeurs démocratiques. La France est pleinement solidaire de la Tunisie dans cette période cruciale de son histoire. Aux yeux des Français, la Révolution tunisienne a encore rapproché nos deux pays et nos deux peuples. Nous partageons une communauté de langue, de culture, de relations humaines. Je pense aussi aux 650.000 Tunisiens qui vivent en France dont 15.000 étudiants, comme aux 30.000 Français qui résident en Tunisie et qui contribuent au développement économique et à l’attractivité du pays.
Question 2 : Plus de deux ans après le départ de Ben Ali et la victoire du parti islamiste Ennahdha au scrutin d’octobre 2011, quelle lecture fait la France du processus de transition en Tunisie ?
Réponse : Nous suivons le processus de transition avec beaucoup d’attention, sans ingérence mais sans indifférence. Pour la France, le succès du régime démocratique ira bien au- delà de la Tunisie, cela peut être une référence pour la région, pour la Méditerranée et pour l’Afrique. Mais il faut du temps pour construire ces nouveaux équilibres. Je salue les progrès de l’Etat de droit et des libertés en Tunisie. La Tunisie peut montrer l’exemple. Elle peut envoyer un formidable message, notamment aux pays arabes, en transformant ce moratoire en abolition définitive. Je sais, aussi, malgré ces progrès, ce que sont encore les attentes du peuple tunisien, en matière d’emploi, de santé, de justice, d’équité sociale. Il y a des impatiences, il y a des inégalités à réduire. Je sais que les responsables politiques tunisiens ont la volonté d’y répondre et de réaliser ce qu’ils ont promis aux Tunisiens.
Question 3 : La Tunisie est confrontée ces derniers temps à des défis sécuritaires, voire militaires, notamment sur le terrain de la lutte anti-terroriste. La France envisage-t- elle une coopération spécifique avec la Tunisie dans ce domaine ?
Réponse : Aucun pays ne peut affronter seul le risque terroriste qui représente une préoccupation majeure pour toutes les démocraties, pas seulement au Maghreb. Je pense notamment à ce qui se passe en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Les groupes terroristes ne constituent d’ailleurs pas un péril simplement pour les pays concernés ou les pays voisins mais une menace pour toute l’Afrique et pour l’Europe. C’est la raison pour laquelle la France a pris, en janvier dernier, ses responsabilités au Mali, au nom de la communauté internationale. Nous devons nous unir face à cette menace dans le domaine du renseignement, de la formation et des équipements. La France souhaite intensifier sa coopération avec la Tunisie dans la lutte contre le terrorisme. La situation en Libye exige également une bonne coordination régionale à laquelle la France est prête à contribuer.
Question 4 : La France a quelque 1300 entreprises off- shore en Tunisie, mais l’investissement moyen par entreprise, d’après la Chambre tuniso-française de commerce et d’industrie, s’élèverait à seulement 50.000 euros. Comment le gouvernement français et les milieux d’affaires en France pourraient agir pour pallier le niveau modeste de ces investissements ?
Réponse : La France est le premier partenaire commercial de la Tunisie, son premier fournisseur et son premier client. Elle est aussi le premier investisseur. Les 1300 entreprises françaises implantées en Tunisie emploient près de 125 000 personnes. Nous pouvons encore développer notre coopération économique dans de nombreux secteurs : les énergies renouvelables, les transports, l’agriculture et l’industrie agroalimentaire. Nous pouvons aussi aider à restaurer l’industrie touristique. Les Français ont été un million à se rendre en Tunisie en 2012. Il faut les encourager à revenir plus nombreux encore. Je souhaite que la Tunisie soit un pays prioritaire pour la stratégie française de co-localisation industrielle. Chaque fois qu’il y a un investissement, c’est utile pour nos deux pays, pour nos emplois et pour nos économies.
J’encourage les responsables tunisiens à mettre en place les conditions d’attractivité nécessaires à cet objectif notamment à travers un nouveau code des investissements ou une législation sur les partenariats public-privé. A titre d’exemple, je proposerai un projet d’alliance stratégique sur l’économie numérique qui pourrait rayonner sur les marchés arabophones et francophones. Enfin sur le plan commercial, il faut accélérer la négociation de l’accord de libre-échange avec l’Union européenne, qui permettra un meilleur arrimage de la Tunisie à l’Europe, gage d’attractivité pour les investissements étrangers.
François Hollande en Tunisie : cachez ces droits que je ne saurai voir !
Source : http://www.businessnews.com.tn/francois-hollande-en-tunisie--cachez-ces-droits-que-je-ne-saurai-voir,519,39120,1

C’est dans un contexte tumultueux que le président français, issu du parti socialiste, François Hollande effectuera une visite d’Etat très attendue en Tunisie afin d’y délivrer un « message d’encouragement ». Une visite, annoncée de longue date mais maintes fois ajournée, perçue aujourd’hui comme un cautionnement d’un pouvoir dont la légitimité est plus que jamais controversée. Critiqué par médias et classe politique françaises, tout porte à croire que la visite de Hollande connaitra le même sort en Tunisie et se fera dans la continuité de ses prédécesseurs ayant honoré la dictature en place. Prélude d’une visite qui s’annonce parsemée de déceptions et à travers laquelle tout porte à croire que François Hollande perpétuera la tradition du soutien aveugle…
A la veille de sa visite, François Hollande a été interpellé par une lettre ouverte adressée par Reporters sans frontières, Human Rights Watch, la Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme et le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme, l’appelant à plaider en faveur d’une démocratie respectueuse des droits de l’Homme et à faire pression sur la Tunisie pour protéger la liberté d’expression. Les ONG pointent du doigt de nombreuses mises en examen, parfois assorties de peines, formulées contre des personnes ayant exprimé leur opinion de manière non-violente, dont notamment, les militantes du mouvement Femen, le rappeur Weld el XV, les caricaturistes Ghazi et Jabeur, Sami Fehri, Raja Ben Slama, Olfa Riahi et bien d’autres encore. « Bien que la liberté d’expression se soit considérablement développée en Tunisie depuis la chute de Ben Ali, les autorités utilisent des lois répressives pour poursuivre des formes d’expression jugées répréhensibles », s’est exprimé Human Rights Watch.
Si la liberté d’expression semble être, pour le moment, le premier acquis de la période postrévolutionnaire, Reporters sans frontières qualifie le projet actuel de la Constitution de « source d’inquiétude ». S’adressant à François Hollande aujourd’hui, RSF affirme en substance « Malgré de récentes améliorations substantielles, le texte n’apporte pas les garanties nécessaires et suffisantes au respect et à la protection de la liberté d’information ». Les lacunes se trouvent au niveau de l’article 19 qui affirme que « la Constitution tunisienne prévaut sur les engagements internationaux », réduisant la valeur des engagements internationaux de la Tunisie. Egalement pointé du doigt, l’article 124, qui prévoit la mise en place d’une instance constitutionnelle de régulation des médias qu’il juge « dangereuse pour la liberté de l’information en Tunisie ».
La venue en Tunisie du président français, François Hollande, est la première visite d’un président français depuis celle effectuée par Nicolas Sarkozy en 2008 dans laquelle il a loué son ancien homologue Ben Ali pour « les avancées accomplies en matière de libertés ». Son prédécesseur, Jacques Chirac affirmait lors de sa visite en Tunisie en 2003 que le premier des droits de l’Homme était « de se nourrir ». En plus de l’autisme des autorités françaises face au soulèvement populaire de 2010, de telles déclarations n’ont pas encore été digérées par les défenseurs des libertés en Tunisie.
Des traces que Moncef Marzouki se dit être prêt à effacer, lors de sa première visite dans l’Hexagone. A l’adresse du nouveau gouvernement français, il a ajouté : « ces problèmes, on va les résoudre très rapidement parce que de part et d'autre de la Méditerranée nous avons maintenant les mêmes idéaux, les mêmes principes ». Opposants et société civile restent aujourd’hui dans l’attente d’une nette rupture, à travers le discours de François Hollande qu’il prononcera demain au sein de l’hémicycle de l’Assemblée nationale constituante.
Le gouvernement qui en découle, dont la légitimité juridique s’est achevée le 22 octobre dernier et dont les égarements ne sont plus à énumérer, affiche de nombreuses tâches noires à son palmarès. La position de l’opposition et de la société civile a été donnée sans équivoque : Hollande devrait s’abstenir de venir. Cette visite d’Etat qui s’annonce comme un cautionnement du pouvoir en place et aurait « l’allure d’un soutien à la Troïka et au gouvernement », tance Zied Lakdhar, porte-parole du Watad qui appelle Hollande à « s’abstenir de venir en Tunisie [comme] geste positif pour aider le pays à sortir de l’impasse », dans une interview accordée au journal français l’Humanité en date du 19 juin.

Adel Fekih, ambassadeur de Tunisie en France y voit, dans une interview accordée à Jeune Afrique, l’occasion de « dire [aux Tunisiens] qu’ils ne sont pas seuls. François Hollande un président assez controversé en Tunisie et dont la popularité est en décrépitude, ridiculisé par les médias et la classe politique, un peu à l’image de Moncef Marzouki, aurait bien besoin de se refaire une image. Sa visite en Tunisie semble être une occasion inespérée. La délégation qui l’accompagne, réunissant sa compagne Valérie Trierweiler ainsi qu’une brochette de personnalités, ministres, parlementaires, PDG et artistes de laquelle manquera un Manuel Valls qui s’est attiré les foudres des Tunisiens, au lendemain de l’assassinat de Chokri Belaïd, en évoquant « la montée d’un fascisme religieux en Tunisie ». Si Hollande a préféré tempérer les tensions liées à sa visite en retirant le nom de Manuel Valls de la liste des ministres présents, il s’agit cependant du même pouvoir qu’on accuse de fascisme religieux qu’il viendra cautionner demain. Lors de cette visite au cours de laquelle Hollande effectuera plusieurs rencontres avec des dirigeants de partis politiques, Rached Ghannouchi ne serait visiblement pas de la partie, actuellement en visite à Qatar. Un choix délibéré de la part du leader du parti islamiste ? On ne saurait le dire…
On l’a bien compris, les relations économiques priment et les accords commerciaux que François Hollande devra conclure avec son homologue tunisien, au début de sa visite, l’emportent sur les menaces des droits de l’Homme qui pèsent sur la Tunisie. « Le président Hollande devrait user de l’influence de la France, comme partenaire économique clé et comme allié stratégique, pour faire pression sur le gouvernement tunisien pour qu’il protège la liberté d’expression », fait remarquer Eric Goldstein, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch.

Hollande fera-t-il preuve d’autant de frilosité en évitant de s’acquitter de la lourde tâche que lui confèrent les ONG ? Selon l’ambassadeur de Tunisie en France, Fekih, Hollande « en tant qu’homme politique ayant le sens de l’Histoire, a compris que c’était important de venir maintenant parce que c’est aujourd’hui qu’il faut montrer son soutien aux Tunisiens », c’est en revanche une certaine partie de l’histoire que certains Tunisiens ne pardonnent aujourd’hui pas encore à la France. Celles des années de copinage avec Ben Ali, durant lesquelles Nicolas Sarkozy est allé jusqu’à déclarer que « la Tunisie a fait le choix volontaire de la démocratie et que la France n’a donc pas à lui donner de leçons »…

Discussion aujourd’hui du projet de Constitution, A la recherche d’un difficile consensus
Source: http://www.lapresse.tn/01072013/69374/a-la-recherche-dun-difficile-consensus.html

Revendication principale des participants aux sit-in Kasbah I et II, la Constitution tant attendue et fruit d’un accouchement difficile et long sera aujourd’hui soumise à la discussion générale des constituants.
Le grand jour est enfin là. La Constitution de la Tunisie post-révolutionnaire tant attendue sera soumise, aujourd’hui, à la discussion générale des 217 constituants élus un certain 23 octobre 2001 et qui ont mis près de deux ans pour produire un draft (le 4e) comprenant 146 articles. Ce draft a été soumis le 16 juin dernier au président de la République et au chef du gouvernement pour information et formulation d’observations et de propositions que les constituants peuvent prendre en considération lors de la séance plénière d’aujourd’hui.

La discussion du projet de la future Constitution intervient à la suite des dialogues nationaux tenus à Dar Dhiafa sous la supervision de la présidence de la République, d’une part, et sous l’égide de l’Ugtt, d’autre part. Ces deux dialogues ont abouti, faut-il le rappeler, à une série de consensus qui ont été introduits dans le quatrième draft de la Constitution. Demeurent tout de même certains points de désaccord concernant principalement le chapitre sur les dispositions générales. La commission des compromis chargée de rechercher les amendements consensuels est déjà à l’œuvre et elle est, comme l’a souligné samedi dernier  le Dr Mustapha Ben Jaâfar, président de l’ANC, «ouverte à toutes les initiatives de la société civile».

Sur un autre plan, le démarrage de la discussion générale du projet de Constitution survient à la suite du rejet par le Tribunal administratif de la plainte introduite par certains constituants estimant que la finalisation de ce projet n’a pas respecté le règlement intérieur de l’ANC. Le Tribunal administratif a estimé dans son ordonnance rendue le 26 juin qu’il n’est pas de sa compétence de statuer sur une affaire relevant de la méthodologie d’action au sein de l’ANC.

Absence des consensus fondamentaux Maintenant que le décor final est planté et que les Tunisiens vont assister finalement à la discussion du texte de la Loi fondamentale qui régira la vie politique nationale pour des décennies, il est légitime de s’interroger comment les acteurs du paysage politique national s’y sont préparés et ce qu’ils attendent de cette journée un peu particulière dans le processus de la révolution de la liberté et de la dignité.

Pour Skander Bouallagui, constituant et membre du bureau exécutif «Tayyar Al Mahabba» (ex-Aridha Echaâbia), «le projet de Constitution souffre de cinq carences. Il s’agit du déséquilibre des compétences confiée au chef de l’Etat et au chef du gouvernement, du chapitre sur les dispositions transitoires à réécrire intégralement, de l’élimination des restrictions relatives à la liberté de la presse, de l’absence incompréhensible d’un article sur les droits économiques et sociaux et de la nécessité d’interdire dans la future Constitution le nomadisme des députés. Actuellement, les statistiques montrent que 36% des constituants élus le 23 octobre 2011 ont changé de parti et ne représentent plus les électeurs qui les ont portés au palais du Bardo sur la base des promesses de leurs partis initiaux. Mon sentiment personnel est que le passage à l’examen de la Constitution sera très difficile tant que les consensus fondamentaux restent toujours absents».
Et si Abdelaziz Kotti, constituant représentant Nida Tounès, rejoint son collègue Bouallagui sur l’absence de consensus sur les grands points de discorde, il fait entendre un autre son de cloche. Il considère, en effet, qu’il «aurait été préférable d’ajourner la discussion générale jusqu’à la clôture définitive du dialogue national et la mise en place des consensus finaux sur les points encore objet de désaccord».

«Quitte à ne pas respecter le délai légal du 1er juillet pour l’examen du projet de  Constitution, on pouvait parvenir au meilleur consensus possible sur les dispositions transitoires, le déséquilibre des compétences entre les deux chefs de l’exécutif, la révision du préambule et  des articles sur les libertés».
En tout état de cause, le constituant exprime le souhait «de voir la Constitution votée au sein de l’ANC, c’est-à-dire éviter le référendum qui pourrait faire tomber à l’eau tout ce qui a été entrepris jusqu’ici».

Logique d’exclusion
Nous n’avons été ni informés ni invités à la séance plénière du lundi 1er juillet, mais nous assisterons tout de même à ce moment historique», déplore Abdelwaheb El Héni, président du parti Al Majd (non représenté au sein de l’ANC). Tout en s’élevant contre «cette logique persistante d’exclusion de la part de la majorité à l’ANC et au gouvernoment», El Héni précise : «Les tiraillements et les combats de coqs auxquels nous sommes habitués depuis près de deux années vont malheureusement se reproduire. La majorité nous en a donné un exemple édifiant lors de la discussion de la loi dite sur l’immunisation de la révolution. Il faut chercher et construire les consensus et les convergences tant attendus et créer l’environnement propice au dialogue essentiellement sur la révision des formulations vagues représentant de vraies mines antidémocratiques».

Le président d’Al Majd appelle, également, les constituants à tout faire pour «éviter tout amalgame ou confusion entre le législatif et l’exécutif». Il cite, en particulier, l’article 77 qui «définit les prérogatives présidentielles en matière de nomination des hauts cadres sécuritaires, militaires et diplomatiques et donne en même temps à une commission parlementaire un droit de regard sur ces nominations, ce qui pourrait bloquer les décisions du chef de l’Etat d’une part et faire régner le spectre de la politisation des désignations, d’autre part».

Economiser le temps et les énergies «146 articles, trop, c’est trop. La meilleure constitution est bien celle la plus courte possible. Normalement, la Constitution devrait être souple et quand elle est courte, son amendement devient plus facile», commente le Pr Abdelmajid Ibdelli, enseignant de droit et l’un des spécialistes qui ont contribué à l’amélioration du texte de la Constitution.
Il ajoute : «Grosso modo, la Constitution qui sera soumise aujourd’hui à la discussion générale contient beaucoup de droits mais sur les devoirs, elle reste très discrète. Quant aux dispositions transitoires, elles ne devaient pas figurer dans le texte et la Constitution doit entrer en vigueur dès son adoption par l’ANC sans aucun délai d’attente».

Le Pr Ibdelli conclut en soulignant qu’il «vaut mieux passer directement à la discussion de la Constitution article par article et je me demande ce que la discussion générale peut apporter de nouveau. Je pense qu’il faut économiser le temps et les énergies. Les Tunisiens ne peuvent plus attendre».

La nouvelle Constitution tunisienne se fait toujours attendre
Source : http://www.france24.com/fr/20130619-tunisie-nouvelle-constitution-ennahda-adoption-opposition-debat-constituante-retard
La date d'examen du projet de Constitution tunisienne reste incertaine trois semaines après la finalisation du texte. Le calendrier prévoyait que le texte soit débattu et voté, article par article en séance plénière, du 20 juin au 8 juillet. Les principaux partis tunisiens s'étaient donnés un an à compter de l'élection de l'Assemblée nationale constituante (ANC), le 23 octobre 2011, pour doter le pays d’une nouvelle constitution. Le calcul est rapide, ce délai a été largement dépassé. Pis, beaucoup de temps risque encore de s’écouler avant que la Tunisie post-Ben Ali soit officiellement institutionnalisée. Et pour cause, le projet de Constitution est au cœur d'une bataille politico-juridique qui risque de retarder la date d'examen du projet de loi fondamentale alors que le texte a été finalisé il y a trois semaines.
"Aujourd'hui, l'incertitude continue", regrette Karima Souid, une élue de l'opposition, chargée des relations de l'ANC avec les médias, interrogée par l’AFP. Aucun des calendriers annoncés jusqu'à présent n'a été respecté, sachant que le précédent prévoyait que le texte soit débattu et voté, article par article en séance plénière, du 20 juin au 8 juillet. Karima Souid, par ailleurs assesseur du président de l'ANC, a indiqué que le bureau de la Constituante se réunirait le 21 juin, les présidents des groupes et commissions parlementaires le 22, et qu'à l'issue de ces réunions un nouveau calendrier pourrait être annoncé.
Les raisons du nouveau blocage Une plainte déposée par des élus d'opposition auprès d'un tribunal administratif pour des vices de procédures lors de la finalisation du texte peut encore ralentir le processus. Une partie de l'opposition au parti islamiste au pouvoir Ennahda mais aussi le parti du président Moncef Marzouki contestent des dispositions controversées. Elles auraient été introduites, selon eux, de manière discrétionnaire par Habib Kheder, le rapporteur du texte, lui-même membre du parti islamiste.
En outre, le simple fait que le projet, présenté début juin, ait été qualifié de projet définitif par la présidence de l'Assemblée nationale constituante (ANC), avait déclenché un tollé parmi les députés, en particulier ceux de l'opposition, qui ont dénoncé un texte taillé sur mesure pour Ennahda. De son côté, l'ONG Amnesty international avait souligné que le texte présenté "porte atteinte à des principes de la législation internationale en matière des droits de l'Homme, comme l'universalité des droits de l'Homme, la suprématie de la loi internationale sur la loi nationale".
 
Les élections en 2013 compromises Pour être adoptée, la Constitution doit obtenir le soutien des deux tiers des députés de l'ANC, où Ennahda compte 89 élus sur 217, faute de quoi elle devra être soumise au référendum. Son adoption est indispensable pour fixer le calendrier électoral, alors que le chef du gouvernement Ali Larayedh a promis des élections avant la fin de l'année. Selon les observateurs, la tenue d’un scrutin en 2013 est peu probable, vu que ni l'instance chargée d'organiser les élections ni la loi électorale n'ont jusqu’ici été mises en place.

Débat sur le projet de la Constitution, Acte II : hémicycle à moitié vide
Source : http://www.letemps.com.tn/article-77429.html

Uniquement 110 élus présents sur 217, selon Al-Bawsala, 70 élus portant le  brassard rouge  en signe de protestation, le pouvoir accusé de tous les maux
Après la journée houleuse du lundi 1juillet au sein de l’ANC autour de la dernière mouture de la Constitution, la seconde plénière a commencé hier, dans le calme mais avec une absence latente des élus dont la moitié a boudé les discussions. Pour éviter le passage au référendum, accélérer le processus transitoire et passer aux élections, le texte en question devra d’abord obtenir l’approbation des deux-tiers de l’ensemble des 217 au sein de l’ANC. On a compté 70 élus portant le brassard rouge comme signe de protestation contre la non-publication des travaux des commissions constitutives et la violation de certains textes. Hors, les temps semblent plus aux règlements de compte qu’aux débats et au consensus. Après l’échange d’injures de la veille entre les élus, place aux discussions et aux reproches.
Une opposition au discours pamphlétaire Après avoir intimé indirectement la suspension du début des débats la veille, l’Opposition sort le grand jeu et dit aux détenteurs du pouvoir «leurs quatre vérités». Accusés de pro-sionistes, de dictateurs, d’opportunistes, ces derniers souriaient mi-figue mi-raisin face à ces accusations.   Dans son allocution, l’élu Mourad Amdouni a accusé les élus pro-projet de la Constitution d’être non pas au service du peuple qui les a élus mais les serviteurs de la cause sioniste : «Vous n’êtes pas en train d’écrire une Constitution pour votre peuple mais pour appliquer ce que les sionistes vous dictent !». Dans le même contexte, il note le sourire du rapporteur général «qui veut entrer dans l’Histoire par la petite porte en écrivant sa Constitution à lui». Mourad Amdouni a, également, rappelé l’intervention de la veille de la vice-présidente de l’ANC, Mehrzia Laâbidi, auprès du réalisateur de la chaîne nationale, ce qu’il a qualifié d’indécente lui rappelant que les médias sont un quatrième pouvoir libre et indépendant à respecter et non un simple organe subalterne sur lequel elle peut exercer son abus de pouvoir.
Il a rappelé, notamment, que la question de l’identité ne s’est jamais posée pour les Tunisiens et qu’ils n’ont jamais eu besoin d’un texte qui les oblige à tel ou tel dogme ou culte. La problématique de l’identité est selon lui une diversion qui n’a pas lieu d’être chez un peuple qui connait et respecte son identité depuis la nuit des temps. «Les vraies revendications populaires sont plutôt la vie en toute dignité et l’équité sociale sous le joug de régimes dictatoriaux qu’a connus la Tunisie et qui persistent encore violant nos rêves et nos espoirs pour faire de nous de simples esclaves et subalternes enchaînés et guidés à coup de sabres.»
Quant à l’élu Ibrahim Kassas, il a donné une allocution fidèle à son discours typique : tragicomique avec son dialecte à la fois humoristique et direct : «chacun de nous travaille pour l’intérêt d’un agenda politique bien déterminé. Arrêtons de mentir au peuple. La majorité n’est pas là pour travailler l’intérêt de la patrie ! Un de ces jours, le peuple viendra nous donner une bonne correction ! On est traités de tous les noms : voleurs, incultes, incompétents, énergumènes. On a même honte de marcher dans la rue et de croiser les citoyens qui nous ont fait confiance et qui sont outragés et en colère contre notre rendement !» A la fin de son intervention, il appelle les élus à être transparents et francs avec les Tunisiens qui ne voient, désormais, en ces élus qu’ils ont choisis, qu’une «bande d’opportunistes, de fainéants, d’hypocrites et de dictateurs».
Une Constitution pour installer un Etat religieux ? S’adressant aux élus de la Troïka et au parti islamiste Ennahdha, l’élu Slaheddine Zahaf les a accusé ouvertement de vouloir installer coute que coute un Etat non civique mais religieux. Il qualifie toute cette ambiguïté qui prête à confusion à vouloir installer, en réalité, un régime islamiste alors que les décideurs mènent en bâteau les Tunisiens «en leur faisant croire que la Constitution est faite pour instaurer entre autres un Etat civique. Vous n’avez pas cette vaillance et ce courage pour être francs avec votre peuple.»Il les targue de «peureux» et de «craintifs» de la démocratie, la vraie, vu qu’ils ne l’ont «jamais expérimentée». Il leur rappelle que seule la démocratie pour instaurer la quiétude, la dignité et la sérénité pour tout le monde et le peuple et la classe politique. Il accuse les élus de la Troïka d’avoir laissé au placard les valeurs démocratiques pour lesquelles elle est là, de ne chercher depuis leur arrivée au pouvoir qu’à y rester. «Ceux qui sont à la Kasbah rêvent d’y rester à jamais, celui qui est à Carthage pareil. Vous avez oublié les martyrs de votre patrie et le devenir de vos enfants et de la postérité. Votre seule obession n’est autre que le pouvoir.
Hichem Hosni : «la rédaction des articles relatifs aux trois pouvoirs judiciaire, exécutifs et législatif ainsi que l’article 141 cachent un danger patent : l’issu des élections avant même qu’elles aient lieu, est déjà décidé selon le bloc de la majorité. Ce qui prouve que ceux qui sont au pouvoir, aujourd’hui, ne comptent pas céder leur place après les élections même s’il faudra utiliser la violence.». S’adressant au mouvement islamiste Ennahdha, il lui rappelle les incidents graves qui ont eu lieu durant la fin des années 80.
 «Un parti qui a été l’auteur d’une série d’explosions et d’un coup d’Etat militaire le 8 novembre 1987 ne sera jamais prêt à céder le pouvoir à qui que ce soit». Il achève son allocution par appeler tous les partis politiques à appliquer et à respecter les valeurs démocratiques, de dialoguer ensemble dans le respect de la volonté populaire. «Si vous continuez dans cette voix d’absolutisme et d’entêtement politique, le scénario égyptien ne sera pas loin !». Il a lancé un dernier appel à tous les partis de mettre l’intérêt patriotique au-dessus des agendas politiques de leurs partis respectivement.
Alors que les interventions allaient bon train, certains des élus criaient déjà leur victoire. Victoire ? Contre qui ? Contre quoi ? En effet, une des élues du parti Ennahdha sortant de l’ANC et s’adressant à un cameraman fredonnait en français le petit chant qu’on entend souvent scandés dans les stades ou les jeux enfantins : «On a gagné ! On a gagné ! On a gagné !»…

L’invité du dimanche: Hichem Snoussi, membre de la HAICA, l’amalgame entre la régulation et l’autorégulation est une manière détournée de rétablir le ministère de l’information
Source : http://www.letemps.com.tn/article-77197.html

 Il a fallu attendre des mois pour voir enfin la HAICA prendre forme. Cet accouchement difficile qui a failli être césarien a certes apaisé les esprits, puisqu’on miroitait des projets qui étaient conçus dans le but de supplanter cette instance ou bien, le cas échéant, d’en faire un outil docile entre les mains de ceux qui tiennent les commandes, actuellement, au sein de l’Etat. Cependant, et en dépit de ces assurances, on continue à exprimer des appréhensions quant au fonctionnement de la HAICA dont on craint que la période de rodage ne s’allonge d’autant plus que les dépassements empruntent un rythme crescendo et risquent fort d’aggraver davantage la situation dans l’audiovisuel déjà en difficulté.Notre invité s’est voulu rassurant relativement à toutes ces questions tout en admettant la présence de sérieux problèmes dans ce secteur et ailleurs.

Le Temps : peut-on voir dans la participation de la HAICA au colloque organisé par la présidence de la République et boycotté par le SNJT un parti pris de sa part en faveur du pouvoir politique?
-Mr Snoussi : il n’y a aucun parti pris, étant donné que notre instance y a pris part pour donner son point de vue. D’ailleurs, les points de vue présentés par Mme Rachida Ennaifer, Mr Nouri Lajmi, le président de la HAICA et moi-même insistaient sur l’indépendance de celle-ci et la question de valeur à la tête de laquelle se trouvent la liberté d’expression et l’indépendance des moyens de communication et la nécessité de leur approfondissement à travers les conseils de presse pour la presse écrite, le mécanisme qui lui assure le plus d’indépendance, étant donné qu’elle repose sur l’autorégulation. D’autre part et en ce qui concerne le boycottage du syndicat des journalistes, il faut rappeler que la réforme de la presse et la création de cette instance ont beaucoup tardé, et qu’entre temps, il s’est produit plusieurs événements ayant provoqué un état d’excitation, ce qui a abouti à la déclaration de la grève générale. Et il ne faut pas oublier la grève de la faim et tout ce qui s’en est suivi à Dar Essabah. Quand on ajoute à tout cela certains discours politiques exprimant des positions surexcitées à l’égard des journalistes, on peut, aisément, comprendre l’instauration de ce climat de méfiance qui a réduit la plateforme commune de travail.
Quel est le moyen, selon vous, pour remédier à cette situation ? Il est impératif, aujourd’hui, de rétablir les passerelles de confiance, d’élargir cette plateforme commune de travail et de reprendre les discussions à propos de la poursuite du processus de réforme surtout après la mise en place de la HAICA et ce d’une manière sérieuse loin de la langue de bois. Les journalistes sont déterminés à préserver cette liberté qu’ils ont conquise après la Révolution, et tous les partis politiques leur partagent cette idée, puisqu’aucun d’entre eux ne soutient le contraire du moins dans ses déclarations. Alors, il est clair qu’il y a une certaine défectuosité au niveau du langage qu’il faut corriger, et on ne peut dépasser cet écueil que par la crédibilité qui s’acquiert au moyen du dialogue sérieux qui pourrait, parfois, faire du mal.

Quoique vous disiez à propos de l’indépendance de la HAICA, certaines parties n’arrêtent pas d’en douter, est-ce que vous pouvez les dissuader?
En vérité, cette suspicion est toute relative, car cette instance s’est défendue bien avant son entrée en exercice. Il y avait certaines réserves concernant quelques-uns de ses membres, quant aux autres, ceux qui ne sont pas contestés par qui que ce soit, ils ont exprimé leur refus d’intégrer une instance qui ne jouit pas de l’unanimité et du consensus en son sein et c’est tout à leur honneur. En fait, l’indépendance de la HAICA réside dans sa composition : ses membres viennent d’horizons différents et variés, il y en a le journaliste, l’académicien, le juge, le juriste, etc. Cette variation sera le socle de son indépendance et aussi de sa pondération, en ce sens qu’aucun discours ne dominera un autre. L’autre garantie d’indépendance de la HAICA c’est que les parties qui ont procédé à la nomination de ses membres n’ont pas le droit de les démettre de leurs fonctions suivant le décret-loi 116. Et au-delà de toutes ces considérations légales, ces derniers ont un passé honorable, étant donné qu’aucun d’entre eux n’a pris part à la propagande, ni aux méthodes de travail de l’ancien régime, bien au contraire, la majorité des membres si ce n’est pas tous sont des militants pour la liberté d’expression, ce qui est une garantie supplémentaire de taille.

Mais cette indépendance actuelle que vous vantez ne risque-t-elle pas d’être menacée à l’avenir par les articles 122 et 124 du projet de constitution ?
Si ces deux articles sont retenus, il y aura une régression et un retour à la case départ par la restitution non déclarée du ministère de l’information sous des appellations déroutantes. Car, d’une part et suivant l’article 122, élire l’ensemble des membres par l’ANC c’est les soumettre aux quotas politiques. D’autre part et conformément à l’article 124, confondre la régulation et l’autorégulation c’est réunir deux sujets très différents autour d’une seule méthode au sein de l’administration. La réforme de l’audiovisuel est une nécessité eu égard à la nature du canal médiatique qui s’introduit dans les foyers et utilise le spectre des fréquences qui sont une propriété publique. Cette réalité impose l’intervention rapide d’une instance régulatrice, car les lois ne peuvent pas poursuivre ce qui se produit d’une manière fréquente au niveau des médias et les pressions que ces derniers subissent de la part des politiques et des capitalistes, et il s’agit là d’un phénomène mondial. Par conséquent, le rôle de l’instance de régulation c’est de préserver l’indépendance de ces canaux et leur accorder la liberté nécessaire. Quant à la presse écrite, elle n’utilise pas la propriété publique, donc, elle a besoin juste d’une autorégulation qui s’exerce à travers les journalistes, leurs structures et les chefs d’entreprises tout en faisant participer à cet effort la société civile. Cela se fait dans le cadre de l’édification de la crédibilité de l’information et du journaliste qui réalise, ainsi, qu’il est contrôlé de l’intérieur. Alors, je ne comprends pas pourquoi confond-t-on ces deux genres, étant donné que dans les grandes démocraties on ne fait pas cette confusion à moins qu’on ne veuille emboîter le pas à des pays comme la Chine, le Congo et le Burkina Faso. Pourquoi la constitution que la Tunisie essaye d’élaborer et qui consacre la liberté de conscience et d’autres formes démocratiques supérieures comprend-t-elle ces points faibles relatives aux articles 122 et 124? Et ce qui est encore étonnant c’est le silence à ce propos observé par les juristes qui parlent des prérogatives du président de la République, de questions se rapportant à la justice et à la civilité de l’Etat sans s’apercevoir de la garantie de cette dernière, à savoir l’information. Ce qui fait que les journalistes se sont trouvés, presque seuls, à occuper la première ligne défensive.

Par quels procédés comptez-vous contrôler l’audiovisuel au sein de votre instance?
Ce contrôle est déterminé par la loi, et le décret-loi 116 est exhaustif à ce niveau, puisqu’il permet à la HAICA ou plutôt lui impose d’opérer un large quadrillage de tout ce qui est diffusé. Cela en plus des plaintes et réclamations qui lui seront présentées par le public, auditeurs et téléspectateurs. Il en découle qu’autant on défend la liberté d’expression et l’indépendance des médias, autant on défend l’opinion publique, son droit à une information honnête et ses droits à la tête desquels se trouvent les droits de l’homme. On remarque qu’aujourd’hui il existe de grands dépassements, en particulier, au niveau de la relation avec les enfants dont les droits sont bafoués sans que les auteurs de ces graves bévues n’en réalisent le caractère dangereux. Dans le décret-loi 115, il y a, seulement, trois sanctions retirant la liberté dont le traitement des questions relatives aux enfants parmi lesquelles les cas de viol. Le journaliste risque de s’exposer à l’emprisonnement s’il ne les aborde pas conformément aux critères des droits de l’homme. Ces erreurs sont fréquentes et, dans la plupart des cas, elles ne sont pas intentionnelles mais dues à une méconnaissance du sujet. Les journalistes sont appelés à bien s’assurer des informations et bien se renseigner sur les personnes qu’ils invitent sur les plateaux, par exemple. Ils devaient, également, favoriser, dans leurs émissions, l’égalité des genres, car la femme y est très mal représentée pour ne pas dire quasiment inexistante bien qu’elle soit présente dans toutes les phases de la Révolution tunisienne et que son rôle avant-gardiste se vérifie sur plusieurs plans dont, notamment, au niveau de l’enseignement, et les statistiques sont là pour l’attester. Cette négligence, on la trouve même chez les journalistes qui prétendent défendre la liberté d’expression et les valeurs de l’Etat civil. Il faut, donc, prendre conscience de toutes ces lacunes et revenir aux bonnes pratiques journalistiques. Ce sont là des tâches parmi les rôles qui attendent la HAICA non seulement au niveau de l’observatoire, mais il faut aussi au niveau des cahiers des charges où tout doit être consigné.

Au nom du droit de tout le monde à la parole, certains journalistes invitent sur les plateaux de télévision des extrémistes connus pour leur incitation à la violence. Ne voyez-vous pas qu’en agissant de la sorte ils participent indirectement à en faire la promotion ?
En réalité, s’appuyer sur les valeurs déontologiques dans l’exercice des activités journalistiques est de nature à réduire la concurrence à propos de l’audimat. Malheureusement, on remarque qu’on court après cet objectif d’une manière si effrénée que la chaîne nationale a organisé une interview avec une fillette violée dont certaines chaînes privées ont même dévoilé le visage, ce qui est, bien sûr, une erreur très grave. Pour ce qui est de ceux qui incitent à la violence et ne reconnaissent pas la structure de l’Etat, les régimes démocratiques peuvent souffrir cette frange sociale à condition, toutefois, que leur présence, sur les plateaux, soit bien étudiée et que le journaliste soit capable de débattre avec ce genre de personnes. On voir, par exemple, qu’en France on donne la parole aux extrémistes de droite du Front Populaire que se contredisent avec les principes de la République concernant les étrangers, la couleur de la peau… C’est là où réside la force des régimes démocratiques qui donnent le micro à ces gens-là sans qu’ils aient la possibilité de développer des discours xénophobes ou d’inciter à la violence, parce que de tels comportements sont punis par la loi. Par exemple, le cheik qui a lancé un appel, sur la chaîne de télévision nationale, à ne pas adopter d’enfants invitait les gens à transgresser la loi ; bien que ce soit son plein droit d’exprimer sa position sur la question, il ne lui est pas permis d’utiliser un média public qui est payé par l’argent des contribuables pour saboter les lois de l’Etat. Ce sont là des lignes à différencier, ce qui veut dire que l’attitude des journalistes à l’égard de ces invités-là reste une question de formation et d’accumulation d’expériences qui font défaut chez les nôtres, puisqu’on n’a pas exercé le journalisme dans notre pays pendant cinquante ans où il n’y avait de place que pour la propagande des régimes politiques de Bourguiba et Ben Ali. Donc, il faut se mettre en apprentissage et tout ce qu’on demande aux apprenants c’est d’être animés par la bonne foi et de ne pas chercher l’intérêt strictement personnel comme font certains journalistes dont le seul but est de devenir des stars piétinant, dans leur course aveugle, les droits de l’enfance comme je l’ai précisé plus haut.

Certains critiquent la limitation de la propriété privée des établissements médiatiques stipulée par l’article 33 du décret-loi 116. Qu’est-ce que vous en pensez ?
La conception de cet article était inspirée de pratiques internationales. On a remarqué, par exemple, ce qui se passait dans les grandes expériences qui ont connu de grands monopoles comme en Italie où les médias sont devenus au service d’une seule personne qu’est Silvio Berlusconi et où, malgré toutes les accusations d’ordre matériel et moral formulées à son encontre et les atteintes aux mineurs dont il était l’auteur, la machine médiatique a réussi à le disculper. En s’opposant au monopole des médias, on veut établir l’information variée, pluraliste, libre et honnête, car le monopole fait, nécessairement, dévier le média son véritable rôle. Rappelons-nous l’empire Murdock et le scandale des écoutes téléphoniques qui sont un travail d’espionnage plutôt que journalistique et qui s’insèrent dans le cadre de la concurrence entre médias. Est-il possible en Tunisie avec ses moyens financiers, son étendue territoriale et sa dimension démographique de permettre à une seule personne d’être propriétaire de tous les médias ? Leur monopole est d’autant plus nocif qu’on est en pleine période transitoire, peut-être bien que la question serait appréhendée autrement lorsque les institutions démocratiques seraient installées, donc, laissons cela aux générations futures, elles seront plus aptes que nous pour trancher. Ce qui est sûr pour le moment c’est que ce monopole conduit, forcément, à des catastrophes ; on voit qu’aujourd’hui des hommes d’affaires possèdent des médias, particulièrement, dans la presse écrite et qu’ils sont, la plupart du temps, derrière ce qu’on appelle la presse jaune. C’est la preuve irréfragable que les hommes d’affaires ne sont pas imprégnés des valeurs de la liberté d’expression, des valeurs de la société démocratique, puisqu’ils ont transformé quelques journaux en des moyens de règlement de compte, de diffamations et d’injures. Ces médias ont atteint un niveau de médiocrité et un degré de rabaissement jamais connus même pas à l’époque de Ben Ali. Ce sont là des indices alarmants qui imposent la maîtrise de l’équilibre au niveau de la propriété des médias.

Etes-vous pour la publicité politique dans les médias ?
-Absolument pas ! Et cette interdiction doit se maintenir et se poursuivre. D’ailleurs, ceux qui demandent le monopole des médias sont ceux-là mêmes qui réclament l’insertion de la publicité politique dans l’audiovisuel, ce qui est interdit dans le monde enter excepté aux Etats Unis en raison de leurs spécificités et de leurs traditions en la matière qu’on ne rencontre nulle part ailleurs. En effet, dans ce pays, il existe deux partis dominant la vie politique et où les médias annoncent, depuis le départ, qu’ils sont avec tel ou tel parti. Est-ce qu’il serait possible d’appliquer cela en Tunisie, dans une société où il y a encore des gens qui vivent au dessous du seuil de pauvreté et qui souffrant, énormément, dans les régions de l’intérieur ? Est-ce que la priorité, aujourd’hui consiste à négocier la manière de permettre aux hommes d’affaires de s’approprier des moyens de communications d’une manière indéterminée et désordonnée.

Il est évident que l’activation partielle du décret-loi 115 est à l’origine de ce chaos qui sévit dans la presse écrite. Y a-t-il, selon vous, des solutions pour y remédier?
Ce qui est sûr c’est que la presse écrite a un besoin urgent pour un conseil de la presse qui soit soutenu par la société civile tunisienne. Cela serait de nature à limiter le phénomène de diffamations et d’insultes qui envahit ce secteur. Et l’expression montre que la plupart des pays démocratiques dont plus de vingt en Europe reposent sur les conseils de la presse comme mécanisme d’autorégulation et de limitation des abus commis dans l’exercice du droit d’expression. Heureusement qu’aujourd’hui le SNJT et la fédération des propriétaires des journaux s’acheminent vers la mise en place d’un conseil de la presse et ce en collaboration avec quelques commissions de la société civile. Concernant le décret-loi 115 qui a bénéficié de l’approbation de plusieurs organisations internationales, il n’est pas activé au niveau de deux points : le dépôt et la commission habilitée à octroyer la carte de presse professionnelle. Le problème qui se pose c’est le recours au code pénal au lieu du décret 115 dans certains procès comme c’était le cas dans celui de « Weld El 153 », ce qui évoque des questions, étant donné qu’il s’agit là d’une loi spéciale inhérente à tout ce qui a un rapport avec la diffusion, la création, etc. Par voie de conséquence, l’application de décret 115 serait meilleure.

Comment évaluez-vous le comportement des entreprises de sondage qui travaillent dans un vide juridique et dont certaines sont en passe de comparaître devant la justice suite aux plaintes déposées par des parties civiles à leur encontre ?
Bien qu’il ait des aspects positifs, le sondage se transforme, dans certains cas, en publicité politique. Il manque, dans ce secteur, une instance de régulation qui contrôle les activités de ces entreprises en leur imposant le respect d’un ensemble de règles telles que la tenue d’archives et l’étude minutieuse de l’échantillon et des questions. Actuellement, on ne dispose pas de mécanismes à travers lesquels on pourrait superviser le travail des établissements de sondage et déterminer le champ et les moments de leurs activités. Ce qui est sûr c’est qu’il existe une manipulation des chiffres, à preuve l’incohérence totale entre ces derniers. Les différences énormes et étonnantes entre eux montrent à l’évidence qu’ils ne sont pas étudiés d’une manière scientifique, cette réalité rend, donc, urgent l’établissement d’un organe de régulation en vue d’organiser ces activités de sondage mais aussi pour poser des critères pour la publicité et ses contenus et la publicité publique qui souffre encore de l’absence de paramètres concernant sa distribution sur l’ensemble des journaux tunisiens.

Au vu des attaques réitérées contre les journalistes et les médias, ne pourrait-on pas dire que le champ médiatique en Tunisie vit, actuellement, un tournant décisif ?
Le paradoxe c’est que les agressions contre les journalistes sont plus nombreuses que sous l’ancien régime. Il est vrai qu’à cette époque-là, ces derniers n’avaient pas les mains libres et ne jouissaient pas de la liberté d’expression, mais cela n’empêche qu’il existait une minorité qui s’est défaite des chaînes de leurs geôliers et qui a payé trop cher la facture. Aujourd’hui, celui qui agresse les journalistes ce n’est pas seulement le régime politique, mais aussi la « société civile » qui est plutôt une « société physique ». Tous les mouvements politiques qu’ils soient de droite ou bien de gauche sans exception aucune empêchent les journalistes de remplir leurs tâches, ce qui est alarmant. On se demande comment peut-on assurer une transition démocratique sans des femmes et des hommes qui y croient vraiment, le mensonge qui prédomine et asphyxie la scène publique on le voit s’installer partout y compris chez ceux qui prétendent défendre la liberté d’expression. Ce double langage et cette conduite bizarre pourraient être l’expression d’une nouvelle élite qui est en train de se chercher mais qui n’a pas trouvé, jusque-là, l’équilibre nécessaire pour exercer son rôle. Les manifestations de ce nouveau comportement sont nombreuses, on les a vues à l’occasion du sit-in observé devant le siège de la télévision nationale, les agressions, la veille et pendant les premiers jours de la Révolution, contre Jalila Baccar et Nouri Bouzid. Donc, c’est comme si rien n’avait changé au niveau de la structure culturelle et non pas au niveau du discours qui, lui, devient schizophrène. Tant qu’il y a impunité et un silence malicieux de la part de plusieurs acteurs politiques et des composantes de la société civile vis-à-vis de ces agressions, la question va prendre encore de l’envergure. Devant une telle situation où on recense plus de quarante agressions par mois contre les journalistes, il est normal que la SNJT exprime sa grogne. Alors il est impératif de se mobiliser contre ce fléau et de prendre les mesures dissuasives qui limiteraient ces atteintes, et cela existe au niveau des textes de loi, étant donné que le décret-loi stipule que le journaliste est assimilé à un fonctionnaire publique, ce qui veut dire que toute personne qui l’agresse s’expose à des sanctions sévères. Et que les acteurs politiques évitent dans leurs discours d’inciter à la violence contre les journalistes.

Est-il possible pour le journalisme d’investigation de pouvoir se frayer un chemin et s’assurer un avenir dans ce contexte assez délicat ?
D’une façon générale, les fonctions au sein de l’Etat moderne sont devenues complexes et enchevêtrées, en ce sens qu’aucun appareil étatique au monde n’est capable d’assurer le contrôle tout seul sans se faire aider de la presse. Donc, la question qui se pose est de connaître la manière dont le pouvoir politique se représente cette dernière : est-ce qu’il y voit une autorité et un assistant qui assume une fonction choquante et tout à fait imprévisible, puisqu’elle pourrait découvrir des réseaux de corruption disposant des deniers publics. Dans ce cas, le journalisme d’investigation devient une nécessité extrême, ce qui devait entraîner la conclusion d’un contrat tacite entre elle et les autorités publiques qu’il complète et ne contredit pas. Mais quand celles-ci y voit une force concurrente qui le place sur le banc des accusés, je ne pense pas qu’il y ait un avenir pour ce genre journalistique qui, avant d’être une volonté personnelle, est une volonté politique. Le pouvoir devait l’encourager s’il tient, vraiment, à combattre la corruption, étant donné qu’il est une autorité de contrôle qui est parallèle à celle de l’Etat. J’ai entendu dire dans une chaîne de télévision que le journalisme doit présenter ses rapports à l’Etat, ce qui est une confusion énorme, car le journaliste s’adresse à l’opinion publique et non pas à l’Etat, son rôle c’est de surveiller le comportement du gouvernement et de toutes les autres parties influentes politiquement et financièrement et de dénoncer toutes les anomalies et tous les dépassements commis par eux. Si le gouvernement actuel et ceux qui vont lui succéder acceptaient de coopérer avec ces journalistes, ils participeraient à l’édification de l’Etat démocratique et leur action sera saluée et restera gravée à jamais dans la mémoire collective, et dans le cas où ils agiraient à leur égard d’une manière hostile, ils seraient discrédités et par la génération actuelle et par celles à venir et leur attitude serait aussi consignée dans les annales. Alors à eux de choisir.

La Haica va plancher sur l'interview de Moncef Marzouki-Iyadh Ben Achour
Source : http://www.businessnews.com.tn/La-Haica-va-plancher-sur-linterview-de-Moncef-Marzouki-Iyadh-Ben-Achour,520,39047,3
La Haute instance chargée des médias, nouvellement créée, va plancher demain, 1er juillet, sur l'interview télévisée du président Moncef Marzouki, diffusée samedi 29 juin sur Al Wataniya 1 et sur deux chaînes privées. Selon un membre de la Haica, il y a eu une infraction flagrante avec cette interview, qui ne dit pas son nom, puisqu'elle a été présentée comme étant une rencontre spéciale entre le constitutionnaliste Iyadh Ben Achour et Moncef Marzouki. Les infractions à la déontologie sont nombreuses. Une rencontre à la présidence n'a pas à être diffusée en intégralité à la télévision, encore moins à la télévision publique. "Cela rappelle l'époque où les cassettes venaient prêtes à la diffusion depuis Carthage", affirme ce membre. "Une interview devrait être réalisée par un journaliste de la chaîne qui aura la possibilité et le devoir de dispatcher la parole et de contredire les intervenants. La télé publique n'a pas à la diffuser telle qu'elle. Ni les télés privées, d'ailleurs", dit-il.
Autre infraction, l'interview a été présentée comme étant une rencontre autour du projet de la Constitution, or il est évident que le président de la République faisait sa campagne et a évoqué de nombreux autres sujets, n'ayant aucun lien avec la Constitution. Cette dernière a même été présentée comme la dernière grande priorité du président après l'écologie et l'emploi. La réunion de la Haica de demain devrait aboutir sur une décision. Ira-t-on jusqu'à lancer un avertissement, qu'on rendra public, aux chaînes ayant enfreint la déontologie ? Ce sera là le premier test de cette nouvelle Haica par rapport à son indépendance réelle et sa transparence. Ironie du sort, elle doit plancher sur un dépassement réalisé par le président de la République qui a tout fait pour que cette haute instance voie le jour !

Parler de la traite des personnes en Tunisie, semble être un sujet parachuté dans notre pays d’autant plus que l’esclavage a été aboli depuis 1846.
Malheureusement, le phénomène existe encore chez nous et touche aussi bien les hommes que les femmes. Pis. Les jeunes filles et les enfants sont victimes de traite en Tunisie, c’est ce qu’a démontré l’étude exploratoire sur la traite des personnes en Tunisie réalisée récemment par l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM). L’Etude a permis de conclure que « la Tunisie est un pays source, de destination et potentiellement de transit pour la traite des personnes », d’après l’OIM. Le phénomène n’épargne personne. Des groupes vulnérables des petites filles originaires du Nord-ouest, des enfants des rues et dans la rue, des femmes et des mineures prostituées clandestines, des personnes handicapées et  des Tunisiens en situation irrégulière à l’étranger…sont victimes de ces pratiques illicites et inhumaines.
Il est vrai que le marché des esclaves de Tunis a été fermé définitivement en août 1842 et que l’esclavage est aboli dans notre pays par « le décret du 23 janvier 1846 grâce à Ahmed 1er Bey, lui-même fils d’une esclave ». Toutefois, le phénomène persiste et prend plusieurs formes. En effet, la Tunisie , « est présentée depuis quelques années comme un pays d’origine, de destination et potentiellement de transit pour la traite des personnes aux fins de travail forcé et d’exploitation dans le commerce du sexe », d’après le Rapport annuel du Bureau de contrôle et de lutte contre la traite des personnes du Département d’Etat des Etats-Unis (J/TIP). D’ailleurs, « la Tunisie se situe encore au niveau 2 de la liste de surveillance du J/TIP pour l’application des normes minimales relatives à l’élimination de la traite des personnes, notamment en matière de prévention, protection, répression et coopération », révèle l’étude réalisée par l’OIM.
Les enfants Preuve : la traite des personnes touche plusieurs individus notamment, les enfants. A cet effet, l’étude démontre que « des enfants tunisiens sont victimes de traite interne aux fins de servitude domestique, de travail forcé dans les secteurs du commerce formel et informel, de l’industrie, et de mendicité ». L’OIM parle dans ce cadre « des petites filles principalement originaires du Nord-ouest du pays qui travaillent en tant que domestiques pour des familles aisées du Grand Tunis et les grandes villes du littoral ». « Certaines sont âgées de 6 ans lorsqu’elles quittent le domicile familial », attire l’attention l’Organisation Internationale pour les Migrations. Mais là où le bât blesse est que « ces petites filles sont forcées d’arrêter leur scolarité à un âge précoce sous la pression des parents, en particulier du père, afin de subvenir aux besoins de la famille, ou bien pour leur fournir un complément de revenu ».
 
Exploitation sexuelle
Un autre fait inquiétant soulevé par l’étude, c’est « la présence de cas de traite d’enfants aux fins d’exploitation sexuelle et de la prostitution en Tunisie ». D’ailleurs, « la juge pour enfants interrogée dans le cadre de l’Etude au Tribunal de Première Instance (TPI) de Tunis, traite environ quatre cas de mineures prostituées par mois, toutes encadrées par des proxénètes », révèle l’OIM. « Elles sont âgées de 15 à 18 ans et sont originaires des zones rurales. Leur recrutement se fait par l’intermédiaire de la famille ou de l’entourage », toujours d’après la même source qui précise que « les trafiquants et les exploitants sont principalement des femmes tunisiennes, d’une cinquantaine d’années, venant des quartiers populaires de Jbal Lahmar, Hay Nour et Hay Hlal ».
Un autre constat a été soulevé par l’étude est que « les jeunes filles se prostituent dans la rue ou dans des voitures avec les Tunisiens et avec des étrangers, des Libyens pour la majorité ». « Elles sont exploitées à plusieurs dans des appartements par exemple de la cité Ennassr ».
 
Traite transnationale
En plus de la traite interne qui prend plusieurs formes et qui touche les femmes et les enfants, il existe également la traite transnationale laquelle touche les femmes et les hommes tunisiens vivant à l´étranger. « Les résultats de l’Etude confirment des informations déjà rendues publiques en Tunisie sur la traite ». Par exemple, et selon « le rapport 2012 de J/TIP, quatre tunisiennes furent recrutées la même année pour travailler en tant que secrétaires au Liban puis forcées de se prostituer par des trafiquants ». Un autre constat alarmant confirmé par l’OIM est que « la Tunisie est un pays d’origine pour la traite des personnes aux fins d’exploitation sexuelle à destination du Liban, mais aussi des pays du Golfe et de l’Afrique de l’Ouest ». De leur côté les hommes n’échappent pas à ce phénomène. A cet égard, l’étude parle « des soupçons formulés dans le cadre d’une enquête menée par une association luttant contre la traite en France quant à l´exploitation de jeunes hommes tunisiens dans la prostitution forcée en France ou au Moyen-Orient, notamment au Liban ». En fait, la traite des personnes en Tunisie n’a jamais fait l’objet de discussion, alors que le phénomène prend plusieurs formes et touche différentes franges de la société. Nombreux sont ceux qui se trouvent exploités malgré eux, d’où l’urgence de lancer des enquêtes et de promulguer des lois pour arrêter ce fléau qui n’épargne personne. D’ailleurs, des groupes à risque de traite envisageable ont été soulevés par l’OIM. Il s’agit entre autres, des individus victimes de violences sexuelles, en particulier les femmes et les enfants, des mères célibataires, des femmes rurales, ainsi que des migrants irréguliers, des demandeurs d’asile et des déboutés.
- Les Objectifs de l’étude L’Etude exploratoire sur la traite des personnes a pour buts de déterminer les caractéristiques de la traite en Tunisie, de vérifier si la Tunisie répond aux exigences du Protocole de Palerme, mais aussi de déterminer les besoins de la Tunisie en matière de prévention, répression et punition de la traite des personnes, de protection des victimes et de coopération/coordination nationale et internationale, et d’analyser le rôle du secteur privé et des médias vis-à-vis de la traite des personnes en Tunisie. L’Etude a souhaité couvrir l’ensemble des victimes potentielles sur le territoire national (tous sexes, âges et nationalités confondus) ainsi que les ressortissants tunisiens à l’étranger. L’Etude est composée de données essentiellement qualitatives sur la traite et les sujets connexes, qui ont été recueillies et analysées afin d’obtenir une information fiable, précise et à jour sur le phénomène en Tunisie et sur le contexte dans lequel il intervient ou pourrait se développer à l’avenir

- Et la prévention ?
« La prévention est une des étapes les plus importantes en matière de lutte contre la traite des personnes », attire l’attention l’OIM. « Pour être efficace, elle doit s’inscrire dans la durée avec une approche de coopération et de coordination multisectorielle, et savoir s’adapter à l’évolution possible des phénomènes. Les actions de prévention de la traite sont destinées à être menées auprès du plus grand nombre et doivent s’inscrire dans le cadre de politiques globales s’attachant à combattre à la fois les causes de la traite mais aussi à cibler les individus qui sont déjà à fort risque de traite », recommande l’Organisation Internationale pour les Migrations. « De nombreux acteurs ont un rôle à jouer pour prévenir la traite des personnes. En renforçant leurs connaissances en matière de traite des personnes et en coordonnant leurs efforts, ces derniers peuvent toucher un très large public et ainsi prévenir efficacement le développement de la traite des personnes, qui ne concerne pas seulement les victimes et les groupes à risque, mais toute la société ».

Comité de soutien d’Amina : « Les chefs d’inculpation contre elle ne sont pas fondés »
Source : http://nawaat.org/portail/2013/07/03/comite-de-soutien-damina-les-chefs-dinculpation-contre-elle-ne-sont-pas-fondes/

Amina de Femen lors de son arrestation par la police à Kairouan le 19 mai 2013.Demain jeudi 4 juillet doit avoir lieu le procès en appel d’Amina “Tyler” Sboui, Femen tunisienne, incarcérée depuis le 19 mai dernier pour avoir écrit le mot “Femen” sur un muret d’un cimetière à Kairouan et pour détention de gaz lacrymogène. Le Comité de soutien à Amina a organisé à cette occasion au SNJT* à Tunis une conférence de presse aujourd’hui, qui avait pour titre « La Tunisie est un état civil et les femmes tunisiennes sont libres ».
Le comité, dont le porte parole est l’ex-militant Perspective Sadok Ben Mhenni, est soutenu par le SNJT, l’OMCT, l’ATFD ainsi qu’Amnesty International, l’OTCT et l’AFPEC, dont des membres été présents pour soutenir Amina. Autour de la table ses avocates Radhia Nassraoui, Bochra Bel Hadj Hamida ainsi que Mounir Sboui, le père d’Amina ont pris la parole.
Avec une voix pleine d’émotion M. Sboui a voulu renouveler son soutien à sa fille : « Tu m’as fait beaucoup de mal mais surtout tu me fais rêver ! » a-t-il lancé. C’est demain que doit avoir lieu le procès en appel d’Amina pour « détention d’outils et d’instruments incendiaires sans autorisation », pour laquelle elle a écopé d’une amende de 300 dinars. Amina ne comparaîtra pas libre, elle est toujours en détention dans le cadre d’une instruction pour « profanation d’un cimetière, atteinte à la pudeur et association de malfaiteurs ».
« C’est le juge d’instruction qui doit la libérer. Le dossier est vide, les chefs d’inculpation ne sont pas fondés à mon avis elle devrait être libérée et l’affaire devrait être classée, peut-être qu’il y a des instructions pour qu’on ne la libère pas » s’interroge son avocate, Radhia Nassraoui.
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OMCT : Organisation Mondiale Contre la Torture
ATFD : Association Tunisienne des Femmes Démocrates
SNJT : Syndicat National des Journalistes Tunisiens
OTCT : Organisation Tunisienne contre la Torture
AFPEC : Association de Formation à la Psychanalyse et d’Echanges Cliniques
Fonds pour l’égalité des sexes — CAWTAR, Des femmes militantes en conclave à Tunis
Source : http://www.lapresse.tn/27062013/69191/des-femmes-militantes-en-conclave-a-tunis.html

70 représentantes d’ONG et d’associations arabes se sont réunies à Tunis à l’occasion d’une rencontre régionale sur le thème de l’autonomisation économique et politique des femmes. Débats, ateliers et échange d’expériences. Les participantes sont venues d’Algérie, d’Irak, du Liban, du Maroc et de Palestine pour prendre part à une rencontre de quatre jours organisée par le Fonds des Nations unies pour l’égalité des sexes et le Centre de la femme arabe pour la formation et la recherche (Cawtar). Toutes sont actives dans des organismes bénéficiant d’une subvention du Fonds pour l’égalité des sexes, et vont avoir une formation assurée par le centre Cawtar à Tunis sur l’écriture de rapports narratifs et financiers et en management.
L’évènement s’est ouvert lundi avec des tables rondes thématiques où des questions sur la femme et sa participation dans la vie politique et économique ont été abordées. Des associations tunisiennes, à l’instar d’Atlas, ont été invitées à participer à l’évènement pour se faire connaître,  confronter les expériences et échanger les pratiques.
Développement intégré      Plusieurs parmi les programmes présentés par les associations sont axés sur le développement économique et social de la femme rurale. Au Maroc, par exemple, l’association Akhiam de développement social et économique mène un projet dans l’Imilchil, une bourgade située à 2.200 m d’altitude au cœur du Haut Atlas oriental, pour renforcer les capacités des femmes.

D’après Jihad Yagoubi, assistante administrative et financière au sein d’Akhiam, les femmes n’ont  pas conscience de l’intérêt d’être actives dans la sphère publique. Bien qu’il y ait au moins deux élues par commune, les femmes se contentent souvent de faire office de «décor».   
A travers des ateliers de sensibilisation, on leur apprend donc à s’affirmer, à défendre leurs droits et à jouer pleinement leur rôle de porte-parole. Actuellement, le projet est en phase de diagnostic. Des études écologiques et sociologiques sont en cours d’élaboration afin de pouvoir créer par la suite des activités génératrices de revenus viables et en phase avec les potentialités du milieu.

La Société de protection de la nature au Liban mène, elle aussi, un projet intégré de développement durable en faveur de femmes marginalisées. Les localités concernées sont Hima Anjar, Kfar Zabad et  Upper Akkar, connues pour leur intérêt écologique et où les habitants sont partie prenante dans la gestion et la conservation du milieu naturel. Grâce au programme de l’association, une trentaine de femmes de chaque localité bénéficient de formations à des métiers de l’artisanat, de cours de droit et de gestion de projets. On leur fournit des équipements, et les municipalités mettent à leur disposition des salles pour qu’elles puissent y mener leurs activités.

Égalités des genres
En Palestine, la priorité est plutôt axée sur les droits des femmes dans la Constitution.
Il existe actuellement trois brouillons de Constitution mais aucun ne place les hommes et les femmes sur un pied d’égalité. Deux associations s’activent ensemble pour faire changer les choses. Il s’agit du Centre palestinien pour la paix et la démocratie (Cppd) et du Centre Al Qods pour les femmes. Des ateliers sont organisés tout au long de l’année 2013 pour sensibiliser les jeunes de 24 à 28 ans sur les droits des femmes. Plus tard, «ces futurs décideurs feront pression sur les politiques afin de consacrer l’égalité des genres», explique Hilda Issa, du Cppd.
Dans une société où les femmes participent rarement à la prise de décision, changer les mentalités n’est pas chose facile, estime Hilda. Actuellement, 17% seulement des femmes ont un travail, principalement dans l’enseignement, la restauration et dans les garderies d’enfants

Tunisie: Les Femen Polémiquent
Source : http://www.huffpostmaghreb.com/2013/06/28/femen-tunisie-libres-_n_3515692.html?utm_hp_ref=maghreb

Quelques heures seulement après avoir atterri à Paris, les trois Femen ont commencé à livrer leur version de leur condition de détention à la prison de Manouba. Au siège de l’association, vêtues de tee-shirts blancs et couronnes de fleurs autour du front, elles sont dès leurs premiers mots revenues sur les regrets exprimés devant le tribunal. "Nous étions coupées de l’extérieur, s’est justifiée l’Allemande Joséphine Markmann, 20 ans. Et, en prison, nous avons subi d’importantes pressions physiques et psychologiques".
"Nous n’avions aucun contact à part avec nos ambassades. Elles nous ont conseillées de nous excuser, nous expliquant que c’était notre dernière carte à jouer, a ajouté la Française Pauline Hillier, 26 ans. Nous avons considéré que nous n’avions pas vocation à être des martyres et que nous serions plus efficaces libres pour continuer la lutte". "Nous avons regretté, mais nous ne nous sommes pas excusées, Femen ne s'excuse jamais", a continué Jospéhine Markmann.
Contactée par le Huffpost Maghreb, l’Ambassade de France à Tunis dément "leur avoir conseillé de s’excuser". Après avoir répété à plusieurs reprises qu’évidemment elles n’avaient jamais pensé leurs regrets, les trois Femen ont décrit leurs conditions de détention.
"Elles sont allées de mal en pis, a souligné Pauline Hillier, nous avons été enfermées au palais de justice dans une pièce sombre, insultées et frappées par la police. Une fois en prison les humiliations étaient quotidiennes, comme par exemple quand une gardienne vous demande de retirer votre protection hygiénique devant tout le monde et les poser dans le couloir".
Elles ont décrit les conditions de vie, "communes à toutes les détenues", les cafards, la douche mensuelle, les lits à partager à deux dans une pièce de 30 personnes. La troisième, Marguerite Stern, tremblante, plusieurs fois au bord des larmes, la voix chevrotante a parlé de "tyrannie religieuse en prison. Le seul livre autorisé est le Coran, et ils nous imposaient de regarder des émissions religieuses ou des dessins animés à la télévision". Des propos que confirment plusieurs ONG, qui depuis longtemps s’inquiètent de l’état de vétusté des prisons.
De son côté Radhia Nasraoui ne nie pas que les prisons tunisiennes sont "délabrées" et que les "conditions d’hygiène sont inacceptables", toutefois elle pondère les propos de Femen lorsqu’elle affirment que la majorité des femmes détenues en Tunisie le sont "pour adultère ou parce qu’elles ont été victimes de viols".
Le Huffpost Maghreb a pu joindre l’un des avocats des Femen, Maître Souhaib Bahri, qui leur a rendu visite à la prison de la Manouba, surpris par les propos de ses clientes: "lorsque nous les avons rencontrées, aucune d’elle n’a fait état de coups ou d’insultes", Me Bahri ajoute "nous nous en serions rendu compte si elles avaient été frappées". Visiblement contrarié par de tels propos après leur départ de Tunis. En première instance, les trois jeunes femmes, avaient été condamnées à quatre mois et un jour de prison ferme, une peine dont la sévérité avait suscité les regrets de la France, l'Allemagne et l'Union européenne.
C’est au cours de son voyage à Bruxelles, que le Premier ministre Ali Larayedh, dans un entretien accordé au journal le Soir a fait part de son point de vue: "Si la justice tunisienne ne les relaxe pas, nous devrions les libérer", faisant ainsi référence au droit de grâce dont dispose le président de la République. Pas un mot en revanche, pour Amina Sboui, elle aussi emprisonnée à Kairouan pour avoir tagué un muret dans la ville ou des salafistes envisageaient de se rencontrer malgré l’interdiction du gouvernement. Il n’en aura pas fallu davantage pour alimenter l’idée du "deux poids, deux mesures", la realpolitik n’a pas de frontières, ni d’idéologie.
Quelques heures après le retour des Femen, la France a exprimé son "soulagement". En effet on peut l’être, à Paris, à quelques jours de la visite du président Français qui aurait pu voir son voyage, déjà deux fois reporté, gâché par ce dossier. Souhaitons à Amina de connaître le même dénouement.

Révolution — Transition, entre réalité et complot, d’où vient le désenchantement des Tunisiens?
Source : http://www.lapresse.tn/24062013/69031/entre-realite-et-complot-dou-vient-le-desenchantement-des-tunisiens.html

 Ballottés entre une version et son contraire, les Tunisiens ne savent plus s’ils doivent croire ou ne pas croire à la véracité de la Révolution, à la droiture de la transition, à la loyauté de l’armée, aux déflagrations du Mont Chaâmbi, à une possible élucidation de l’assassinat de Chokri Belaïd... Décryptage d’un historien, d’un psychanalyste et d’un sociologue de la communication
«Violence politique, tension sociale, insécurité, bilan économique morose,  justice en peine, un état d’urgence à n’en pas finir et un projet de constitution douloureusement arraché à l’affrontement des identités…»  Quand les Tunisiens alignent les faits vérifiables de la transition, ce n’est plus pour s’y attaquer de front. Loin des engagements citoyens pris au matin du 15 janvier 2011, leurs propos traduisent aujourd’hui désenchantements, contradictions, peurs, suspicions et cette question hallucinante : et si tout cela n’était qu’intrigues de palais ?… Leurs pages sur les réseaux sociaux rendent compte du paradoxe d’une société qui ne croit plus à rien mais n’attend qu’une intox pour croire à tout, qui n’espère rien mais s’appuie sur le premier discours lénifiant pour s’accrocher au lendemain. Même chez les acteurs politiques et associatifs, l’optimisme est de façade. Derrière l’écran, la défiance brouille la vision, alors que le pessimisme et la démission ne se cachent même plus chez le commun des Tunisiens. Que s’est-il passé en deux ans et demi de transition qui éloigne tant les Tunisiens des ferveurs citoyennes de la Révolution ?
Dépression Le diagnostic lâché par Fethi Benslama, professeur de psychopathologie, auteur de Soudain, la Révolution ! et prochainement d’un nouvel ouvrage titré l’Agonie pour la Justice, est sans appel. «Il y a dépression et les Tunisiens ont raison d’être dépressifs. D’un côté, ils ont trop idéalisé ce qu’ils ont fait. C’est vrai que la Tunisie a vécu un moment proprement révolutionnaire, mais quelque chose a été arrêté dans ce processus  qui aurait pu aller plus loin dans l’idée de la justice, dans les formes de liberté et de participation au jeu démocratique. Ce coup d’arrêt est lié à la crainte qu’a inspirée le processus. Il s’est traduit tout à coup par le retrait de la jeunesse... Des vieux ont pris la place avec des méthodes anciennes et des discours connus». L’autre phénomène qui a affecté les Tunisiens, avance le psychanalyste,  c’est l’apparition de ce mode conservateur qui veut fonder la perception politique et la prise en compte des problèmes de la société à travers la morale. «Tout cela a déprimé les Tunisiens, car il les a amenés à perdre foi en leur extraordinaire capacité des débuts…».
Populisme C’est avec d’autres mots que Adel Ltifi, professeur d’histoire contemporaine du monde arabe, établit son diagnostic. «Pour la première fois de son histoire moderne et contemporaine, la société tunisienne échappe à l’emprise de l’Etat, à son despotisme, à sa culture et exprime librement ses paradoxes sociaux, culturels, politiques. Dans l’histoire, les moments de rupture sont souvent associés aux sentiments les plus contradictoires : doute et confiance, espoirs et désespoir, enchantement et désenchantement. La société, en branle, est alors exposée, à corps défendant, à la tyrannie de la passion. Et cette passion est potentiellement porteuse de populisme…». Pour l’historien, c’est ce populisme qui s’est clairement exprimé, lors des élections du 23 octobre. Le premier rendez-vous démocratique aura, selon ses termes, acté la prédominance de trois types de populisme: populisme religieux avec Ennahda, populisme social avec les partisans de Hachmi Hamdi ; voix de la campagne, et populisme politique avec le CPR... Mais là où le processus dérive, précise l’historien, c’est quand tous les objectifs et aspirations de la révolution sont évacués pour laisser place à une polémique sur l’identité. «La révolution tunisienne que l’on croyait porteuse d’avenir a aussitôt été rattrapée par le passé récent avec la problématique de Bourguiba et de l’Etat de l’indépendance et même par le passé lointain, celui des débuts de l’Etat moderne du milieu du XIXe siècle…».
Leadership Rien n’est définitivement perdu pour le psychanalyste Fethi Benslama. «Je pense que la dépression est temporaire. Le processus révolutionnaire va ressurgir – peut-être pas immédiatement, ni dans les mois qui viennent – parce que les Tunisiens sont déjà entrés dans un processus de maturation, en tant que sujets politiques. Mais, deux ans et demi après, la construction politique n’est pas à la hauteur des aspirations du peuple. Les personnes qui gouvernent ont coulé ces aspirations dans des canaux anciens... C’est un discours nouveau et crédible, quelque chose d’autre qu’attendent les Tunisiens. Or, devant eux, il y a à peine des joueurs, de petits malins et de petits Narcisse, mais aucun acteur politique n’est à la hauteur de ce qui s’est réellement passé…» L’historien y décèle un élément structurel.  Le parti au pouvoir souffre selon lui d’une carence au niveau de sa culture politique et historique. Une situation compréhensible pour un parti qui trouve du mal à outrepasser la prédication pour rejoindre la politique. «Cet état d’esprit explique la confusion, chez l’élite qui domine Ennahda entre gouverner dans le sens d’administrer l’Etat et gouverner dans le sens de dominer l’Etat... Ainsi, ils se sont consacrés durant la période transitoire au contrôle de l’Etat aux dépens des besoins immédiats de la société et aux dépens de la transition démocratique».
Complot Au-delà du mal du pouvoir, il y a chez les Tunisiens un malaise aux raisons diffuses ; une inquiétude presque idéologique. Les réseaux sociaux et les médias électroniques aidant, jamais les livres, les articles de presse, les vidéos fuitées, et les déclarations de responsables remettant en question des certitudes et trahissant des bribes de complots n’ont eu autant de résonance populaire…
Et si tout n’était que complot et scénarios préconçus : la révolution, la montée au pouvoir des islamistes, la polémique sur l’identité, les lourdeurs  de l’ANC, les guérillas du Mont Chaâmbi, le prolongement de l’état d’urgence... ? Les Tunisiens n’ont jamais été aussi suspicieux. Mais alors d’où vient ce doute et que nous en coûte-t-il ? 
Fidèle à l’Histoire, Adel Ltifi est intransigeant : «La théorie du complot est une forme d’oisiveté intellectuelle. La révolution tunisienne est bel et bien l’aboutissement d’une dynamique sociale interne qui s’est conjuguée à un contexte planétaire défavorable aux dictatures... Dire que l’Occident via le Qatar a mobilisé les Tunisiens contre Ben Ali est une façon de déprécier la société tunisienne…».
Miroir Le psychanalyste tempère: il y a toujours des manipulations et des gens qui complotent. Mais cela ne touche pas au processus. Il y a quelque chose de certain dans la révolution. «Libération de la parole, expérience du dévisagement traumatique, narcissisme éclaté, désagrégation de l’unité, nouveau reflet de nous-mêmes, de nos divergences, nos divisions…». Saisissant dans la chute de Ben Ali et l’effacement de l’image du despote un enjeu narcissique, Fethi Benslama raconte l’éclatement du grand miroir politique en une multiplicité de miroirs et de narcisses. «Ce foisonnement est en lui-même, source d’incertitudes et de suspicion, mais il est positif. Il cristallise une forme de vie démocratique. On dépasse la négativité du Narcisse absolu. On passe de la communauté à la société... Preuve qu’une révolution est en cours, quelle qu’en soit l’issue». Le psychanalyste esquisse quelques sorties : «Recommencer à rétablir le lien d’identification... Arrêter le discours clivant entre sur-musulmans et sous-musulmans, entre laïcs et rétrogrades... Cesser de s’infliger des blessures... Prendre notre réalité comme nous l’offre le grand miroir politique... Désormais, notre réalité n’est plus camouflée».