Carina Hägg, membre de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe et vice-présidente de la sous-commission sur la participation paritaire des femmes et des hommes à la prise de décision, est membre du Parlement suédois et (selon ses propres termes) entretient une relation particulière avec l’Afghanistan. Elle déclare avoir parcouru ce pays pour tenter de comprendre pourquoi des femmes portent la burqa. Mme Hägg part du principe que, dans toute société, chacun devrait avoir le droit de porter les vêtements qu’il veut. Ce qu’elle craint surtout, c’est que l’interdiction de la burqa par une loi prive les femmes qui la portent de toute possibilité de participer à la vie sociale. De plus, il faut tenir compte du fait que la burqa est une tradition et que la plupart des femmes ont elles-mêmes choisi de la porter. Selon Mme Hägg, si la burqa ne doit pas être interdite, il n’est pas acceptable non plus que des femmes soient menacées parce qu’elles ne la portent pas. L’oratrice ajoute que la burqa est comparable à certaines traditions européennes selon lesquelles les femmes de la campagne portent généralement un foulard.

Nursuna Memecan, membre de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, rapporteur de la commission sur l’égalité des chances pour les femmes et les hommes, qui est membre du Parlement turc et appartient à un parti libéral et démocratique, déclare que la femme devrait être aussi libre que n’importe quel autre être humain. Mme Memecan est opposée à l’interdiction de la burqa car elle estime qu’il ne faudrait pas empêcher les gens de s’habiller comme ils l’entendent. De plus, si les nationaux veulent que leurs choix soient respectés, ils doivent aussi respecter les choix des étrangers. Mme Memecan ajoute que, plus on a confiance en soi, plus on peut faire de choix. L’interdiction de la burqa marquerait un retour à l’autoritarisme. En outre, cette interdiction ne pénaliserait pas les maris qui obligent leur femme à porter la burqa, mais bien les femmes elles-mêmes, qui ne pourraient pratiquement plus sortir de chez elles. Mme Memecan déclare ne pas comprendre pourquoi les femmes devraient dissimuler leur chevelure, mais elle estime que personne n’a le droit d’imposer à autrui une manière de s’habiller. Depuis que la burqa fait l’objet d’un débat politique, les femmes qui la portent ont peur de participer à la vie sociale. Cela paraît inacceptable à Mme Memecan, qui souhaiterait que ces femmes se sentent accueillies dans les sociétés européennes. Il faudrait développer les relations avec ces femmes pour pouvoir mieux les aider. En bref, il s’agit de sanctionner l’oppression des femmes et de donner aux femmes des moyens d’agir au lieu de les exclure de la société.