Le Représentant spécial sur les migrations et les réfugiés, Drahoslav Štefánek, a été invité à Belgrade pour deux réunions liées aux migrations : à une séance d'information sur le Passeport européen des qualifications des réfugiés (EQPR) et à la " Conférence régionale sur les alternatives à la rétention des migrants dans les Balkans occidentaux ".
Le 14 septembre 2021, accueilli par l'Ambassade de Slovaquie à Belgrade, le Représentant spécial a participé à une séance d'information sur la mise en œuvre du EQPR en Serbie, co-organisée par le Conseil de l'Europe et le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR).
L'ambassadeur Štefánek a présenté le Passeport européen des qualifications des réfugiés et a souligné qu'il s'agit d'un outil pour promouvoir l'intégration des réfugiés qui est inclus dans le nouveau Plan d'action du Conseil de l'Europe sur la protection des personnes vulnérables dans le contexte des migrations et de l'asile en Europe (2021-20125). "Par exemple, l'EQPR a permis de trouver des réfugiés qualifiés dans le secteur de la santé pendant la pandémie, et la semaine dernière, un module de formation a été organisé pour les évaluateurs de diplômes évaluant les qualifications des ressortissants afghans", a-t-il déclaré.
L’EQPR est soutenu par le HCR qui identifie des candidats potentiels pour les évaluations et sensibilise différents acteurs en matière d’éducation aux avantages de l'EQPR.
"Nous sommes très heureux que le Conseil de l'Europe, le ministère de l'éducation, l'Agence pour les qualifications, le Service national de l'emploi et le HCR apportent de nouvelles opportunités à la population réfugiée en Serbie grâce au Passeport européen des qualifications des réfugiés. Il s'agit d'un document important pour les étudiants réfugiés, s'ils décident de poursuivre leurs études ici ou de travailler avec leurs qualifications précédemment acquises qui vont maintenant être reconnues", a déclaré Francesca Bonelli, représentante du HCR en Serbie.
"Le passeport européen des qualifications des réfugiés est un instrument unique permettant aux réfugiés d'obtenir une évaluation des qualifications qui ne peuvent pas être entièrement documentées. La méthodologie du passeport est basée sur la Convention de reconnaissance de Lisbonne du Conseil de l'Europe concernant l'enseignement supérieur en Europe, à laquelle la Serbie a adhéré en 2004. Nous attendons avec impatience que les réfugiés puissent jouir pleinement de leurs droits et libertés, notamment pour poursuivre leurs études ou trouver un emploi lié à leur formation en Serbie ou ailleurs en Europe", a déclaré Tobias Flessenkemper, chef du Bureau du Conseil de l'Europe à Belgrade, dans son discours d'ouverture.
Snežana Vuković, cheffe du secteur des droits de l'homme et des minorités dans l'éducation au ministère de l'Éducation, des Sciences et du Développement technologique de la République de Serbie, a donné un aperçu du travail effectué en Serbie dans ce domaine. L'événement comprenait des témoignages de réfugiés et de titulaires de l'EQPR, Mme Kathia Katihabwa Irakoze et M. Sebtimio Sever Khalifa.
La Serbie est devenue le 12e pays à rejoindre le projet en juin 2021, avec l'Arménie, la Bosnie-Herzégovine, le Canada, la France, l'Allemagne, la Grèce, l'Italie, la Norvège, les Pays-Bas, la Roumanie et le Royaume-Uni.
Le 15 septembre 2021, dans son discours d'ouverture de la "Conférence régionale sur les alternatives à la rétention des migrants dans les Balkans occidentaux", l'Ambassadeur Štefánek a souligné que la rétention des migrants et des réfugiés devrait être une mesure de dernier recours et que l'utilisation d'une variété d'alternatives efficaces à la rétention présente de nombreux avantages. Il a présenté les travaux du Conseil de l'Europe visant à aider les États à renforcer leur capacité à identifier les moyens de rendre plus efficaces les alternatives à la rétention administrative des migrants, en garantissant le respect des procédures d'immigration tout en préservant les droits de l'homme.
"La détermination des politiques migratoires et l'adoption d'un cadre pour la gestion des migrations qui garantit l'intégrité et la crédibilité des migrations et du système d'asile, restent de la compétence de l'État et de ses institutions. Cependant, les Etats doivent s'assurer que les lois, les mesures et les pratiques mises en œuvre protègent les migrants, défendent leurs droits et sont suffisamment adaptées aux vulnérabilités spécifiques des migrants" a déclaré Laura Lungarotti, coordinatrice sous-régionale pour les Balkans occidentaux et cheffe de la mission de l'OIM en Bosnie-Herzégovine.
La réunion s'est tenue dans le cadre du projet "Soutien régional à la gestion des migrations avec la protection des droits des migrants dans les Balkans occidentaux et en Turquie", financé par l'Union européenne et mis en œuvre conjointement par l'OIM, Frontex (Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes), le HCR et EASO.

