Organisations non gouvernementales

Débat de la société civile sur la « Démocratie inclusive » organisé par la Conférence des OING en relation avec le Forum mondial de la démocratie, le 7 octobre 2012

Table ronde « Construire une démocratie inclusive avec les femmes »

Modératrice : Karin Nordmeyer (Allemagne), Zonta International
Intervenantes : Corinne Kumar (Inde) Asian Women’s Human Rights Council, Sima Samar (Afghanistan) Commission afghane indépendante des droits de l’homme, Sophia Spiliotopoulos (Grèce) avocate, membre du Conseil d’administration de l’Association des femmes de l’Europe méridionale (AFEM)
Rapporteure : Lorraine Spiteri (Malte), membre du Conseil exécutif de la Confédération des organisations de femmes de Malte

Le débat a porté sur les questions concernant la pleine participation des femmes à la vie politique et publique et l’intérêt pour les femmes d’être économiquement indépendantes et d’avoir prise sur leur propre vie. En sa qualité de président de la Conférence des OING, Jean-Marie Heydt a affirmé, d’entrée de jeu, qu’un changement de paradigme s’imposait.

Karin Nordmeyer a déclaré que, même s’il est vrai que diverses législations et conventions aux niveaux national et international s’attachent à promouvoir l’égalité entre les sexes et les droits de l’homme, les femmes continuent d’être sous-représentées dans les secteurs économique et social et, en particulier, dans les processus décisionnels. Les femmes sont en butte à la discrimination non seulement dans le monde du travail mais aussi en matière d’accès à l’éducation et aux soins de santé, la violence à leur égard étant la pire expression de la violation des droits humains.

Sima Samar a mentionné les difficultés immenses auxquelles se heurtent les femmes sous la coupe des Talibans qui s’opposent à l’émancipation, aux mouvements et au vote des femmes, difficultés dues aussi à l’absence de prise de conscience et au manque de structures et d’accès à l’information. Mme Samar a souligné que les droits humains étaient aussi des besoins humains.

Sophia Spiliotopoulos a mis l’accent sur la dure réalité de la situation des femmes qui souffrent le plus de la crise économique actuelle car les droits humains ne sont pas pris en compte dans l’application des mesures d’austérité. Les plus gravement touchés sont les mères célibataires et les ménages à salaire unique qui doivent acquitter des impôts exorbitants et subir l’augmentation du coût de la vie. Mme Spiliotopoulos a évoqué aussi la violence faite aux femmes par le biais des mutilations génitales et des mariages précoces et arrangés. Les participants à la table ronde ont signalé d’autres formes de violence comme le féminicide, la polygamie et le mariage forcé.

Corinne Kumar s’est étendue sur les réalités et problèmes nouveaux auxquels les femmes d’aujourd’hui doivent faire face dans le nouveau système économique de marché mondialisé, en particulier dans un monde où règnent la pauvreté et les injustices, les guerres et les violences accrues. Elle a proposé une perspective philosophique pour se doter de nouveaux savoirs et de nouvelles possibilités de mieux cerner et développer le potentiel humain et reconnaître que tous les individus doivent être intégrés dans une société qui respecte la diversité. Elle a lancé un appel en faveur d’une nouvelle vision du monde.

En conclusion, Lorraine Spiteri a affirmé que les droits des femmes continuaient d’être bafoués à cause de relations de pouvoir inégales mais a souligné que le débat aurait dû porter aussi sur l’intégration des hommes dans la sphère privée et les moyens de remédier au déséquilibre historique entre les femmes et les hommes s’agissant du partage des responsabilités familiales. Les femmes ont du mal à concilier leurs engagements familiaux et professionnels, aussi les femmes et les hommes devraient-ils agir ensemble à tous les niveaux pour instaurer l’égalité des sexes.

Il ne saurait y avoir de démocratie véritable sans participation pleine et entière des femmes.