Mot clé : Professions et langues / Référentiels métiers

Intégration linguistique des migrants adultes (ILMA)


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Communiquer en contexte professionnel

Apprendre la langue du pays d'accueil à des fins professionnelles

Lorsqu’il est question de l'intégration des migrants, la maîtrise de la langue du pays d'accueil est généralement perçue comme incontournable pour l'accès à l'emploi ou l'exercice d'une activité professionnelle quelle qu'elle soit, du plus bas niveau de responsabilité au plus élevé. On s'accorde ainsi à recommander des formations linguistiques à visée professionnelle dès lors que le besoin de communication dans un cadre professionnel a été établi. Pour autant, une fois que l'on a souscrit à ce type de formation, les difficultés commencent car il s'agit de concevoir un dispositif de cours spécifique comparable au cours sur mesure. Autre difficulté, les formations linguistiques à visée professionnelle pâtissent fréquemment d'une confusion avec les formations existantes pour les salariés peu qualifiés (savoirs de base et compétences clés) d'une part et les formations dites de langue générale offertes aux étrangers d'autre part. Ainsi, les formations aux savoirs de base ou compétences clés peuvent certes convenir à des salariés d'origine étrangère allophones eux-même peu qualifiés mais non à des allophones qualifiés. De même, des allophones ayant des besoins de communication professionnelle tireront sans doute peu d'avantages d'une formation de langue générale ne répondant pas à leurs besoins précis.

La communication au travail et la question des besoins

Lorsqu'il s'agit de concevoir des programmes de cours, deux approches se font face dans le cas professionnel, selon que l'on part de la didactique des langues pour aller vers l'activité professionnelle ou au contraire de l'analyse holistique de l'environnement de travail pour aller vers l'intervention formative. La question des besoins est fondamentale dans les deux approches : besoins de communication, besoins langagiers, besoins de formation qui en résultent. Pour déterminer la nature des besoins langagiers qu'il importe de connaître en vue de l'intervention didactique, le projet TRIM (Training for the Integration of Migrant and Ethnic Workers into the Labour Market and Local Community, 2005) se réfère à l'analyse de la communication au sein de l'organisation (analyse systémique) en lui opposant l'analyse des besoins de formation dite traditionnelle. Ce dernier modèle serait centré sur les déficits de l'individu au travail qu'il s'agirait de combler en recourant à la formation. A l'inverse, le projet TRIM envisage la formation linguistique comme faisant partie intégrante de la formation professionnelle, dans le cadre de modules de formation consacrés à la santé et à la sécurité au travail, par exemple.

Quelles compétences langagières dans le contexte professionnel ?

Le Conseil de l'Europe a élaboré le Cadre européen commun de référence pour les langues dont les descripteurs (génériques et indépendants de toute langue) ont servi à l'élaboration de référentiels par langue et par niveau pour un certain nombre de langues.  Des compétences générales y sont répertoriées pour les domaines éducationnel, professionnel, public et personnel. Si l'on considère maintenant l'infinie diversité des compétences langagières requises dans des contextes professionnels eux-mêmes infiniment divers, on est amené à distinguer plusieurs types de compétences : générales, spécialisées, transversales à plusieurs métiers, articulées aux situations de communication professionnelle, etc. Il s’y ajoute la base des compétences, compétences de base, mais aussi compétences clés dans l’esprit de la recommandation du Parlement et du Conseil européens de 2006, ou compétences essentielles au Canada.

Quelles sont les compétences langagières requises pour envisager une spécialisation vers l'activité professionnelle ? A côté d’une approche préconisant « le linguistique d'abord et le professionnel après ou ailleurs » il existe des démarches didactiques qui articulent la dimension linguistique à la dimension professionnelle dès les premiers niveaux de maîtrise de la langue. En somme, la didactique de la langue à des fins professionnelles peut considérer l’activité professionnelle de manière très générale ou au contraire pour certaines professions (la profession médicale, le secteur de la propreté, ....), voire pour des postes de travail précis à l’intérieur d’une profession donnée. La situation d’enseignement varie en outre selon que l’on a affaire à une formation en amont de l’emploi ou en lien direct avec un emploi, ou encore sur le lieu de travail. On distingue aussi les formations d’accès à l’emploi (pour des demandeurs d’emploi) des formations de maintien dans l’emploi (pour des emplois en évolution demandant une adaptation), ou des formations permettant d’évoluer professionnellement.

Des référentiels de compétences langagières

Certains référentiels de compétences langagières en contexte professionnel élaborés en amont d’un dispositif de formation qu’ils sont censés organiser décrivent des compétences précises et plus seulement générales comme l’induirait un enseignement généraliste de la langue. En France par exemple, il existe de tels référentiels pour la fonction publique territoriale ou pour les métiers du bâtiment et des travaux publics.

En Allemagne (Rhénanie du Nord-Westphalie), des modules de qualification professionnelle combinent les soins aux personnes âgées et un entraînement langagier. Dans la branche des soins à la personne au Royaume-Uni, des bilans de compétence dans la communication propre au secteur professionnel mettent évidence des compétences langagières. Au Canada enfin, les compétences générales et donc transversales aux différents secteurs d'activité professionnelle intègrent une dimension langagière.

Pour de plus amples informations sur ces questions, notamment plus de détails sur les exemples mentionnés ci-dessus, on consultera utilement l’étude Apprendre la langue du pays d’accueil à des fins professionnelles

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