Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI)


Communiqué de presse – 27.06.2000

La Commission contre le racisme publie de nouveaux rapports sur la France, la Grèce, la Norvège, la Pologne et la Slovaquie

STRASBOURG, 27.06.2000 – La Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI), organe du Conseil de l'Europe spécialisé dans la lutte contre le racisme, a publié aujourd’hui cinq nouveaux rapports sur le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie, l'antisémitisme et l'intolérance qui y est associée, concernant la France, la Grèce, la Norvège, la Pologne et la Slovaquie.

Ces rapports font partie d’un deuxième cycle de suivi des lois, politiques et pratiques des Etats membres dans la lutte contre le racisme. Les rapports pays-par-pays de l’ECRI couvrent, sous l’angle de la protection des droits de l’homme, chacun des 41 pays membres de l’Organisation, sur pied d’égalité. Les seconds rapports, qui sont établis après une visite de contact dans les pays en question, étudient la mise en œuvre des propositions faites par l’ECRI dans ses rapports précédents, contiennent des informations générales mises à jour, et offrent une analyse approfondie de certains aspects particulièrement préoccupants dans les pays concernés.

L’ECRI constate une évolution positive dans les cinq pays étudiés. Dans le même temps, les rapports font aussi état d’éléments qui demeurent préoccupants, dont les suivants :

En France, le racisme et la discrimination posent des problèmes particulièrement aigus pour les jeunes issus de l’immigration. La discrimination et l’exclusion posent problème surtout dans les domaines de l’emploi, de l’enseignement, du logement et de l’accès aux lieux publics. La situation des « sans-papiers », y compris dans certains départements et territoires français d’outre-mer, et le comportement de certains membres des forces de l’ordre sont également préoccupants.

Les problèmes de racisme, d’intolérance, de discrimination et d’exclusion affectent particulièrement la population rom/tsigane, des Albanais et d’autres immigrés, ainsi que les membres de la minorité musulmane en Grèce. Ces problèmes sont liés au fait que la société grecque est généralement réticente à reconnaître sa réalité multiculturelle, une reconnaissance qui est rendue encore plus urgente par les nouveaux schémas d’immigration que la Grèce connaît depuis les années récentes.

Le logement, l’accès à l’emploi et l’accès aux biens et services sont les principaux domaines dans lesquels les personnes appartenant à des groupes minoritaires sont confrontées à la discrimination et au désavantage en Norvège. Le soutien électoral important dont bénéficient certains partis de type populiste utilisant un discours raciste est également préoccupant. Malgré la nature davantage multiethnique de la société norvégienne aujourd’hui, la possibilité que l’identité norvégienne puisse inclure des personnes d’origine ethnique ou de religion différentes semble encore mal acceptée.

En Pologne, la législation dans le domaine de la lutte contre le racisme est insuffisamment appliquée, et l’introduction de dispositions législatives qui traitent explicitement des minorités nationales et ethniques se révèle lente à réaliser. L’attitude générale de la société semble plutôt fermée à la différence et l’antisémitisme persiste. Il y a apparemment peu de connaissance concrète ou de suivi de l’importance et des manifestations du racisme et de la discrimination au sein de la société, ce qui signifie que des mesures spécifiques pour combattre ces phénomènes font souvent défaut dans divers secteurs.

De réels problèmes se posent encore en Slovaquie pour ce qui est de l’application de la législation destinée à combattre le racisme, en particulier en ce qui concerne l’action de la police et des autorités judiciaires face aux attaques et aux harcèlements d’origine raciste. Il ne semble pas que l’étendue de la discrimination et de l’hostilité ouverte envers les membres de la communauté rom soit entièrement reconnue et il reste beaucoup à faire dans tous les domaines de la vie – y compris l’éducation, l’emploi et le logement – pour redresser la situation de ce groupe très vulnérable.