Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI)

Chapitre 1 – La Presse

Exemple 1 Chypre, The Sunday Mail
Exemple 2 Espagne, Diari de Barcelona
Exemple 3 Suède, Svenska Dagbladet, Dagens Nyheter, Aftonbladet and Expressen
Autres exemples pertinents

Exemple 1 Chypre, The Sunday Mail 

Steve Myles, rédacteur du Sunday Mail, a tiré parti d'un acte raciste pour sensibiliser l'opinion à l'échelon national. Le 7 mars 1999, il titrait «La honte» à la une de son numéro en lui consacrant intégralement le reportage réalisé par Anthony O. Miller sur l'expulsion par les services aéroportuaires de l'émigration de deux informaticiens sénégalais invités à l'occasion d'un séminaire, et ce malgré leurs réservations à l'hôtel Hilton, leurs passeports en état de validité avec visa en bonne et due forme, leurs billets de retour et l'argent liquide qu'ils avaient sur eux. En outre, il proposait aux lecteurs deux autres pages entièrement consacrées à l'événement avec interview détaillée des victimes.
Outre une couverture médiatique à grande échelle pour un acte raciste qui aurait, tout au plus, été mentionné en quelques phrases, Steve Myles a fait paraître un vibrant éditorial attaquant «les préjugés de cette île fondés sur la race», s'efforçant d'une part de dénoncer avec éclat le racisme institutionnalisé qui existe effectivement dans le pays et d'autre part d'insister sur le fait que les plus hautes autorités politiques n'avaient pas abordé le problème du racisme.
Trois jours plus tard, le Cabinet présentait des excuses officielles aux deux informaticiens pour leur expulsion abusive et ordonnait l'ouverture d'une enquête, comme l'indiquait la une du 11 mars 1999.

Pour de plus amples renseignements, contacter:

The Sunday Mail
24 Vassiliou Voulgaroctonou St.
PO Box 21144
CY - 1502 Nicosie
Tél: +357.2.67.20.74
Fax: +357.2.67.63.85
E-mail: Cyprus.Mail@cytanet.com.cy

Exemple 2 Espagne, Diari de Barcelona 

Lors des dernières élections municipales du mois de juin 1999, le quotidien électronique Diari di Barcelona a voulu donner la parole aux citoyens qui ne pouvaient pas voter, à savoir les étrangers non originaires de l'Union européenne. Parallèlement aux interviews traditionnelles des candidats et à leur campagne politique, la série intitulée «Autres Barcelones» (Altres Barcelones), qui a duré quinze jours, présentait les opinions, les inquiétudes et les espoirs que formaient pour leur ville des citoyens originaires de Guinée, de Chine, du Chili, du Liban, du Maroc et du Pakistan.
Chaque personne interrogée était considérée comme un faiseur d'opinion dans sa communauté et, à ce titre, comme la plus habilitée à la représenter. La plupart d'entre elles étaient en étroit contact avec les organisations de migrants et les aidaient à s'intégrer dans la société. El Diari évoquait l'histoire des étrangers, leur situation actuelle, leur opinion sur la vie à Barcelone, ce qui leur manquait par rapport à leur pays natal, leur expérience personnelle avec les catalans, et ce qu'ils appréciaient dans le système politique espagnol; on leur demandait s'ils s'estimaient politiquement représentés et s'ils voteraient au cas où ils en auraient l'opportunité. Enfin, les personnes interrogées étaient invitées à dire ce qu'elles attendaient du nouveau maire.
Une requête revenait régulièrement dans les interviews: les représentants municipaux devraient faire pression sur les pouvoirs publics du pays pour qu'ils accordent aux personnes non membres de l'Union européenne le droit de vote aux élections municipales; cela permettrait aux immigrants d'avoir plus de poids sur les décisions politiques en matière d'immigration. Il semble que leur voix ait été entendue. En janvier 2000, l'assemblée municipale a voté à l'unanimité une proposition tendant à saisir le parlement national de cette question.
La rédactrice Cristina Ribas voulait montrer que certains citoyens ne sont jamais entendus, alors qu'ils contribuent cependant à la vie quotidienne de Barcelone. Cette couverture originale des élections allait au-delà du commentaire politique stricto sensu et posait notamment le problème du racisme.
Des associations d'immigrants établies à Barcelone – SOS Racismo, Cites CCOO ou l'éditeur Icaria – se sont félicitées de l'impact qu'avait eu l'initiative d'El Diari, qu'ils considéraient comme illustrant fort bien la façon dont les nouvelles technologies pouvaient aider à promouvoir les questions relatives aux minorités.

Pour de plus amples renseignements, contacter:

Diari de Barcelona
Via Laietana 48
E - 08003 Barcelone
Tél: +34.93.26.88.900
Fax: +34.93.26.88.905
E-mail: diari@diaridebarcelona.com
Site web: www.diaridebarcelona.com

Exemple 3 Suède, Svenska Dagbladet, Dagens Nyheter, Aftonbladet and Expressen 

Le 30 novembre 1999, date de la commémoration de l'assassinat de Karl XII par des skinheads et des jeunes nazis, quatre grands quotidiens (Svenska Dagbladet, Dagens Nyheter, Aftonbladet et Expressen) ont publié le texte d'une lettre commune avec à l'appui la photographie de soixante nazis/racistes connus – y compris des criminels dangereux – appartenant à différents réseaux suédois. Cette initiative remarquable a eu des répercussions énormes dans toute la société. Des textes ou des articles identiques sont parus, les journaux ayant utilisé leurs ressources communes pour enquêter sur les menaces que présentaient pour la société civile les groupes nazis, les gangs d'extrême droite et autres réseaux criminels organisés.
Cette extraordinaire mobilisation était une réaction face au nombre de graves délits fondés sur la haine et d'attaques contre la société civile enregistrés l'année précédente: une lettre piégée a été adressé au ministre de la Justice; une bombe a été placée dans la voiture d'un journaliste qui a été grièvement blessé, ainsi que son fils; deux agents de police auraient été tués par trois nazis après l'attaque d'une banque; un syndicaliste a été assassiné, etc.
Suite à la publication des photos des militants nazis, plusieurs d'entre eux ont décidé de quitter les réseaux, d'autres ont été expulsés de leur syndicat et certains employeurs ont ouvertement posé le problème du licenciement de leurs employés nazis.
La lettre commune des rédacteurs ainsi que les liens antiracistes et toute une série d'articles postérieurs à ceux du 30 novembre – du moins ceux paru dans le Dagens Nyheter – sont accessibles sur Internet à l'adresse suivante:
http://www.dn.se/DNet/dyn/GetArticle.dyn/d,128/a,100229?f,demokrati.html

Pour de plus amples renseignements, contacter:

Strömbergs Distribution Dagens Nyheter
S - 120 88 Stockholm
Fax: +46.8.449.88.10
E-mail: dn@strd.se

Autres exemples pertinents 

· France, Nouvel Observateur, article sur le “Collectif Egalité”, qui est une association nouvellement créée en vue de promouvoir les minorités dans les médias

· Allemagne, Der Spiegel, séries d’articles sur le racisme