La Présidente de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, Petra Bayr, a ouvert la session plénière de printemps de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe à Strasbourg, en appelant l’Europe et ses parlementaires à faire preuve d’un leadership déterminé et fondé sur des principes face aux crises qui se succèdent sur la scène internationale.
« Nous sommes dans une situation où le droit international est contourné — et parfois bafoué. Où les normes démocratiques sont remises en cause — ouvertement, sans vergogne. Où les droits humains ne sont pas considérés comme universels — mais comme facultatifs », a souligné la Présidente.
L’Europe va-t-elle montrer la voie ?
« Il y a de nombreuses raisons de désespérer, mais le désespoir n’est pas une option, ni pour nous en tant que responsables politiques, ni pour les personnes que nous représentons et servons », a-t-elle ajouté. « L’Europe va-t-elle montrer la voie ? L’Europe va-t-elle faire preuve de fermeté ? L’Europe restera-t-elle un lieu où les droits ne sont pas seulement défendus, mais aussi renforcés ? » Selon la Présidente, de nombreuses personnes aux Nations Unies, ainsi que dans les États et les ONG partageant les mêmes valeurs, observent la situation : « elles placent tous leurs espoirs dans notre continent ».
« Nous ne sommes pas simples spectateurs de l’histoire. Nous en sommes les auteurs. Alors, adoptons un ton calme. Soyons clairs sur nos principes. Et fermes dans nos actions. Telles sont les qualités de leadership que le contexte exige ».
Soutien à l’Ukraine, respect des principes de l’Organisation
Sur des questions spécifiques, Mme Bayr a de nouveau appelé à une solidarité totale avec l’Ukraine et à des progrès plus rapides dans la création d’un tribunal spécial chargé de juger les auteurs de l’agression et d’un fonds destiné à indemniser le peuple ukrainien pour les dommages subis.
L’Assemblée parlementaire ne devrait pas transiger sur ses principes lorsqu’il s’agit de la guerre en Iran, ou de la décision de la Knesset israélienne d’étendre l’application de la peine de mort de manière discriminatoire, a souligné la Présidente.
S’agissant du réseau criminel Epstein, et notamment de ses liens éventuels avec un ancien Secrétaire Général du Conseil de l’Europe, elle a déclaré que l’Assemblée parlementaire ne resterait pas silencieuse : « Les crimes associés à ce réseau — corruption et exploitation, traite, viol, abus, extrême misogynie toxique — représentent tout ce contre quoi nous nous élevons. Notre réponse doit être sans équivoque : enquête approfondie, obligation de rendre des comptes, justice pleine et entière pour chaque victime ».
Un ordre du jour parlementaire chargé
Une session chargée attend les parlementaires à Strasbourg cette semaine. Parmi les temps forts figurent les allocutions du Président du collège présidentiel de Bosnie-Herzégovine, Denis Bećirović, et du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de la France, Jean-Noël Barrot. L’Assemblée parlementaire examinera également le suivi de l’origine des produits du crime, dénoncé par Sergei Magnitsky, la lutte contre le dumping social et l’exploitation par le travail, l’application effective du droit d’auteur, ainsi que la procédure d’élection des juges à la Cour européenne des droits de l’homme.
Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe
Ordre du jour de la session actuelle de l’Assemblée parlementaire

