Retour Les femmes peuvent être les architectes de la paix

Une conférence du Conseil de l’Europe appelle à une plus forte participation des femmes à la résolution des conflits et à la consolidation de la paix
Hajar Yagkoubi ouvrant la conférence, consacrée aux moyens d’accroître le rôle des femmes dans l’instauration de la paix

Hajar Yagkoubi ouvrant la conférence, consacrée aux moyens d’accroître le rôle des femmes dans l’instauration de la paix

En dépit de l’abondance de preuves montrant que la participation des femmes renforce la solidité, l’inclusivité et la pérennité des accords de paix, les femmes sont toujours largement sous-représentées dans les négociations de paix et la prise de décision partout dans le monde.

Face à cette situation, des représentant·es de gouvernements, d’organisations internationales, de la société civile et du monde universitaire se sont réunis aujourd’hui à Strasbourg pour examiner les moyens d’éliminer les obstacles qui continuent de limiter la collaboration des femmes aux actions de résolution des conflits, de consolidation de la paix et de reconstruction après un conflit.

Lors de son allocution d’ouverture de la conférence annuelle de la Commission pour l’égalité de genre du Conseil de l’Europe – Les femmes architectes d’une paix durable – le Secrétaire Général du Conseil de l’Europe Alain Berset a souligné les liens entre ce thème et le Nouveau Pacte Démocratique pour l’Europe :

« Tout le monde est perdant quand les femmes sont exclues, partout et dans toutes les composantes de nos démocraties », a-t-il déclaré.

La promotion de l’égalité de genre ne devrait jamais être considérée uniquement comme une question de femmes. C’est une question qui concerne tout le monde, tout comme c’est le cas pour la paix. Et la participation des femmes devrait être assurée à tous les niveaux de la négociation, de la prise de décision et de la consolidation de la paix».

Il ne peut y avoir de paix durable si les femmes en sont exclues

La ministre monégasque des Relations extérieures et de la Coopération, Isabelle Berro-Amadeï, a salué la tenue de la conférence comme un exemple de coopération pour faire progresser l’inclusion :

 « Alors que nous nous réunissons aujourd’hui pour parler de paix, il nous faut rappeler une vérité simple : il ne peut y avoir de paix durable si les femmes en sont exclues », a-t-elle déclaré. « Les faits le montrent clairement : lorsque les femmes participent aux processus de paix, les accords conclus sont plus solides, plus inclusifs et plus durables. Cette réalité devrait suffire à nous convaincre de la nécessité de veiller à ce que les femmes aient toute leur place dans ces processus ».

La conférence, intitulée « Les femmes architectes d’une paix durable : lever les obstacles pour que la résolution des conflits et la consolidation de la paix soient inclusives en matière de genre », a été animée par Hajar Yagkoubi, ancienne Représentante de la jeunesse auprès des Nations Unies pour les Pays-Bas.

Pramila Patten, Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies chargée de la question des violences sexuelles en période de conflit, a prononcé un discours liminaire, tandis que le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Michael O’Flaherty, a présenté son point de vue sur le rôle des femmes dans les processus de paix.

Quels sont les obstacles à la participation des femmes aux processus de paix ?

Les participant·es ont souligné que, bien que les femmes jouent un rôle vital dans la prévention des conflits, le fonctionnement des communautés pendant les crises et la reconstruction des sociétés après la guerre, elles restent largement sous-représentées dans les négociations de paix et les processus décisionnels. Les discussions ont porté sur les moyens d’éliminer les obstacles persistants à la participation des femmes, notamment le sexisme, la discrimination et la violence fondée sur le genre.

Une attention particulière a été accordée à la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine et à l’importance d’intégrer une perspective d’égalité de genre dans les réponses apportées au conflit et les efforts de relance et de reconstruction. Les discussions ont mis en évidence la contribution des femmes ukrainiennes à la résilience des communautés, mais ont aussi attiré l’attention sur l’augmentation des risques de violence sexiste pendant et après les conflits armés.

La conférence a également permis d’examiner comment des facteurs tels que l’âge, le handicap, le niveau de revenu, l’orientation sexuelle et l’identité de genre peuvent affecter la participation aux processus de consolidation de la paix.

Pour supprimer ces obstacles, les participant·es ont insisté sur la nécessité d’assurer la participation des femmes dans toute leur diversité afin de bâtir des sociétés plus inclusives, plus démocratiques et plus résilientes.

Les discussions ont contribué à promouvoir la mise en œuvre de la Recommandation CM/Rec(2010)10 du Comité des Ministres sur le rôle des femmes et des hommes dans la prévention et la résolution des conflits et la consolidation de la paix, et participent à l’action menée au niveau international dans le cadre de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies sur les femmes, la paix et la sécurité.


 En savoir plus sur les actions du Conseil de l'Europe en faveur de l'égalité de genre


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Conseil de l'Europe Strasbourg 9 juin 2026
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