Organisations non gouvernementales

NGO FORUM
« Nouveaux défis multiculturels : quells roles pour les ONG ? »
Istanbul, 24-25 mars 2011

Rapport de l’atelier 2

« L’identité et l’autre : le role de l’éducation interculturelle »

Contexte de l’atelier

Le Livre Blanc sur le Dialogue interculturel, "Vivre ensemble dans l’égale dignité" est une source d’une grande richesse pour l’éducation l’interculturelle, bien que les défis des sociétés européennes multiculturelles du 21éme siècle nous demandent plus de finesse dans la perception des objectifs de l’éducation européenne. Un des buts de l’atelier était de faire des propositions concrètes et pratiques qui faciliteraient le vivre ensemble dans le respect de l’autre en s’engageant dans la rencontre entre personnes de différentes origines culturelles. Si nécessaire, nous aurions à gérer les conflits interculturels sans avoir recours à la violence, en s’engageant ensemble dans le dialogue et l’éducation interactive. L’idée est de faciliter la coopération et la rencontre entre (jeunes) européens.

Evidemment les ONG nationales et internationales, qui travaillent dans l’éducation formelle et informelle, ont un rôle fondamental en favorisant le dialogue. De plus, l’éducation interculturelle est un développement naturel de leur engagement.

L’objectif principal était qu’à la fin de l’atelier, les participants :

    ‣ se seront familiarisés avec les messages clés du Livre blanc sur le dialogue interculturel ;
    ‣ auront identifié les principaux domaines et défis de l’éducation interculturelle ;
    ‣ seront en mesure de définir leurs projets d’éducation interculturelle à entamer sous peu ;
    ‣ auront travaillé avec des groupes multiculturels ;
    ‣ auront développé une connaissance pratique qui favorisera l’apprentissage interculturel et coopératif.

L’atelier était destiné à des ONG internationales et nationales des Balkans occidentaux et de Turquie.

Les membres de l’atelier se sont partagés en trois groupes, dont chacun a rédigé un rapport sous forme de présentation visuelle devant amener à la réalisation de stratégies proposées par le Livre blanc. Parmi les propositions, certaines furent évidentes mais néanmoins importantes : l’engagement de tous, au quotidien, à ce que nous avons décrit comme les compétences interculturelles en privilégiant le vivre ensemble et le travail coopératif. Une piste d’activité plus innovatrice visait le développement d’une « boite à outils » dont le développement impliquerait la connaissance et l’expertise de participants dont le rôle à long terme faciliterait le processus.

La méthode demande à ce que chacun s’auto-examine, de ses points de départ jusqu’à ceux où il va. Nous cherchions à aborder ce que nous définissions comme « le cœur de la fondation de l'humanité » c'est-à-dire l’éducation. Nous avons remarqué que les soldats détruisent un pays, tandis que les enseignants le construisent. Dans la conjoncture actuelle, nous devons attirer l’attention des Européens à la pratique de l’interculturel en nous rendant compte qu’une société mono-culturelle n’est plus possible.

Parmi les difficultés les plus évidentes on remarque la complexité des concepts. Par exemple, il se peut que l’identité soit une question fondamentale dans le vingt et unième siècle, donc il faut redéfinir le concept. Le concept de l’éducation, ainsi que la connaissance de l’identité nous met en garde sur l’instrumentalisation de l’identité par les partis politiques. Cette dernière est problématique compte tenu de la présomption que les politiques doivent défendre l’identité nationale ainsi que par rapport aux idées qui s’associent avec l’extrême droite.

Les différences nationales et régionales comportent la mémoire et la construction historique dont la compréhension est une responsabilité de l’école. Néanmoins, nous devons être conscients des attitudes transmises au sein de la famille, en particulier compte tenu des différences nationales et régionales. Par exemple, en Europe, la France et le Royaume Uni sont des sociétés multiculturelles, mais elles ne sont pas sans préjugés. En plus les sociétés européennes sont des « constructions ».

Donc les questions clés comportent la mémoire, l’imagination et la construction collective, mais toujours avec honnêteté, critique et courage. Par exemple, des gens de tous âges doivent être prêts à abandonner de vieilles idées pour en adopter de nouvelles, mais le groupe est allé plus loin en cherchant à quel âge s’arrêtait la jeunesse.

Le groupe a considéré la création d’une « boite à outils » tout en considérant que le travail réalisé en quelques heures ne pouvait être qu’un travail introductif. Ceci l’a amené à se demander comment considérer le challenge et quelle était la pertinence de l’expérience vécue. Nous avons eu le sentiment que le travail entrepris devait être poursuivi et que nous devions reprendre ce travail en définissant sa relation avec la connaissance et l’expérience (vécues). Cette dernière est souvent acquise au niveau local car nous y travaillons ensemble et partageons déjà nos contributions. Nous avons maintenant besoin de développer une vision pour le futur et d’y éveiller les media.

Enfin, nous étions d’accord que nous ne faisions qu’un rapport préliminaire, ce qui signifie qu’il faut donner suite au travail entrepris à Istanbul. Il va de soi que l’internet est important car il est un moyen de partage de la pratique et de l’expérience que nous avons soulignées. Les attentes pratiques des ONG comprennent les participants, les contributions des ONG, qui jouent un rôle déterminant, et les ONG que nous appelons « migrantes», c'est-à-dire les ONG dont la contribution vient d’ailleurs plutôt qu’uniquement de la culture majoritaire. En tous cas ce n’était pas « l'inclusion » des « migrants » parce que nous espérions qu’ils se soient déjà engagés ; mais plutôt une expression pertinente de la nature réelle de la société contemporaine.

Étapes pratiques :

Les premières étapes pratiques inclues :

- la mise en valeur des recommandations exprimées dans les présentations visuelles. Les photos que nous en avons prises faciliteront le partage et la comparaison ;
- le développement d’un blog pour faciliter le dialogue continu auquel nous nous sommes engagés ;
- l’utilisation de nos propres expériences ainsi que de la connaissance de nos ONG.

Concrètement, nous espérons avoir mis en place les procédures pour pouvoir continuer notre travail en automne.

Les personnes intéressées sont invitées à envoyer leurs propositions à Toolkit.dialogue@gmail.com

Pour obtenir les photos des présentations, veuillez contacter james.barnett@wanadoo.fr

Rapporteur
James Barnett (Commission européenne sur l’église et l’école – CIEE)