- Comprend les crimes de haine comme une catégorie d’infractions pénales impliquant la haine, le biais ou les préjugés liés aux caractéristiques ou au statut personnel (réels ou perçus) de la victime.
- Fournit des orientations aux gouvernements et aux parties prenantes concernées pour élaborer et mettre en œuvre des politiques, stratégies et plans d’action globaux visant à prévenir et à combattre les crimes de haine.
- Souligne l’importance d’adopter une approche holistique, multidimensionnelle et intersectionnelle afin d’assurer aux personnes victimes de crimes de haine une protection, un soutien et un accès effectif à la justice adéquats.
- Reconnaît que les crimes de haine peuvent résulter de l’escalade des discours de haine.
Crimes de haine

Les crimes de haine menacent la sécurité des personnes et des groupes qui en sont la cible et portent atteinte à leurs droits humains fondamentaux. En même temps, ils sapent l’égalité et la dignité humaine, détruisent la stabilité et la paix sociales, menaçant ainsi les fondements mêmes des sociétés démocratiques. Le crime de haine est un phénomène complexe à combattre. Il ne dispose pas d’une définition juridiquement contraignante reconnue au niveau international et il est sous-déclaré par les victimes. Il est donc essentiel de prévenir et de combattre les crimes de haine dans le cadre des droits humains, de la démocratie et de l’État de droit.
La Recommandation CM/Rec(2024)4 du Conseil de l’Europe sur la lutte contre les crimes de haine définit les mesures à prendre pour prévenir et combattre ces crimes. Elle invite les institutions des États membres et les principaux acteurs concernés à coopérer et à se coordonner efficacement entre eux ainsi qu’avec les organisations de la société civile, afin de prévenir et de traiter les crimes de haine de manière efficace, dans le cadre des droits humains, de la démocratie et de l’État de droit.
La nouvelle recommandation sur la lutte contre les crimes de haine :
Que faut-il faire ?
- Adopter des dispositions efficaces, proportionnées et dissuasives en droit pénal, ainsi que des politiques, des lignes directrices et d’autres mesures globales pour prévenir et combattre les crimes de haine.
- Créer les circonstances pour encourager le signalement des crimes de haine en :
- Fournissant aux victimes de crimes de haine un soutien efficace, adapté aux traumatismes, tout au long du processus de justice pénale - y compris par des services linguistiques et une assistance juridique, médicale et psychologique ;
- Créant des plateformes sûres et efficaces, y compris des dispositifs de signalement anynome et en ligne, ainsi que des lignes d’assistance téléponique d’urgence ;
- Encourageant la coopération et la coordination entre les autres organes de la justice pénale entre eux et avec les organisations de la société civile.
- Comprendre et traiter correctement les crimes de haine et le sous-signalement par :
- La collecte des données anonymisées et ventilées ;
- La réalisation régulière des enquêtes, y compris des enquêtes de victimisation ;
- L’analyse et la révision régulière de ces données afin d’améliorer les stratégies.
- Préparer et mettre en oeuvre des stratégies efficaces et identifier et traiter les causes des crimes de haine.
- Collaborer avec les parties prenantes concernées, telles que les intermédiaires de l’internet, les fonctionnaires, les organes élus, les partis politiques, les organisations de la société civile et les médias.
- Promouvoir une culture de l’inclusion et des droits humains à travers des systèmes éducatifs qui encouragent le respect mutuel et l’égalité.
Lire la recommandation
- Version résumée de la recommandation sur la lutte contre les crime de haine
- Pour consulter la recommandation dans d’autres langues ou accéder à une version résumée, veuillez visiter Publications - CDADI
Le crime de haine est une infraction pénale commise avec un élément de haine basé sur une ou plusieurs caractéristiques personnelles ou un statut réel ou perçu.
Les crimes de haine menacent la sécurité des individus et des groupes qui en sont la cible et violent leurs droits fondamentaux. Dans le même temps, il porte atteinte à l'égalité et à la dignité humaine et détruit la stabilité sociale et la paix, menaçant ainsi le fondement même des sociétés démocratiques. Les crimes de haine ne sont pas suffisamment signalés par les victimes et il s'agit d'un phénomène complexe à combattre.
Par la Recommandation CM/Rec(2024)4, les États membres du Conseil de l'Europe se sont mis d'accord sur la définition suivante du terme « crime de haine » :
a. Le terme « haine » inclut les préjugés, les préventions ou le mépris ;
b. Les « caractéristiques ou statuts personnels » comprennent, sans s'y limiter, la « race »[1], la couleur, la langue, la religion, la nationalité, l'origine nationale ou ethnique, l'âge, le handicap, le sexe, le genre, l'orientation sexuelle, l'identité et l'expression de genre, et les caractéristiques sexuelles.
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[1] Tous les êtres humains appartenant à la même espèce, le Comité des Ministres rejette, comme le fait l’ECRI, les théories fondées sur l’existence de différentes « races ». Toutefois, dans le présent document, le terme «race» est employé pour éviter que les personnes qui sont généralement et de manière erronée perçues comme appartenant à une «autre race» ne soient exclues de la protection prévue par la législation et de la mise en œuvre des politiques visant à prévenir et à combattre les crimes de haine.
Pourquoi cette définition ?
L’objectif principal de cette définition large est de permettre aux États membres de poursuivre et de condamner plus efficacement les crimes de haine.
La définition reflète la compréhension commune selon laquelle les crimes de haine constituent une catégorie d’infractions pénales impliquant la haine, les préjugés ou la partialité à l’égard des caractéristiques personnelles ou du statut (réel ou perçu) de la victime. L’« élément de haine » est un terme générique utilisé afin d’assurer la compatibilité avec une variété de traditions juridiques différentes. De plus, la définition englobe, tout en étant plus large, la « motivation par préjugé », terme utilisé jusqu’à présent par un nombre significatif d’organisations et d’États membres comme cadre opérationnel pour les crimes de haine.
- Cette définition large est conçue pour surmonter la difficulté spécifique liée à la preuve de facteurs internes à l’auteur dans le droit pénal. La preuve d’une motivation par préjugé présente exactement cette difficulté, puisque l’état d’esprit d’un auteur de crime de haine est souvent inconnu et doit parfois être déduit, soit par des déclarations explicites attestant de la présence d’un sentiment, soit contextuellement à travers d’autres indicateurs de haine, tels que la nature, le moment, l’objet, le but du message associé et le sens attaché à la commission de l’infraction. Ces éléments sont parfois appelés « indicateurs de préjugé », suggérant que les actes de l’auteur ont été motivés, en tout ou en partie, par une forme quelconque de préjugé. Avec la définition ci-dessus, la preuve d’une motivation interne n’est plus nécessairement requise, mais la preuve d’autres éléments objectifs de haine par le biais d’indicateurs de haine plus larges suffit à obtenir la condamnation de l’auteur.
- Cette définition est également conçue pour être compatible avec la diversité des définitions de crime de haine dans les États membres du Conseil de l’Europe et avec les différents modèles législatifs utilisés, notamment les modèles « animus » et « sélection discriminatoire » de crime de haine. Le modèle « animus » utilise la preuve d’une motivation par préjugé ou par haine comme critère juridique. En revanche, le modèle de sélection discriminatoire (ou « sélection de groupe ») exige que l’auteur ait intentionnellement choisi sa victime au sein du groupe protégé, mais il n’est pas nécessaire d’établir formellement la preuve de préjugé, de partialité, d’hostilité ou de haine pour qu’une condamnation soit prononcée. Ainsi, le terme « élément de haine » garantit que la législation sur les crimes de haine fondée sur le modèle animus ainsi que celle fondée sur le modèle de sélection discriminatoire sont couvertes et évite toute ambiguïté dans la recommandation.
- Enfin, la Recommandation CM/Rec(2022)16 sur la lutte contre le discours de haine reconnaît que certaines catégories de discours de haine, qui constituent les expressions les plus graves de la haine, doivent être pénalement sanctionnées. Elles constituent des crimes de haine, car elles sont couvertes par la définition de crime de haine de la CM/Rec(2024)4. Les catégories de discours de haine devant être pénalement sanctionnées, telles que précisées au paragraphe 11 de la CM/Rec(2022)16, sont les suivantes :
Les États membres devraient préciser et définir clairement dans leur droit pénal national quelles expressions de discours de haine sont passibles de responsabilité pénale, telles que :
a. l’incitation publique à commettre un génocide, des crimes contre l’humanité ou des crimes de guerre ;
b. l’incitation publique à la haine, à la violence ou à la discrimination ;
c. les menaces racistes, xénophobes, sexistes et LGBTI-phobes ;
d. les injures publiques racistes, xénophobes, sexistes et LGBTI-phobes, dans des conditions telles que celles spécifiquement prévues pour les injures en ligne dans le Protocole additionnel à la Convention sur la cybercriminalité relatif à la criminalisation d’actes de nature raciste et xénophobe commis par le biais de systèmes informatiques (STE n° 189) ;
e. le déni public, la banalisation ou la justification d’un génocide, de crimes contre l’humanité ou de crimes de guerre ; et
f. la diffusion intentionnelle de matériel contenant de telles expressions de discours de haine (énumérées aux points a à e ci-dessus), y compris des idées fondées sur la supériorité ou la haine raciale.
Dans ce contexte, l’« élément de haine » constitue souvent un élément constitutif et opérationnel de l’infraction, par exemple dans le cas de l’incitation à la haine ou du négationnisme. Une « motivation par préjugé » n’est pas nécessairement un élément de l’infraction. La définition plus large de « l’élément de haine » permet ainsi d’assurer la cohérence entre ces deux recommandations, conformément à la volonté d’adopter une approche globale de lutte contre la haine.
Dans l’ensemble, la définition vise à faciliter la poursuite des crimes de haine et à améliorer le taux de condamnation en offrant aux États membres la possibilité de fonder la pénalisation des crimes de haine sur un large éventail d’éléments de haine, sans se limiter à la preuve de motivation. Cela est important pour surmonter les difficultés liées à la lutte contre les crimes de haine à plusieurs étapes du processus, y compris dans l’enquête, les poursuites et la condamnation, mais aussi en ce qui concerne la sous-déclaration par les victimes et la collecte et le suivi des données. Permettre aux États membres, grâce à cette définition plus large, de poursuivre plus efficacement les crimes de haine est particulièrement important, car les crimes de haine menacent non seulement la sécurité des individus et des groupes ciblés et violent leurs droits humains fondamentaux, mais ils compromettent également l’égalité et la dignité humaine et détruisent la stabilité sociale et la paix, mettant ainsi en danger les fondements mêmes des sociétés démocratiques.
Le CDADI a mis en place un groupe de travail (GT-ADI-HS/CH) chargé de préparer des livrables relatifs à la mise en œuvre de la Recommandation CM/Rec(2022)16 sur la lutte contre les discours de haine et de la Recommandation CM/Rec(2024)4 sur la lutte contre les crimes de haine.
Au cours de son mandat actuel (2024-2027), le CDADI a élaboré une compilation des ressources existantes pour la mise en œuvre de la Recommandation CM/Rec(2024)4, la base de données en ligne de ressources sur les crimes de haine.
- Recommandation CM/Rec(2022)16 du Comité des Ministres aux États membres sur la lutte contre le discours de haine et Exposé des motifs
Pour d'autres versions linguistiques de la recommandation et pour consulter une version résumée, veuillez visiter la page d'information sur la recommandation relative à la lutte contre le discours de haine - Version résumée de la recommandation sur la lutte contre les crimes de haine
- La Liberté d’Expression
- Commission européenne contre le racisme et l'intolérance
- Mouvement contre les discours de haine
- Combattre le discours de haine sexiste
- Mise à jour des cours en ligne HELP du Conseil de l'Europe sur les crimes motivés par la haine (haineux) et le discours de haine (en anglais)
