« L’engagement des jeunes et leur regard critique sont essentiels à l’avenir démocratique de nos pays. Vous avez le pouvoir de changer le cours des choses. Faites-en bon usage », a déclaré Tanja Gonggrijp, Secrétaire Générale adjointe du Conseil de l’Europe, en s’adressant aux participantes et participants de la conférence intitulée « Éduquer. Impliquer. Émanciper : les jeunes, acteurs de la démocratie », qui se tient aujourd’hui à l’Assemblée nationale hongroise, à Budapest. L’événement a réuni des représentantes et représentants des jeunes, des parlementaires et des experts afin d’explorer les moyens de renforcer la participation des jeunes à la vie démocratique.
La Secrétaire Générale adjointe a rappelé que la Hongrie avait commémoré, la semaine dernière, le 70e anniversaire de la révolution de 1956. En novembre 1990, la Hongrie est devenue le premier pays de l’ancien bloc de l’Est à rejoindre le Conseil de l’Europe. En 1995, le Centre européen de la jeunesse de Budapest a ouvert ses portes à des jeunes venus de toute l’Europe. Mais dans l’Europe d’aujourd’hui, cet optimisme a fait place à la frustration : partout sur le continent, les jeunes manifestent. Ils réclament une meilleure éducation, une baisse du coût de la vie, l’accès aux soins de santé et la fin de la corruption. Beaucoup ont le sentiment que la démocratie leur a tourné le dos.
« Mais le déclin démocratique n’est pas une fatalité ; la démocratie peut se rétablir », a souligné Tanja Gonggrijp. « Dimanche, les jeunes en Serbie en ont fait la démonstration. Deux ans après l’effondrement de l’auvent de la gare de Novi Sad, les étudiantes et étudiants descendus dans la rue ont transformé leur contestation en un mouvement majoritaire. Ils ont adressé un message d’espoir à toute l’Europe. Ici, en Hongrie, vous avez vous-mêmes transmis un message au printemps dernier. »
Le rétablissement ne peut se faire sans les jeunes générations, mais celles-ci ne doivent pas porter seules cette responsabilité : les générations précedentes doivent prendre leur part et trouver, avec elles, un langage et une orientation communs. « Cette responsabilité commence par la manière dont nous répondons aux jeunes qui manifestent dans la rue », a affirmé la Secrétaire Générale adjointe.
« La tentation sera de ne répondre que par des mesures sécuritaires. Pourtant, la meilleure réponse consiste à écouter et à agir en fonction de ce que nous avons entendu. » « C’est précisément la raison d’être du Nouveau Pacte Démocratique pour l’Europe" : un processus ouvert, et non un texte destiné aux seuls gouvernements, qui place la voix des jeunes au cœur de sa démarche. Avec le Pacte, nous ne voulons pas réinventer la démocratie, mais en renforcer les fondements et la rendre concrète pour toutes et tous. Aujourd’hui, nous sommes ici pour dialoguer et écouter. Jusqu’au 12 novembre, chacun peut participer à notre consultation citoyenne et nous dire ce qui doit changer pour que la démocratie fonctionne mieux, pour toutes et tous », a souligné la Secrétaire Générale adjointe.
L’événement est organisé par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, en collaboration avec l’Assemblée nationale hongroise. Ágnes Forsthoffer, présidente de l’Assemblée nationale hongroise, Petra Bayr, présidente de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, ainsi que Judit Lannert, ministre hongroise de l’Éducation et des Affaires liées à l’enfance, ont également pris la parole lors de l’ouverture de la conférence.
Participez à la consultation citoyenne sur la démocratie
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