Stratégie pour une action concertée et cohérente de la Conférence des OING du Conseil de l’Europe dans les pays de voisinage méditerranéen.

Qu’il s’agisse de la coopération avec le voisinage, inscrite dans les Priorités 2012-2014 dans les domaines des droits de l’homme, de l’état de droit et de la démocratie, notamment pour la Tunisie (DGProg/Inf(2012)3rev) et le Maroc (DGProg/Inf(2012)4rev) ou le statut de Partenaire pour la démocratie octroyé par l’Assemblée Parlementaire au Parlement du Maroc, la Conférence des OING adhère pleinement à ces orientations et entend y apporter sa contribution de façon active.

La situation actuelle nous conduit à devoir constater que ce qui était dénommé « printemps arabe » - qui ouvrait des voies nouvelles aux populations enfin libérées de leur dictature – sont aujourd’hui trop souvent en proie à de nouvelles forces dogmatiques pour lesquels le concept du vivre ensemble est bien différent de l’idéal des droits de l’homme universels recherché lors de ces révolutions. C’est pourquoi, le seul rempart, pour éviter la naissance de nouvelle tyrannie, est la démocratisation et la participation citoyenne. Mais cela ne s’improvise pas et nos pays européens ont dû cheminer durant de longues années pour y arriver.

Cependant, nous savons aussi que l’enracinement d’une citoyenneté démocratique ne peut exister et se développer qu’à travers une prise de conscience et un attachement des citoyens à leurs droits et à leurs responsabilités. Pour y parvenir, nous devons contribuer au développement du rôle primordial qu’est l’éducation, en particulier l’éducation aux droits humains et à l’exercice de la citoyenneté dans un environnement démocratique et inclusif, qui est à la fois la matrice et le vecteur du changement de société. Une société civile organisée ne s’invente pas, ne se décrète pas, elle se vit, se forme et se structure par la connaissance et l’usage des outils indispensables à son existence.

C’est pourquoi, il nous faut arrêter une stratégie d’actions qui nous permettra de parfaire la coordination de nos actions et ainsi clarifier ce qui entre dans nos démarches spécifiques.

Ainsi, pour y parvenir, nous devons non seulement constituer un socle mais aussi couvrir des contributions dans les domaines tels que le renforcement des forces démocratiques de la société civile, condition indispensable de l'instauration durable de la démocratie dans les pays engagés dans la voie du changement, en partenariat avec les autorités et les ONG nationales.

Il faut préciser que la stratégie actuelle développée dans certains pays viserait plutôt à réduire la portée d’actions d’une possible société civile organisée. De plus, la conséquence trop souvent observée de ces phénomènes est de ne pas encourager les autochtones à trop révolutionner les pratiques. Ce qui provoque un découragement alors que justement nous devons viser un développement des motivations dans ces pays et les aider à se former, à prendre en main leurs destins. En effet, sur place, en Tunisie, au Maroc et en Algérie, les acteurs de la société civile sont encore nombreux et tout à fait en mesure de conduire leurs propres affaires (formation des cadres, montage de projets, etc.). Le problème qu’ils rencontrent est avant tout une insuffisance de « maturité » politique démocratique (les vieux démons de la politique parviennent encore à jouer sur la durée, à faire trainer les évolutions, pour ne pas perdre le pouvoir etc.).

Pour guider notre réflexion, il faut tout d’abord bien distinguer ce qui relève de nos finalités et ce qui concerne nos objectifs.

Nos finalités ambitionnent d’apporter un soutien et une aide efficaces aux ONG nationales des pays du sud de la Méditerranée pour améliorer la vie et le bien-être des populations dans un espace où les droits de l’homme, la démocratie et la bonne gouvernance se complètent. Elles permettent aussi d’être la voix concertée et représentative de la société civile auprès des décideurs politiques des Etats dans la région et des Etats membres du Conseil de l’Europe.

Nos objectifs visent à développer des initiatives concrètes qui vont avoir une portée directe auprès des acteurs locaux dans les pays de la rive Sud de la Méditerranée, le cas échéant, elles offriront une coordination d’actions conduites par les différentes OING impliquées. Cela étant, il n’est pas fixé à ce jour que nous développions des programmes spécifiques. Dans la mesure où la Conférence des OING est un des piliers du quadrilogue du Conseil de l’Europe, elle se doit d’agir dans l’esprit et le cadre concerté de la politique de voisinage à l'égard du Sud et de l'Est méditerranéens. De plus, la Conférence des OING ne saurait se substituer aux démarches déjà développées par la diversité des opérations menées par des ONG nationales ou des OING.

Ces objectifs se déclineraient ainsi dans plusieurs dimensions d’action visant à :

Enfin, ce projet d’action ne pourra se concrétiser que sous réserve de trouver les financements spécifiques et adaptés.

Fait le 24/01/2013, Jean-Marie Heydt, Président de la Conférence des OING