Sur quelles thématiques les stratégies globales d’inclusion devraient-elles porter et pourquoi sont-elles nécessaires ? Le nouveau document d’orientation sur les stratégies d’inclusion, publié aujourd’hui par le Comité directeur du Conseil de l’Europe sur l’anti-discrimination, la diversité et l’inclusion (CDADI), vise à aider les États membres du Conseil de l’Europe à répondre à ces questions et à concevoir des stratégies d’inclusion efficaces à tous les niveaux.
L’inclusion doit être considérée comme une approche holistique et globale, fondée sur les droits humains et les principes de non-discrimination. Pour être efficaces, les politiques d’inclusion doivent intégrer à la fois des mesures universelles et des mesures propres à certains groupes. Intégrer l’égalité dans toutes les politiques, accueillir la diversité comme une valeur et une ressource, lutter contre la discrimination intersectionnelle, créer des occasions d’interaction et de participation à la vie publique et associer tous les niveaux de gouvernement (national, régional et local) sont autant d’approches essentielles qui devraient être adoptées lors de la conception des politiques d’inclusion.
Les stratégies d’inclusion sont cruciales pour créer des sociétés plus cohésives, plus justes, plus innovantes et plus résilientes, ainsi qu’un sentiment partagé d’appartenance à la société et un bien-être collectif. Elles contribuent à éliminer les discriminations, à réduire les disparités et à favoriser la compréhension et le respect mutuels, ce qui bénéficie en fin de compte à la société dans son ensemble. Elles réduisent également la concurrence pour l’attention politique et les ressources et augmentent l’efficacité et les synergies.
Des stratégies d’inclusion globales devraient viser tout le spectre des groupes sociaux, notamment les minorités ethniques, culturelles, linguistiques et religieuses, les personnes migrantes, les Roms et les Gens du voyage, ainsi que les personnes LGBTI. Le document d’orientation présente des normes pour les politiques d’inclusion propres à un groupe et recense pour chaque domaine d’action des mesures transversales qui répondent de manière globale aux besoins d’un large éventail de groupes.
Les stratégies globales d’inclusion devraient couvrir des domaines d’action clés tels que l’éducation, l’emploi, la protection sociale et le logement, les soins de santé, la culture, ainsi que des enjeux politiques tels que la lutte contre la discrimination et les crimes et discours de haine.
Parmi les exemples de mesures concrètes bénéficiant à tous les groupes dans divers domaines, citons la garantie d’un accès non-discriminatoire à l’éducation, la promotion de programmes interculturels et plurilingues et la prévention de la ségrégation dans les écoles. Dans l’emploi, il est essentiel de mettre en œuvre des formations à la non-discrimination et des pratiques d’embauche inclusives, ainsi que de reconnaître les qualifications étrangères. Les politiques de protection sociale et de logement devraient garantir l’égalité d’accès aux services, prévenir le sans-abrisme et promouvoir la mixité des collectivités. En ce qui concerne la santé, l’offre de services adaptés sur le plan culturel, d’informations multilingues et d’un soutien en matière de santé mentale garantit un accès équitable. Les politiques culturelles qui soutiennent la représentation des minorités et protègent les droits culturels contribuent à renforcer l’inclusion. Parallèlement, des cadres juridiques solides permettent de lutter contre les discriminations, les discours et les crimes de haine, et de garantir ainsi la sécurité et la dignité de toutes et de tous.
Enfin, des outils devraient être mis au point pour permettre de suivre et de mesurer les progrès, l’efficacité et la durabilité des politiques d’inclusion dans tous les domaines clés.
Nouveau document d’orientation sur les stratégies d’inclusion

