Organisations non gouvernementales

La Conférence des OING du Conseil de l’Europe
CONF/PRES/SPEECH(2013)1

Propos introductif du Président de la Conférence des OING, Jean-Marie Heydt, lors de la session plénière de Conférence des OING, Strasbourg 24 janvier 2013

La crise affecte les ONG dans tous les Etats membres : la fin de vie d’une ONG, par manque de subsides, est un affaiblissement de nos démocraties !

Dans tous les Etats membres, nous vivons une multitude de crises. Nous savons que l’addition d’une crise économique à une crise financière, ajouté d’une crise politique et d’une crise de la confiance citoyenne, le tout complété par une crise d’identité voire même d’existence, cela ne s’appelle plus simplement des « crises », mais il s’agit d’une profonde mutation en gestation. Les facteurs nous sont connus ; la pauvreté, le chômage, les différentes sortes d’exclusions, l’insécurité, l’incompréhension, le sentiment d’injustice qui augmente et la confiance en nos Institutions qui chute de façon vertigineuse. Ce sont tous des ingrédients d’une implosion, voire d’une explosion sociale et les Etats savent que, seuls, ils sont dans l’impossibilité d’agir. Ils attendent de la société civile qu’elle agisse, qu’elle intervienne face à ces situations.

C’est pourquoi nous devons poursuivre nos actions, celles d’une société civile organisée où nos valeurs, notre volonté d’agir, nos croyances, nos convictions, sont nos forces. Cependant, le secteur associatif dans son ensemble va mal car ses moyens matériels et financiers pour accomplir ses missions, pour simplement vivre au quotidien, que dis-je, pour survivre, viennent à manquer. Les Etats, les collectivités publiques et locales, rognent les budgets au point d’en arriver à un véritable étranglement budgétaires des associations. Combien de ces associations, combien d’ONG, ont-elles dû cesser d’exister en 2012 par manque de moyens financiers ?

C’est un aspect que l’on n’aborde que très rarement ici au sein de la Conférence mais dont tout le monde a connaissance localement. C’est un véritable cri d’alarme qu’il nous faut lancer : - la fin de vie d’une ONG, par manque de subsides, est un affaiblissement très grave de nos démocraties ! Je crois qu’il ne serait pas inutile que notre « conseil d’expert » puisse nous conseiller, voire procéder, pour qu’un état des lieux de la plausible survivance des ONG en Europe face à la crise économique. Leurs disparition est autant d’atteinte à la parole civile, autant d’atteinte à la bonne gouvernance des Etats et des régions.