Retour L’Autriche s’engage à protéger les langues minoritaires, mais des défis subsistent, y compris l’accès aux services de l’État et aux médias

Un comité du Conseil de l’Europe souligne les difficultés rencontrées dans le domaine de l’éducation en Styrie et à Vienne
À Vienne, l’enseignement dans les langues minoritaires reste un défi majeur

À Vienne, l’enseignement dans les langues minoritaires reste un défi majeur

Le Conseil de l’Europe se félicite des progrès réalisés par l’Autriche en matière de protection et de promotion des langues régionales ou minoritaires, tout en appelant à la poursuite des efforts dans des domaines tels que l’éducation, l’administration publique et le système judiciaire.

Dans son dernier rapport d’évaluation, le Comité d’Experts de la Charte européenne des Langues régionales ou minoritaires, comité indépendant chargé de suivre la manière dont les États mettent en œuvre leurs engagements au titre de la Charte, note que l’Autriche dispose d’un solide système de protection et de promotion des langues minoritaires et que les autorités et les locuteurs de langues minoritaires entretiennent généralement un bon dialogue.

La Charte est en vigueur en Autriche depuis 2001 et s’applique à six langues : le croate du Burgenland, le tchèque, le hongrois, le romani, le slovaque et le slovène. La dernière évaluation du Comité examine la manière dont l’Autriche met en œuvre ses engagements en matière de protection et de promotion de ces langues dans des domaines allant de l’éducation et de l’administration publique aux tribunaux, aux médias et à la vie culturelle.

Des avancées dans les domaines de l’éducation, des médias et de la législation saluées

Les mesures prises ces dernières années ont donné d’excellents résultats. Parmi elles figurent le soutien à l’éducation préscolaire, un financement fédéral destiné à promouvoir le bilinguisme dans l’administration publique, ainsi que de nouveaux programmes scolaires imposant l’enseignement des langues, des cultures et de l’histoire des six minorités nationales d’Autriche dans les établissements scolaires.

En 2026, pour célébrer le 50e anniversaire de l’adoption de la loi sur les minorités nationales, le Parlement autrichien a mis en place des initiatives visant à améliorer la visibilité des minorités nationales et de leurs langues, notamment une exposition, des événements et des activités dans les écoles. Le Burgenland et la Carinthie ont intensifié leurs efforts pour renforcer la présence des langues minoritaires dans l’éducation, l’administration et la vie publique.

Le rapport présente en détail des exemples concrets encourageants. En Carinthie, 100 formulaires en ligne utilisés par les collectivités locales ont été traduits en slovène, tandis que la Chambre d’agriculture a commencé à proposer des services de conseil dans cette langue. Au Burgenland, le croate du Burgenland et le hongrois sont employés dans une maison de repos et de retraite ouverte en 2023 à Schandorf/Čemba. En outre, la Carinthie et le Burgenland ont lancé une initiative conjointe visant à attirer les jeunes vers les métiers de l’enseignement bilingue.

Les six langues sont représentées dans les médias, en particulier par l’intermédiaire du radiodiffuseur public ORF, mais aussi des journaux, des plateformes en ligne et des réseaux sociaux. La coopération transfrontalière est également très développée, notamment à travers des projets éducatifs et culturels menés avec les pays voisins.

Des disparités régionales persistent dans la protection des langues minoritaires

Malgré cela, il reste d’importants défis à relever.

Le Comité souligne l’absence d’approche structurée et proactive en matière de protection des langues minoritaires en Styrie et, en particulier, à Vienne. L’école Komenský de Vienne, un établissement unique en son genre dispensant un enseignement bilingue en tchèque et en slovaque de la maternelle au lycée, et un modèle auquel aspirent les autres locuteurs de langues minoritaires de Vienne, continue de faire face à des difficultés financières : son avenir à long terme est incertain. Le rapport invite donc les autorités à travailler à une solution à long terme pour l’école Komenský, en étroite concertation avec les locuteurs.

L’éducation est confrontée à une pénurie d’enseignants bilingues ayant suivi une formation adéquate, en particulier au niveau préscolaire, ainsi qu’à un manque de matériel pédagogique. Malgré les progrès accomplis, l’offre médiatique demeure inégale, tandis que des mesures supplémentaires sont nécessaires pour renforcer l’utilisation concrète du croate du Burgenland, du hongrois et du slovène devant les tribunaux et dans l’administration.

Prochaines étapes pour renforcer la protection des langues régionales et minoritaires en Autriche

Le rapport formule plusieurs recommandations prioritaires à l’intention de l’Autriche, notamment le développement d’une politique structurée pour la protection et la promotion de toutes les langues minoritaires, notamment à Vienne et en Styrie ; la mise à disposition d’un nombre suffisant d’enseignant·es formé·es capables d’assurer des enseignements en/des langues minoritaires ; le renforcement de l’usage du croate du Burgenland, du hongrois et du slovène auprès des autorités publiques ; ainsi que la sensibilisation de l’ensemble de la population autrichienne aux langues et cultures minoritaires, considérées comme une composante à part entière du patrimoine culturel du pays.


 Le travail du Conseil de l'Europe concernant les minorités

Conseil de l'Europe Strasbourg 16 Septembre 2026
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