Retour Vers des données judiciaires plus sensibles au genre : une table ronde sur les défis et les solutions

Vers des données judiciaires plus sensibles au genre : une table ronde sur les défis et les solutions

Le 24 octobre à Budapest, des acteur·ices institutionnel·les des Balkans occidentaux et des régions du Partenariat oriental chargés des données judiciaires et de la politique de genre, notamment les ministères de la Justice (services des statistiques judiciaires et de la politique juridique), les instituts nationaux de statistique, les organismes de coordination de la Convention d'Istanbul et les mécanismes d'égalité de genre, se sont réunis pour une table ronde sur la réduction des écarts entre les données relatives au genre.

La table ronde a créé un espace de haut niveau, mais pratique, permettant aux acteur·ices clé·es de faire le lien entre les domaines législatif, statistique et politique dans le cadre d'une approche unifiée conforme aux normes du Conseil de l'Europe et aux normes internationales en matière d'égalité de genre. Cet événement s'inscrit dans un contexte où, malgré des progrès notables, le manque de données cohérentes, différenciées selon le sexe et le genre et pertinentes pour l’élaboration des politiques demeure un obstacle fondamental à la conception et à la mise en œuvre de réformes de la justice sensibles au genre.

L'accès à la justice n'est pas neutre du point de vue du genre. Les femmes et les filles sont confrontées à des obstacles distincts et souvent invisibles lorsqu'elles ont affaire au système judiciaire, qu'il s'agisse de dispositions légales discriminatoires, de la sous-déclaration des violences sexistes ou des lacunes dans les statistiques judiciaires et policières qui ne reflètent pas les schémas liés au genre.

Comme l'a fait remarquer l'un·e des participant·es, « Il existe plusieurs raisons pour lesquelles les données ventilées par sexe sont essentielles :

  • Elles nous permettent d'avoir une vue d'ensemble des inégalités de genre, y compris leur dynamique et leurs dimensions relationnelles.
  • Elles rendent les inégalités visibles, mettant en évidence les obstacles en matière de signalement, de procédure et de résultats dans le domaine de la justice.
  • Elles favorisent la responsabilisation, transformant les statistiques en preuves d'échecs ou de progrès systémiques.
  • Elles autonomisent les victimes en reconnaissant que leurs expériences comptent et doivent être prises en compte et comptabilisées.

Les données ventilées par sexe sont des outils au service des droits humains, des instruments qui rendent la justice visible, garantissent la responsabilité des institutions et donnent tout son sens au principe d'égalité devant la loi. ».

Cet événement a été organisé dans le cadre de l'action « Accès des femmes à la justice dans les Balkans occidentaux » et du projet « Accès des femmes à la justice : mise en œuvre des normes du Conseil de l'Europe sur l'égalité de genre et la violence à l'égard des femmes », qui font respectivement partie des programmes conjoints de l'Union européenne et du Conseil de l'Europe «Facilité horizontale pour les Balkans occidentaux et la Türkiye» et «Partenariat pour une bonne gouvernance».

Budapest 29/10/2025
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