Des données fiables et sensibles au genre sont essentielles pour comprendre les obstacles auxquels les femmes sont confrontées dans l’accès à la justice. Afin de réfléchir aux moyens d’améliorer ces données, des représentant·es des autorités, des institutions judiciaires et statistiques, ainsi que de la société civile de la République de Moldova, se sont réuni·es lors d’une table ronde à Chisinau.
La réunion a permis de porter au niveau national les travaux régionaux sur la collecte de données judiciaires sensibles au genre, en s’appuyant sur des échanges initiés avec les parties prenantes du Partenariat oriental. Les participant·es ont examiné les « Lignes directrices sur la collecte de données judiciaires sensibles au genre » (lignes directrices sur les pratiques de collecte de données relatives à l’accès des femmes à la justice) — élaborées dans le cadre de l’évaluation régionale de l’accès des femmes à la justice — et ont réfléchi à la manière dont leurs principes pourraient être appliqués dans le contexte moldave.
« Combler les lacunes en matière de données ventilées par sexe ne consiste pas seulement à améliorer les statistiques. Il s’agit de rendre visibles les expériences des femmes. Il s’agit de veiller à ce que les réformes de la justice reposent sur des données probantes qui tiennent compte des comportements. Et il s’agit d’aider les institutions à mieux assumer leur responsabilité de garantir un accès égal à la justice pour toutes et tous », a déclaré Natalia Voutova, cheffe du Bureau du Conseil de l’Europe à Chisinau.
L’une des priorités identifiées a consisté à aller au-delà des statistiques officielles pour appréhender le vécu réel des femmes au sein du système judiciaire. Les questionnaires de satisfaction des usagères, les enquêtes sur les besoins juridiques et auprès de la population, ainsi que les travaux de recherche menés par des organisations de la société civile, pourraient contribuer à mettre en lumière les obstacles auxquels les femmes sont confrontées lorsqu’elles cherchent à accéder à la justice. Par ailleurs, des formations portant sur la qualité des données, l’analyse statistique et la protection des données — accompagnées d’une amélioration des rapports et des tableaux de bord — ont été identifiées comme des leviers permettant de transformer les données existantes en politiques et services mieux étayés.
La table ronde a jeté les bases d’une coopération suivie avec des partenaires de la République de Moldova. Dans l’immédiat, faire le point sur les indicateurs existants et les responsabilités institutionnelles permettrait d’éviter les doubles emplois et de constituer une base solide pour la poursuite des travaux.
L’événement a été organisé dans le cadre du programme conjoint de l’Union européenne et du Conseil de l’Europe « Partenariat pour la bonne gouvernance », cofinancé par l’Union européenne et le Conseil de l’Europe, et mis en œuvre par le Conseil de l’Europe, dans le cadre du projet régional « Accès des femmes à la justice : mise en œuvre des normes du Conseil de l’Europe en matière d’égalité de genre et de lutte contre la violence à l’égard des femmes ».


