Retour Promouvoir la résilience démocratique en Europe et renforcer la coopération face aux nouveaux défis ont été deux enjeux évoqués lors de la visite du Secrétaire Général à Vienne

« Nous devons faire de la sécurité démocratique le cœur du nouvel ordre européen et notre première ligne de défense »
Promouvoir la résilience démocratique en Europe et renforcer la coopération face aux nouveaux défis ont été deux enjeux évoqués lors de la visite du Secrétaire Général à Vienne

Le Secrétaire Général du Conseil de l’Europe, Alain Berset, a conclu sa visite à Vienne en insistant sur la nécessité d’accorder une attention renouvelée à la sécurité démocratique pour garantir la paix et la stabilité sur le continent européen et répondre efficacement aux défis géopolitiques anciens et nouveaux auxquels l’Europe est aujourd’hui confrontée.

Allocution d'Alain Berset à l'OSCE

« Nos deux organisations sont des projets de paix », a souligné le Secrétaire Général dans l’allocution qu’il a prononcée devant le Conseil permanent de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), l’organe décisionnel de cette organisation qui compte 57 États participants. Cependant, les défis sécuritaires de l’Europe d’aujourd’hui mettent à l’épreuve la capacité des deux institutions à leur apporter une réponse en temps utile. La guerre en Ukraine, qui favorise l’impunité, la désinformation et l’influence étrangère, le changement climatique et l’intelligence artificielle, la crise du multilatéralisme, le réarmement croissant et le recul de la démocratie ne sont que quelques-uns des défis qui pèsent aujourd’hui sur la sécurité en Europe.

« Nous pourrions bientôt devenir un continent dont les armées sont plus puissantes mais les démocraties plus faibles », a déclaré le Secrétaire Général, insistant sur la nécessité d’une architecture de sécurité qui protège l’Europe à la fois des attaques extérieures et de l’érosion interne. « Cela n’est possible que si nous dépassons le vieux clivage traditionnel entre sécurité « dure » et sécurité « douce », si nous ajoutons une dimension démocratique à notre compréhension de la sécurité et si nous commençons à penser en termes de sécurité démocratique ».

Les thèmes évoqués dans son allocution devant le Conseil permanent de l’OSCE ont également occupé une place importante lors de sa rencontre avec le Secrétaire Général de l’OSCE, Feridun Sinirlioğlu. M. Berset a souligné que l’OSCE et le Conseil de l’Europe avaient en commun la responsabilité de promouvoir la résilience démocratique en tant que première ligne de sécurité sur le continent. Ils se sont entretenus des possibilités de renforcer la coopération entre les deux organisations dans des domaines tels que les politiques de lutte contre la drogue et la toxicomanie respectueuses des droits humains et la dimension de jeunesse de ces politiques, la lutte contre la criminalité organisée, la traite des êtres humains et le trafic de migrants, ou encore la protection de l’environnement. Alain Berset a suggéré que les deux organisations développent des synergies pour favoriser la sécurité démocratique, la résilience et la reconstruction de l’Ukraine, et qu’elles continuent de soutenir les enfants ukrainiens.

Utiliser les outils du Conseil de l'Europe dans un contexte paneuropéen

Au cours de sa visite à Vienne, le Secrétaire Général a rencontré le Président fédéral autrichien Alexander Van der Bellen, la Troisième Présidente du Conseil national autrichien Doris Bures, la ministre de la Justice Anna Sporrer, le chef par intérim de la Chancellerie Alexander Pröll et le secrétaire d’État auprès du ministère des Affaires européennes et internationales Sepp Schellhorn.

Le Secrétaire Général a souligné, en tant que message clé à l’intention de ses homologues autrichiens, la nécessité d’utiliser et d’explorer les outils du Conseil de l’Europe dans un contexte paneuropéen et au-delà, afin de promouvoir des valeurs fondamentales communes. Une priorité essentielle est le Nouveau Pacte démocratique pour l’Europe, un effort collectif visant à renouveler les fondations de la vie démocratique de l’Europe et reposant sur trois piliers : l’éducation, la protection et l’innovation.

Le soutien du Conseil de l’Europe à l’Ukraine a également été au centre des discussions. L’Organisation a pour priorités dans ce domaine les réponses juridiques aux violations du droit international commises par la Russie, le soutien à la reconstruction par le biais d’un ambitieux Plan d’action, les arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme, l’action en faveur des enfants d’Ukraine, un futur Tribunal spécial pour le crime d’agression contre l’Ukraine, ainsi que le mécanisme international de compensation destiné à ce que justice soit rendue aux victimes, dont la première composante – le Registre des dommages – a bénéficié du soutien constant de l’Autriche. 

La sécurité démocratique au cœur du nouvel ordre européen

Le 30 octobre, le Secrétaire Général a donné une conférence publique à l’École des Hautes Études Internationales de l’Académie diplomatique de Vienne, sur le thème « Trente ans de sécurité démocratique – les perspectives offertes par le Nouveau Pacte pour la démocratie ». Cet événement a été organisé conjointement avec le ministère fédéral autrichien des Affaires européennes et internationales et l’Université d’Europe centrale.

« Nous avons fait preuve de naïveté en pensant que la démocratie s’étendrait simplement, génération après génération, et que la paix en Europe allait simplement perdurer », a déclaré le Secrétaire Général. « Démocratie, sécurité, mémoire – ces mots, qui définissaient autrefois l’ordre d’après-guerre, sont aujourd’hui rejetés comme étant des termes « woke ». Dans ce nouveau monde, la démocratie est perçue comme une faiblesse, la vérité comme une opinion et la justice comme une option. » Le plus grand danger n’est pas l’effondrement, mais de glisser sans nous en rendre compte vers un avenir où la liberté est restreinte au nom de sa protection, où les règles sont contournées sous le couvert de la souveraineté, de la sécurité ou de l’urgence et où les institutions sont affaiblies par calcul ou par cynisme. Un Nouveau Pacte démocratique pour l’Europe devrait inverser la tendance, a rappelé Alain Berset. « L’Europe d’aujourd’hui ne peut reposer sur la peur, la force ou la division. Nous devons faire de la sécurité démocratique le cœur du nouvel ordre européen et notre première ligne de défense ».


 Allocution du Secrétaire Général

 Nouveau Pacte Démocratique pour l’Europe

 Secrétaire Geénéral Alain Berset

 Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe

 École des Hautes Études Internationales de l’Académie diplomatique de Vienne

 


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Secrétaire Général Strasbourg 31 octobre 2025
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