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Nouvelle étude : les Slovènes considèrent les abus sexuels sur les enfants comme un problème grave, mais près de la moitié d'entre eux ne seraient pas capables d'en reconnaître les signes

Conseil de l’Europe Strasbourg 6 octobre 2020
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Nouvelle étude : les Slovènes considèrent les abus sexuels sur les enfants comme un problème grave, mais près de la moitié d'entre eux ne seraient pas capables d'en reconnaître les signes

Une majorité de Slovènes pense que les abus sexuels sur les enfants constituent un problème grave ; près d’une personne sur cinq a subi au moins une forme d’abus sexuel. Cependant, la sensibilisation à ce type d’abus est faible car les parents ne se sentent pas à l’aise d’en parler avec leurs enfants. De plus, les écoles ne font pas suffisamment de prévention. Telles sont les principales conclusions d’une nouvelle étude sur la perception des abus sexuels commis sur les enfants, publiée aujourd’hui en Slovénie. L’étude a été menée dans le cadre du projet « Soutenir le modèle des Barnahus (maisons des enfants) » géré par le Conseil de l’Europe avec l’aide financière du programme d’appui à la réforme structurelle de l’Union européenne.

L'étude révèle que près de 70 % des Slovènes estiment que les abus sexuels sur les enfants constituent un problème grave en Slovénie. Cependant, près de la moitié des personnes interrogées, soit 47 %, serait incapable d'en reconnaître les signes. En outre, près d'un tiers des personnes interrogées pensent que ces abus impliquent toujours l'utilisation de la force physique, un quart pensent que le fait d'exposer les enfants à des activités sexuelles et à la pornographie ne constitue pas un abus sexuel, et 17 % pensent que les enfants ne peuvent pas abuser sexuellement d'autres enfants. Deux tiers des personnes interrogées pensent que les écoles ne fournissent pas suffisamment d'informations pour prévenir les abus sexuels. Enfin, la grande majorité, 90 %, estime que ces questions devraient figurer dans le programme scolaire. Dans le même temps, près de la moitié des parents trouvent embarrassant de discuter de ce sujet avec leurs enfants, et seul un tiers l’a déjà fait.

En se fondant sur les expériences personnelles, l’étude a montré que près d'une personne interrogée sur cinq (18 %) avait subi au moins une forme d'abus sexuel avant l'âge de 18 ans ; les attouchements inappropriés et l'exposition indécente étant les formes les plus souvent mentionnées. 6 % des victimes seulement ont déposé une plainte au pénal, et 3 % des plaintes ont été suivies d'un procès et d'une condamnation.

Mme Lilijana Kozlovič, ministre slovène de la Justice, a déclaré : « Partout dans le monde, mais aussi en Slovénie, les abus sexuels sur les enfants sont l'un des crimes les plus rarement signalés. Pour remédier à cela, nous avons besoin de lois et de politiques, bien sûr, mais pas uniquement : nous devons changer nos attitudes et nos méthodes de travail afin de s’assurer qu’aucun enfant n’est laissé pour compte et que chaque cas suspect est signalé, traité de manière efficace et fait l'objet d'une réponse. Les abus sexuels sur les enfants sont souvent synonymes de tabous, de stigmatisation et de honte. Cette étude contribue à briser le silence ».

Mme Mirka Honko, de la Division des droits de l’enfant du Conseil de l’Europe, a précisé : « Pour le Conseil de l’Europe, cette étude sert de base à un travail plus ciblé en Slovénie. Elle nous montre le niveau de compréhension actuel du phénomène des abus sexuels sur les enfants dans le pays et où sont les lacunes, afin que nous adoptions les bonnes méthodes d’enseignement et de formation. J’espère que cette étude incitera d’autres pays à suivre l’exemple de la Slovénie. » Elle a souligné l’importance de l’étude pour le processus d’élaboration et d’adoption d’une loi sur les Barnahus actuellement en cours en Slovénie (loi relative à la protection de l’enfant dans les procédures pénales et à la prise en charge globale des enfants dans les maisons d’enfants).

Les résultats quantitatifs et qualitatifs, ainsi que la méthodologie utilisée, ont été présentés par Nataša Mohorč Kejžar, directrice de recherche à l’IPSOS, l’institut de sondage qui a mené l’étude. Des adultes de tout le pays ont participé à quelque 1 100 entretiens individuels ; des enfants ont également participé à certains groupes cibles.


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