Comment les juristes et les professionnel·les des technologies de demain peuvent-ils contribuer à créer des espaces numériques plus sûrs pour les femmes et les filles ? En Géorgie, de futur·es juristes et professionnel·les des technologies de l’information et de la communication (TIC) disposent désormais des connaissances et compétences nécessaires pour apporter des réponses plus solides et coordonnées à la dimension numérique de la violence à l’égard des femmes.
Cet enjeu est essentiel, car les technologies transforment non seulement la manière dont les personnes communiquent et interagissent, mais aussi les formes que peut prendre la violence à l’égard des femmes, ainsi que les moyens de la prévenir et d’y répondre – souvent au moyen de solutions à la fois juridiques et techniques.
Du 3 au 7 août, trente étudiant·es d’universités géorgiennes se sont réunis en Kakhétie à l’occasion de l’École d’été « TRANSFORMING JUSTICE: Advancing Gender Equality through Law and Technology » (« Transformer la justice : faire progresser l’égalité de genre grâce au droit et à la technologie »). Les étudiant·es en droit et en TIC ont travaillé ensemble afin d’apprendre à élaborer des réponses concrètes associant protection juridique et conception de technologies plus sûres. Les étudiant·es en droit ont approfondi leur connaissance des normes relatives aux droits humains, des preuves numériques et de l’accès à la justice, tandis que leurs homologues du domaine des technologies se sont penchés sur la sécurité dès la conception (« safety by design »), l’évaluation des risques numériques et l’intelligence artificielle responsable.
Tout au long du programme, les participant·es ont pris part à des exercices pratiques et à des simulations visant à examiner comment les plateformes numériques et la conception des produits peuvent contribuer à prévenir la violence à l’égard des femmes ou, au contraire, la faciliter. Comme l’a souligné l’un·e des étudiant·es : « Travailler aux côtés d’étudiant·es en TIC m’a permis de comprendre que, pour apporter des réponses efficaces à la violence dans l’environnement numérique, les connaissances juridiques ne suffisent pas. Nous devons comprendre le fonctionnement des technologies si nous voulons les rendre plus sûres pour toutes et tous, y compris pour les groupes les plus vulnérables. »
Le groupe a également étudié les normes les plus récentes du Conseil de l’Europe, notamment les Recommandations du Comité des Ministres sur l’égalité et l’intelligence artificielle et sur la responsabilité en matière de violence à l’égard des femmes facilitée par la technologie. Grâce à des jeux de rôle et à des échanges avec des représentant·es du secteur des TIC, les étudiant·es se sont préparé·es à traduire ces normes en solutions concrètes.
L’École d’été a été organisée dans le cadre du projet « Promouvoir l'égalité de genre, renforcer la justice et soutenir les femmes en Géorgie ». Le projet fait partie du Plan d’Action du Conseil de l’Europe pour la Géorgie 2024-2027.


