Mot clé : Cultures éducatives

Intégration linguistique des migrants adultes (ILMA)


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Cultures éducatives

Les adultes migrants ne viennent pas de nulle part. Ils sont issus d’une société autre où une philosophie de l’éducation a cours et ils sont porteurs de certaines conceptions de ce qu’est l’enseignement et l’apprentissage, conceptions qu’ils ont construites à partir de leur expérience personnelle de l’Ecole ou des représentations sociales ordinaires qui servent communément les décrire et à les expliquer. Comme tous les apprenants qui changent de milieu éducatif (dans leur contexte – par exemple, du lycée à l’université - ou dans un contexte nouveau), ils ont à comprendre et même à s’adapter à de nouvelles normes de fonctionnement de l’institution éducative. On nommera culture éducative ces normes et les représentations que l’on s’en fait. Ce domaine relève globalement au champ de l’éducation comparée mais il est, en fait, davantage à concevoir comme une forme de rencontre interculturelle, celle de comportements d’enseignement /apprentissage et de valeurs éducatives, dans la mesure où toutes les sociétés se sont dotées de dispositifs pour transmettre les connaissances accumulées.

Nature des cultures éducatives

Les cultures éducatives constituent le cadre dans lequel prennent place les activités éducatives mais, dans le cas présent, les conceptions de l’enseignant natif et des apprenants ne leur sont pas a priori communes. Les traditions différentes ont conduit à des pratiques didactiques spécifiques, déclinées par exemple en genres d’exercices bien identifiés, comme répondre oralement à des questions, faire des exercices écrits, produire certains genres de textes. Mais ceux-ci ne sont pas universels ; ainsi poser une question au professeur n’est pas une pratique admise partout. A ces habitudes d’enseignement correspondent des comportements d’étudiant attendus et considérés comme seuls acceptables (par ex. arriver à l’heure, s’adresser courtoisement aux autres apprenants, faire les activités demandées, se lever pour répondre …). Elles régulent la formes des rapports verbaux avec le professeur, le contrat de parole (parler en demandant la parole ?), les modalités de l’évaluation (qu’est-ce qu’un professeur juste ?), voire le comportement physique ou vestimentaire (un enseignant peut-il s’asseoir sur une table d’élève?). Tous ces traits, qui sont considérés comme naturels de part et d’autre, demandent à être identifiés s’ils sont source de réels malentendus. Pour ces publics comme pour d’autres, la culture éducative du groupe doit donc être négociée

Manières d’enseigner et d’apprendre au contact

C’est dans ce contexte que se pose la question du choix des méthodologies d’enseignement et donc des comportements d’apprentissage attendus. On peut accorder la préférence à des démarches réputées actives (et considérées comme plus efficaces), dans lesquelles les apprenants sont impliqués à la réalisation de tâches simples ou complexes, répétitives ou ouvertes, dotées d’une certaine vraisemblance sociale ou à des activités autonomes ou de groupe ou encore à des formes d’auto évaluation formative. Mais de telles convictions des spécialistes de la didactique des langues ont à compter des pratiques répandues, comme apprendre par cœur, enrichir son vocabulaire au moyen de dictionnaires bilingues, valoriser les activités de description (la « grammaire »), tout traduire et tout noter par écrit… Il n’est pas certain que la meilleure stratégie soit, pour tous les publics, celle de bannir ces pratiques ou de les « tirer » vers des pratiques plus « modernes ». On ne saurait donc proposer une solution standard unique : il faut inventer au cas par cas les cultures éducatives appropriées, en tenant cependant compte de la nature des épreuves qui constituent les tests et les certifications en langues que les adultes migrants peuvent être tenus de présenter.

JCB