Retour Se souvenir de l’Holocauste des Roms à Auschwitz-Birkenau : L’Europe commémore le 2 août 2026

Crédits photo: Zentralrat Deutscher Sinti und Roma / Jarosław Praszkiewicz

Crédits photo: Zentralrat Deutscher Sinti und Roma / Jarosław Praszkiewicz

Le 2 août 2026, des représentants des institutions européennes, des gouvernements nationaux, des organisations roms et sinti, des survivants de l’Holocauste, des jeunes militants et de la société civile se sont réunis au Mémorial et Musée d’Auschwitz-Birkenau pour honorer la Journée européenne de commémoration de l’Holocauste des Roms. La cérémonie a marqué le 82e anniversaire de la liquidation du soi-disant « camp des familles Tsiganes », au cours duquel environ 4 300 hommes, femmes, enfants et personnes âgées roms et sinti ont été assassinés par les nazis dans la nuit du 2 au 3 août 1944. L’événement a honoré non seulement ces victimes, mais aussi les près de 500 000 Roms et Sinti environ qui ont été persécutés et tués pendant l’Holocauste.

La mémoire doit changer le présent

Un message central de la cérémonie a été délivré par Petra Bayr, présidente de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), qui a participé à la cérémonie avec une délégation officielle. Dans son discours, Bayr a souligné que le souvenir n’a de sens que s’il influence les actions d’aujourd’hui. Tout en honorant les victimes du génocide des Roms et Sinti, elle a mis l’accent sur le fait que ces crimes doivent être commémorés avec la même dignité et reconnaissance que celle accordée à toutes les victimes de persécutions nazies. Elle a également évoqué la discrimination persistante à laquelle sont confrontées les communautés roms et sinti à travers l’Europe dans des domaines tels que le logement, l’éducation, l’emploi et l’accès à la justice. Son message a été résumé dans une déclaration puissante : « La mémoire n’a d’importance que si elle change notre manière d’agir demain. »

Un appel à la vigilance contre la haine

Représentant le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe, Isabelle Berro-Amadeï, ministre des Relations Extérieures et de la Coopération de Monaco, s’est adressée devant l’assemblée à Auschwitz-Birkenau. Elle a soutenu que le devoir de mémoire va au-delà de l’hommage aux victimes et exige une résistance active contre la haine, le racisme, l’antisémitisme, l’antitsiganisme, la discrimination et la normalisation de l’exclusion.

Berro-Amadeï a décrit la mémoire comme l’un des fondements essentiels de la paix et de la vie démocratique en Europe. Elle a réaffirmé l’engagement du Conseil de l’Europe dans l’éducation au sujet de l’Holocauste, la préservation des sites mémoriaux, la lutte contre le déni de l’Holocauste, et le renforcement de la reconnaissance du génocide commis à l’encontre des communautés roms et sinti durant la Seconde Guerre mondiale.

Ses propos reflétaient une préoccupation plus large, exprimée tout au long de la cérémonie : les sociétés démocratiques doivent défendre activement la vérité historique et la dignité humaine dans une époque marquée par une polarisation et une intolérance accrues.

Les voix roms au cœur de la commémoration

Parmi les discours les plus marquants figurait celui de Romani Rose, président du Conseil central des Sinti et Roms Allemands. S’exprimant sur le site de l’ancien camp rom à Auschwitz-Birkenau, Rose a exprimé sa préoccupation quant au fait que de nombreuses leçons de l’histoire demeurent insuffisamment apprises. Il a mis en garde contre la résurgence en Europe de l’antitsiganisme et de l’intolérance et a noté que des violations des droits fondamentaux continuent de se produire dans diverses régions du monde.

Rose a souligné que la mémoire ne peut être détachée des réalités contemporaines. Son intervention a directement lié le génocide historique aux luttes actuelles contre le racisme, l’exclusion et la discrimination, renforçant le message selon lequel la défense des droits des minorités demeure une responsabilité démocratique centrale.

Transmettre la mémoire aux générations futures

Une dimension particulièrement importante de la commémoration de 2026 fut l’implication des jeunes. Parallèlement à la cérémonie officielle, des rencontres ont été organisées entre survivants de l’Holocauste, jeunes roms et sinti, et représentants institutionnels. Ces échanges visaient à garantir que la mémoire du génocide soit transmise aux générations futures alors que le nombre de survivants continue de diminuer.

L’importance de la mobilisation des jeunes a été illustrée par l’intervention Dikh He Na Bister (« Regarde et n’oublie pas »), la plus grande initiative internationale de mémoire portée par les jeunes, dédiée à l’Holocauste des Roms. Organisée par le Réseau international de jeunes Roms ternYpe et ses partenaires, et soutenue par le Conseil de l’Europe, Dikh He Na Bister rassemble chaque année des centaines de jeunes roms et non-roms de toute l’Europe autour de la commémoration du 2 août à Auschwitz-Birkenau. Par le biais d’ateliers éducatifs, de rencontres avec des survivants, d’activités mémorielles, d’ateliers d’expression artistique et de plaidoyers contre le racisme, l’initiative est devenue une pierre angulaire de la mémoire contemporaine de l’Holocauste des Roms. Les institutions européennes l’ont de plus en plus mise en avant comme un exemple de la façon dont la mémoire peut être transformée en citoyenneté active, en participation démocratique et en lutte contre l’antitsiganisme.

Se souvenir du passé, défendre l’avenir

Les commémorations à Auschwitz-Birkenau ont réaffirmé que la mémoire ne consiste pas seulement à préserver le souvenir des victimes, mais aussi à renforcer la résilience démocratique et à protéger les droits humains dans le présent. Alors que le nombre de survivants de l’Holocauste continue de décliner, les initiatives éducatives et mémorielles jouent un rôle de plus en plus important pour garantir que l’histoire de l’Holocauste des Roms demeure partie intégrante de la mémoire collective européenne. Ces efforts sont étroitement alignés sur la Stratégie du Conseil de l’Europe sur l’inclusion des Roms et des Gens du voyage (2026-2030), qui met l’accent sur la lutte contre l’antitsiganisme et la discrimination, le soutien au devoir de mémoire et à la reconnaissance de l’Holocauste des Roms, le renforcement de la participation démocratique, le soutien à l’engagement des jeunes et la création de sociétés plus inclusives.


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Auschwitz-Birkenau, Pologne 2 aout 2026
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