Retour Le Président de l’ECRI Bertil Cottier rappelle l’importance de la mission et de l’indépendance de l’organisme de lutte contre le racisme du Conseil de l’Europe et met en garde contre les éventuelles pratiques de profilage racial

Bertil Cottier, Président de l’ECRI

Bertil Cottier, Président de l’ECRI

Le Président de la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI), Bertil Cottier, a tenu un échange de vues avec le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe lors de la 1541e réunion des Délégués des Ministres le 22 octobre 2025 à Strasbourg. Il a rappelé l’importance de la mission de l’ECRI et du respect de son indépendance et de sa nature. Il a saisi l’occasion pour faire part des préoccupations de l’ECRI quant au développement d’éventuelles pratiques de profilage racial dans le cadre de l’action policière.

En référence à la Convention européenne des droits de l’homme, dont le Conseil de l’Europe fête les 75 ans le 4 novembre cette année, il a souligné que lorsque les États membres mettent en œuvre les recommandations de l’ECRI, ils travaillent en amont au respect de la Convention, peuvent éviter d’éventuelles condamnations par la Cour européenne des droits de l’homme et peuvent permettre une exécution plus rapide des arrêts les concernant dans les domaines relevant du mandat de l’ECRI.

Il a également évoqué la sensibilité de nombreux sujets qu’abordent l’ECRI dans le cadre de sa mission, en pointant les risques de manipulations conduisant à remettre en question, de manière délibérée ou non, non pas ce que l’ECRI dit réellement, mais ce qu’elle fait, c’est-à-dire sa mission, et celles et ceux qui la composent, c’est-à-dire des experts indépendants et impartiaux.

M. Cottier a aussi rappelé que la nature de l’ECRI n’est ni d’enquêter, ni de condamner, mais d’observer, d’écouter et de vérifier d’une part et de dialoguer et conseiller d’autre part, en offrant ainsi un précieux « regard extérieur » sur la situation et l’action gouvernementale dans chaque pays.

Dans le cadre du rapport annuel publié le 28 mai dernier, il a fait part des préoccupations de l’ECRI quant à la quantité de témoignages, de rapports, d’études et d’autres informations qui pointent vers d’éventuelles pratiques de profilage racial par des membres des forces de l’ordre et qui ont été portés à l’attention de la commission dans un bon nombre de pays. Outre le fait que toute pratique de ce type est discriminatoire, génère des sentiments d’injustice parmi les victimes et nuit à l’action policière, il a estimé qu’il est indispensable d’examiner la question car les forces de l’ordre sont également en première ligne dans la conduite des enquêtes sur les crimes de haine racistes and LGBTIphobes et que, à ce titre, elles doivent bénéficier de la confiance non seulement de la majorité de la population mais également des éléments de la société qui sont en situation de vulnérabilité.

Enfin, il a attiré l’attention sur d’autres défis observés par l’ECRI : la lutte contre la ségrégation scolaire des enfants roms, la lutte contre la transphobie et la promotion de l’égalité pour les personnes transgenres et intersexes, ainsi que le renforcement des organismes de promotion de l’égalité à travers l’Europe.

Strasbourg 24 octobre 2025
  • Diminuer la taille du texte
  • Augmenter la taille du texte
  • Imprimer la page
Entretien

 

accès restreint

 Accès membres

 Réinitialisation du mot de passe (expiration tous les 6 mois)

e-news