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Reconstruire la « Silicon Valley » du XVIIIe siècle : une approche numérique de la révolution industrielle à Newcastle

Left: Catherine Miller in the institute's Wood Memorial Hall; Top right: The Mining Institute Neville Hall in Newcastle when it opened in 1872; Bottom right: how the Mining Institute Neville Hall would look after restoration (Photo: Clouston Group and EYELEVEL Creative)

Left: Catherine Miller in the institute's Wood Memorial Hall; Top right: The Mining Institute Neville Hall in Newcastle when it opened in 1872; Bottom right: how the Mining Institute Neville Hall would look after restoration (Photo: Clouston Group and EYELEVEL Creative)

Newcastle au XVIIIe siècle : L’industrie lourde prospère, les habitants des zones rurales affluent dans la ville à la recherche d’un emploi, d’un logement et d’une nouvelle vie. Nombre d’entre eux ont peur des nouvelles techniques et du bouleversement social qu’elles annoncent. Ils sont désorientés, quelque peu réfractaires au changement, tout en se réjouissant du nouvel espoir qu’il fait naître en eux.

C’est ainsi que commença la première révolution industrielle à Newcastle, transformant la ville en une Mecque du génie mécanique et minier. Tout au long des XVIIIe et XIXe siècles, la ville connut une croissance impressionnante, les nouvelles techniques attirant une main-d’œuvre venue de tous les coins du pays et créant les conditions requises pour un nouveau développement scientifique, économique et industriel. Selon John Tomaney, Directeur du « Centre for Urban and Regional Development Studies » (Centre d’études sur l’aménagement urbain et régional) de l’Université de Newcastle, il a fallu attendre l’avènement de la « Silicon Valley » pour voir un tel concentré d’innovations d’ampleur mondiale en un seul lieu sur une courte période.

Grâce à l’Institut de génie mécanique et minier du Nord de l’Angleterre qui jouait un rôle moteur dans le soutien au développement de nouveaux savoir‑faire et travaux scientifiques, la ville prit une place prépondérante dans la formation et la diffusion ultérieure des connaissances en matière d’ingénierie dans le monde entier. Toutefois, le déclin de ces activités au XXe siècle entraîna la marginalisation de l’Institut et du développement industriel de la ville. Alors que la nouvelle grande révolution s’installe dans la ville, l’héritage de cette période est sur le point d’être recréé grâce à un nouveau projet de numérisation.

Soutenue par le Fonds de la loterie pour le patrimoine, la reconstruction de l’Institut de génie mécanique et minier du Nord de l’Angleterre, chiffrée à 4,7 millions de livres, vise à donner un nouveau souffle au passé industriel de Newcastle. Annoncé en novembre dernier, le projet vise à préserver le patrimoine industriel de l’Institut en reconstruisant son bâtiment et en numérisant ses très riches collections qui constituent une vaste source d’informations pour la recherche sur la révolution industrielle. Compte tenu du rôle joué par la ville dans cette évolution mondiale, ces collections numérisées ouvriront des perspectives éclairantes sur les débuts et le déroulement de la révolution majeure que l’Angleterre a connue avant la modernisation numérique du XXe siècle.

Vivre à une époque de grandes innovations peut s’avérer à la fois excitant et frustrant étant donné les nombreux bouleversements économiques et sociaux qui changent le cours de l’histoire. La ville de Newcastle du XVIIIe siècle a donc beaucoup de points communs avec les métropoles d’aujourd’hui qui sont devenues des centres européens et mondiaux d’innovations technologiques. C’est pourquoi le projet de reconstruction de l’Institut des mines a une grande valeur à la fois pour la ville de Newcastle et le monde immergés à présent dans une toute autre révolution.