La Conférence des OING du Conseil de l’Europe
CONF/PRES/SPEECH(2011)4

Intervention du Président de la Conférence des OING du Conseil de l'Europe, Jean-Marie Heydt, à la 121e session du Comité des Ministres, Istanbul, 10-11 mai 2011

Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire général,
Mesdames et Messieurs les Ministres, Excellences,

L’occasion qui m’est donnée de m’exprimer devant vous au nom de la Conférence des OING, représente une triple satisfaction ;

Vous comprendrez dès lors, que nos espoirs à l’égard des présidences futures mettent la barre relativement haute, car ce qui a pu être réalisé par les dernières présidences est sans nul doute de très grande importance, mais il reste encore de grands chantiers à réaliser.

C’est pourquoi, nous accueillons avec beaucoup d’intérêt les priorités fixées par la Présidence ukrainienne, notamment l’attention particulière et urgente qui sera donnée à la protection des droits de l’enfant. En effet, ce n’est peut-être qu’évidence de dire que l’enfant est la société de demain. Mais mon métier d’origine, celui de pédagogue et d’universitaire en sciences de l’éducation me fait dire à quel point ce que nous offrons, ou faisons subir, aujourd’hui à nos enfants, en termes d’éducation, en termes d’environnement de vie (y compris l’impact de la violence qui peut lui être faite), en termes de références sociales et humaines, tout cela sera gravé dans son corps, dans son conscient et dans son inconscient et fera de lui la femme ou l’homme qui demain décidera de la vie en société. Là, Mesdames et Messieurs les Ministres, nous n’avons pas droit à l’erreur !

La seconde des priorités annoncées, celle de la prévention de la violation des droits de l’homme nécessite urgemment la mise en œuvre effective des mesures préventives. Pour exemple, il n’est plus admissible que la personne handicapée soit également handicapée dans ses droits, dans ses possibilités de vie en société. Enfin, nous nous félicitons du choix visant à renforcer le mandat et les capacités des organisations des droits de l’homme, car nous sommes confrontés trop souvent au fait que certains de nos collègues, défenseurs des droits de l’homme, fassent encore l’objet de mesures de rétorsion voire d’incarcérations arbitraires.

En ce qui concerne le renforcement et le développement de la démocratie locale, nous considérons qu’elle représente l’échelon le plus adapté à l’évolution de la vie en société. C’est pourquoi, nous proposons d’apporter notre contribution, notamment par la connaissance et la mise en œuvre possible du Code de bonne pratique pour la participation civile au processus décisionnel, présenté lors du Forum pour l’avenir de la démocratie à Kiev en 2009, puis traduit dans une quinzaine de langues européennes par le soin d’ONG.

Enfin, vous rappelez à quel point les orientations définies lors du Sommet de Varsovie en 2005 sont constituantes de la mission principale du Conseil de l’Europe. Nous ne pouvons que souscrire à cette affirmation et volonté d’œuvrer dans ce sens. C’est avec cette même détermination que nous avons conduit nos propres travaux de réforme de la Conférence des OING. Elle s’inscrit dans le cadre général de la réforme de l’Organisation. Nous aurons l’occasion d’en échanger prochainement, lors de cette présidence, mais d’ores et déjà je tenais à dire que son évolution récente s’est réalisée dans un esprit constructif et coopératif avec l’équipe de M. le Secrétaire général.

Pour conclure mon propos, je voudrais insister sur le fait qu’on ne pourra réaliser un développement des processus européens modernes, sans une participation active de celles et ceux qui sont directement les bénéficiaires des politiques mises en place. C’est la raison pour laquelle, si l’on veut impulser une dynamique de reconnaissance mutuelle, de coopération locale dans la perspective d’une société inclusive, les réseaux locaux de la société civile organisée dispose d’outils diversifiés et de pratiques avérées pour contribuer et faciliter le possible « vivre ensemble ».

Je vous remercie pour votre attention.