Aujourd'hui, à l'occasion de la Journée internationale contre le trafic d'organes, nous renouvelons notre engagement à lutter contre l'un des phénomènes criminels les plus inquiétants de notre époque. Le trafic d'organes n'est pas seulement une grave violation de la dignité humaine et des droits de l'homme, il est devenu une industrie mondiale qui exploite les personnes vulnérables et affaiblit la confiance dans les systèmes de santé. Comme ce crime transnational ne connaît pas de frontières, notre réponse doit être mondiale et unie.
La Convention du Conseil de l'Europe contre le trafic d'organes humains, connue sous le nom de Convention de Saint-Jacques-de-Compostelle, reste le seul instrument international contraignant au monde qui vise spécifiquement à criminaliser le trafic d'organes. Elle traite du prélèvement illicite d'organes, interdit tout gain financier lié à l'obtention d'organes et renforce les mesures de prévention, de protection et de coopération entre les États.
Les développements récents nous rappellent que notre travail est loin d'être terminé. Partout dans le monde, de nouvelles tendances inquiétantes continuent de révéler l'ampleur, les méthodes sophistiquées et la cruauté des réseaux de trafic d'organes. Des enquêtes menées au Kenya, par exemple, ont mis au jour un vaste réseau criminel opérant par l'intermédiaire de l'hôpital Mediheal et lié à une agence appelée MedLead. Ce groupe est accusé d'orchestrer le prélèvement de reins et le tourisme de transplantation, exploitant des donneurs vulnérables au profit de patients étrangers fortunés.
Ce cas n'est pas un événement isolé. Il constitue un avertissement sévère sur la manière dont les réseaux criminels exploitent les lacunes réglementaires et profitent de la vulnérabilité socio-économique à travers les continents. Le scandale MedLead est un exemple clair des dommages causés lorsque le désespoir humain rencontre une demande contraire à l'éthique et il met en évidence pourquoi un cadre juridique mondial coordonné est essentiel.
Dans le même temps, des débats publics différents mais tout aussi sensibles ailleurs, tels que les récentes discussions aux États-Unis sur des propositions législatives visant à fournir un soutien financier aux donneurs d'organes, démontrent à quel point l'équilibre éthique autour du don d'organes reste délicat. Ces développements nous rappellent que la vigilance, la clarté éthique et des garanties internationales solides sont indispensables.
Ensemble, ces tendances mènent à une seule conclusion : le trafic d'organes évolue. La communauté internationale doit donc rester vigilante, coordonnée et fidèle à ses principes dans sa réponse.
En tant que présidente du Comité des Parties à la Convention de Saint-Jacques-de-Compostelle, je souligne que la pertinence de la Convention dépasse largement les frontières de l'Europe. Le trafic d'organes est un défi mondial et la Convention est ouverte à l'adhésion de tous les États, reflétant ainsi la nature véritablement transnationale de ce crime. Notre Comité continue de travailler sans relâche pour surveiller la mise en œuvre, faciliter la coopération et aider les pays à renforcer leurs cadres juridiques, la surveillance des transplantations et les mesures de protection des victimes.
En ce jour important, j'appelle les gouvernements du monde entier à adhérer à la Convention de Saint-Jacques-de-Compostelle. Ce faisant, les États réaffirment leur engagement commun à protéger les personnes vulnérables, à démanteler les réseaux criminels et à défendre les valeurs fondamentales que sont la dignité humaine, la justice et l'État de droit. Cette convention n'est pas seulement un instrument européen, c'est un outil mondial pour un problème mondial.
Aujourd'hui, nous rendons hommage aux victimes, à ceux dont le corps et les droits ont été violés. Nous saluons également le dévouement des professionnels de la santé, des autorités chargées de l'application de la loi, des organisations de la société civile et des décideurs politiques qui travaillent sans relâche pour prévenir et combattre ces crimes.
Réaffirmons notre détermination commune :
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Nul ne devrait, où que ce soit, être contraint ou trompé pour céder une partie de son corps.
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Aucun réseau criminel ne devrait tirer profit de la souffrance humaine.
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Aucun État ne devrait être confronté seul à ce défi.
Ensemble, nous pouvons mettre fin à la propagation du trafic d'organes.
Ensemble, nous pouvons défendre la dignité humaine.
Ensemble, nous pouvons faire en sorte que le corps humain reste hors de portée de l'exploitation criminelle.
