La Türkiye a accompli des progrès dans un certain nombre de domaines ces dernières années, mais des questions demeurent préoccupantes, selon le dernier rapport de la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI), publié aujourd’hui.
Le rapport souligne plusieurs développements positifs depuis 2016, notamment la création de l’Institution des droits humains et de l’égalité de Türkiye (HREIT), les efforts pour offrir aux membres des forces de l’ordre des formations sur les crimes de haine et les mesures visant à fournir une assistance essentielle – y compris l’éducation – à un très grand nombre de personnes en quête de protection internationale.
Parmi les mesures spécifiques saluées par le rapport figurent la répression de messages insultants et préjudiciables publiés sur les réseaux sociaux contre des étudiantes et étudiants africains et un exercice de cartographie de la concentration des élèves roms dans les quartiers défavorisés.
Malgré les progrès accomplis, l’ECRI note que certains points sont préoccupants.
Ainsi, le mandat et l’indépendance de la HREIT présente des lacunes et les cours obligatoires d’instruction religieuse entraveraient l’éducation inclusive.
L’ECRI signale également qu’aucune mesure n’a été prise pour adopter et mettre en œuvre un plan d’action pour les personnes LGBT en Türkiye et que, selon les ONG, il n’existe pas de structure officielle de dialogue entre les autorités et les groupes LGBTI.
D’après le rapport, la discrimination et l’intolérance à l’égard de certaines minorités religieuses et ethniques demeurent problématiques et le discours de haine visant ces groupes est fréquent dans les médias. Le pays connaît également un grave problème de violence raciste et anti-LGBTI et beaucoup de membres de la communauté rom se heurtent toujours à de grandes difficultés.
En outre, les collectivités locales ne reçoivent pas de crédits du gouvernement en fonction du nombre de bénéficiaires de la protection internationale résidant sur leur territoire. Cette situation pèse lourdement sur les budgets locaux et crée des disparités entre les municipalités pour ce qui est des services qu’elles offrent.
Le rapport, qui a été publié aujourd’hui avec le point de vue des autorités, comprend un certain nombre de recommandations et de demandes d’action, dont deux feront l’objet d’un suivi par l’ECRI dans un délai de deux ans.
Le rapport est disponible en version turque.

