Organisations non gouvernementales

Recommandation adoptée le 28 janvier 2009
CONF/PLE(2009)REC4

Conférence d’examen de Durban « Combattre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance afférente »

La Conférence des OING du Conseil de l'Europe, réunie le 28 janvier 2009 à Strasbourg,

    - Se réjouissant de l’occasion offerte par la Conférence d’examen de Durban (qui se tiendra à Genève du 20 au 24 avril 2009) de développer la lutte contre les formes anciennes et nouvelles de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et d’intolérance y afférente ;
    - Prenant acte de la place donnée aux ONG dans le processus de préparation de la Conférence d’examen de Durban ainsi que dans la Conférence elle-même ;
    - Rappelant les textes et travaux du Conseil de l'Europe dans ce domaine ;
    - Se joignant à la Déclaration commune du Commissaire aux Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe et du Directeur de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne qui soulignent que cette Conférence est « une occasion à ne pas manquer pour lutter contre le racisme et la discrimination » [CommDH/Speech(2008)18], et s’associant à la teneur de cette Déclaration,

Souhaite que la Conférence de Genève tienne compte des éléments suivants :

1. A l’origine des attitudes racistes ou xénophobes, il y a d’abord la peur qui naît de la méconnaissance des autres.
Un défi fortement amplifié depuis la Conférence de Durban (2001) provient du brassage de populations et de la pluralité linguistique et religieuse qu’il entraîne sur des territoires autrefois davantage homogènes.
Développer la mixité sociale, lutter contre la ghettoïsation, favoriser la rencontre entre personnes de différentes cultures et origines est un des moyens essentiels pour lutter contre la discrimination et l’intolérance.
Le travail souvent ignoré fait à la base par de très nombreuses ONG tisse concrètement des liens entre des personnes culturellement et socialement diverses leur permettant de se rencontrer, de se comprendre, de s’entraider.

2. Un tel travail de rapprochement est encore plus important en temps de crise, voire d’affrontement.
De nombreuses ONG et forums maintiennent le dialogue ouvert entre les adversaires, leur permettant de se retrouver, non plus dans un face à face de violence, mais dans la reconnaissance mutuelle de leur commune humanité.

3. Le dialogue interculturel, tel qu’il est proposé par le Livre Blanc du Conseil de l'Europe, doit devenir une orientation politique majeure pour les autorités politiques et la société civile.
Or, les attitudes de respect mutuel ne vont pas de soi. C’est pourquoi, parmi les moyens prônés par le Livre Blanc et selon l’expérience constante de nos ONG, il y faut éducation et apprentissage - entre autres par le moyen de l’éducation aux Droits de l’Homme et à la citoyenneté démocratique ainsi que par l’acquisition de compétences interculturelles.

4. Tout motif, quel qu’il soit, de discrimination ou de stigmatisation d’une catégorie de personnes est haïssable et doit être combattu activement.
C’est pourquoi nous ne souhaitons pas que l’on établisse une liste des différentes formes de « racisme ».
Par rapport à la situation au Moyen-Orient, comme pour toute autre situation de conflit dans le monde, il n’y a aucune différence à faire selon l’appartenance nationale, ethnique, religieuse ou autre des victimes de la discrimination et de la haine. Toute personne, quelle que soit son appartenance, doit voir respecter ses droits inaliénables.

5. Nous rappelons la nécessité, pour les personnes victimes de discrimination, de pouvoir être appuyées et représentées, dans les actions qu’elles mènent pour la reconnaissance de leurs droits en justice, par des ONG qualifiées.
Dans cet esprit, la Conférence des OING du Conseil de l’Europe appelle

    - Le Conseil de l'Europe,
    - les Etats membres du Conseil de l'Europe,
    - Madame la Haut Commissaire aux Droits de l’Homme des Nations Unies,
    - La Commission Préparatoire de la Conférence d’examen de Durban,
    - Les ONG,

A veiller à ce que les souffrances d’aucune victime de racisme ou de discrimination ne soient instrumentalisées à quelque fin politique que ce soit,
A respecter le caractère intangible, indivisible et universel des Droits de l’Homme,
A veiller à ce que les principes énoncés dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et les autres instruments internationaux en la matière, inspirent les travaux de la Conférence et sa Déclaration finale.