Le Royaume-Uni devrait réduire le recours aux courtes peines d’emprisonnement pour les femmes et investir davantage dans les alternatives non privatives de liberté et les services d’accompagnement, selon le Comité anti-torture du Conseil de l’Europe.
Le Comité européen pour la prévention de la torture (CPT) publie aujourd’hui un rapport à la suite de sa visite effectuée en décembre 2025 dans les prisons d’Eastwood Park et de Styal. L’objectif de cette visite était d’examiner le traitement et les conditions de détention des femmes incarcérées en Angleterre et au pays de Galles.
La nécessité d’une prise en charge sociale et psychiatrique adaptée, tant en prison qu’à l’extérieur
Lors de sa visite, le CPT a constaté qu’un nombre important de femmes effectuaient des peines de courte durée ou avaient été renvoyées en prison, souvent pour des périodes inférieures à un mois.
De telles mesures nécessitent beaucoup de ressources et sont généralement inefficaces, selon le Comité. Ces femmes ont besoin de mesures de réinsertion efficaces et d’une prise en charge sociale et psychiatrique adaptée, tant en prison qu’à l’extérieur. Cela est particulièrement vrai pour les femmes ayant des besoins complexes, pour celles ayant des besoins liés à la santé mentale ou celles exposées au risque de sans abrisme.
Une pénurie de personnel qui affecte la sécurité et les activités
Le CPT a constaté que les conditions de détention étaient globalement acceptables à la prison d’Eastwood Park. À Styal, en revanche, les cellules étaient délabrées et en mauvais état, et des mesures urgentes s’imposaient pour se conformer aux règles de sécurité incendie.
La délégation a constaté, dans les deux établissements pénitentiaires, une grave pénurie de personnel qui nuisait à la sécurité, à la programmation des activités et au bien-être des femmes détenues, entraînant souvent de longues périodes en cellule et un manque de surveillance.
La prise en charge des soins de santé était globalement de bonne qualité, mais la mise en place d’une prise en charge adéquate des soins psychiatriques posait des difficultés majeures. Le CPT souligne que les femmes détenues ayant une maladie mentale aiguë nécessitant une intervention urgente devraient être transférées sans délai dans un établissement de santé mentale adapté.
Quelques bonnes pratiques, mais une formation plus spécialisée est nécessaire
Le Comité a constaté que les unités « mère et bébé » des deux prisons visitées offraient un bon niveau de prise en charge. Il a également salué la pratique en vigueur à la prison de Styal consistant à établir une fiche récapitulative pour chaque femme placée à l’isolement, permettant au personnel de mieux cerner les besoins spécifiques, les facteurs déclencheurs et les interactions positives de chacune d’elles.
De façon générale, le CPT appelle à mettre en place une formation plus spécialisée, adaptée au genre et tenant compte des traumatismes, à l’intention des agents et agentes pénitentiaires travaillant au contact de femmes détenues.
Le rapport publié aujourd’hui est accompagné de la réponse des autorités britanniques.
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