Organisations non gouvernementales

FORUM des ONG
« Nouveaux défis multiculturels : quels rôles pour les ONG ? »
Istanbul, 24-25 mars 2011

Rapport de l’atelier 1

Liberté d’expression et liberté de pensée, de conscience et de religion : Le rôle de la société civile dans le contexte des sociétés multiculturelles

Je ne peux pas rendre compte de l’ensemble des débats de l’atelier. Il est certain que des points n’ont pas pu être approfondis et que des divergences et des convergences ont été énoncées. Je vais me centrer sur le rôle des ONG et de la société civile.

Nous avons identifié deux types d’ONG. Celles qui agissent sur le terrain, au plus près des communautés, des personnes, des groupes. Et celles qui agissent avec la volonté de fournir des informations et d’influencer les politiques publiques. Ces dernières se rapprochent de l’action de plaidoyer, de lobbying, d’advocacy. Il y a également des ONG qui assument les deux niveaux.

Nous avons défini ce que nous voulions atteindre en tant qu’ONG :

    · D’abord permettre la compréhension et le respect de chacun. Travailler donc sur plus de tolérance.
    · Favoriser le vivre ensemble (sans croire que chacun dispose de la vérité absolue).
    · Permettre des rencontres pour évacuer les peurs de l’autre.
    · Nous pensons également que les ONG ont une responsabilité politique, au sens le plus noble du terme. Elles doivent assurer un rôle de veille, de surveillance. Elles doivent rendre public les disfonctionnements, les atteintes aux libertés.

Deux mots ont caractérisé ce que nous sommes et ce que nous voulons être et faire : ETHIQUE ET DIGNITE.

Pour finir je dois évoquer deux points que nous avons soulevés :

+ L’indépendance des ONG
+ Le financement des ONG

Nous avons ensuite fait des propositions concrètes allant du court terme au long terme dans 5 dimensions : la législation, les actions communes et les débats, la formation, l’éducation, la communication ; cette dernière dimension étant plus transversale.

Concernant la LEGISLATION, nous avons pensé qu’il faut renforcer la criminalisation des actes de racisme et d’exclusion des autres (la discussion est à poursuivre, car des points divergents sont apparus sur l’islamophobie et d’autres actes de racisme et de discrimination). Cela dit, l’idée centrale est de rendre visible les actes contre l’autre en raisons de différents facteurs. La non discrimination apparaît comme le terme le plus consensuel. Il faut à ce propos se rapprocher du code de bonnes pratiques du Conseil de l’Europe.

Concernant les ACTIONS COMMUNES ET LES DÉBATS, de nombreux exemples ont été donnés :

    · Université d’été au Kosovo réunissant des étudiants de tous les Balkans et d’ailleurs (connaissance culturelle)
    · Reconstruction d’une mosquée en Bosnie-Herzégovine par des jeunes de toute l’Europe et de toutes confessions ou pensées ; avec un travail d’ateliers, de discussions, de réflexions avec les parents du village.
    · Un site internet pour les éducateurs sur les attitudes à avoir face à des différences religieuses ou culturelles. Laïcité à usage des éducateurs. (France).
    · Media against racism in sport (Italie)
    · Des propositions ont aussi été envisagées comme de décerner un label aux organisations qui encouragent la diversité que ce soient des entreprises ou des associations. Un tel projet existe en Suède et s’appelle RESPECT.
    · Faire des traductions d’articles et de livres de la culture de l’autre. Mais pas des ouvrages de littérature seulement ; ceux qui représentent plus la vie ordinaire.

Pour ce qui est de la FORMATION, nous pensons qu’il est nécessaire d’inscrire dans les formations de professionnels essentiels tels qu’enseignants, journalistes, avocats, politiques, … des modules de formation sur les relations interculturelles. Mais ces modules doivent être dans la formation initiale, pas comme des propositions optionnelles.

Concernant l’ÉDUCATION, nous pensons que les échanges entre enfants et jeunes ne doivent pas seulement être l’apanage de l’université, mais démarrer à l’école primaire ou secondaire. Ainsi les parents sont également impliqués. Il faut multiplier les activités de connaissance de l’autre par l’apprentissage de l’histoire des cultures, l’histoire des religions.

Enfin pour la COMMUNICATION il faut agir en direction des médias pour que leur discours soit moins stéréotypé. Mais on peut aussi travailler sur l’éducation aux médias ou sur les médias communautaires (télévisions locales, radios locales, communautaires).

On peut même rêver de construire au niveau européen une radio Web « OING Radio », financée par le Conseil de l’Europe.

La communication doit s’exercer aussi en direction des politiques. Pour qu’ils fassent attention au sens de leurs paroles, de leurs actes. Divers exemples ont été donnés en Europe mais aussi par notre collègue égyptienne. Les ONG doivent créer collectivement une stratégie de communication en direction des politiques.

Pour terminer, il faut rappeler que dans ce souci de rendre visible, d’établir des ponts, toutes les expériences, les bonnes pratiques, les exemples peuvent être transmis au groupe transversal pour la mise en place du toolkit prévu.

J’espère ne rien avoir oublié. Merci pour votre écoute.

Rapporteur
David LOPEZ (Forum Civique Européen)